‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 100 sur 138 · CHÉNOPODÉES · texte numérisé non relu

CHÉNOPODÉES

eu siKTLs. En France, elle vient sous toutes les altitudes, et se trouve aujourd'hui cultivée sur toute l'étendue du territoire, soit comme plante potagère ou fourragère, soit comme plante industrielle.

D'abord réservée exclusivement aux jardins potagers, où on la cultivait pour l'alimentation de l'homme, la Betterave ne commença à être cultivée en plein champ, pour les bestiaux, que vers la fin du dix-huitième siècle, d'abord en Allemagne, puis eu France. En 1747, Margraaf reconnut dans cette racine la présence du sucre et trouva, en même temps, un procédé poiu' l'extraire; mais en 1790, seulement, fut créée, par Achard, la première fabrique de sucre de Betterave. Toutefois, l'extraction en grand de ce produit ne date réellement que du premier Empire. Elle fut l'une des conséquences du blocus continental, et devint alors l'objet, plus particulièrement, des travaux de Chaptal, d'abord, puis de Math, de Dombasle, de Grespel. Mais elle se développa surtout à partir de 1823, époque où Figuier proposa de substituer le noir animal au lait et au sang, auparavant employés pour la clarification des sirops. Depuis lors, cette fabrication a fait les progrès les plus considérables, grâce surtout aux perfectionnements dont elle a été l'objet et auxquels ont participé de nombreux chimistes et industriels, et elle a aujourd'hui atteint un degré de prospérité qu'il ne lui sera probablement pas donné de dépasser.

Une autre circonstance vint concourir encore à étendre la production de la Betterave, ce fut la production de l'alcool, que l'industrie tenta de retirer de cette racine. L'idée première de cette fabrication n'est point nouvelle ; elle remonte aux premières années du siècle et fut la conséquence naturelle des tentatives de distillation de la Pomme de terre, entreprise à cette époque par divers agriculteurs. Momentanément abandonnée, l'opération fut reprise, plus tard, par M. Dubrunfaut, qui, vers 1824, songea de nouveau à soumettre directement les betteraves ou leur jus à la fermentation, puis à la distillation ; seulement, par suite du bas prix des alcools à cette époque, l'idée resta encore sans application. Des essais plus heureux eurent lieu vers 1845. Ce n'est, toutefois, qu'en 1850, par suite de la hausse survenue dans les alcools, que cette industrie put véritablement se fonder. Elle prit aussitôt un extrême développement et amena même la transformation en distilleries d'un grand nombre de sucreries. L'importance de cette fabrication s'accrut encore par le fait de l'emploi, qui ne tarda pas à se répandre sur la plus large échelle, des résidus de la fabrication du sucre et de l'alcool à l'alimentation du bétail. Le résultat total de ces applications diverses fut l'extension de plus en plus grande prise par la culture de la Betterave , qui a finalement conquis la première place parmi nos cultures économiques et occupe aujourd'hui, en France, une superficie qu'on n'évalue pas à moins de 100,000 hectares.

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Variétés de. la llrtleravc.

La BuUerave, soumise ;ï la oiiUure, a pruduiL un yraiid iioiij)ji'<; du variétés, se dislinguaiit spécialement par la couleur, par la forme et par le volume des racines. Dans le principe, ces variétés n'étaient qu'en fort petit nombre. Ainsi, en 1782, d'après l'abbé Ilozier, on en connaissait quatre seulement : une blanche, une grosso et une [leLite rouges, plus u m) jaune, auxquelles s'en vint bientôt joindre une cinquième, la DiseUe. Actuellement on en compte plus de vingt-cinq, dont la moitié, tout au plus, cultivées en grand, sont de quelque importance. On peut les distinguer, d'une manière générale, d'après la couleur de la chair et de la peau, qui peuvent être rouges, blanches ou jaunes, en plusieurs groupes, comprenant les variétés : 1" à chair et peau rouges ; 2° à chair blanche et peau rouge ; 3° à chair et peau blanches ; 4° à chair blanche et peau jaune ; 5° à chair et peau jaunes : ces différences de couleur offertes par la racine étant généralement en rapport avec la couleur des fanes ou mieux du pétiole, ou des nervures des feuilles. — Voici un aperçu de l'ensemble des principales de ces races :

