‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 18 sur 156 · LE DÉISME DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LE DÉISME DE VOLTAIRE

dit-il, avec l'approbation que madame de Pompaâour et plus d'un ministre d*État ont donné à ce petit écrit qui est si honnête ' ? »

Quand madame de Pompadour meurt, on n'est pas étonné d'entendre Voltaire dire à d'Alembert : « Elle était des nôtres. »

Voltaire veut à tout prix que la philosophie, dans ses hommes les plus avancés, arrive aux honneurs littéraires les plus élevés, et, sans se préoccuper[de ces règles morales qu'il ne reconnaît pas, ni de ces croyances qu'il rejette, sans même s'expliquer à lui-même celles qu'il pourrait vouloir garder, il entend tout à coup, dans ce scepticisme moral et intellectuel, un cri retentir à ses oreilles, celui de la négation absolue.

Le Système de la Nature du baron d'Holbach venait de paraître, où l'athéisme, comme on sait, était proclamé.

Qu'en pensent Voltaire et le plus intime de ses correspondants?

Sur cette question, d'Alembert ne croit que le scepticisme de raisonnable ^ Qu'en savoxs-koos ? est, suivant lui la réponse à toutes les questions métaphysiques. Qu'en savons-nous? sera peut-être un jour la formule qui planera au-dessus de toutes les questions religieuses, sociales et politiques. Voltaire recule devant l'athéisme dogmatique, mais il propose, comme moyen terme, les opinions de Spinosa et de Straton, c'est-à-dire la croyance la moins définie, la plus incertaine, en l'existence de Dieu*.

* Lettre de Voltaire à d'Alembert, en date du 31 décembre 1765, LXVIIX* Tolume de ses Œuvres complètes.

* Lettre de d'Alembert à Voltaire (25 juillet 1770).

» Lettre de Vollaire à d'Alembert (27 juUlet 1770). Voltaire s'exprime ainsi : t C'est apparemment pour ne point paraître écolier de

Si donc Tauleur du Système de la Nature s* en bornait là, c*est ànlirc au panihéisme dont Spinosa est le père, Vollaiiv ne s'effrayerait point. *

Il s étonne cependant qu^ parmi les philosophes, il paraisse^ tout à coup, des proclamations d'alhèisme, et que Tesprit nouveau en \ienne à de tels éclats. Or, il est à mhchemin de ralhéisroe lui-même, il veut faire entrer les athées à TAcadémie, et il blâme ceux qui font lautre moitié de la route.

Ainsi Voltaire, qui voulait entraîner à sa suite le calvinisme do Genève et le forcer à renier la divinité de Jésus- Utrist^ est dépassé lui-même par Tathéisme. Les disciples vont plus loin que le maitre, et nous allons le voir réduit À piv|Hvsor des confessions de foi philosophiques pour réunir les déistes et les atliées de son parti.

Nous sonunes en 1770, lorsque déjà cette situation se dévelop|H\ dix-neuf ans seulement avant 89 : les dates ont ici une gn\nde importance.

Mais^ i\ cette éiKKiue, s'agit-il uniquement de religion et do phiK^^phie? La première période de lutte contre le christianisme nest^Ue |^s arrivée à son terme, et cette pn>clamation même d'athéisme n*annonce-t-elle pas qu*uyant i\^nchi la négation suprême, la philosophie du dix^huiliémo siècle, sortant du domaine religieux, ou pluliNt s'appliquant au monde avec ses principes, pour y iHMupUr lo vide quVlle y a fait ou qu'elle veut y faire, va H'on\>ViHn% venue de Thomme, de retourner à l'homme, et d'anruvligieuse de devenir sociale et politique ^

8|^iuwMi t^t (lo SlrMi^i qu'il n'admel point une iuteUigence étemelle hVttiuUit> jt ne SAis ivmm^i «km ce monde. »

< Nou« cix^yoïuii m^us reiKlre compte de l'erreur de M. de TocquoNillo qumul il « prétendu que Taction exercée par la pliilosophic

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