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mauvaises graines. D'un autre côté, pendant les sarclages, il faut en arracher partout où les semis sont trop épais; aussi convient-il, pour y suppléer, d'en semer une plus forte quantité. La proportion, suivant le volume des racines, varie de 3 à G kilog. ; sur billons, la quantité peut être moindre ; en pépinière, on en sème environ 30 kilog. Dans tous les cas, on peut, pour en faciliter la germination, plusieurs jours avant le semis, tremper les graines dans de l'eau (V. Yvart), ou bien les arroser simplement d'eau de fumier (Crud). L'essentiel alors est de les semer de suite, avant qu'elles sèchent, ce qui en altérerait ou détruirait les propriétés germinatives.
Soins de culture. — La Betterave semée, forme sa racine la première année et sa tige la seconde. Exposée à souffrir de la gelée, quand elle n'a que ses cotylédons, elle est plus rustique quand elle a 2 ou 3 feuilles. Dans les fortes chaleurs de l'été, elle cesse de végéter, mais sans périr; et sous l'influence des premières pluies d'automne, elle reprend vie pour atteindre en peu de temps à son maximum de développement.
Pendant ce temps, le soin principal qu'elle exige est l'entretien de la propreté ainsi que de l'état meuble du sol. On pratique, à cet effet, plusieurs sarclages, répétés s'il est nécessaire, et autant que possible quand le temps est sec et la terre un peu humide. La première façon est donnée à la main, avec la binette ou la houe à bras, dès l'apparition des premières feuilles primordiales. Deux ou trois semaines après, quand les betteraves ont 3 ou ■i feuilles, plus tôt si les mauvaises plantes apparaissent, on procède à un deuxième binage que l'on peut faire à la houe à cheval. Peu après, en mai ou juin au plus tard, vient l'éclaircissage des plants trop serrés, que l'on fait à la main et que l'on complète par le remplissage des vides. En juillet et août, on donne, s'il y a lieu, un troisième binage, qui, presque toujours alors, se fait à la houe à cheval. Ces différentes façons ameublissent en outre la couche arable, ce qui a pour effet d'augmenter le volume des racines et la masse des feuilles.
La partie de la racine qui pousse hors de terre étant la moins sucrée, Schvverz en 1823, et d'autres auteurs ensuite, ont conseillé, pour augmenter le sucre de cette partie, de butter les racines. Le buttage paraît encore utile, dans les contrées méridionales, comme moyen de mettre les racines à l'abri des fortes chaleurs, qu'elles redoutent toujours. On a cependant contesté l'utilité de ce buttage, admettant que la racine profite davantage quand le collet est un peu découvert, recommandant même de pratiquer, autour du pied de la plante, une légère rigole qui retienne les eaux et les engrais.
Quand la plante est parvenue à un certain développement, on pratique habituellement l'effeuillage^ opération dont on retire une grande masse de feuilles, qu'on utilise avec avantage, dans le cours des chaleurs, pour l'entretien du bétail. Cet effeuillage n'est pas également favorable en tout temps. Il est pernicieux pour la Betterave quand il est pratiqué trop tôt. Sur la plante encore jeune, il arrête la formation du sucre, favorise le développe-
CnÉNOl'ODÉKS. Ci'i")
ment du collet oL lu rLHid iiIiih (ilu'onx. Imi oiiI,1'(!, il diiiiiime l(! ]ir'i(luil imi racines, dans une proportion pouvant s'élever jusqu'à ■'lO pour 100, et cela sans augmenter môme beaucoup la masse des feuilles obtenues, car les betteraves non effeuillées en donnent à la réfîoltc plus que deux effeuillages prématurés. Mais d'un autre côté il compense cet inconvénient en permettant de distribuer au bétail, ])eudant lui temps plus long, une uouri'iture fraîche, difficile à utiliser quand elle est récoltée en une seule fois. Aj(jutous que l'opération cesse absolument d'être défavorable quand on enlève seulement les feuilles couchées déjà jaunissantes, une liuitaine de jours au plus avant la récolte, alors que les racines sont tout à fait développées, et surtout si la terre est d'une grande fécondité. L'opération en elle-même est simple. On arrache à la main, en appuyant le pouce contre le collet, toutes celles qui se flétriraient en pure perte, en continuant ainsi jusqu'à la récolte de la racine, moment où on les enlève toutes. De toutes les variétés de Betteraves, la Disette est celle qui peut le mieux supporter cet effeuillage, prati(jué dix à quinze jours avant l'arrachage des racines.
