INFAILLIBILITÉ DU PEUPLE
jeter au milieu du mouvement d'idées du din-huitiéme siècle, n'était donc pas une initiative personnelle prise par <i le philosophe de Genève, » comme on l'appelait, une découverte qui appartint à son époque, une révélation nouvelle des droits oubliés ou méconnus de l'humanité, mais le calque fidèle des maximes religieuses, sociales et politiques du protestantisme, un emprunt maTiifeste que le dix-huitième siècle et Rousseau faisaient au seizième à Luther, à Cromvsrell et à la révolution pix)testanle d'Angleterre, comme aux calvinistes français, dont le ministre Jurieu était Torgane au dix-septième siècle, sous le règne même de Louis XIY. Seulement, une philosophie qui détruisait toute organisation, par conséquent toute autorité religieuse, qui mettait la raison humaine à la place de toute foi inspirée de Dieu, donnait à T indépendance de l'homme, formulée dans la souveraineté du peuple, un développement extraordinaire et complet, en l'isolant de toute religion positive, de toute règle possible.
Le ministre Jurieu avait ainsi défini le nouveau dogme de l'infaillibilité humaine, opposée à celle de TÉglise catholique : « Il £aut qu'il y ait, dans les sociétés, une certaine autorité qui n'ait pas besoin d'avoir raison pour valider ses actes. Or, cette autorité n'est que dans le peuple. »
« Le souverain, dit Rousseau, n'étant formé que des particuliers qui le composent, n'a ni ne peut avoir d'intérêt contraire au leur; par conséquent la puissance souveraine n*a nul besoin de garant envers les sujets, pai'ce qu'il est impossible que le corps veuille nuire à tous ses membres Le souverain, par cela seul quil est, est toujours ce quil doit étre^. »
*■ f^ontrat social^ chap. vu, p. 46.
On ne peut proclamer d'une manière plus formelle rinfaillihilité de Thomme, comme sanction de la souverainelé du peuple.
Les idées du ministre protestant Jurieu et celles de Rousseau, le philosophe déiste, sont donc les mêmes ; cependant il y a entre eux une différence notable : Jurieu, lout en reconnaissant avec une grande inconséquence la suprématie populaire, (ini na pas besoin d'avoir raison^ maintient la nécessité d'un culte que cette puissance absolue peut supprimer cependant; ce culte, s'il est accepté, tant qu'il est accepté, est toutefois un lien, un frein quelconque pour une société; Rousseau, comme les autres philosophes, supprime toute espèce de culte, cl il place la souveraineté de Tintelligence humaine en fttoo il'un déisme sans règles, ni lois positives, lorsqu'il dit d'un pouvoir exercé par des hommes : Le souverain, pai lyla iiciil qHil est, est toitjours ce quil doit être^.
Ainsi Rousseau^ entraîné par sa théorie, pour détinir K> souNorain qu'il pix)clame, ne ti'ouve qu'un mot, celui dont la Bible v^'est servi pour caractériser Dieu lui-même : W e^( cetniqmest.
IWorumis il \ a pour les sociétés humaines un nouvxNiu (HHivoir int;iillible de dixMt. s il ne Test de bit, qui )HhUx qu^ml il lui pl;»iU intervenir dans la politique, et ^uix )Kn' ^ n;ituiv. o::4 ^i^^eiè au gouTemement des Êl;^l:$^« c^r il ec!4 souvifi^jiin même quand il ne règne pas, ^ %Mi ne |HHil lui i^Mumauder que par usurpalk» : ce (f^HiWMtx te seul Wilime^ esl vvlui de laal le monde.
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