‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 37 sur 156 · HUGUES CAPET, LOUIS DE GROS · texte numérisé non relu

HUGUES CAPET, LOUIS DE GROS

çaises, tel qu'il s*est accompli sous la troisième race. D'une puissance supérieure à cdle de la plupart des autres seigneurs féodaux, fils de Hugues le Grand, petitfds de Robert le Fort, Hugues Capet, par son avènement seul, commença une réaction contre le régime féodal, quoiqu'il en fût sorti. La royauté était sans force : il la relevait désarmée, il lui rendait une épée. A peine roi lui-même, il ne fait pas élire, mais sacrer son fils Robert et l'associe à la royauté, pour assurer d'avance l'hérédité de sa couronne. C'est ainsi que s'établit en France cette loi salique, dont nous avons déjà montré toute l'importance, ce principe de l'invariabilité monarchique, eu vertu duquel le fils aine devant hériter de la couronne, la royauté ne pouvait tomber en quenouille, et le roi ne mourait pas en France. Ce principe a été la royauté ellemême, la royauté française, il a fait, en même temps, l'unité du gouvernement et l'unité du territoire.

Le premier règne qui jette une vive lumière sur la mission de la troisième race est celui de Louis le Gros, le sixième des successeurs de Hugues Capet. Venant à la suite de princes qui ont maintenu l'hérédité royale sans mélange d'élection, il fait plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il entreprend une lutte ouverte contre la féodalité, il l'attaque par deux bouts, la guerre contre les seigneurs de son propre domaine, Fémancipation des communes.

La .monarchie, celle qui obéissait au roi, et encore avait-il à lutter, nous venons de le dire, contre les vassaux de son propre domaine, se bornait alors à l'Ile-de- France et à une partie de l'Orléanais : tel était le point de départ de la grande entreprise où Louis le Gros et l'abbé Suger, ce grand ministre, s'engagèrent avec tant

m GEAPfTii fin.

lie coim^ et tie g^nie. pour naicfaer avec tant de per-

<Ki!el était éMe 1« Beîileinr amiliaire de Louis le Gros? A cette «ffiNiih^ tMiiaie. m boanae san» naissance, dont les pturents mêmes sont restée obscurs et inconnus, un Miif u S<i|çer; macs Su;;er était ablié de Saint-Denis, et raM>«ye dont il était le ciwf pQ«^il alors Tenir en aide di la n^utè. au i-ommones. €[» b rofanté prenait sons ^oii potronuice.

LV\i:^tem:e de l abbsye de Soinl-ftems remmitait bien haut. î Ijonée r3T et a ia praaîère race. Cette abbaye était une puissance par l étendue de ses biens, le ncHnbre de 5eï^ ^as$aal.:^es richesses. Tensei^iieinent qu'elle donnait, le v>MtoHtr^ qu ette apportait Iraditioiinellement, on peut le dire, à l autorité royale. La cttalioQ que nous faî- ^Hii$ ;jiu ta:^ de cette pa&ie ^ niMitre bîn l'état d'une société,

^ <,ti»«fu si^çataaiLt tut aiûat oAst ^iu mot oUëtas^,, à un mooas- Icr^ ^:i^ ^onfttC^Sv JOUTAI ^fire eievè et ousacrê à h TÎe religieuse. Ce ^'<v ic ^H^ccr > j^^îaît. cniit-on. Elinami. nab oo ne sait s'il «.^;u( vtc r^Mit^ ie $«ituc-4\i}inr ou ie Sunt-IHaùs mètne. M. Fierre vl^.'UK'ut. ubib^ :«e«> P'^r^^L*^ 'à&ofrmes p. T*. «tene ansî b foriDttle vie IvKW à\^ùjiU«m. ^u :suL^;inc ui :«h. et ^ iME«rs de Tépoque, le ^\HV vtu jcuiinf ctiiaul v4tu viie^^^ ètn: Sti^ser. k vouaii as serfice de i^Wii : « Vu. ^^uami. v àuiute i Diat. i }^]Cn^-iXlllle, an réTéreud vtMK' \ilk^ $Uit»t4^6s ^ $e^ ^smx-^sscvrs et à fwrobnp de SakH-^ooist, mvu tiib^ ^^^»r. )iùt «(u il y:««mf feu et Imk ses saint» jasqo^à hfin \K' N4 ^K\ >«S^u lU : v^W àt; larin* ii; saint Beiwèst; et je le donne de ^ >vuic >it Uk^( ^vur ta Dfitics^tm ie ses péchés» dtes miens et de tons, vvuv vW H"^ (Mix'ttlrs • Vestsl *^M^ bien rensmpjabie qœ, par une vKsxtUKV ^'iV^HJcHCKHle. v>ft eoÊmC siiei cunsaL-ré à Ken, Félaît à la ^'«H^iKV \t vIm^«U ^uv «t iif s«$ pii&^r«al» mbésIrs?