Arrachage. — La récolte des betteraves se fait en automne, leur développement étant alors achevé. L'époque varie, suivant la latitude, du 15 septembre à la fin octobre. En principe, il y a avantage à la i-etarder, afin de laisser durer le plus possible la végétation autumnale. Mais il est inutile d'attendre que la température moyenne descende à 10°, car alors elle ne végète plus. Dans le Nord, où le blé qui vient ensuite doit être semé de bonne heure, à cause du froid, il faut récolter plus tôt. Sur les sols argileux surtout, quand le temps est pluvieux, il faut procéder à la récolte avant que le sol, détrempé par les pluies d'automne, rende trop difficiles les charrois et les autres travaux de la saison ; de plus, l'arrachage se fait mieux, les betteraves moins chargées d'eau sont plus faciles à conserver; les jus enfin ont plus de densité. On devra encore arracher plus tôt celles dont le collet hors de terre est davantage exposé à la gelée.
Pour les betteraves à sucre, il convient de considérer le moment où ce principe arrive à son maximum. Dans le Midi, où la végétation est plus hâtive, ce moment correspond aux mois de juillet et d'août. Dans le Nord, il est plus tardif. Ce maximum atteint, le sucre ensuite va toujours diminuant , et il se forme à la place du nitrate de potasse. Ce changement s'opère dans la terre aussi bien que dans les racines conservées en magasin, sans que celles-ci germent ou se pourrissent. L'effet est moindre quand elles ont été bien desséchées. On reconnaît, dans quelques cas, la formation du nitre aux bouffées de vapeur nitreuse qui s'échappent des écumes formées quand on verse le suc de la betterave dans une chaudière.
L'arrachage se fait de plusieurs manières. On arrache à la main les racines qui, comme la Disette, sortent de terre, tiennent peu dans le sol et donnent une prise facile ; le plus souvent on opère à la pioche, à la bêche ou au louchet, en évitant d'endommager les racines. On emploie aussi la four-
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che ou la houe à dents fourchues, qui peuvent blesser les racines, mais conviennent surtout dans les sols caillouteux. On se sert encore de l'araire sans versoir, que remplace une pièce de bois oblique et triangulaire placée en arrière du soc. Cet instrument, conseillé par Math, de Dombasle, expose les betteraves à être blessées, soit par lui-même, soit par les pieds des chevaux; il n'est pas usité en France.
A mesure qu'on procède à l'arrachage, pour lequel on choisira toujours un temps bien sec, de manière à avoir des racines plus propres et plus faciles à ressuyer, les betteraves sont mises en lignes ou en tas, et l'on passe une seconde fois pour détacher les feuilles. Si les betteraves doivent être employées immédiatement , soit à l'alimentation du bétail, soit pour une sucrerie, on se borne à arracher les feuilles par torsion ; mais si on veut les conserver, il faut procéder au dècolletage, c'est-à-dire détacher la partie à laquelle tiennent les feuilles et les nouvelles pousses, tout en respectant le collet luimême, dont la conservation entretient la vitalité latente, grâce à laquelle la racine résiste aux causes de destruction. On empêche ainsi la formation de nouvelles feuilles, et on arrête la végétation qui diminuerait la proportion du sucre. L'opération se fait à l'aide d'une faucille, avec laquelle on fait une section droite, nette et peu étendue, et ayant soin, si les feuilles doivent être consommées, de ne les point laisser tomber à terre. La coupe faite, on nettoie les racines en les frottant légèrement avec le dos d'une faucille ou un couteau de bois, sans les frapper les unes contre les autres, puis on laisse la plaie se cicatriser par une température de 10 à 15". Quand l'opération est bien faite, le collet seul coupé, la plaie bien sèche, l'opérafîiou est sans danger pour les i-acines, et elles se conservent mieux. On a conseillé de décolleter les racines avant l'arrachage, à l'aide d'une serpe ; mais la coupe, alors moins régulière, donne de moins bons résultats.