1° Variétés a chaik et pead rouges :

B. rouge grosse longue, Rouge écarlate , racine longue, régulière, presque cylindrique, h peau etoliair d'un rouge foncé, saveur sucrée, sortant des deux tiers hors de terre ; feuilles à pétiole rouge de sang; rustique et d'une réussite facile , — variété la plus volumineuse et la plus commune de celles réservées aux usages culinaires, en môme temps la plus ancienne cultivée en France, et celle que signalait Olivier de Serres comme la plus récemment introduite d'Italie.

B. rouge de Castelnaudary, Rouge naine foncée, beaucoup moindre dans toutes ses parties que la précédente, fusiforme, allongée, tout à fait enterrée, — de bonne qualité, mais d'un faible volume et parfois un peu fourcbue, ce qui en diminue la valeur.

B. écorce ou Crapaudine, de grosseur moyenne, fusiforme , à écorce obagrinée, fendillée, comme écailleuse, chair très ronge, enterrée; feuillage d'un vert rouge.ître bronzé, — vaiùété estimée pour salade, mais offrant l'inconvénient de blanchir parfois au centre, surtout après la cuisson .

B. rouge foncée de Whyte, plus grosse que la précédente, à peau fine, lisse, d'une teinte rouge métallique, comme plombée ; chair rouge intense, feuillage vert rougeàtre.

B. rouge ronde précoce, en forme de toupie arrondie, peau et chair d'un rouge très foncé, surface un peu rougeàtre ; feuillage vert rougeàtre , — se foi'mant vite.

2° Variétés a chair blanche et pead rocge .■

B. champêtre, DiseUe, Turlips, racine très volumineuse, fusiforme, obtuse au sommet, croissant au moins à moitié hors de terre ; h chair blanche veinée ou zonée de rose, à peau rouf^e, plus brune sur la partie hors de terre ; feuilles à côtes rongeâtres. — La plus gi-osse, la plus aqueuse et la moins riche en principes sucrés, mais donnant un produit considérable en racines et en feuilles , cette variété , non cultivée pour le sucre , l'est au contraire , avec le plus orand avantage, pour la nourriture du bétail. — Utilisée à ce titre depuis fort longtemps en Allemagne, sous le nom de Racine de disette (Mangel-Wurzel), elle fut introduite en France, vers 1775, pai- Vilmorin, et en 1784, par l'abbé Commerell, qui lui donna le nom de Betterare champêtre pour la distinguer de la Betterave jaune, seule cultivée, alors, dans quelques jardins dn Midi. Peu après, en 1786, elle fut introduite eu Angleterre, par Parkins.

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Offre quelques sous-variétés : — \" B, rorne île vache, extrOmement longue, contournée, sillonnée dans sa longueur, îl clmir d'un blanc verdntre zone de rouge ; végétant presqu'entiùrement hors de terre ; fouilles dressées, jieu développées, pétioles rosés ; — 2° B. diselle blanche à collet vert ou lie Piiilborcav, cylindrique, cliair d'un blanc jaunâtre, il peine marbrée, peau verte vers le haut et blanolie inférieurement ; — 3" B. ilisetle camvse, renflée, à collet fort, deux fois plus longue que large, demi-euterrée, chair veinée; — 4° B. D. d'Allemagne, très allongée, très sortie de terre.

B. globe rouge ou rose, forme globuleuse ou ovoïde, régulière, prenant un grand développement, sortant à moitié de terre; peau d'un rose violacé, l)rune supérieurement; chair blanche, souvent zonée de rose, — une des plus appréciées en Angleterre, où elle est très productive, surtout dans les bonnes terres.

