‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 147 sur 156 · LES CLUBS · texte numérisé non relu

LES CLUBS

On s'étonnera sans doute de cette liberté des clubs qui existait à côlé de la liberté complète de la presse, en présence d un si \aste mouvement électoral et dans une ville comme Paris, que Sully et Colbert regardaient déjà comme dangereuse dans les agitations publiques; mais il y avait, à cette époque, une confiance, disons mieux, ime foi commune à un grand nombre d'esprits, dans un avenir de réformes et de rénovation que chacun croyait pouvoir limiter dans la mesure de ses opinions particulières. Ainsi des hommes comme Necker , comme Meunier, comme Malouet, comme Mirabeau lui-même, avaient Tespoir de régler tout ce mouvement d'idées et d'en faire sortir un système représentatif à peu près semblable au gouvernement anglais. Pour la plupart des hommes de cette époque, pour Necker en particulier, il s'agissait d'une situation simplement politique, il fallait donnera la France des institutions nouvelles, deux chambres, et la réforme serait accomplie.

On comprend, jusqu'à un certain point, qu'avec ces

quer les abus appelés usages devant un peuple qui est en état de revendiquer ses droits. Tous s'accordaient à dire qu'il n'y a qu'une occasion pour reprendre sa liberté ; que, si on la laisse échapper on n'en est pas digne; et que le déficit était le salut de la France. On répandit surtout les écrits du sage Mably, qui, dans le temps oii la vérité se réfugiait dans les cabinets des gens de lettres, avait prévu, prédit, et, pour ainsi dire, ordonné les états généraux. Son livre devint le catéchisme des Français *. b (Rabaud Saint-Êtienne» Précis historique, p. 90 et 91 .)

* Voici comment le sage Uàbly,. dans son livre de la Législation ou Principes des Iq:s, fait parler un philosophe auquel il ne manque pas de donner raison : « Vous voyez avec quelle sagesse la nature avait tout préparé pour nous conduire i la communauté des biens et nous empêcher de tomber dans rabime où rétablissement de la propriété nous a jetés... » Plus loin on trouve Téloge des sauvages qui ne vivent que de leur chasse et de leur pêche, et le vœu de réduire l'Europe en petits États où l'on vivrait ft la mode des Spartiates.

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