LE RÈGNE DE U RAISON
point d'appui. La, comme a dit M. de Tocqueville, est la fureur qui animait les philosophes contre FËglise.
Voltaire, on le voit, résume tout par le règne de la raison humaine : il n'y a point de partage entre Tesprit philosophique qui veut renverser le christianisme et l'esprit politique qui prétend réformer la France et l'Europe ; c'est évidemment le même esprit qui doit suffire à tout : les philosophes auront a les premières places » el le pouvoir, parce qu'ils sont libres penseurs; ils appliqueront au gouvernement de TËtat cette raison qui aura déjà triomphé du christianisme; quoi de plus clair? Et quelle distinction établir ici? Ce sont les mêmes hommes, les mêmes idées, la même règle : la raison humaine, victorieuse du christianisme, qui le remplacera dans la croyance, dans la civilisation, dans le gouvernement du monde : il n'y aura plus de monarchie très* chrétienne, de royauté catholique, de saint Empire, surtout de papauté : c< Le règne de la raison se prépare. »
morts. La Hollande, devenue une vaste imprimerie à hisagc des idées philosophiques, inondait VEwrope de livres antichrétietis : le Militaire philosophe, les Doutes, Imposture sacei'dotale, le Christian nisme dévoilé. Et la recommandation de Voltaire ne manmiait à au* cune des productions sérieusement dirigées contre l^lise, ses dogmes et ses ministres. • C'est un trésor, » écrivait-il, en parlant du Testament du curé Meslier.., • Quelle réponse, misérables que vous « êles, que le testament d un prêtre qui demande pardon à Dieu d*a* « voir été chrétien ! » (Correspondance de Voltaire, t. XIV, p. 197.) A son tour, Frédéric favorisait de son mieux cette infatigable conspiration de la pensée. Mais non content de pousser à Tassant de TÉglise des auteurs dont sa protection encourageait la fougue, il songeait à détruire les couvents dans son royaume, à séculariser les bénéfices et ouvrait une oreille complaisante à cet éloge de Voltaire : • Votre c idée d^attaquer la superstition christicole par les moines est d'un « grand capitaine. • (Histoire de la Bévolution^ par Louis Blanc, t. V\ p. 110,411 et 412.)
Voltaire pressentait, mais sans jamais se départir de ridée antireligieuse, antichrëtienne, et parce qu*il était plein de cette idée, parce qu'elle était la base même de la philosophie du dix-huitième siècle, la puissance extraordinaire réser\ée à la raison humaine, maîtresse de la société, débordant sur elle, pour ainsi dire, après avoir triomphé de la foi religieuse et fiût du christianisme son marche-pied. On peut suivre, dans Tesprît même de Voltaire, tout le mouvement de ses idées : « ni roi, » disait-il, « ni parlements, » et il terminait parle mot capital pour lui et la philosophie dont il était le chef : « ni prè- IresMn
U est vraî. quand Voltaire vit paraître le Sfpiime de la Mfwrtr^ qu'il loua d*abord, il revint, devant le blâme de fVMàrk ^^ sur cette première appritetion, et il attaqua hli^njHle k UrrMe Ikre ', comme û lappda ; mais, au 1^. ^« dbctpless car Diderot avait ea sa part dans le SMtfMir ir k Mfwr du baron dlbUndh, avaient dit tout liMA. a 1 V$ai4 4e h jUilMiiie, à pen près ce qu il disait Imrt )ias )w*«iênK^«B l^^«^ ce qni èdbappait à sa plume, ifvmmr ta o«i«^f»»o^ wlnwffle de <« idées de cette )iKnt^ À" fnis» ^ ?it^^s3àl Wi^^ rdigionâ
)a mMsïçikv. iftiw Yi63in«cSiiai inleifegtndle à une au- 11^ $liliS4il«rtfc.cc»V«i«^ 4pcA»iteessénéfales; iiilife <^ i4^^^ viuflOTWrt î^ hphiloso-
nhir Ar Ak bnîliftiiW' ^wrif. H miwihipnl a b pensée
X ^*; tilNif Wwi. sr lï»Uni fr ^WSMS» a**
♦ •r-w^ \Xn- «fr>«ï? <wyms » |r>,Witeiifc.t^ngi^plrarei<rA>-
PLUS DE CHRISTIANISME, PLUS DE NONAnCIIIE. 71
volontaire ou involontaire du maître, dont les épanchcments intimes se traduisaient par une publicité et un éclat, qu'il trouvait lui-même terribles.
