LA FOI, LA LOI, LHONNEUR
monarchie; il y avait eu, après le monde romain, un monde barbare, il y eut une chrétienté.
On peut dire que la chevalerie, sortie des croisades, fut la civilisation même de la féodalité., lorigine chrétieuiie de la noblesse, son type le plus élevé, son type héroïque, la gloire de cette grande existence militaire qui fut la sienne sous la monarchie, la gloire de la France, l'une des causes mêmes de la civilisation de cette France qui lui est venue d'abord de la croix, de Thonneur aussi et de Tépée du gentilhomme, du chevaleresque descendant descroisés.
La foi, la loi et Thonneur, voilà les trois grands mots de Thistoire de France : la foi représentée par le clergé, la loi par la royauté et la bourgeoisie, Thonneur par la noblesse.
Chez les guerriers, issus du sang germanique, il n'y avait pas de milieu entre deux extrêmes, ou n'appartenir à personne ou se donner tout entier. Nous avons d'avance expliqué un tel contraste : c'est que des guerriers, qui, en temps de paix, restaient indépendants, se soumettaient à un commandement suprême en temps de guerre ; mais une fois établis sur le territoire de la conquête, comment l'ancienne nature germanique ne se serait-elle pas réveillée?
Triompher de cette nature, la civiliser, telle fut rœuvixî de l'Eglise et de la royauté ; et les croisades, inspirées par rÉglise, dirigées par la papauté, levée en masse de la féodalité chrétienne contre le mahométisme barbare, époque d'affranchissement des serfs, des chartes données aux communes par la féodalité, comme par la royauté, sont le point de départ de la transformation même de cette féodalité : or, les croisades coïncident avec le règne de Louis le Gros et le ministère de Suger.
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SaR> J«Mite lesprit ieodal n'est pas mort, il luttera loiuleflupcs avant d'abdiquer; et on le cixnprendra Êicilemeut si I oo rêâêohit à quel point la féodalité était entrée daii< la constitution même de la France, comme de TEurvpe eatière^ puisqu'elle remontait aux origines de
- « Tue ^rvuT^ qi'iii iisjcTM' >iêde, le ivgixue féodal êtail néces- Sun*. <C V <rà -Hjf s*>.'!a£ pt>!^-(^. c'est ruiÙTersalité de son étabS:£«inèiiL. P'srtoac où cifsa h bartnrie. toot prit b forme féodale. Vt vnssnfr si^mieac b^ h— i*^ uj nreot que le triumphe du diawsv TMtie uiiiftf. :*jiice â%ittsaû« ^ënênle dispanîssail; oo Tojait jx- >jkt& ok«^ la s>cakf{!è <e âêiuierixer : oo to^ s'élever une mul- "DL-niL' i? jt^tCe^ -ît'Cîetc^ oèt?*.'Tin*<. t?<:Vt^, ino^ikêrenS^s. Cela parut nL\ o.HtCtHuoiH'iia^ ^ i!:5Sohit:»;n t*^ ?ccxte< choses, raiurcfaie imirer- >tHikf . CM»iitie< :suic itfs oiwtes «is lemK. soit les efarooMpieiirs, ils se orvtk-«jC tvtt> i 'ji en iu ujjocdi^. Crtij: cr^teaiani une <«x4êté noaTelle r-c n!<Ae ^ cvHwrvQÇLt, ^ »x:àé£ê £kdiie si oêcessaire, si tnévitaMe, ^ hàm b sf^aè^ cvoïêiivnc)^ pix^ôQ4e de FétaC antérienr, qne tout y c«!Cn. t^"*; a VçCa si Icrme. L>s âèmetfs mime les plus étrangers î «\ >v4ènie, n^ife^ les oamn—w^ b roimiê^ farmt contraints de > y ac^^mneder; les £&&es derâwiit <«BeraÉKS et vassales, les TiUes avml des sc^w«r& ^ des v.a^i^aax, b iv^antê se cacha sous b soienoiKlè, ToAtes dKv^s foren: tiwnêirs rn fief: noo-seolement les lerrvs, mais certains dn^fts. I* droit decHf« dans I» fotéts, le droit «le fMie: les ËJistfs diwmèf^est en iieC Imr casaeL les re^enos des tiaftèoKs. d« lYievTadles des femmes en ctnrbts. On donna en fief «le TeML de rarwnl, IV^ n^èiiK' :xf tîns les êlèuients céoêraiix de b >4eRCÎcté eviArjùenI dMts le cain^ ié^>i>i, de mteif les moindres détafls» les mmiTYS àds de b tîe cv^mmie dnvnaieat matière à féodalité. « En w^nMI b ÀY^^te kxxble prmdb^ ainsi possession de tontes <il^t^<!<s «« <^ leaRe de cr>Mn^^ an Ttvmîer uMnMiil,t|ae le principe es- ^^H^K"). xiiul «le b (wbihté prèTaot aof^ parfont. Ce senùt une grande evw'iir. t%>^il en emçwMinS»!: b forme féodale, les iostitutiotts, les éléi^^'^ts de b ^j^-^^e ^[«li n^êtaiifcit fits nnil^me^ an résîme féodal ne i^'i^MiCMeixt 1^ à WW njiliMt>f. à k«r fcincy pn^fw. L'Édtse féa- ^ble 1^ \»$sji )[vfts d <^r\' aanÉiftf. ^^««nme an fond par le principe tWsw^^i^^ie: et fi»>wr V ùàw jtre^ikwr. eie essartait sms cesse, de ^\i^v*^ Uf^,*^ <w%' V n«^w^ •*/*«!, Tjnr/*: «ft" > /^w. fojttôf avec ,„- >VH,*W> vV di'<î^;;^y ^v nx»*;- %i*«« ele fMfapi b lirnêe. il ep fut de
GË.ME GUERRIEU DE U NOBLESSE. 153
toutes les monarchies européennes, et qu'embrassant toute la surface du sol, pour ainsi dire, elle était essentiellement locale.
