‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 20 sur 156 · UN DERNIER SCHISME · texte numérisé non relu

UN DERNIER SCHISME

tcnce même de Dieu î Or, Voltaire veut qu'on fasse des concessions et qu'on ménage les athées. Il voit là surtout, avec le scepticisme qui est le fonds de ses idées, un intérêt de parti et d'influence à sauver. Cependant le mot de république est prononcé assez haut pour effrayer le roi de Prusse, et la politique vient fout à coup se mêler à la philosophie du dixhuitième siècle, mais comme une conséquence, et non pas comme un principe. Que faut-il à des hommes de la négation absolue en religion ? La même négation en politique, sous une forme théorique, sans doute, et générale, mais, au fond, le renversement de toute monarchie et l'établissement d'un système républicain , inconnu jusqu'alors dans l'histoire du monde, où.la liberté et l'indépendance del'hommevienncnt de lui Feul, où sa destinée, par conséquent, ne dépende que de lui-même et de ses passions, où, un dernier schisme le séparant de Dieu, il oflre le dernier terme des erreurs humaines, et, à la suite de tant de sectes protestantes qui ont, chacune à leur tour, voulu détruire l'unité catholique, l'athéisme, « schisme séparé de tant de schismes, morceau rompu de tant de morceaux', n pour nous servir d'une expression de Bossuet; l'athéisme devenu républicain à sa manière, base nouvelle qu'il faudrait donner à la société et au gouvernement des nations, formées et civilisées par le christianisme, ruine cependant de toutes leurs croyances, débris sans nom, qui nie Thompie autant que Dieu, qui le jette sur la terre sans origine et sans but, qui, pour le faire plus grand, Tassimile aux animaux; ce néant, principe dune réforme, d'une liberté et d'une république dont jamais

^ Histoire des Variations, t. Il, p. 185

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Étude nécessaire de la philosophie du dix-huitième siècle. — Ce qu'elle a été à l'égard du protestantisme. — Sa logique. — Le protestantisme et ses conséquences. — Résultats analogues de la philosophie du dixhuitième siècle. — Ce qu'avait fait le protestantisme. — Pourquoi son influence avait-elle eu un caractère général? — État des sociétés avant et après le christianisme. — L'idolâtrie était locale. — Rivalité? de classes; luttes intérieures, point de système général embrassant rh«>iâht)e et l'humanité entière. — Changement opéré par le christianisme dans la pensée humaine. — Le rationalisme humanitaire. — Gomment il lutte contre le christianisme. — Question de fait. — Opinion de M. de Tocqueville. — Voltaire ne prend point d'initiative en politique. — Intuitions de Voltaire. — Ses prédictions. — La guerre qu'il dirige contre le christianisme. — Frédéric. — Système de Voltaire. — Idées de Voltaire, et leurs conséquences. — Condorcet. — La raison humaine. — Rousseau.

On ne s'élonnera pas de nous voir suivre ici cette grande lutte, clairement indiquée par les paroles de M. Cousin, que nous avons citées plus haut, entre les idées qui séparent riiomme, comme les sociétés humaines, de Dieu, et la foi chrétienne qui les en rapproche.

C'est ainsi, nous venons de le voir, qu'une partie de la philosophie du dix-huitième siècle, la plus avancée^ pour parler comme aujourd'hui, a été avec son athéisme républicain, le développement extrême du protestantisme, développement, certes, que le protestantisme n'avait pas voulu, devant lequel la philosophie du dix-huitième siècle, elle-même, reculait quelquefois, mais qui ne

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SÉCULARISATION DU CIIRISTIAKISME. 55

Nous avons déjà indiqué, dans le protestantisme, le point de départ et la tradition de ce développement politique.

Or, le protestantisme, cette grande rupture avec l'ancienne foi, qui vint troubler tout le seizième siècle, diviser l'Europe, et, dans leur propre sein, les nations dont elle est formée, en reniant Rome et Tunité catholique, avait été, pour donner à la secte de Luther son véritable nom, la sécularisation de la religion chrétienne : en Angleterre, il avait accepté le roi, un laïque, comme chef suprême de l'Église, le parlement comme rassemblée qui remplaçait les conciles, ehurch established by law^ une église établie par la loi humaine !

Ce travail de sécularisation, le protestantisme le poursuivit partout : il supprima cette vie spirituelle des monastères qui, en face de la société matérielle et dissolue du paganisme, avait peuplé tout d'un coup les déserts d'une société toute spirituelle, offrant à un monde si corrompu le spectacle et l'exemple d'une cité céleste, de la chair vaincue, de l'âme triomphante.

Le protestantisme ne s'était point arrêté là : complétant son œuvre de sécularisation, il porta un coup hardi à la discipline de l'Église, il maria les prêtres. Il supprima parmi les sacrements tous ceux qui appartenaient le plus à cette vie spirituelle, dont il entreprenait la réforme au nom de la raison humaine, la confession, le mariage, l'extrème-onction. Et si d'abord il parut respecter l'eucharistie, des sectes nouvelles n'en tirent bientôt qu'une vaine représentation, qu'un souvenir symbolique de la dernière Cène.

Il en fut de même pour la hiérarchie ecclésiastique^ Le protestantisme ne se borna pas à ne plus voir ^uc

cmirnuiT.

^mt rÉglise calbolique appe- Picm, son chef el son père, disfttnit dans le presbytéria-

dans le nivelle-

comme les socinîens,

h dîiinilé de Jésus-Christ

celle rdîgîoa sécularisée, . naorail-elle pas <W(vW iMKi' k$ aSùres 4e ce marie, dans le siède dont «l :^ OffNTVirlaàl^M A «Irail poar sortir da catholîcisnie, WM' vVMKfiNft^ML tk CKtle w ^piriludle q[ui lui man- «{U4il. v'i l.>^&<utwa lie ce droîl de libre eumen, qui, s. ù (KMitt;tiit rv^mner b ne%iM«da»il à plus ibrte raison ^^â^À^tiMc à b fiiû&i«e? IL^ phliU le prolcslanlisme, à |N^vct \r;M^ Etttii^pit^ k ratsim knmaine elle-même, i»$Mii^\ ^^«afiiruit ^ la nefiigpML a« nom de son anloritè UMÙ^UkiMibf. b ffioità à :^«Ni «safCv ci feani d'une telle WM:ttc«v\ ^itttir HImb^ Ir^w^ «a iKtnmcal kamain, le point 4c ^v^Kt à unie «ctÎM ttMteAe dans les alEûres buiMMte^^ Ccîî^ *i«tà i|» i^m miahmenl cb Angleterre, i^ii:!^ ^^MTt^m^^ <it .lUMM^cvie CMHae en France, le proies-

VV^Mk ^ tVUm ipi it ^ eunme. an caractère général ^u vt « (H^ Mil i dlMdL aa puiait db ne religieux et (hMU¥{¥!w\ ii^u»^ ctr^^Mus^ eu 3{^«r«c«^Hiir b canse.

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