B. plate de Bassano, ronde, large, offrant la forme aplatie, disco'ide du turneps ; volume moyeu; peau rose, chair blanche zonée de rose, ferme et sucrée; garnie de beaucoup de radicales et sortant d'un quart hors de terre, — une des meilleures pour la table.

3" Vaeiétés a chair et peau blanches :

B. à sucre, Blanche de Silésie, racine fusiforme ou assez régulièrement conique, rétrécie au eollet, grosseur moyenne ; chair blanche, peau blanche ou verte à sa partie supérieure ; saveur fortement sucrée; restant tout entière enterrée, — la plus riche en matière saccharine; est plus spécialement cultivée pour la fabrication du sucre.

Offre plusieurs sous-variétés : — 1° B. blanche à collet rose, uu peu plus grosse que l'espèce principale, colorée en rose supérieurement ; moins répandue ; recommandée par Math. deDombasle ; — 2° B. blanche de Magdebourg ou de Breslau, d'un faible volume, allongée et renflée au sommet, efiîlée vers le bas ; feuilles petites et frisées sur les bords ; très estimée en Prusse, où on la considère comme plus saccharine que le type ; — 3° jB. blanche améliorée de Vilmorin, très sucrée ; à caractères encore peu fixes ; — 4° JB. blanche impériale de Kuauer, moins sacchai'ine, peu franche, d'ailleurs; — 5" B. blanche de Saxe; — 6° B. blanche bouttoire, développant en partie sa racine hors de terre ; moins sucrée que la Silésie pure.

B. globe blanche, presque sphérique, régulière, volumineuse, sortant d'un tiers hors de terre, peau et chair blanches, assez sucrée, — obtenue par M. CTareau.

Se rapproche beaucoup de la précédente, la B. blanche plate de Vienne.

4° Variétés a chair blanche et peau jauue :

B. jaune d'Allemagne, longue, cylindrique, très grosse, sortant de moitié hors de terre; peau jaune inférieurement et brune verdâtre au collet ; chair blanche, parfois veinée de jaune; feuilles d'un vert pfîle, — bonne mais peu substantielle ; introduite, il y a une quarantaine d'années, par le colonel Chaux, dans le département du Loiret.

B. jaune ovoïde des Barres, ovoïde, régulière, sortant d'un tiers hors de terre, peau jaune orangé, chair blanche, légèrement veinée de jaune, sucrée ; feuillesd'un vert pâle, — obtenue de la précédente par Vilmorin père; facile à arracher, très estimée pour sa valeur nutritive, considérée comme supérieure à celle de la Disette. Une des meilleures comme Betterave fourragère.

B. globe jaune, presque sphérique, volumineuse, sortant à moitié de terre, peau jaune orangé, à collet brun verdâtre, chair blanche, légèrement veinée de jaune, ferme et sucrée, — très productive et fort répandue, facile à arracher. Convient pour la table ; assez généralement cultivée comme fourragère.

Sous-variété voisine, la Jaune globe aplatie.

5° Variété a chair et peau jaunes :

-B. jaune de Castelnaudary , petite, allongée, fusiforme; peau d'un jaune safrané ; chair jaune pâle, serrée, très sucrée, un peu cassante; portant inférieurement beaucoup de radicules, sortant h moitié hors de terre ; feuilles d'un vert pâle, à nervures jaunes, — moins volumineuse que les autres, mais fort délicate au goût, ce qui la fait rechercher pour les usages culinaires, et aussi pour la nourriture des vaches. Elle est de plus fort productive en feuilles, ce qui la rend très utile au mois de septembre.

B. jaune longue gros.'^e, volumineuse, presque cylindrique, un peu tortueuse, sortant d'un

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tiers liors de tori'e ; peau iTuii jaune oraupi), cliair janiio vif, aoaoz niicréo; feiiilla(<(; d'iin vert un peu jaunâtre, — oultivco surtout dans les jardins potagers.

