LES CROISADES, U CHEVALERIE
d'homme à homme est "ennobli et élevé par un dévouement supérieur. Ce n'est donc pas la haute intelligence, la vaillante épée de Louis le Gros et la politique de Suger qui ont seules agi sur la féodalité, la force n'a pas tout fait pour la soumettre; c'est le sentiment religieux, héroïque, qui a créé la chevalerie et qui a dominé la noblesse.
Nous avons dit que cette transformation n'avait pas été subite, il n'y a point de ces merveilles dans T histoire; mais elle a été grande et réelle, voilà ce qui nous frappe. A côté de héros chrétiens, il y a eu, dans les croisades mêmes, des hommes corrompus, livrés à leurs passions, infidèles au grand but qui les avait appelés en Orient ; mais assez de dévouement pur, chrétien et chevaleresque, a illustré les croisades, pour que l'esprit en soit resté ineffaçable dans la noblesse de France, à toutes les époques de la monarchie; aujourd'hui même, ce mot de chevalier français est encore un titre d'honneur ^
Ajoutons que la chevalerie était une initiation chrétienne et guerrière à la noblesse, initiation des champs de bataille, qui ne relevait que de la bravoure et qui était conférée par les chevaliers eux-mêmes, sorte d'égalité religieuse et militaire, puisque les rois s'inclinèrent
* Il est évident que les croix, qui sont maintenant la récompense des services militaires, ont une origine religieuse et chevaleresque ; un mot remarquable, celui d'ordre, qui s'appliquait à la croix de Saint-Louis, s'applique aussi à celle de la Légion dhonneur et rappelle les ordres de chevalerie, comme la chevalerie elle-même : commandeurs, chevaliers, les noms sont restés les mêmes. Les héroïques et religieuses traditions du passé, à travers tant de révolutions, ont laissé leur empreinte sur Tarmée. La croix est sur le cœur de nos plus braves soldats : « 11 a la croix, » noble mot qui, à lui seul, est une récompense.
devant elle et se flrent armer clievaliers, ce que rappellent les deux noms de François V' et de Bayard.
Avant cette époque, et quand il s'agit de repousser les Anglais du sol de la France, dont ils sont presque maîtres, il y a deux grands noms aussi, qui appartiennent, d'une manière bien intime, aux temps chevaleresques et chrétiens, celui de Duguesclin, ce chevalier, connétable de France, ce noble et pieux Breton, et celui de Jeanne d'Arc, cette vierge inspirée, cette chrétienne héroïque, descendue, pour ainsi dire, des célestes régions où était sa pensée, au milieu de la chevalerie pour en offrir le type le plus pur, dans une vierge, consacrer, en la portant, l'armure des preux, mettre tant de chevaliers derrière sa bannière, et, merveille réservée à cette femme, que la fbi rendait intrépide, en l'appelant à une destinée si extraordinaire, la force derrière la faiblesse.
Nous avons parlé déjà de l'émancipation des communes, qui date des croisades. Nous avons aussi à rappeler les fondations qui se multiplièrent à cette époque.
S'arrachant à ces domaines, qui étaient toute leur richesse et toute leur puissance, les seigneurs vendaient des cliartes aux communes, pour faire de Vargentj quand ils ne cédaient pas, dans le même but, leurs fiefs à la royauté ^ et beaucoup d'entre eux, au moment de partir, pïH3sque sans espoir de retour, comme l'attestent les actes de fondations, promulgués et enregistrés par les ôvtViues, qui remplissaient, alors, pour ainsi dire, les fonclious du conseil d^État, et qui étaient en même temps iH>uuno les notaiivs de la charité % faisaient des fondations
• ^1, i«iii«\4« <roM>>^ iVkUUHtf moderne, 8* leçoo, p. 27.
* N^HU't «>\^i;!^ tHi l\Hv;^:iimu eu nous occupant d'un assez long Ira-