‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 22 sur 156 · OPINION DE M. DE TOCQUEVILLE · texte numérisé non relu

OPINION DE M. DE TOCQUEVILLE

de nos idées, quand il n*ofTre pas avec les conclusions que nous avons tirées des faits, l'analogie la plus complète : « Toutes les révolutions civiles et politiques, dit M. de Tocqueville, ont eu une patrie et s'y sont renfermées. La Révolution française n'a point eu de territoire propre; bien plus, son efiet a été d'effacer en quelque sorte de la carte les anciennes frontières. On Ta vue rapprocher ou diviser les hommes en dépit des lois, des traditions, des caractères, de la langue, rendant parfois ennemis des compatriotes, et frères des étrangers ; ou plutôt , elle a formé, au-dessus de toutes les nationalités particulières, une patrie intellectuelle commune, dont les hommes de toutes les nations ont pu devenir citoyens.

« Fouillez toutes les annales de l'histoire, vous ne trouverez pas une seule révolution politique qui ait eu ce même caractère ; vous ne le retrouverez que dans certaines révolutions religieuses. Aussi c'est à des révoluttons religieuses qu il faut comparer la Révolution française^.,. Schiller, dans Thistoire de la guerre de Trente Ans, continue M. de Tocqueville, remarque avec raison que la grande réforme du seizième siècle eut pour effet de rapprocher tout à coup les uns des autres des peuples qui se connaissaient à peine, et de les unir étroitement par des sympathies nouvelles. . .

<x C'est précisément ce qui arriva en Europe après 1 789.

« La Révolution française est donc une révolution politique qui a opéré à sa manière et qui a pris en quelque chope l'aspect d'une révolution religieuse. Voyez par

* 11 y a une grande raison pour cela, c'est que la philosophie du du- huitième siècle, sortie du protestantisme et cause de la Révolution, est elle-même une révolution religieuse

<t CHAPITRE Vf

qiMls traits particuliers et caractéristiques elle achève fie ressembler à ces dernières ; non-seulement elle se r^Kind au loin comme elles, mais, comme elles elle y pénètre par la prédication et la propagande... Le caractère habituel des religions est de considérer Ihomme en luiméme^ sans s'arrêter à ce que les lois, les coutumes el les Iraditioiis d^un pays ont pu joindre de particulier à ce (v^vb cvunmun. Leur but principal est de régler les rap- |KMrt^ ^iuhraux de Thomme avec Dieu, les droits et les U^x^wrs se^HeuhraiiUL des hommes entre eux,, indépendamiHiHil 4e la ferme des sociétés... Prenant ainsi leur fon- Uk^ciU nhns U mÊÊkare htmaine elle-^nême^ elles peumhU ^^»re rev^iie^ enraiement par tous les hommes et vi|^4iccjiM<^ jKurtvHit... El si Ion veut envisager ce sujet e«v\we Ue (i^iiis frè$. on trouvera que plus les religions \H^l w ce c^wieWfe abstrait et général, que je viens d'in- %Ih<^v^^ |4ii$ elles se sont étendues en dépit de la diffè- IXHKV ^v^ k^ lii^ climats el des hommes.

^ le^ if^4i^:ieii^ paàNMies de Tantiquité, qui étaient IvH^K^ flM:^ e^ M^HH^ liée$ i la constitution politique ou A lV*v^t ^vwl A^ dia^ue peuple, et conservaient jusque \^^^!^ Kh^i^ ^K?^:iiii<f^ tt»e eertaiae physionomie nationale ^^ ^H^w^ in^i*iici(HiA\ se sont renfermées d ordinaire ^1^^ K'^!^ lùM^te^ U>iu limrtbMve dont on ne les vit guère >^\H^ù ' . Kt^^'< litxHti iiijiiiYe parfois 1 Intolàrance et la l>HM\^rtieH c «^ >e iNTv^^tiswe leur lut presque entiè- ^^^^^e^* *KN^w^^v sK^ii$2à n y eiil4l pas de grandes révolu- ^^i^^^ \^s.^^x ^M^v e^vi*ml axant 1 arrivée du christia- H<^W^V\\^vtANk lNfc5«5»wil ai^^Nnenl à traders les barrières \\\\{ ^\ySW\K\ A\v^ hmkit^ k^ reliarfoos païennes, conquit ^^\\ IS^V\ \W k^i^ u«c ^t^Mi^ partie du genre humain. Je

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