U. jaune ronde sucrée, d'uu volume moyen, ovale, arrondie, parfois turbinée, presque enterrée; peau d'un jaune orangé, chair jaune serrée et sucrée ; feuillage d'un vert blanc jaunAlre, — cultivée aussi dans les potagers.

Telles sont les variétés pniicii)ales delà Betterave, lesijuelles, en général, se formant de semence, naissant souvent des graines d'un même pied, et enûn, s'hybridant l'acilement en produisant des types intermédiaii'es, offrent par suite, peu de fixité, En outre, leurs caractères se modifient aisément suivant le sol et le climat. Un terrain humide, ti'op fumé, une saison froide augmentent leur volume, diminuent la projjortion du sucre; ainsi, les races les plus fermes et les plus sucrées deviennent grosses et aqueuses dans les terres fortes et dans les années pluvieuses. De même, l'on voit celles que l'on considère généralement comme inférieures, et qui sont presque toujours les plus volumineuses, se montrer plus riches en sucre et en principes alibiles, quand elles sont cultivées dans une terre sèche et en pays chaud.

Tenant compte de ces circonstances, on peut arriver, d'après certains caractères extérieurs généraux , à détei'miner assez exactement les qualités respectives des différentes variétés de la Betterave. On a reconnu, par exemple, que les plus petites sont toujours plus sucrées, proportionnellement, que les grosses ; autrement dit que la quantité de sucre diminue avec le poids moyen des racines, et, au contraire, croît avec leur densité spécifique. On a constaté, de plus, que les racines à surface plane ou concave, avec collet volumineux et extrémité inférieure divisée ou fourchue, et qui, en outre, restent entièrement dans la terre où elles sont retenues par les divisions radicales, et qui sont les moins volumineuses d'ailleurs, sont plus sucrées que celles à surface bombée, régulière, garnies seulement de chevelu et qui sortent davantage de terre. Ces caractères, propres aux racines les plus sucrées, sont ceux généralement offerts par les races à peau blanche, et particulièrement parla B. de Silésie, la plus saccharifère et renfermant de 10 à 13 pour 100 de sucre; tandis que la Disette, qui offre au plus haut degré les .caractères des moins sucrées, n'en renferme que 6 ou 7 pour 100. Dans les autres races, la proportion du sucre varie entre ces deux chiffres extrêmes. Dans chaque racine isolément, la quantité de sucre augmente avec la maturité, ainsi que l'ont constaté M. Péligot et quelques autres expérimentateurs. On a observé également que le sucre est plus abondant à la partie inféi'ieure de la racine qu'au collet, où le tissu vasculaire plus serré l'empêche, sans doute, de se déposer.

Dans l'appréciation de ces difféi'eutes variétés, il faut considérer, à la fois, la valeur nutritive et la richesse en sucre, en observant que celles qui produisent le plus en volume ne sont pas toujours celles qui donnent le plus de produits utiles. Telle racine plus petite, par exemple, sera plus avantageuse à cultiver, si, en même temps qu'elle est plus substantielle, plus sucrée, etc., elle entraîne moins de frais de récolte et de conservation.

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Dans tous les cas, le choix à l'aire entre elles dépend surtout de l'objet (ju'on se propose. Ainsi, pour les distilleries et les sucreries, on donne la préférence aux variétés blanches, les plus petites, qui croissent le plus dans la terre, dont le collet est mince et la feuille relativement peu abondante : caractères (ju'offre spécialement la B. blanche de Silésie, laquelle, outre sa plus forte pro[)Ortion de sucre, contient moins de principes mucilagineux et acides que les autres races, et dont la matière saccharine est toujours plus facile à extraire.

