‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 27 sur 156 · ROUSSEAU · texte numérisé non relu

ROUSSEAU

Héldise, la liberté des passions sous cette forme du sentiment et de la mélancolie qui ressemble à la complainte du vice.

Rousseau professa le déisme dans YÉmiley sa morale dans la Nouvelle Héloise^ et dans un troisième ouvrage, le Contrat socidj ses idées sociales et politiques, mais toutes ses œuvres partaient d'un même principe et allaient au même but, le règne deia raison humaine.

C'est par le Contrat social que Rousseau a voulu réorganiser et refaire, pour ainsi dire, la société. Avant d'étudier Torigine des idées, jetons les yeux sur ce livre qui occupe tant de place dans le dix-huitième siècle.

Rousseau ne se contenta pas de prononcer le mot de liberté d'une manière générale, comme Tavait fait Voltaire; il proposa, il décréta, pour toutes les sociétés humaines, une organisation qu'il déclara la seule légitime en condamnant tout l'état social antérieur ^

Or, les principes, proclamés par Rousseau, qui se formulaient dans l'hypothèse d'un pacte primitif, entre les gouvernants et les gouvernés, dans l'égalité individuelle et la souveraineté collective des membres de toutes les sociétés humaines, où le pouvoir, quel qu'il fût, n'était que le délégué du peuple, ces principes n'avaient rien de nouveau chez les écrivains d'origine protestante, comme Rousseau ; ils appartenaient au dix-septième et même au seizième siècle.

Le ministre Jurieu avait soutenu ces opinions dès le

* Contrat social, liv. I"% ch. i", p. 26 : « L'homme est né libre, dit Rousseau, et partout il est dans les fers. » Ainsi le christianisme qui avait amené la suppression de Tesclayage, qui avait civilisé les barbares et créé les nations modernes, n^avait rien fait : tout était à défaire et à refaire.

•• CILimtE T.

nrîoie de Louis XIV, et Bossuel lui afait répondu dans s IrtThMfMifiito MX ProUsints^ faut la question poUl .{ue r?e trouvait ici mêlée à la question religieuse.

«lis lauleur du Camirmt soàal, au milieu de Tébranh aKm diîs idées qui exi^ailau dix-huitiéme siècle, deva praiuîre sw les inteltigences, une toute autre impit» :$«Mi %(tK le Binêtre Jurieo.

l^^ec cet eolkMisîaswe dogmatique qui animait Hm MM. il s adsaaiC fmaar kn, comme pour le minislr Airàiu A? evKilîer h trate^pussance du Créateur ave tuftèepimfaKe tfes oéatmes^ formulées, par récol jrcvCe^iwÉe. daas le droit absolu de libre examen; maii <^K!lr âii»ftê piNnail ewore moins arrêter Rousseau ^tftf li^pnèKtiaib Abl sesnèmecldadix-sqitième siècles; s*\*i(ât jiiwir tbNHKT à riMwuiie^ comme à sa raison, une tni«^ ir^oibf |Èice que W proêestantiaie était venu; les >î)t:t?5s wtsîaiK An dh4nitiÈme swde, quels qu'ils fus- >v^^ A>^«»aifc bit il— ?r phce entière,

tiv Arc If mal— tiiinl de l0«sscmu comme de Jot:n^t £ >i jt ttfi Vwt. WK FaiwMBSs mais Imtelligence À^ tlmitfoir^ ifiMttfKeUe Aiiie mdve bommage au vV^^t^MT. ^ :$iMiBenme. Or. ceile souroraineté de vVmmw $ir nfOtwmia Aik^ i«8» Aes sociétés bumaines, y^il$t^^^{»^ ii^ Ttt ki et lepriiSt» Aesa nature : quel que ^»Mi( ir ^jwtxwwBWoL iî BiV^ M fcmqpe que le dél^ué

|y>i: ^\^ iiii mwt^ire Jbri». i cet <q;wd^ se résument À«fts i^ $rf?ftrfr*rtt $u£wfAf «ÇK « bit fossuet : « Le peu- ^ V î^ i.^ :ji«(tx^T«m> et îtetnr Awne h souvaraineté ; «^^ ^ ^^<^^ y>t?^xAf^:?<wwerMWtèala possède dans V^^ À'^^v^ if^^ <;màiM*. Cmt cebn qui communique «^Sk vyc<:^N^^ vV {tt^$ s^mwHHWfhe dTuvie manière plus