Conservation. — Lorsque les betteraves doivent être employées immédiatement après la récolte, on se borne à les disposer en gros tas que l'on recouvre de paille, ou bien de paille et de terre, si elles doivent rester jusqu'aux premières gelées. Mais si on doit les conserver plus longtemps, ce qui a presque toujours lieu pour celles destinées aux animaux, il faut les enfermer, après qu'elles sont suffisamment sèches, dans un endroit sec et frais, cave, cellier, fosses ou silos, comme on le fait pour les carottes et les pommes de terre et en prenant les mêmes précautions. On peut ainsi les conserver jusqu'en mai, et même jusqu'en juin et juillet.
Pour assurer leur conservation, on a conseillé, une fois qu'elles sont mises en tas dans les celliers, de les recouvrir de différentes matières pulvérulentes : cendres de lignite, de houille, de tourbe, ou de bois, sable sec, poussière de charbon de bois, etc. On a proposé aussi de les réunir, en conservant les feuilles, en tas circulaires, les feuilles en dehors ; ces tas prennent ainsi la forme conique et ne présentent au soleil et à la pluie qu'une couche de feuilles impénétrables, qui se dessèchent et agissent sur les racines
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commu appareil d'évapuralioii. JJaiis les celliurs on les .silos, les IjeLleraves perdent une partie do leur poids , environ 0 à 12 pour 100 par évaporalioii et 3 à4 pour 100 par la terre qui se détache de la racine dessôchde. Ayant alors moins de matière à traiter, l'extraction de l'alcool et du sucre peut se faire d'une manière pins ècouomiquo.
On a conseillé encore pour conserver les Betteraves destinées au bétail, soit de les couper eu rouelles minces, qu'on fait dessécher au four, ce qui permet de les garder plusieurs années; mais c'est là un moyen disjiendieux, peu pratique, et (jue l'abondance des produits, surtout, rend jjcii utile.
D'autres agronomes les conservent en les mêlant avec de la paille et du foin, ou d'autres substances sèches alimentaii'es. Ainsi, M. Leduc-Testard, après avoir divisé les betteraves avec le coupe-racines, y ajoute de la paille hachée, des balles de blé, des siliques de colza, etc., entasse le tout uniformément dans un silos on une fosse en maçonnerie, et recouvre le tas d'une couche de terre. La fermentation ne tarde pas à se développer ; mais à l'abri de l'air, elle s'arrête au liout d'une quinzaine de jours, et il reste un mélange très nutritif qui peut se conserver plusieurs mois.
D'autres mêlent les racines aux pulpes de distilleries : la fermentation alcoolique s'établit dans la masse, et l'on obtient ainsi une substance tonique et excitante, avec laquelle, en y faisant macérer des pailles et des fourrages secs, on obtient une excellente nourriture. D'autres, afin d'empêcher, au contraire, la fermentation, jettent du sel sur la couche supérieure des pulpes, après avoir mélangé la masse de paille hachée, puis ils recouvrent le tout d'un toit de paille, recouvert lui-même de terre tassée eu forme de toit.
Outre les racines, on a cherché encore à conserver les feuilles, produites, au moment de la récolte, en grande quantité, au-delà de ce que peuvent consommer tous les animaux de la ferme, et dont l'utilisation complète offre d'autant plus d'avantages que ces feuilles renferment une proportion relativement considérable de principes utiles. Dans une partie de l'Allemagne, on les met dans des silos ou dans des fosses maçonnées, et où on les dépose par couches alternatives, saupoudrées de sel, puis hermétiquement couvertes d'une couche épaisse de terre forte et bien battue, comme pour les racines elles-mêmes. Les feuilles alors, entrant en fermentation, contractent une odeur aigre et une saveur peu agréable, qui cepeudant ne déplaît pas absolument aux animaux. Mais souvent aussi elles pourrissent tout à fait, et ne sont plus bonnes que pour le fumier.