Les races à sucre conviennent moins pour l'alimentation du bétail; elles sont d'un trop faible poids ; sont, de plus, difficiles à arracher et à laver, perdent facilement leurs i-acines latérales. On leur préfère, pour cet objet, les racines plus développées, à formes régulières, à extrémité non divisée, et plus faciles à récolter, tout en donnant plus de produits. Parmi elles, la D. disette a été longtemps la plus estimée, presque la seule cultivée. Actuellement, on donne la préférence aux variétés jaunes, qui, renfei-mant un peu plus de sucre, plus de substance mucilagineuse que la précédente, conviennent mieux, par suite, pour la nourriture du bétail. Entre toutes, les meilleures sont la B. globe jaune et surtout la B. jaune des Barres, qui se recommande à la fois par l'abondance des produits, la richesse nutritive, la facilité qu'elle offre pour l'arrachage, le nettoyage, la conservation. Elle ne contient, il est vrai, guère plus de 7 à 8 pour 100 de sucre; elle renferme, en outre, des sels nuisibles à la cristallisation et difficiles à neutraliser ; enfin, la racine, à demi-plantée en terre, ne renferme presque pas de sucre à sa partie extérieure ; mais ces défauts qui la font rejeter des sucreries, sont ceux qui, précisément, la font rechercher des éleveurs.

Pour l'alimentation humaine, toutes les races peuvent servir, aussi bien les grosses races fourragères que celles cultivées pour le sucre et l'alcool; cependant on réserve de préférence pour la table celles à chair moins aqueuse, plus dense, en même temps que d'une couleur vive et agréable, particulièrement celles à chair d'un jaune foncé et celles à chair pourpre ou rouge de sang, les meilleures étant toujours celles dont la chair offre un rouge également foncé dans toutes ses parties.

Culture de la Betterave.

Toutes les variétés de Betterave sont soumises à peu près au même système de culture, qui est celui indiqué pour la Carotte, sauf quelques particularités tenant à son mode spécial de végétation.

Choix et préparation du sol. — La Betterave exige un sol pi'ofond, meuble, riche en principes fertilisants, mais non trop humide. L'excès d'humidité surtout lui est nuisible, d'abord en compromettant la germination des grains, puis en favorisant la formation de racines grosses, aqueuses, peu nutritives

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et difficiles à conserver. Une terre sèche, maigre, sablonneuse, qui ne produit qu'une racine petite, dure, pou charg(';e de suc, ne lui est point non [ilus conveiiaLle. Ou i)rulèrera un sol argileux, tenace , mais bien amendé et ameubli, les terres apn'-s les défrichements des praiiacs, les alluvions travaillées, etc. Dans tous les cas, ou évitera les lieux ofi séjournent dos eaux stagnantes, les lisières des bols, etc., où les jeunes plants seraient exposés aux gelées du printemps.

Le sol, quel qu'il soit, sera ameubli par des labours d'automne profonds qui facilitent l'action de la gelée, et, après l'hiver, par un deuxième labour, qu'on réitère sur les terres très fortes, et qu'on fait suivre de l'emploi de la herse norwégienne ou du rouleau Grosskill. Les agronomes ont fort agité, à cette occasion, la question de la culture à plat comparée à la culture en billons. A cet égard, il ne saurait y avoir de règle absolue, la préférence à accorder à l'une ou à l'autre méthode étant entièrement subordonnée à la nature du terrain et aux conditions climatériques régnantes.

Si l'on a ailaire à un sol profond, riche, frais, substantiel, ayant reçu un énergique labour préparatoire, la culture à plat est préférable, surtout dans un climat sec. On peut même se passer du tassement, du plombage du sol. Mais sur un terrain poreux, léger, de médiocre épaisseur ; dans un climat pluvieux, brumeux, on se trouvera bien de former, avec deux bandes de terre adossées, des planches convexes, des billons, espacés de 60 à 80 centimètres, et raffermis par une compression énergique, qui fournissent à la plante une couche de terre meuble plus épaisse, rendent plus faciles les travaux ultérieurs, tout en favorisant l'égouttement des eaux de pluies.