« « V^'t^'^^'Jt^^ ^'* ^al^$:^ïlttk.v 6eat|Nr«lle et pefitey» de Fanliqpie ab- Kw' vUlvM( ^^\iv'W> c<t ^riimiksîattt. et il sembbît que son enstence V' ivUUkKvU \'lWvCti\HK^»ixftU cto^ite année à feùslence même de la MMK^vhH^ l^ii^ timr^ iMttWt^ «itts cesse raaissautes aicc FEmpire»

LE CLERGE, L4 ROYAITÉ. 1 15

toute nouvelle et toute féodale, où une abbaye, comme celle de Saint-Denis, prend les armes , dans l'occasion, lève des troupes et vient au secours de la royauté. Quelque éloignées que ces mœurs soient des nôtres, si l'on se reporte à Fépoque qu'elles caractérisent, on se rend bientôt compte des causes exceptionnelles et transitoires qui avaient pu amener un tel état de choses : sons le régime belliqueux de la féodalité, la société entière, bien souvent dans le cas de légitime défense, avait fini par s'armer, et se montrait toute bardée de fer. Or, un même intérêt d'ordre et de paix rapprochait le clergé et la royauté dans les luttes qui s'engageaient alors sur tant de points du territoire. Ces terres si considérables, ces ricliesses

avec les grands vassaux toujours frémissants, lorsqu'ils n étaient pas en état de révolte ouverte, les rois de France n'avalent pas d'îiuxiliaires plus dévoués que les abbés et les religieux de Saint-Denis, liusieùrs d'entre eux, Sigobert, Fulrad, Valdo, furent employés par les rois Tliéoderic, Pépin et Gharlemagne, dans des ambassades importantes, et s'y distinguèrent. Au premier bruit de guerre, l'es religieux chargés dMnstruire les générations nouvelles, ceux auxquels était confiée la reproduction des immortels chefs-d'œuvre de la littérature latine, descendaient de leurs chaires ou quittaient la plume. Les 'plus éloquents parcouraient les paroisses, appelant aux armes, sous l'invocation de Dieu et au n&fn du seigneur roi de France, tous ceux qui étaient en état de les porter. Bientôt des masses compactes venaient camper, bannière en tète, sous les murs de l'abbaye, aux cris raille fois répétés de : Mmtjoie et Saint-Denis. Enfin, au jour fixé, en présence du roi, des barons et de toute la noblesse du royaume, ceint de l'épée, revèlu de la cuirasse, du heaume et de ia lourde armure des chevaliers, l'abbé dé Saint-Denis sortait de Tantique église, précédé de l'oriflamme sainte, aux acclamations d'une foule immense. Puis, suivant la grandeur de la cause à défendre ou l'imminence du danger, il menait en personne une armée de dix à vingt mille hommes sur les champs de bataille dont le roi lui-même lui montrait le chemin. » (Portraits histoiiques, p. 3., par M. Pierre Clément.)

qiio la première race avait données à Tabbaye de Sainl- Drnifl, le pouvoir même deTantique abbaye, quii*emontait à œltc race, son influence religieuse, offirâiient à un roi de la troisième, celui précisément qui allait prendre Ion premières initiatives dans la formation de la monarchie française, qui allait commencer la carte de France, une des grandes ressources de la royauté, et, parmi ces n^MMotUTOs, lu plus extraordinaire peut-être, un moine, pauYiHi enfant élevé par charité, futur premier minisire o( n'agoni du iH)yuume.

Nous avons vu le clergé des Gaules traiter avec la barhiiriis li( ft^ii'c agenouiller devant le christianisme et la rivilJNalion, qu'il maintenait en la purifiant; le clergé ronlinuo son (ruvre, même au milieu du monde féodal, v\ rallinnco qui doit amener TaHranchissement des corninunuN, Louis le Gros la forme avec une abbaye. On dirait alors los teri\}s, les vassaux d'une abbaye. Si ces grand» tHablissemcnts, cette puissante organisation d'une propri<Mé imoitique, intelligente, naturellement disposée Il no rullior autour d'un pouvoir protecteur, n'avaient pas mlM|i\ lnl^nlo sous la forme féodale, que serait-il arrivé? Si raliliuyo do S«iint4)onis et Suger avaient manqué à IfinlM h» (Jnm^ (\ sou successeur, Louis \TI, et saint Rerai à (llo\U, h\ ri^lémont litigieux n'avait pas dominé dans la MwMi^ IVançaiso l'élément barbare, et ensuite l'élément Ibndal, i\m\^t |H>ur qu'un abbé de Saint-Denis, l'allié de IMW roU, allAt jusqu^à prendre Tépée pour l'arracher à la Ii^imIiiIiUN duuM Hos violences et dans ses excès, que sehilMMl dmonuoH lu milisation, la monarchie, la société hiintaluoH, prIviVH d'un (el point de départ et d'un tel |Miihld*appul7 Noun no Nouions rion exagérer à l'égard de cette féo-

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