Comme la grande quantité d'eau que les feuilles renferment est la cause qui a souvent empêché ce moyen de réussir, on a songé à faire d'abord sécher les feuilles ; pour cela, il suffit de les répandre à la surface du champ, où on les laisse, selon le temps, de huit à quinze jours. Quand elles ont ainsi perdu les deux tiers de leur eau, on peut les entasser dans des fosses qui sont creusées en terre argileuse ou tapissées d'argile ; on les soupoudre de sel, mêlé de un dixième de salpêtre, à la dose de 7 à 800 grammes pour
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100 kilog. de feuilles. Celles-ci sont entassées h une certaine hauteur audessus du sol, puis recouvertes de terre, et on se ti'ouve avoir, pour jusqu'à la (in de l'hiver, une très bonne provision alimentaire, qui convient surtout aux vaches laitières.
Rendement. — Le produit moyen de la Betterave, en France, est de 25 à 30,000 kilog. par hectare. Mais dans un bon sol, et sous l'influence d'une culture spéciale, se chiirre peut s'élever beaucoup. DéjàChaptal constatait qu'on pouvait en obtenir 50,000 kilog. Beaucoup de cultivateurs sont allés jusqu'à 60, 80 et môme 100,000 kilog.
Dans une communication faite à la Société d'agriculture de la Rochelle, M. Auguste de Gasparin dit avoir obtenu à l'hectare un rendement de 275,000 kilog. de betteraves ; il est vrai que, pour arriver à ce résultat, il avait fallu suivre une culture toute particulière ; défoncer profondément le terrain, y jeter une masse considérable d'engrais, y resserrer les plants à 32 centimètres en tous sens, et replanter en avril des plants de la grosseur du doigt, venus sur couche et sous vitrage ; enfin, laisser les betteraves en terre aussi longtemps que possible, croître ainsi pendant neuf mois au lieu de cinq ou six mois seulement. Il n'est point nécessaire d'ajouter que ce sont là des faits purement exceptionnels, dans lesquels il n'y a lieu de rechercher ni une règle, ni un encouragement.
Outre les racines, on doit compter, dans le rendement, la récolte des feuilles, qui donnent à l'hectare de 5 à 10,000 kilog., soit le quart ou le tiers du poids des racines.
Récolte de la graine. — La Betterave ne produit de la graine que la deuxième année de sa végétation ; cependant, si elle a été semée en février et en mars, elle en peut donner dès le mois de juin. Dans tous les cas, même semée en automne, elle en donne toujours l'été suivant. On utilise parfois cette précocité pour faire de semis spéciaux de porte-graine. Mais le plus souvent on choisit ceux-ci dans la récolte elle-même parvenue à sa maturité.
A cet effet, on choisit les racines qui offrent au plus haut degré les caractères que l'on recherche, qui sont de moyenne grosseur, mais non fourchues, fermes, bien venues et intactes. On les effeuille avec précaution, sans toucher au collet, afin de ne pas enlever les bourgeons, et on les place dans une cave sèche, saine, où la température se maintient à quelques degrés au-dessus de 0°, et oi"i on les isole les unes des autres. En mars ou avril, on les replante dans des raies écartées de 1 mètre, en les espaçant entre elles de 40 à 50 centimètres. Ces racines ainsi transplantées ne réclament pas de fumure : quelques arrosages seulement sont nécessaires quand le temps est sec.
On a conseillé, pour simplifier ce travail, de laisser en terre les portegraines, en les couvrant seulement pour les garantir du froid. On choisit alors l'endroit de la récolte où les racines annoncent la plus belle venue; mais le
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clioix dos sujets est plus iiKîoriaiu ; (;L génôralemeiiL eus racines laissées <îii place ]HJiississ(!iil moins bien (puseelles LranspLuiléeselenlorrées profoinléiiicnl.
Quelle (|ue soiL la aiélhodo adoptée, il faut, ;ï niesuroijno les tiges sedéveloppent, les protéger par des tuteurs, et infinie par des palissades si on craint le vent. Si l'on a plusieurs variétés, il faut avoir soin de les espacer poniéviter les hybridations.
