‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 24 sur 156 · M ROI, M PARLEMENTS, NI PRÊTRES · texte numérisé non relu

M ROI, M PARLEMENTS, NI PRÊTRES

bourgeois moitié fanatiques, moitié imbéciles, ils ne peuvent faire que du mal. »

Il y a là un document précieux pour Thistoire de la philosophie du dix- huitième siècle : vers 1761, la bourgeoisie est encore religieuse, et Voltaire ne peut la souffrir, il la traite comme les ministres de Genève ; il comprend que les philosophes soient les ennemis des grands, mais il ne veut pas qu'ils le disent tout haut, et qu'ils se brouillent avec ces grands, « qui protègent dans Toccasion et qui méprisent Tinfâme : » on le voit, le grand but est la ruine du christianisme, et il faut ménager les grands, parce qu'ils sont incrédules.

Voltaire a eu quelques intuitions, il est vrai, des conséquences que devait amener la philosophie du dix-huitième siècle; il n'ignorait pas les résultats qu'avait produit le protestantisme, et il a pu dire, dès 1757, dans une lettre à la comtesse de Lutzelbourg, peut-être sous quelque impression particulière : « Je n'ai, dans ma retraite, fd roi, ui parlements^ ni prêtres, j'en souhaite autant à tout le genre humaine »

On comprend très-bien que le Système de la nature^ du baron d'Holbach, et la proclamation de la république athée, soient sortis du mouvement d'idées qu'indiquent ces paroles de Voltaire.

On n'est pas surpris non plus qu'il ait dit encore dans un moment où il voyait sans doute les progrès rapides de la philosophie du dix-huitième siècle : « Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement, et dont je n'aurai pas le temps d'être

* Correspondance de Voltaire y Œuvres complètes, lettre en date du 12 septembre 1757.

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témoin. La lumière s'est tellement réjHindue de jwoche en prochej quon éclatera à la première occasion^ et alors ce sera un beau tapage. Les jeunes gens sont bien heureux; ils verront bien des choses M »

Mais comment appréciait-il cet avenir qu il annonçait, quelle en était pour lui la grande cause et la solution définitive? La ruine du christianisme et l'avènement de la philosophie du dix~huitiëme siècle qui gouvernerait : Il II $\4ève, disait-il, une génération qui a le fanatisme en honeur; les premières places seront un jour occupées par los philosophes : le règne de la raison se prépare '. »

Oci explique parfaitement toute la marche de la phikv^)|4)io du dix huitième siècle : la raison humaine, ;^|UtV ïi>\^r niHÎuit le christianisme à l'impuissance, s'em- IvniXT» du ^Hivemement et r^nera, grâce à la génératH^^ iKHixt^lo « qui a le Einatisme en horreur. ^ Yol taire ît'if^ ^^K ÊiiU dès 1761, une popularité parmi h jeu- ^^^s$^^ ^W^ vy«^ haîw du chrisliarnsme qu'il s*est constam- M^t Hi^*v^ Af^ n^piMidw*. et c est là qu B a jhpîs son

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