Une condition essentielle au succès de la Betterave est une bonne fumure, qui profitera d'autant mieux qu'on n'a pas la verse à craindre. On peut faire usage du fumier, qui présente cependant l'inconvénient, lorsqu'il est trop pailleux, de rendre le sol perméable, de l'exposer à la sécheresse, de favoriser la production des radicelles, de rendre les racines fourchues. Mieux vaut alors se servir d'engrais pulvérulents et liquides : tels que guano, poudrettte , tourteaux, poudre d'os, noir de raffinerie, déchets de laine, composts, charrées, cendres de bois, purins, eaux vannes, écumes séparées du jus, etc. , substances que l'on peut d'ailleurs employer concurremment avec le fumier pailleux, si l'on est dans l'obhgation d'utiliser celui-ci, en évitant seulement, pour les betteraves à sucre, les engrais salins qui en altèrent la qualité.

Quand on fait usage du fumier, on en modifiera l'application suivant la nature du sol. Dans les terres fortes , peu perméables , on l'enterre plus ou moins, par un ou deux labours ; au contraire, sur les terrains légers, poreux, sablonneux, schisteux, granitiques ou calcaires, qui souffrent facilement de la sécheresse, on trouve souvent plus d'avantages à fumer en couverture. Les engrais liquides ou pulvérulents seront toujours aussi répandus à la surface du sol. — On fait encore usage, dans nos départements du Nord et

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en Belgi([iie surtout,, de ce (jii'ou nomme l'engrais flamand, [jrovenant des matières de vidange. Mais cet engrais exerce une influence nuisible sur la Betterave, dont il tend notamment à diminuer la richesse en sucre, ce qu'on attribue au sol marin qu'il renferme; aussi son emploi tend-il sensiblement à se restreindre.

Le moment favorable pour appliquer l'engrais varie de même suivant le sol et le climat, l'opération devant se faire d'autant plus tard que le sol est plus perméable, le temps plus humide. En général, pour faciliter la pousse des mauvaises herbes et leur destruction avant les semailles, mieux vaut enterrer le fumier en automne; s'il est bien consommé, on l'applique au deuxième labour, la Bettei-ave n'en craignant pas le contact direct.

Quant à la quantité d'engrais employée, elle varie suivant la fertilité naturelle du sol, le total, la nature de la récolte précédente, la richesse de l'engrais, etc. L'essentiel est de la proportionner à la proportion d'azote ou de principes fertilisants enlevés à la terre. La quantité moyenne d'azote enlevée par une récoltede 60,000 kilog. est de 240 kilog. par les racines, plus environ 70 kilog. pris par les feuilles. Il suffit que la fumure restitue cette proportion, point n'étant nécessaire de la dépasser, ce qui ne fait qu'augmenter le volume des racines au préjudice du sucre et des matières alibiles.

Ensemencement. — La Betterave redoutant l'influence du froid, on ne doit semer que lorsque les dernières gelées ne sont plus à craindre. On ne peut donc pas assigner à cette opération une époque rigoureusement fixe. On sème ainsi depuis le 15 février jusqu'au 15 mai, d'autant plus tôt que la terre est plus légère, plus exposée à la sécheresse, de manière à profiter de la fraîcheur du sol, avoir des plants assez avancés quand les chaleurs arrivent. Il est avantageux, dans tous les cas, poui' la récolte, d'avancer le plus possible les semis, d'opérer dès qu'on le peut sans compromettre la réussite des plants. On sème de deux manières, en place ou par transplantation. Le semis en place s'exécute à la main ou au semoir ; à la main, on sème à la volée ou en ligne.

Le semis à la volée, avec hersage, est le plus simple. On recouvre ainsi parfaitement le sol, et en sarclant, après la levée, de manière à ne conserver que les pieds les plus vigoureux, on peut avoir une bonne plantation. Mais le sarclage est dispendieux, outre que ce semis exige deux fois plus de graines ; aussi cette méthode est-elle aujourd'hui abandonnée.

