‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 26 sur 156 · LA RAISON OUVRAGE D£ DIEU · texte numérisé non relu

LA RAISON OUVRAGE D£ DIEU

Cette faculté humaine, la raison, il ne faut pas Toublier, est l'ouvrage de Dieu; sans Dieu, l'athée ne penserait pas. De la raison humaine, même réyoltée, il faut toujours revenir à Dieu, pour en expliquer la puissance, instrument dont l'homme s étonne et qu'il admire, dont il s'enorgueillit d'autant plus que cet instrument n'est pas^ son œuvre et ne lui appartient pas.

Quand les hommes et les circonstances font appela cette raison isolée, quand ils s'adressent à elle comme à un juge suprême, quand cette force intellectuelle, qui est d'origine divine, s^exalte à un degré extraordinaire, il arrive que cette sujette de Dieu veut régner à son tour^ que cette créature aspire elle-même à créer, qu'elle se développe, avec une puissance, et amène des résultats

cun en particulier, quoique dans la pratique il prétendit imposer à tout le inonde ses opinions religieuses. Qui ne comprend que de ce droit d'examen devait sortir le rati<malisme, qui a bien vite éclaté dans le protestantisme lui-même, dans les doctrines des réformateurs comme Zwingle, contemporain de Luther, avant de trouver sa forme arrêtée dans la philosophie du dix-huitième siècle, qu'on peut appeler la seconde période du protestantisme et son but logique.

Nous avons parlé des mœurs qui cherchaient une justification et une autorité dans cette philosophie, quand nous avons cité ces paroles deBossuet : On veut pécher avec raison. 11 est remarquable qu'à Tor^ne du protestantisme on vit la même cause recruter Thérésie nouvelle, c'j&st un disciple de Luther, Martin Bucer, qui la raconte lui-même. — i La plus grande partie du peuple, dit-il, me semble n'avoir embrasse TËvangile qu'afin de secouer le joug de la discipline et robKgation de jeûner, de faire pénitence, etc., qui hii étaient imposés à l'époque du papisme, et pour vivre à son gré, se livrant sans contrôle à ses convoitises et à ses passions. Elle prêta donc facilement loreille à cette doctrine, que nous sommes justifiés par la foi seulement, et non par les bonnes œuvres pour lesquelles elle n'avait au- .cane disposition! • — De Regn. Christ.

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IlOrSSEAU. 77

Le système de Rousseau avait eu en apparence au moins, quelque chose de plus positirque le doute vollairien : il semblait offrir aux intelligencos des voies plus fraîches et plus fleuries, plus sûres, que la haine systématique de la religion chrétienne; il attaquait la religion en la pleurant et il portait, pour ainsi dire, le deuil delà foi; il ne voulait pas reconnaître la divinité de Jésus-Christ, mais pour lui la mort de Jésus4ihri8t était celle d'un Dieu, et il admirait la $ublimité de rÈvangile, auquel il ne croyait pas : comme l'Anglais Locke, il aurait voulu être chrétien, sans l'être : c'était le roman et l'utopie de l'incrédulité.

A l'égard des moeurs, fait capital, Rousseau, qui se posait en réfoimateurde la société, différait peu de Voltaire et des premiersprotestantsS et ne s'en séparait guère que par la forme; il était pour la haute bourgeoisie financière et la jeunesse, ce qu'était Vollaire pour les grands seigneurs; il trouva autour de lui une extrême facilité de mœurs et l'encouragea par ses écrits comme par ses exemples.

Il est remarquable que Rousseau, dont la croyance en Dieu semblait plus sérieuse que celle de Voltaire, qui parlait avec respect du christianisme, ait rompu moins ouvertement avec la morale dans ses écrits : il y a, à cet égard, entre Voltaire et Rousseau, la diSlance qui sépare la Nouvelle HélcUse de la Pueelle.

Mais, de même que Rousseau avec son déisme moins sceptique, plus sérieux, provoqua cependant Tincrédulité parmi ceux que ne pouvait satisfaire le doute voltairien, il mit à la mode les mauvaises mœurs romanesques, la poésie des liaisons illégitimes,et la corruption sentimentale. Vol-

' Yoir la note de la page 74.

taire était un grand seigneur de la littérature, mauvais sujet comme ses pareils du dix4iuitième siècle, pour qui Fadultére était de bon ton, l'ami et Tèmule du maréchal de Richelieu; Rousseau, démocrate, admirateur passionné de la nature, n était pas, dans ses mcnirs, plus rigoureux que Voltaire : comme on le toîI dans les MéwÊoim 4e mÊitmt fEfimʧ, m tool en regardant la nMnrale vXkiuiiie un pr^ugé nécessaire, il aiunait qu'il n était pas ;jis;;î;m bMiMx poot le partager. »

lu Gm Amic <le lenier, au moins, la rèfionne des maux;»i$^ Mwrw^ Tottaii^ et Roiisseau y ajoutèrent Tînfift^^v 4^ V«[t^ Mrifcs fct de Vms eumples,

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