‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 132 sur 156 · LE NOMBRE · texte numérisé non relu

LE NOMBRE

la misère... Ecoulez-moi : Vous ne pouvez èlre représentés légalement qu'autant que vos députés seront en raison de votre population. Donc, vingt-quatre millions d'hommes doivent avoir plus de députés que six cent mille. Ce n'est pas trop de demander que vos représentants soient au moins sept fois supérieurs en nombre aux représentants des autres ordres... Courez donc en foule, soutenez vos droits; vous ne devez compter que sur la bonté du roi et sur vous-mêmes. Formez-vous en comices. . . « Je vous le répète le clergé ^ la noblesse et la magistrature sont ligués contre vous ; ils ne céderont qu'à la force. Vous avez l'avantage; vous êtes seize contre un. Vous laisserezvous subjuguer par vos tyrans, par vos oppresseurs, qui sont cent fois plus faibles, qui sont incapables de lutter contre vous, soit la plume, soit les armes à la main? Votre multitude les écraserait. Sont-ce les prélats qui endosseront la cuirasse? Sont-ce les magistrats qui se présenteront le casque en tète?... Parisiens, raiigez-vous autour du roi; formez un mur de séparation ; maintenez son autorité et l'indépendance de sa couronne ; secondez les vues d'un monarque bienfaisant. Le désir le plus cher à son cœur est de vous rendre à vôtre dignité première. Concourez de tout votre pouvoir à l'accomplissement de ses desseins, qui ont pour objet votre bonheur, car enfin, vous ne pouvez vous dissimuler combien ses intentions sont contra riées^))

Il est remarquable, qu'ici, le nom du roi était prononcé avec respect, comme si ce nom était un puissant moyen

* L'esprit nouveau flatte ici le roi et veut profiter du mécontentement que l'opposition des notables comme du Parlement avait inspirée à Louis XVI.

GHAPIIICIIXI.

ei ^'ok attaquant toole b partie sopérieure de b sodêlè^ à commeÊCtr par k clergé» oq trouvai habile de ■wllir à part b persoone et laulmité royales, dont, il est «raî, oq aiaît besoin en œ oMMBenl, pour obtenir le dotthkaieiit liu tîers^ :

Au mîlim de Irnles les exâbtioos à l'assaut des premiers ordres de IXiat, comme on disait alors, et de la magîstr^ure, sortie de b bourgeoisie dle-mème, nous ryminimiimi encore on appel adressé aux Parisiens. Celait un avis qui. soos b forme d'un carré de papàor plie en quatre, éiait jeté la nuit dans les rues et sortoul dans le quartier des Halles. Les ouvriers qui le ramassaient le matin y trouvaient cette exhortation à la guerre sociale : « Arismmib&mmesfems. — Braves Parisiens, connaKssez vos forces, ne vous bisseï plus maîtriser par €tsfmrkmfmlSy cette mMesse tt et rinryt qui ne scmt qu'une poignée et dont il vous est si bdle de ne faire qu'un déjeuner\ •

Cette question du douUement du tiers, si hardiment cocumentèe par Sieyès, le théoriciai, avait divisé tout à €Oop ceux qui demandaient ensemble b convocation des états généraux .

Le roi les avait promis, il ne pouvait donc y avoir de doute à cet égard ; mais, malgré les réformes déjà opérées, malgré le léle des assemblées provinciales qui, dans toute la France, [«réparaient Favénement du sys-

* Sans préjuger ici b question da douUemoit du tiers et da Tote par tète, si on les ennsa^, ahstnctioo faite des drcoostances où se trouvait la France à la Teille de $9, nous cherchons surtout à faire ressortir Tesprît qui rêchmait ces mesures, et les moyens qu'il proposait à la multitude pour les réaUser.

* La Frtuice avant Ut Rnolniion, par M. Raudoi, p. 543.

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