‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 125 sur 156 · acte est-il connu sous le nom de grande charte du pays de Languedoc · texte numérisé non relu

acte est-il connu sous le nom de grande charte du pays de Languedoc

« Mais voici qui est plus remarquable encore. Le cardinal de Richelieu lui-même, pendant les troubles qui se produisirent dans le Midi, soit pour cause de religion, soit par suite de la rébellion, à laquelle prit part le duc de Montmorency, gouverneur de la province, en faveur du duc d'Orléans, frère du roi, Richelieu entreprend de ravir au Languedoc sa constitution exceptionnelle, et il échoue. Un édit de juillet 1 629 avait tout bonnement supprimé les étals et transformé la province en pays d'élections (oîi les impôts étaient levés par des élus ou des collecteurs royaux) Mais, à la suite de protestations énergiques et de la résistance unanime et persévérante de la province, le tout-puissant ministre recula devant l'accomplissement de son entreprise, la seule peut-être de ce genre qu'il n'ait pas conduite à bonne fin... Toutefois, en restituant à la municipalité languedocienne son

OÙ les progrès de la centralisation administrative n'avaient pu détruire une antique organisation locale, formaient , en France, une zone administrative toute parliculièro, mais, on le voit, assez étendue, quand on pense à des provinces comme la Bretagne, le Languedoc et la Bourgogne, qui anjourdhui représentent à elles seules un nombre de départements considérables, où se perpétuait le modèle de formes administratives, basées sur la libre discussion, le contrôle et la gestion des hommes notables de chaque province, prêtres, nobles et bourgeois, réunis par un intérêt commun'.

antique droit d'asseoir et de lever elle-même Timpôt, le cardinal voulut réserver au pouvoir royal celui de fixer et répartir la quotité à paver par chaque district. Un nouvel édil fui donc rendu, à celte fin, en 1682. Mais, dès le commencement du r^e suivant, celui de Louis XIY, et dix-sept ans après le précédent édit, Tautorité royale, cédant aux instances toujours renouvelées de la province, le révoqua et compléta ainsi la restauration du régime séculaire si cher à nos ancêtres. Parlerai-je d'une nouvelle et dernière tentative de suppression, ou tout au moins de grave modification dont il fut Tobjet au milieu du siècle suivant? Un arrêt du grand conseil*, rendu le 20 février 1750, avait sérieusement attenté aux libertés et franchises du Languedoc : mais c*est à peine s^il fut exécuté, puisqu^il fut rapporté par deux autres arrêts du même corps à la date des 10 octobre 1 752 et 50 octobre 1754, qui rendirent à Tordre de choses que nous étudions son cours accoutumé. »

On voit que toute Toi^nisation provinciale du Languedoc durait encore au moment de la révolution de 89.

' fl Comme les membres des états, dit M. Raudot, étaient trop nombreux pour administrer eux-mêmes, et qu'ils ne s^assemblaient qu'à des intervalles plus ou moins rapprochés, ils nommaient des conunissions intermédiaires prises dans leur sein, qui faisaient exéaller tout ce que les états avaient prescrit, donnaient leurs ordres aiUL receveurs, ingénieurs et à tous les agents des états et formaient

* CVuîl QB des (NOàcib da roi où se ré^bteot les affaires adinioistratiTeâ.

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