« Ni roi, ni parlement, ni prêtres, » avsùt dît Voltaire, dans un jour d'orgueil philosophique, où il lui semblait que sa raison et celle de ses disciples sudisaieiit à tout; Diderot ne craignit pas de s'écrier dans Y Encyclopédie : « Si le prince dit au sujet mécréant qu'il est indigne de vivre, n'est-il pas à craindre que le sujet ne dise que le prince infidèle est indigne de régner? » Dans son Histoire des deux /ndd5,Raynal adressait aux peuples, c'est-à-dire aux rois, l'apostrophe suivante : «Peuples lâches! imbécile troupeau! Vous vous contentez de gémir, quand vous devriez rugir! » Pour lui, « les rois sont des enfants qu'arment de petits bâtons appelés sceptres. » Le système social du baron d'Holbach, le Despotisme oriental^ qui parut sous le nom de BouUanger, l Homme d'Helvétius, sont la formule de la même pensée : plus de prêtres, plus de rois, plus de christianisme, plus de monarchie : la raison de l'homme est souveraine.
Au reste, un ami de Voltaire, un de ses disciples favoris, auquel il promettait les plus hautes destinées, Condorcet, non moins ennemi que lui du christianisme, a résumé ainsi, eu 1784, dans sa Vie de Voltaire^ en présence d'un ^at des esprits qu'il appelle déjà une grande révolutioHy ce qu'il regarde comme l'œuvre de Voltaire et de sa philosophie : « Il n'a point vu tout ce quil a fait, mais il a fait tout ce que nous voyons. Les observateurs éclairés prouvèrent à ceux qui savent réfléchir que le premier auteur de cette grande révolution^ c'est, sans contredit. Voltaire. »
Condorcet, on le remarquera, ne parle que d'un
n CHAPITRE lY.
hammc; mais il y a ici quelqu'un de plus puissant que Voltaire, et c'est la raison humaine elle-même, cette rai- $00 dont il annonçait le règne.
Soit ifaoa jette les yeux sur l'influence exercée par Voltaùne ou sur Faction de tous ceux qui se groupaient Miour de lui, et dont il était comme le roi, on observera ^|iie, ittâquà présent, la philosophie du dix -huitième $ièc)e ;i Hè toute ni^tive ; elle supprime, elle détruit fur :$!{$ doctrines le christianisme d*abord et la monarcfetîe «iKiiâle> enveloppée dans la négation même de la
>ou» aUotts assister maintenant à un nouvel effort de c^ftte pbiiosophîe, emprunté i b tradition protestante, (Mir cbiuiii^ et réformer la société et le gouvernement 4^ tMUi^ le^i^^upfes, sans culte, il est vrai, et sans religion ^g^U\^. iNous^ uous trouvons en présaice de Rousseau et ^ :$MU C\>>1^%
^011 ift^ ^^^toiitte pas de la suite que nous croyons devMi' «lottiicr ài cette btîstoîre des idées ; nous ne le faisons (Nks. ^;au^ 3^^ :>^rieu;§emeui réfléchi au grand sujet qui u^Hi^ vKVU(K\ Cerie$> il sarait impossible d'écrire ainsi ^lè^ vt^Uv tUi$tiwtf» et il n y a que l'époque du protes- |i^i{>iÉ*i^ vHi l oti pourrait se Ii:«rer à une telle analyse.
