LA SOUVERAINETË DU PEUPLE
qu*îl est né membre du sauverain, parce qu'il est citoyen do la petite république de Genève, et il donne dans le chapitre YI1, quia pour objet le souverain^ cette définition de la souveraineté : « il faut remarquer encore que la délibération publique, qui peut obliger tous les sujets envers le souverain, à cause des deux diflerents rapports sous lesquels chacun d'eux est envisagé, ne peut, par la raison contraire, obliger le souverain envers lui-même, et que par conséquent il est contre la nalure du corps poUtiqtie que LEsouvERAitf s'impose une loi qu il ne puisse enfreindre. Ne jpouvant se considérer que sous un seul et même rapport, il est alors dans le cas d'un particulier contractant avec soi-même; par où l'on voit qu'il n'y a ni peut y avoir nulle espèce de loi fondamentale obligatoire , pour le corps du peuple j pas même le contrat social '.
On le voit : le souverain, c'est le corps du peuple, et il est souverain absolu .
Dès qu'on admet la doctrine de Rousseau, cela est trèslogique : comment une réunion d'êtres, tous également libres, indépendants, ayant le droit de n'obéir qu'à euxmêmes, ne serait-elle pas souveraine ?
C'est exactement la même doctrine que celle de Jurieu sur la souveraineté du peuple : le peuple n'est soumis à aucune loi fondamentale; il peut renverser le gouvernement quel qu'il soit, ce que le protestantisme avait fait en Angleterre; et, développement logique ajouté par Rousseau, le peuple n'est pas astreint, dans sa souveraineté sans limites, à respecter ce que le philosophe appelle le contrat y c'est-à-dire l'état social, qui fait de lui un peuple, par la raison qu'il n'a contracté qu'avec lui-même;
* Liv. I, chap. wu, p. 45.
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■ Ut. I, dnp. vn, p. 13.
s Ut. K dnp. u. p. 37.