NÉGATION DU ROI A COTÉ DE LA NÉGATION DE DIEU
Pendant que les disciples de Voltaire commencent à faire malgré lui de l'athéisme public, se bornent-ils à celte démonstration qui inquiète le maitre ? Ils font un autre pas qui le gène et Tétonne davantage encore : ils professent, tout à coup, des opinions républicaines, la négation du roi à côté de la négation de Dieu.
Frédéric, de Prusse, le protecteur et Tami des philosophes, se souvient alors qu il est roi, et veut réfuter le républicanisme philosophique, formulé dans le Système delà
du dix-huitième siècle sur la Révolution de 89 avait été surtout politique, que la part de fesprit antichrétien n'y était qu'accessoire, et qu'il s'était agi surtout d'attaquer le christianisme et TËglise comme les plus anciennes des traditions. L'esprit si élevé de M. de Tocqueville se trouvait ici dans une grande perplexité entre sa foi religieuse, qui était profonde, et sa foi politique qui était également smcère. La philosophie du dix-huitième siècle et la Révolution de 89 lui semblaient l'origine, en France, d'un gouvernement qu'il aimait, du {gouvernement représentatif, et il voulait se persuader que cette origine n'était pas antichrétienne.
Nous aurons plus tard, en suivant le cours des faits, à nous occuper de cette grande question, celle du gouvernement représentatif : nous devons nous borner ici à bien préciser l'origine première et le but principal de la philosophie du dix-huitième siècle.
Sans doute le moment est arrivé où cette philosophie a tendu, nous l'avons dit, à devenir politique; mais dire que, d'abord et avant tout, elle n'était pas essentiellement antichrétienne, qu'elle ne l'a été que par occasion, et, si l'on peut dire, pour le besoin de sa cause, c'est lui offrir une excuse dont elle n'aurait pas voulu ellennème, et perdre de vue la nature même des faits, la vérité matérielle que, dans cette philosophie, l'esprit politique est le résultat nécessaire et logique de Tesprit antireligieux, absolument comme on vit, tel qu'il s'est montré en Angleterre, le protestantisme produire des opinions politiques, après avoir d'abord attaqué et supprimé F^ncienne religion du pays : nous aurons l'occasion d'expliquer par les faits un tel résultat que nous avons déjà indiqué au commencement de cet ouvrage, quand nous avons cité M. Cousin.
riO CDAPITRE III,
yaUtreiX côlê de ralhêisme. Voilà ce que dit Voltaire à ce sujet, dans une leltre à d'Alembert : « Vous avez, sans doute, lu l'écrit du roi de Prusse contre le Système de la yature ; vous voyei qu'il prend toujours le parti de son irilK>t^ et qu*i/ est fâché que les philosophes ne soient pas royalistes. Je ne trouve pas ces messieurs adroits ; ils attaquent à la fois Dieu et le diabUj les grands et les preuves. Que leur restera-t-il? »
On voit que rien n'est interdit à la pliilosophie, suivant son chef, excoplê la mauvaise tactique, la maladresse.
r/esl rathêisnie surtout qui a fait surgir la question politiqUiN et qui est venu, pour la première fois, diviser les plùU^ophes ; Voltaire, dans la même lettre, où il les bh\u)0 seulement de ne pas être adroits, veut cependant quo los deux partis^ comme il les appelle, se réunissent, n Jo voudi^ais^ dit4K que vous tîssiei cette réconciliation, ot tjue vous leur dissiez : n Passez-moi Yémétique et je H vou» imssemi la saignée '. » U s'agit évidemment de tnmvor quoique formule qui réunisse les déistes et les
Viu^K ou 1770» quatre ans seidement avant lavéne- \\\m\ do l«oui$ XVK la philo$o|>hie du dix-huitième siècle ou vHt aiTivéo à cette situation qu'il faut que les déistes Iroilout «YiH' les alliées^ pour n^er les croyances comnuuios ol lo symbole des réformateurs qui veulent suppriiuor le ohrislianisme; c'est la question non plus d'une ivli^iou quelconque qui les divise, mais celle de Texis-
• LoUiv do Yi^Umv à d\VKNiilieft, U LXVni de ses onirres, p. 70, i^dilim) tlo (784) où il ivmHo en cies lennesde Inexistence de Dieu, qui i«tunt( |tluH tni imùn$ ti^Ti>^ pwr les athées, grke à quelque formule |(hu m wmwa vt^uo» à qiK^que <rciii|ii\?Niù sur une telle question.