Cc^ Mtttti^ tk)^ aortes du pouvoir, la politique ordiiMjiUV v't ^t}^ ^KHikmr:^ ue soat4k doue rien? nous dira 4-on. Namui^^ :$iMUtt»^ loitt dte te prétettAre ; mais les événements VU\«^uOu^i^ t^tviii cottii^râiire toute rioqporlauce de cette hi.v|gùv di)^ i»ijc^ «(là se mitera si promptenait à celle
Voltaire et Rousseau. — (Insurreclion de la raison humaine. -;- Initiative du mouvement antichrétien. — Opinion de Rabaud Sainl-Étienne sur Voltaire. -^ La raison humaine. — La philosophie du dix-huitième siècle demande des armes aux libres penseurs protestants. — Le système de Rousseau. — Morale de Rousseau. ^ Distinction entre la morale de Rousseau, et celle de Voltaire. — A quoi sert la philosophie quand il s'agit de la règle des mœiu*s. — Madame d'Èpinay. — VÉmiiet la Nouvelle Hélàise, le Contrat social. — Principes sociaux et politiques de ce livre. — Le ministre protestant Jurieu. — La toute-puissance du Créateur et le droit absolu du libre examen. — Le minisire Jurieu cité par Rossuet. — Souveraineté du peuple. — Révolution d'Angleterre. — Origine des sociétés. — Opinions du ministre Jurieu et de Rousseau identiques. — Point de départ. — Souveraineté du peuple absolue. — Individualisme soumis à la souveraineté du peuple. -^ Le protestantisme politique à son origine : Luther. — Tradition de la philosophie du dix-huitième siècle : protestantisme et déisme. — Infaillibilité de l'homme. — Perfection de l'homme.
A-t-il dépendu de Voltaire et de Rousseau de créer un tel mouvement intellectuel? Pour le dire, il faudrait individualiser ce mouvement, si général dans son influence et ses effets, mais on reconnaîtra qu'ils ont contribué plus que personne à cette insurrection de la raison humaine que Condorcet appelait une ràfolution. Les admirateurs enthousiastes de Voltaire ont voulu lui en attribuer toute la gloire, comme son disciple Condorcet ; et certes, on ne peut nier que Tinitiative de la philosophie antichrétienne, d*où est sortie la Révolution de 89, ap-
j;irrt0mtf j ^jiliiir^ je. aiae bgB|» cependant ne pernée itfé^ m ysssXfiumn i ^^dtaint et â Boosseao, plus ^ À udih^ st M '^jâ^KiB^ o»|mufe ftiliAusde h raison aitmauiA;^ jfs iiuicviHiwflB csÈxxnmjk^Ot qui l'ont entnuiiK V» 31; iunt MB" 4ICL •{oi 4Bft ÎBveBlè Torgneil de t <f$9CTU li e^ Jife%iiiiis in ^nnq^ Bais ik Imr «it donné
Stiiic^^ittivnnw. miti&tfv» w^vaaBmL a iBanbB^ et TAasoÊÊàôt cou- >4iUHEme. MtimaE s *''^. m mmart: «k lertK^mBl^aooepta'la
^Muunii. jili:s ^w VMfii^ es itttr's&. J^mpit te pt^rès de h nisoo j« ^'TttiKx ^ ^ ;!ïtiu mt* .«HiM i.iMiinf> MBuà feivs ks cspiits par ;«s ,^Jmii:>^ 1 *iiw iiMt^w ^mbsiiî. «^ luuuilL IkMS les takai^ qui ^KrHdvMMttttJt '.tni:i^ e^ jy,«r»j-v ^f■ ovHMtîi ^ons te akB. ^ prit b >Àit.4«s!«^ i«i uiK»- i^ iwraoe^ ^ -{tu» hiraïc àHEOiÉ^ aK« dir^ea
>4^^^^. â j^y^vAMx 4U1 m JiMO^vau ^pfrit a pmmr ftmr nx-
tu *M^.x . I « V M^f- ib-hW^mo^ ù9 j/n^m^es». i'A aTca an(t p» lede-
îhvv H\/uô4iLWUiv> :^ .)»a»^tbfefcC Je >» -^ SoimT aras eèl tM^oars M^V^" |K^ti!»<flittteK ^l^ a ''iMMtt Jtytmi jcaùr Jr fiàtoifiiHw fân
vK^ tel «^TMi^Mfe^Sa^tfti^. * tfàern^ Mtm^.
^ ViMM' yi>KUMiM fo ^xaàiir le omit ^ iiiwe