LA SOIYERAINETÈ DU TEUPIF. 81

parfaite; et quoiqu'un peuple, qui a fait un souverain, ne puisse plus exercer la souveraineté par lui-même, c'est pourtant la souveraitieté du peuple qui est exercôc par le souverain, et Texercice de la souveraineté, qui se fait par un seul, n empêche pas que la souveraineté ne soit dans le peuple comme dans sa source^ et même comme dans son premier sujet'. « Voilà, ajoute Bossuet, les principes qu'il pose dans sa XVF lettre, et il en conclut, dans les deux suivantes, que le peuple peut exercer sa souveraineté en certains cas, même sur les souverains, les juger ^ leur faire la guerre^ les priver de leur couronne ^ elwnger Vordre de succession^ et même la forme du gouvei^nement^. »

Tout le système protestant du ministre Jurieu s'appliquait à la révolution d'Angleterre, qu'il voulait justifier.

Mais comment Jurieu retrouvait-il, même à l'origine des sociétés, ce principe de la souveraineté du peuple, dont il faisait la base des gouvernements? « Il est contre la raison, disait Jurieu, qu'un peuple se livre à un souverain, sans quelque pacte^ et un tel traité sera nul, et contre nature. » C'est ce que Bossuet appelle « la doctrine des pactes. »

Dans le Contrai social de Rousseau, on remarque d'abord le titre suivant : Du pacte social'.

C'est la môme doctrine exprimée dans les mêmes termes. Rousseau la développe de la manière suivante : « Prenez une association qui défende et protège, de toute la force commune, la personne et les biens de chaque

« Avertissement aux protestants, 5* vol. des Variations, p. 520. » Item^ item,

' LW. I, chap. VI, p. 40.

cuniiE T.

cuacon s'onissant à tous, nV :^ et FRSte aussi libre qu'auiandamental dont le Con- L. » Bdusseau ajoute : « Les teltement déterminées par la h mÊfoinàrt modification lesrenc&l: CD sorte que bien gudle^ ék fmmeUemeut énoncées, elks « fntoat TAcmENT admises et be* âe {Hcle social âant violé, chacun prenàers drmts, et reprend sa place il lilierlé conventionnelle pour la-

Ce foi rrétasâ à ces premières paroles de Rousseau : € L hMMK est ni* libre % » c'est-à-dire, comme nous al- Un» le ^WJ maître souverain de sa destinée, nécessairement en vertu dune iorœ ou dune puissance intellectuelie qui est en lui et qui lui révèle cette liberté, ce droit ; or cette puissance n'est et ne peut être que la raison humaine.

C'est lo principe même de la souveraineté de cette raison, puisque chacun n obéit quà lui-même, pour parler comm^ Houasaau, principe hautement reconnu parle pro- (t^tautiâiu^Y ^t plus que jamais proclamé par la philosoy)im ilu di\-liuiU<^u)« siècle.

Suiv^i H^Hi>^ic^^Ui» la doctrine de la souveraineté du kH^^^x ^^ ^ «MiiiMrig Jurieu croit devoir expliquer sous ^(MiiVi \llXx ^ ^^ *i^<(tttwsî bien établi quil ne cherche kM,^ iii Ik^ (A;"V^A«I«iW :: '\\ î^ <«ttlaile. dans le premier cha- ^\\i\^ <*A k'mi?i^fi ^'f^> ^ ^^^^ « parbnt de luinmême.

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