Les premières graines mûres étant les meilleures, et ne devant pas être perdues, ou n'attend pas, pour faire la récolte, le développement comphjt de la plante. Ou y procède quand la majeui-e partie des fruits indique leur maturité par leur couleur jaune-brun , moment correspondant en général à la fin de septembre ou au commencement d'octobi'e. On coupe alors les tiges avec précaution et on les porte dans un grenier où elles sèchent lentement. On les bat en hiver, quelquefois seulement au moment de s'en servir, car les graines eu tas s'échauffent facilement. Cette graine se détache mieux si, avant le battage, on expose les tiges au soleil. Dans tous les cas, après le battage, elle devra être nettoyée et conservée en lieu sec.
Une racine bien venue fournit de 200 à 250 grammes de graines; vingt racines en fournissent un boisseau, soit 100 grammes par hectolitre ou 25 kilog. de racines.
La graine bien récoltée et bien conservée garde cinq à si.x ans ses facultés germiuatives; mais on obtient une meilleure récolte en n'employant que des graines de deux ans au plus.
Insectes nuisibles et Maladies de la Betterave.
l' Insectes et autres parasites. — Ija Betterave est exposée aux atteintes de plusieurs insectes, dont quelques-uns attaquent la racine, d'autres les feuilles. Parmi les premiers, il faut citer surtout :
Le Ver blanc ou larve du hanneton, le parasite le plus nuisible pour cette racine, qui l'attaque quand elle a acquis un certain développement et alors qu'il n'est plus possible de combler les vides. Aussitôt atteinte par cette lai-ve, la plante languit et meurt, surtout si le temps est sec. — Pouvant attaquer la Betterave eu toute saison, le ver blanc est difficile à combattre. Plus de soins apportés aux récoltes ; des semis faits à propos pour obtenir une levée prompte, sont les précautions que l'on recommande habituellement pour en préserver les racines. Ou a conseillé encore de faire parquer, sur le champ où les betteraves sont attaquées, des troupeaux de cauards, de dindons, de poules, etc. D'autres font usage de la chaux. M. Lacrette, de Trilh-Saint-Léger, l'emploie de la manièi'e suivante : Il jette d'abord dans 1 hectolitre d'eau deux pellées de chaux vive. Quand la chaux, par son hydi-atatiou, a porté la masse d'eau à une température assez haute, il ajoute deux petites pellées de suie et 250 grammes de potasse brute ; il agite le mélange, puis il en répand sur
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chaque racine au moyen d'un nrrosoir. Aussitôt les vers se tordent et meurent, et la plante, loin de souffrir de cet arrosage, s'en trouve bien, au contraire. L'extinction de la chaux et le mélange doivent être faits sur place, afin de pouvoir employer cette préparation à une température élevé.
L'Atomaria lincaris, insecte coléoptère clavicorne, découvert en 1839 par M. Arm. Bazin. Etroit, long à peine de 1 millimètre et demi, rouge ou brun, volant avec difficulté, sautant et marchant mal, cet insecte exerce ses ravages en mai et juin principalement; il attaque les betteraves jaunes, dont il ronge le pivot et mange les feuilles ; pai-fois même il en ronge les graines sous terre, avant qu'elles commencent à germer. — On en préserve les récoltes par divers moyens : le plombage au rouleau, qui comprime la terre autour des plants; les fortes fumures, qui, activant la végétation, réparent les dommages dus à l'insecte; l'alternance des cultures, etc. On ne connaît pas, d'ailleurs, de moyen direct de destruction de cet insecte, qui parfois exerce de grands ravages dans les récoltes.
Les Taup'ms ou Scarabées à ressort {Elater)^ dont la larve exerce des ravages d'autant plus grands, qu'elle est extrêmement difficile à atteindre et par conséquent à détruire.
Le Ver gris , larve de diverses noctuelles [Nootua ) , ou papillons nocturnes , qui exerce parfois dans les champs les plus grands ravages. Elle attaque la Betterave à son collet, y trace de profonds sillons en détruisant les feuilles, et en arrête bientôt le développement, amenant leur perte complète quand elles sont encore jeunes. On la combat par les mêmes moyens que le ver blanc, principalement en la recueillant la nuit, derrière la charrue, à l'aide d'une lanterne.
La Betterave est attaquée encore par des Myriapodes, les Blaniules et les Iules, qui mangent la racine à peine germée ; par un Ncmatode microscopique qui se loge sur les radicelles les plus tenues ; par les Lombrics, etc.