Le semis à la main, en ligne, est plus généralement adopté. On trace des raies, soit avec un rayonneur à cheval, soit à la main guidée par un cordeau, que l'on tend à mesure sur chaque ligne. Ces raies, distantes de 30 à 40 centimètres, seront bien parallèles, également espacées, et profondes de 3 à 6 centimètres, d'autant plus que la terre est plus légère. Les graines sont déposées au fond des raies, une ou plusieurs à la fois, à 40 ou 50 centimètres de distance, à la main ou à l'aide d'un semoir à brouette ; puis recouvertes, avant que la terre soit desséchée, c'i la herse ou au rouleau. Parfois,

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au lion do raies, ou l'ait de siniplos Irous à la uiaiii, ou liicu avoc un instrument, portant une ou plusieurs chevilles, qu'on lient à la main et qu'on curonce avec les pieds, en suivant le cordeau. Les graines déposées, on garnit les trous avec un râteau ou une pièce de bois traînée sur le sol.

Ou pi"ili(|iio la môme opération en se servant du semoir à cheval, employé aujourd'hui dans toutes les e.xploilatious de (ju(.'lque étendue. On l'ait également suivre le semis du hersage et du roulage.

Le semis en pépinière, sui\i de transplantation ou repi(]uage, consiste h semer les graines en janvier, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard, iï préserver les semis du froid et à les arracher pour les replanter, plus espacés, dès que le temps le permet. L'opération, dans le Nord, se fait communément du l.'j mai au 20 juin, quand les racines ont la grosseur d'un tuyau de plume, et par un temps pluvieux , la sécheresse nuisant à la j'cprise des plants. Dans le Midi, elle n'est possible qu'en terre arrosable.

Pour opérer, on commence par les plants les plus vigoureux, (ju'on doit, pour assurer leur reprise, n'arracher que quelques heures avant de les transplanter, en évitant de les exposer au soleil. On arrache avec la main ou à la bêche, après avoir, au préalable, arrosé la terre si elle est trop dure. Les plants arrachés, on procède à l'habillage, consistant : 1° à couper, à l'ongle ou au couteau, l'extrémité flexible de la racine, afin qu'elle ne se replie pas quand on l'enfonce ; 2° à couper les feuilles à 6 ou 8 centimètres du collet pour éviter l'évaporation qui dessèchei'ait les plants. Cela fait, pour les mettre à l'abri de l'air et du soleil, on les trempe dans une bouillie de bouse de vache et de noir animal, ou de suie et de cendre. — La transplantation elle-même se fait au plantoir, dans des raies tracées au rayonneur. On tasse bien la terre autour, puis l'on arrose si le temps est très sec.

Cette méthode, qui laisse l'agriculteur libre pour les travaux du printemps, convient quand la terre est salie par les mauvaises herbes, quand elle ne peut être suffisamment préparée et ameublie pour l'époque des semis, ou a de la tendance à se croûter fortement sous l'action de la pluie : circonstances défavorables à la levée de la graine et au développement ultérieur des plants. Mais, d'un autre côté, en arrachant ceux-ci encore jeunes, tendres et cassants , on peut en laisser l'extrémité dans la terre, ce qui en contrarie ensuite le développement. Puis, c'est là une méthode coûteuse, qui ne peut réussir dans les climats secs et dans les terres légères, qui exige un temps pluvieu.x et qui, enfin, entraine une diminution notable dans le rendement; aussi n'est-elle point adoptée comme méthode générale. On la réserve comme moyeu de regarnir les vides, ou pour les terres qui ne peuvent être semées que très tard.

La quantité des semences varie suivant le procédé suivi. En raies espacées de 50 centimètres, avec les pieds distants de 40 centimètres, ce qui représente 50,000 pieds par hectare, il faut au minimum un nombre égal de graines, qui, bien sèches, font un poids de 1 Icilog. ; mais il y a beaucoup de

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