‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 140 sur 156 · LA COUR. — LES FINANCES · texte numérisé non relu

LA COUR. — LES FINANCES

Cheslerfield, l'homme qui a le plus étudié, peut être, et le mieux apprécié l'influence quelquefois si grande de la forme et des manières, écrit à son fils qui est à Paris, que lui conseille-t-il? De prendre pour modèle le ton, les manières de celte société française, la première de TEurope dans les salons : il va jusqu'à dire, lui Anglais : « A côté des Français nous sommes des barbares. »

Mais laissons cette fleur de la politesse qui distinguait nos aïeux , qui de la cour s'étendait au pays, qui avait inspiré le mot d'urbanité française, laissons ce Paris qui était un modèle pour la province comme la cour était un modèle pour Paris, quand on disait: La cour et la ville; nous avons des points autrement sérieux à passer en revue, des questions dont la connaissance est indispensable pour juger l'état politique el social où la Révolution vient prendre l'ancien régime.

Déjà nous avons indiqué l'état des finances dans les dernières années de l'ancien régime, et nous avons montré, par des chiffres, que le déficit n'avait rien alors d'effrayant pour la France, malgré les charges de la guerre d'Amérique, cause évidente de ce déficit.

Mais là où il y avait de grandes et véritables réformes à réaliser, c'était dans le système financier du pays, dans la perception et la répartition de l'impôt.

premier titre est d'être gentilshommes : Henri IV l*a dit, el ils aiment à répéter l'expression de ses nobles sentiments...

« Daignez, sire, écouter le vœu de vos enfants, dicté par l'intérêt le plus tendre et le plus respectueux, par le désir de la tranquillité publique et du maintien de la puissance du roi, le plus digne d'être aimé et obéi, puisqu'il ne veut que le bonheur de ses sujets. »

Ou sait que le roi ne fut point ébranlé par ce mémoire et qu'il n^accorda pas moins le doublement du tiers en n'ayant aucun ^rd aux représentations des princes du sang.

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Or le fait le plus saillant qu'on ait d'abord à signaler dans la manière dont Tassiettede Timpôt était alors éta blie et Timpôt perçu, c'est qu'une disparité existait entre les pays délections^ comme on les appelait, et les pays

* On donnait le nom de pay$ d'ékclûms, en matière de finances, à cette partie de la France la plus considérable, où des Aus, officiers de finances nommés par le roi, étaient chargés de la répartition de la taille,' impôt dont la terre surtout était grevée; à Tépoque du moyen âge, de saint Louis, c'étaient des notables élus par les communes, qui remplissaient celle fonction ; depuis Charles VII, la levée de cet impôt de municipale devint administrative : le nom municipal, le nom ^'élus et d'élections était resté.

On a dôjà vu, sous le rapport administratif, ce qu'étaient les pays d'états.

Au point de vue financier, ils volaient tout impôt nouveau.

Ils accordaient, à chaque session, le don gratuit; ce don, sans doute, n'était jamais refusé, mais il était discuté et û^é par les états.

La répartition des impôts entre les contribuables était un droit des états. Ils avaient leurs receveurs, leurs trésoriers, en un mot, une administration financière sous leurs ordres, comme ils avaient leurs ingénieurs. Us contractaient des emprunts, et le gouvernement s'adressa plus d'une fois à leur crédit pour emprunter lui-même.

Pourquoi, dira-t-on, n'avoir pas étendu ou plutôt conservé à la France entière un système d'administration locale et représentative, dont les résultats étaient bons et qui avaient existé, à peu près partout, pendant le moyen âge? Certes, nous sommes loin de contester, pour notre part, les avantages d'une telle administration; mais on a vu la lutte de la royauté contre la féodalité, cette politique qui eut tant de victoires à remporter pour faire une France : comment s'étonner de cette méfiance qui, dans l'esprit des grands rois et des grands ministres, s'opposait, sous bien des formes, à cette indépendance locale qu'il avait fallu tant de fois combattre les armes à la main? Ni le régne de Henri IV ni le ministère de Richelieu n'avaient empêché la Fronde, et l'on avait vu le grand Gondé à la tète des Frondeurs. Quelle était la réforme désirable? Celle évidemm^t qui pourrait concilier la force du gouvememœt avec les intérêts des gouvernés; quand et comment était -elle applicable? Là était la question.

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