LA CIVILISATION CHRÉTIENNE
dalité; nous Tavons vu : elle a fait son œuvre contre les nouvelles invasions qui menaçaient l'Europe d'une guerre perpétuelle, qui rempêchaient de sortir des ruines de Pempire romain; elle-même, dans ce qu elle a eu de civilisateur, n'at-elle pas dû beaucoup au christianisme et au clergé chrétien ? Il y aura, certes, une alliance plus intime qui se montrera plus tard entre la race féodale et la pensée chrétienne, le dévouement chrétien; la religion continuera, à l'égard de la féodalité, l'œuvre qu'elle a commencée à l'égard de la barbarie, nous le verrons dans de grandes et mémorables circonstances. Maintenant, nous sommes en présence des faits qui sont les origines mêmes de la monarchie.
Nous croyons que, dans l'histoire, il faut éviter toute partialité, tout esprit d'exclusion; mais, sans vouloir nier aucunement la part de la féodalité dans la défense du territoire, qui refusera de reconnaître à quel point se manifestent ici les deux éléments constitutifs de cette monarchie, le christianisme, la royauté de la troisième race, et, sans le christianisme, qu'aurait été la royauté? Qu'eût été le monarque, le glorieux émancipateur de nos communes, sans le pauvre moine, le grand roi sans le grand ministre?
L'émancipation des communes, dont l'origine remonte à Louis le Gros et à Suger, a été un véritable progrès, mais il y avait eu d'abord une émancipation d'un ordre bien supérieur, celle des hommes de toute race, de toute classe, serfs et pauvres, qui entraient dans le clergé régulier et séculier, auxquels l'Église ouvrait les portes de ses sanctuaires, quand ils n'étaient rien devant le pouvoir temporel.
n y avait, dans le clergé, un mouvement perpétuel qui, élevant les humbles, triomphait de la force maté-
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rielle et brutale, et rendait impossible l'empire absolu de toute caste exclusive : TÊglise était ouverte à tout le iiionde> ceb suffisait. Cest ainsi que de la société relir pieuse a dû sortir, par l'exemple qu'elle dcmnait, par I esprit qu elle propageait, la société civile et politique elle-même^ et que, si l'idée de la hiérarchie et de la diffifreiKV des rangs a été une des traditicMis qui ont existé en France jusqu'en 1 7â9, l'accès de cette hiérarchie n*a jciniais été lemè.
Lft tmiksformation de b société féodale devait-elle être immédiate? 11 est évident que ceb était impossible. Car b KK^blitè^ celte première transfiMmation, elle-même, de b ixxiquéte. cette transformation armée, était partout, et c était emwi^ à son image^ que ses adversaires s'organisaient pour b combattre, clergé, royauté, bourgeoisie. Hu^ue^ i^pet^ le fiMidateur de b troisième race, n'étaiti) i^s lui-nv^me un seigneur (êodalT
IVrmi les bits qui se placent à côté de Taffiranchisseim'Ut dec^ communes^ îl y en a un qui l'a devancé même, t^i K^ |vré|Vjirvimt, et qui le domine, par ses conséquences |4us hautes, plus générales^ plus eun^>éennes % c'est le (tiHind 6iit %k$ crw$aile$«
l^v!^ cixHsades ont commencé à arracher b féodalité, et
* « lo liiyii^MHr oMNictt^ de$cra§ades,e^eslleiiriiiiivarsa]ité; TEunv|^^ ^^Mtù^iv > « iXHKXtuni; «elles ont été le premier éréDement euro- |hVu, AnwU W crvHsailes, «a u araut jamais tu FEurope s'émouvoir \\\\\\ \\\^\\<^ '^t^xWwkiHxXs ^T dans une même cause; fl u'y avait pas ^rKuh\|Hs |.<(^ \H\^$at)e(<^ i^t nè^nHé IlSwrope chrétienne. Les Français lïlUMioul \f^ t\m\i «lo l« |u>»ittîère année de croisés ; mats il y aTait aussi tli^i AllinuMiulN^t, U<\s U^^vss iWs Espagnob, des Anglais. Suivez la n^MHUuU»* U Uvùih^iH^ ciwis^iKie: 1»his les peuples chrétiens s'y enga- ^m[ \\\m k\<* \y\m\ w $\Hait eiwoie vu. ■ ^M. Guixot, Cours d'aïs-