‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 42 sur 156 · ORGANISATION DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA FRANCE

organisation judiciaire, qui prit le nom de parlements. Les parlements ont eu une bien grande part, une part décisive à la formation du pouvoir civil en France : ils ont traversé toute la monarchie.

La royauté française, on le sait, fut loin de négliger Tépée pour fonder notre nationalité et notre société ; mais, en même temps, elle s'est beaucoup servie de la main de justice, et cette main de justice, c est la bourgeoisie qui Ta tenue; c'est elle qui, après les défaites de la partie la plus remuante, la plus indisciplinée de la féodalité, sur les champs de bataille, lui a fait, sous bien des formes, son procès dans les parlements, à l'influence guerrière, qui dominait tout, est venue après le clergé, mais par d'autres moyens, opposer une influence pacifique, dont nous aurons à apprécier la portée.

Nous verrons plus lard la royauté, par les mêmes motifs qui lui ont fait créer les parlements, offrir un dernier cadre à la bourgeoisie, l'administration.

Les communes, les parlements, l'administralion, telles furent les trois issues par lesquelles la bourgeoisie française est sortie de Torganisation féodale et a contribué à la changer si profondément.

Les communes, les parlements, Fadministration , étaient-ils le meilleur mudo d'organisation qui pût s'offrir en France pour toute cette partie ûc la société qui, étrangère au clergé et à la classe des seigneurs féodaux, cvoii cependant à suivre ce mouvement de la civilisation chrétienne, si bien indiqué par les paroles de Louis le Hutin, civilisation qui avait pour but de proléger et d'élever les humbles, mais progressivement, sans irruption violente, ce qui était la conséquence naturelle de l'inslruction si généreusement offerte par l'Église, dans ses ca-

thédrales et ses monastères? Ce qu'il y a de certain, c est que, si la royauté a été le centre de Torganisation et du mouvement ascensionnel de la bourgeoisie, les parlements, dont Torigine remonte à Philippe-Auguste et à saint Louis, ont marqué ce mouvement par une influence presque toujours croissante, jusqu'au roi Louis XVI, de H 89 à 1789, c'est-à-dire pendant presque toute la durée de l'ancienne monarchie.

Fondation de l'Université de Paris sous Philippe-Auguste. — Initiative ùu Saint-Siège et de la royauté. — Coq>orations du treizième siècle. — Ce qu'elles sont à l'égard de la féodalité. — La chevalerie. — Pourquoi l.i papauté intervenait-elle dans la fondation des universités? — Philippe- Auguste, l'ami des communes et le protecteur de l'Université de Paris. — L'Église, la plus grande des associations; son influence. — Le Parlement, la plus puissante des corporations civiles. — Les universités ont fait les parlements. — Les forces de la bourgeoisie développées par la royauté. — Point de départ de cette royauté. — Lutte des parlements contre la puissance féodale. — La bourgeoisie.

Un &it dont il faut tenir grand compte fut la fondation de rUniversité de Paris, sous Philippe-Auguste*.

Une telle institution, qui put se prévaloir du patronage royal, vint offrir par les lettres une large voie à l'élévation de la bourgeoisie et des classes populaires, dans une ville où déjà de pieuses fondations avaient pourvu à l'éducation des pauvres écoliers' : les universités, et elles se multiplièrent en France, devaient être la pépinière de la magistrature et de toutes les carrières

' U s'était formé dans cette ville ce que ron appelait sludium porrisiense, V étude de Paris, une réunion de maîtres et d'écoliers, qui aspirait à devenir une corporation, ce qui était la tendance de toute la société du moyen âge.* L'approbation, accompagnée de privilèges, accordée par le pape et par le roi à TEtude de Paris, fut la base de cette institution et de son importance nouvelle.

' Une de ces fondations, la première, était de Robert, lils de Louis le Gros.

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miles. L^^ elles émanèrent, parmi noos^ de Tinitiativc du chef de la oaiholicitè et du roi de France : elles furent des corporations^ s' organisant pour consenrer le dépôt de la science^ transmis librement jusque-là par les écoles des cathédrales et des monastères. Ce ftit ie £iit le plus bourgeois et le plus populaire du moyen âge, consacré par le Saint-Siège et la royauté.

A oUè de la cheiralene et des croisades, cette civilisatk» pdr leehrîslianisine, de la race guerrière et ieodale, qu'êtaient-ce que toutes ces corporations qui se formaient au treixièiiie siède a^ee la coosècration du principe religieux et sous le patronage de la roputé, grftce à des privilèges, c'esl-ànlire des moyens d'exister et de se défhiiïre au sein même de la société féodale? Fn dévelop- |HMUout inattendu de b féodalité, qui, par une application nomelle, 1 opposait, pour ainsi dire, à elle-même, au nom de deux grandes unités, celle de l'Eglise et celle lie la monarchie, qui mettait «i lace de cette as- ^Kiation armée tant d associations pacifiques, mais puis- ^nle«$s mais organisées, la changeant elle-même par la chtnalerte^ qui émanait du christianisme.

IVunlUoi le pape, de concert avec le roi, intervenait-il d»n$ la fondation des uniTersités? Par une raison toute v'^iniplo. c'est qu'alors les sciences étaient r^rdées a>uuno une intrcnhiction à la plus haute de toutes, à la HuVK>gio^ et que Tidée de la religion était inséparable de colle do IVn^ngnoment, qui n existait que par la religion, par lo clergé, qui avait sauvé la scianee et y avait initié lo» barlmrt^s*

* M. lUiiri (if Ru^inceT, Histoire lierinstruciion publigtie et de la

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