‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 57 sur 156 · LÀ FAMILLE DE COLBERT · texte numérisé non relu

LÀ FAMILLE DE COLBERT

la noblesse à laquelle elle apportait le présent, et dont elle recevait le passé, double et mutuelle illustration.

C'est ce que montre bien l'élévation de toute la famille de Colberl, l'ancien commis de Lyon, le fils du marchand de draps de Reims.

Nous parlerons d'abord des enfants de CoIbert\ dont voici les noms, les titres, les dignités, alliances et fonctions, relatés dans Fénumération suivante :

Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay , né en 1 651 , nommé ministre de la marine en survivance;

Jacques -Nicolas Colbert, archevêque de Rouen, de l'Académie française;

Antoine-Martin Colbert, colonel du régiment de Champagne, blessé à Yalcourt le 16 août 1689, mort de ses blessures le 2 septembre suivant ; Armand Colbert, tué à Hochsteds le 13 août 1704;

Louis Colbert, comte de Linières: d'abord abbé de Bonport et prieur de Nogent-le-Rotrou, il prit l'épée à la mort de son frère Antoine-Martin Colbert, et lui succéda dans la charge de colonel du régiment de Champagne *;

Charles Colbert, comte de Sceaux, blessé à Fleurus en 1690, mort de ses blessures;

Joséphîne-Marie-Thérèse, mariée au duc de Chevreuse ;

Henriette-Louise, mariée à Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan ;

Marie-Anne, mariée à Louis de Rochechouart, duc de Mortemart.

* Nous empruntons ces détails à rexceliente Histoire de Colbert, par M. Pierre Clément, pages 294 et 295.

* On voit que les fils de Tancien commis, les petits-fils du marchand dedraps, arrivaient aux grades élevés dans Tannée, et se trouvaient ainsi mêlés à l'ancienne noblesse militaire.

Enfin, l'un des frères de Colbert est évêque de Luçon en 1661 , puis d'Auxerre ; un autre, le marquis de Croissy^ ambassadeur en Angleterre pendant plusieurs années, fut plus tard ministre des affaires étrangères. Son troisième frère, François Colbert, comte de Maulévrier, reçoit un commandement important dans l'expédition de Candie ^

Pour ne pas interrompre par des détails la suite de cette histoire, nous renvoyons aux pièces justificatives de ce volume un document, curieuse monographie d'une famille bourgeoise sous Louis XIV, où Ion verra combien l'élévation de la bourgeoisie, même la plus moyenne, et l'accès qu'elle trouvait dans les classes supérieures de la société, soit par les fondions soit par les alliances, était un fait normal à celte époque '.

M. Pierre Clément fait, à Tégard des fils de Colbert qui avaient suivi la carrière des armes, la remarque suivante : «Ainsi, pour être de nouvelle noblesse, la famille de Colbert n'en payait pas moins glorieusement sa dette à la patrie. Trois fils morts sur le champ de bataille attestent que le sang de l'ancien marchand de Reims n'était pas à coup sûr moins généreux que celui des plus anciennes familles du royaume, dans lesquelles les trois filles de Colbert entrèrent par leur mariage. »

Nous pourrions citer bien d'autres familles bourgeoises, administratives, anoblies sous Louis XTV, comme bien des familles de magistrature Tavaient été. C'est précisément parce que la noblesse se recrutait ainsi, et que les hommes d'une grande valeur y entraient avec

* Vie de Colbert, par M. Pierre Clément, p. 293.

* Voir aux piècos justificatives, la lettre A.

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