‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 66 sur 156 · TRAVAIL DES IDÉES DE NÉGATION · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES IDÉES DE NÉGATION

Le célèbre Grotius, qui, las de douter, allait se faire catholique lorsqu'il mourut, avait représenté en Hollande, vers cette môme époque, toutes les variations auxquelles le protestantisme livrait ses sectateurs et qui en étaient la conséquence logique.

Enfin, une grande partie du règne de Louis XIV ne s'était-il point passé à repousser le Jansénisme, ce protestantisme intérieur qui semblait vouloir travailler à la ruine de l'Église dans l'Église même, et greffer l'erreur sur la vérité, parlant toujours de sa soumission et toujours en révolte?

Que signifiait tout ce travail des idées protestantes sous une forme ou sous une autre, ce besoin de raisonner même la corruption du grand monde, qui se manifestait déjà, nous l'avons vu, à la cour de Louis XIV? Qu'une grande lutte était ouverte, et que l'insurrection, commencée par Lutlier contre l'autorité et la foi religieuse, allait offrir sa seconde et dernière période.

Ce n'est certes point le règne de Louis XIV qui avait créé un tel mouvement; sans doute il aurait dû lui opposer des courtisans plus purs, une haute société moins accessible à des idées qui justifiaient ses vices en supprimant ses croyances; il a pu ouvrir, il a ouvert une issue à la liberté de penser, comme on appelait alors l'incrédulité, à ce courant qui, sorti du protestantisme,

oratorien, auteur d'une Version du Nouveau Testament, où se trou- Tait plus d'une erreur du rationalisnne moderne. (Voir la Vie de Bossfiet, par M. de Bausset, liv. XII, p. 645.) Bossuet reprochait surtout à Richard Simon, dont il avait réfuté Touvrage, de tendre au socinianisme, qui était la porte précisément par laquelle on sortait alors de la religion.

'm CHAPITRE IV.

effirayait Bossuet en Angleterre, en Hollande et en France; mais peut-on méconnaître aussi les éléments religieux qui existaient alors dans la société, cette littérature S cette éducation, cet esprit de réforme ecclésiastique; cette conversion du roi, qui certes n'était pas isolée, car la vie religieuse, puissante alors, même en présence des scandales officiels, attirait à elle les héros de bien des romans de cour? En un mot, si cette corruption des mceurs sous Louis XTV', corruption que le roi encouragea par de funestes exemples, offrit comme un premier centre à Tinci-édulité, cependant rien, au dix-septième siècle, n'est tranché d'une manière absolue; si, vers la fin de ce siècle et au commencement du dix-huitième, les symptômes d*une opposition antichrétienne viennent à se montrer dans les hautes régions de la société de Paris, où les mauvaises mœurs sont la première liberté que Ton réclame, si Paris, nous Tavons déjà dit, attaque ainsi Versailles dans les salons incrédules d'anciens courtisans corrompus, ce n*est là que la préface du dixhuitième siècle; on commence à éclairer le théâtre, mais la toile n*est pas levée, et il est impossible de soutenir qu*il n'y ait point de remèdes à une telle situation : la maladie qui commence n'est point la crise.

AvonsHQOus besoin d'ajouter que s'il y avait un ordre de la noblesse en France sous Louis XIY, il y avait aussi un ordre du clergé, ayant ses assemblées générales,

' Nous serons qifil y a bien des critiques à faire du théâtre de Molière en {virticulier, au point de vue des mœurs ; mais il n*en est p»s moins vrai que la littérature du siècle est sous Tinfluence directe de la foi dirèiienne, que œlte foi y règne comme dans Féducation*

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