La féodalité ne fut pas détruite par une secousse violente et instantanée, elle se modifia de plus en plus sous Teffort d'une civilisation qui la pénétrait de tous côtés, celle du christianisme d'abord, qui lui inspira son dévouement héroïque, et qui lui donna l'intelligence, qui lit fléchir son orgueil, au nom de la charité ; celle de la royauté ensuite, qui, malgré une longue résistance, lui apprit à connaître un pouvoir régulier et central ; mais la noblesse ne perdit point cependant, comme on le vit dans les grandes crises de notre histoire, son vieil esprit d'indépendance, ce droit, pour parler ainsi, de porter l'épée, ce génie guerrier qui avait été toute la force et toute la grandeur de la féodalité.
Dès l'époque de Louis le Gros, aux premières années de son règne, au moment même des croisades (1100
même de ta royauté et des communes : dans Tune le principe monarchique, dans les autres le principe démocratique, continuèrent au fond de dominer. Malgré leur accoutrement féodal, ces éléments divers de la société européenne travaillaient constamment à se délivrer d'une forme étrangère à leur vraie nature et à prendre celle qui correspondait à leur principe propre et vital.
• Après avoir constaté Funiversalité de la forme féodale, il faut donc bien se garder d'en conclure Tuniversalité du principe féodal et d'étudier indifféremment la féodalité partout où on en rencontre la physionomie. Pour bien connaître et comprendre ce régime, pour juger et démêler ses effets quant à la civilisation moderne, il faut le chercher là où le principe et la forme sont en harmonie ; il faut l'étudier dans la hiérarchie des possesseurs laïques des tîefs, dans l'association des conquérants du territoire européen. Là réside vraiment la société féodale. » (Cours d'histoire moderne^ par M. Guizot, 4* leçon, p. 6, 7, « et 9.)
. . . ^. i«: ^:»i: iifcri'-^rv j» ordres de chevalerie avec
ir imiiiur <ar».irr'c- i^elïpem el guerrier.
Iflî^ :rtin=ï. lês H*jsf*iiiuk7^ Cc Sâint-Jean de Jérusalem Templiers, devaieot rxercer la plus grande inluiahie sur la féodalité; ils lui imposaient, dans leur iâu les Toeux de pauvreté, d'obéiâsance, de chasteté ; ÛS' érigeaient le courage et le dévouement militaires en '^rtuâ chrétiennes, ils créaient des monastères de héros Iiîstintfs à perpétuer Tœuvre et Tesprit des croisades.
Avons-nous besoin de faire observer ici que nous ^HMiunes loin de nier Tinfluence contraire des faiblesses «;t d^s passions humaines, et de soutenir que ces ordres n^ilpeux militaires aient été parfaits dans tous leurs SKmbres? Mais le fait évident, général, incontestable, c'est Tesprit qu'ils ont fait prévaloir, et que nous avons ^ signaler.
Or. il est remarquable que, sous le règne de Louis le wvxss après la première croisade, on commence à donner lo nom de chevaliers aux seigneurs féodaux combattant 5Kms les ordres du roi : c'est une première conséquence vU'^ croisades. C'est aussi l'époque la plus chrétienne et l;\ plus glorieuse de la noblesse de France, celle dont le svMivenir est encore inscrit dans les plus anciens blasons do ivtle monarchie.
Il y avait longtemps, lorsque vinrent les croisades, \|u'«prés avoir cependant préservé la France de Tinva- <iou noi mande, les barons, on le sait, ne combattaient ^Ui^n> i\ui' pour eux, pour maintenir et accroître leur indi^ptMMlance, agrandir leurs souverainetés particulières, ol n^sisler au roi; mais, avec les croisades, ils commonronl ù se dévouer comme ils ne l'ont jamais fait, ils ooiistu'reul leur épée et leur vie à Dieu : le dévouement