D'autres insectes attaquent les feuilles de la Betterave ; ce sont, entre autres : le Ver noir, larve des Silphes {Silpha) ; la larve de la Casside nébu- Ic'.ise {Cassida nebulosa L. ), plusieurs Altises, quelques mouches, l'Hykmia coarcta Bl. ; VAnthoinya conformis Mieg, parasites plus ou moins redoutables, dont on ne parvient à atténuer les ravages qu'à l'aide de semis drus, de façons répétées pendant la culture, etc.
2° Maladies. — Outre les altérations produites par les insectes, la Betterave est exposée à plusieurs maladies particulières, les unes occasionnées par des végétaux parasites s'attaquant à la superficie de la plante, d'autres offrant un caractère plus particubèrement organique et déterminant la destruction progressive de la racine et des feuilles de la Betterave.
Parmi les affections du premier groupe, on peut citer :
Le Blanc, maladie attaquant un grand nombre de végétaux, et déterminée par un champignon filamenteux et réticulé, s'étendant à la surface des des feuilles, qui deviennent jaunes, puis brunes, noires, et finissent par
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s'étioler comiilétenuiiiL, en arrAlaiil lo développoiiioiil, des raciiKjs. La Disette est la variété la plus exposée à cette altération, contre laijiielle on ne connaît aucun moyen plus effieace que l'incinération des feuilles ;
La Rouille, occasionnée par VUredo BHx Pers., et qui attaque aussi les feuilles; elle se propage siu'tont durant les années humides, oll'n; les mômes iuconvôuients que le Blanc, et l'on s'en préserve de même (;n brûlant les organes atteints ;
La Dessiccation dics fiîuilles, espèce de rouille diu; au Depazea bctxcota DC, se manifestant sous la forme d'émineiices rouge;ltrcs s'étendant en cercle, et qui finit par ameneu, avec la dessiccation des feuilles, le dépérissement de la racine ; on la traite comme les aO'ections précédentes ; « La Frisole, due au Peronospora Bctx Sch., offrant une grande analogie avec la maladie du même nom qui attaque la Pomme de terre, et se reconnaissant de même à la forme rocoquillée des feuilles atlaijnées. Celles-ci offrent, en même temps, h leur surface de petits points jaunes, transparents, qui, augmentant en nombre et en étendue, finissent par se réunir et forment des marbrures très visibles par transparence. Les feuilles finissent par jaunir et se dessécher entièrement, et donnent lieu au même résultat définitif que les affections précédentes. On s'en préserve de même, d'ailleurs, en brûlant les feuilles attaquées et en restreignant la culture de la Betterave.
Quant aux maladies qu'on peut considérer comme organiques, on en connaît au moins deux :
Le Pied-Chaud ou Maladie des jeunes Betteraves. — Altération commune dans le Nord, qui apparaît avant que la plante ait acquis ses six premières feuilles, et qui s'annonce par la cessation absolue de la croissance des feuilles sans apparence sur elles de maladie. Mais si l'on examine les racines, on les trouve plus ou moins complètement flétries, de couleur brune, desséchées, dépourvues de chevelu, mortes, enfin, depuis l'extrémitée supérieure jusqu'au collet, la seule partie restée saine. Cette maladie, attribuée par Math, de Dorabasle aux froids qui attaquent la racine dans les premiers temps de la croissance, et par d'antres au défaut de perméabilité et d'aération du sol, guérit quelquefois seule, après une journée chaude, une pluie douce; mais elle entraîne ordinairement la perte des racines attaquées. On ne connaît pas de remèdes à lui opposer.
L.4. Maladie de la Betterave, proprement dite, appelée encore Pénétration brune, Pourriture cellulaire, et offrant une certaine analogie avec la maladie des pommes de terre. Signalée en 1845, et ayant reparu depuis dans un grand nombre de localités, où partout elle a exercé de grands l'avages, elle a particulièrement été étudiée par M. Payen. Commençant vers le mois de septembre par les feuilles, elle envahit les racines graduellement et de haut en bas. Les feuilles prennent une teinte plus foncée; leur végétation s'arrête, et les plus extérieures s'étalent sur le sol. Snr le pétiole, apparaissent des taches noirâtres, qui s'étendent jusqu'au collet; les feuilles