‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 50 sur 156 · FONDATIONS · texte numérisé non relu

FONDATIONS

l'égard de ces fondations, tout se passait entre eux et les évoques, sans que Tautorité du roi, Tautorité centrale^ intervînt en aucune manière.

Les rois faisaient eux-mêmes des fondations, et en faisaient beaucoup ; mais ici nous avons dû caractériser Faction particulière de la noblesse du moyen âge, de celle qui allait aux croisades et qui en revenait, la spontanéité et la liberté de cette action, son influence chrétienne et sociale.

Dans le travail qui nous occupe, nous tenons à le répéter, nous nous attachons d'abord à indiquer les principes vitaux de l'ancienne monarchie.

Ce n'est pas, sans doute, par les vices des différentes classes, par leurs excès que nous sommes loin de contester, par les fautes et les excès des gouvernements, qu'un État a pu se maintenir ainsi, une société vivre plus de huit cents ans, être la plus vieille de l'Europe.

Nous sommes donc forcé d'insister ici sur le bon côté des institutions, des classes, qui ont contribué à cette longue vie de la monarchie française ^ Nous aurons plus lard à faire la part exacte des fautes, des excès et des faiblesses. Quand l'occasion logique s'en offrira, dans cet ouvrage, nous nous efforcerons de juger le passé avec cette mesure impartiale qui est la vérité, et qui donne à l'histoire rautorilé dont elle a besoin. La foi chrétienne, qui est la règle de notre pensée, n'admet la dissimula-

^ Nous parlons ici de Tespace de temps écoulé de ravénement de la troisième race en 1087, à la fin du règne de Louis XVI.

C'est, au reste, le système presque toujours suivi par M. Guizot et M. Augustin Thierry, le premier dans son cours d'histoire moderne ou Histoire de la civilisation, le second dans son Essai sur Vhistoire de la formation du tiers état.

tion et le mensonge nulle part ; et dissimuler aujourd'hui, mentir en histoire, ce serait plus qu'une faute, ne pas apporter aux lecteurs les pièces de con\iction, pour ainsi dire, qui doivent Taider à se former une idée juste de la situation qui a été faite à la société française, aujourd'hui ce serait un crime. Car, pour tout le monde, la connaissance de cette société est devenue une nécessité première. Elle seule, nous l'avons déjà dit, peut nous offrir le moyen d'apprécier, d'une manière complète, une révolution, qui, pour parler comme M. de Talleyrand, dure encore.

Revenons donc à la noblesse de France, à la féodalité noodifiée, transformée par le christianisme et la chevalerie, à cette noblesse qu'on a besoin de bien étudier, puisqu'elle a eu sa part, sa grande part dans notre civilisation.

On a beaucoup accusé les seigneurs féodaux et la chevalerie elle-même d'ignorance.

Or, il y a une grande chose, que nous devons à cette chevalerie, à cette noblesse : c'est la langue firançaise; les nobles ne l'ont pas dit, mais un bourgeois doit le dire pour eux.

Si ce n'était là qu*une assertion, un paradoxe qui s'offrit à notre imagination, nous nous hâterions de le repousser dans une œuvre où nous voulons, avant tout, être sérieux; mais l'histoire, la tradition, les faits, ont ici une autorité que nous ne pouvons méconnaître.

Or, nous retrouvons encore dans le moyen âge et les croisades, les origines même de notre langue et de notre littérature.

On dit avec raison et l'on nous permettra de répéter que la littérature est à toutes les époques l'expression de

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