‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 105 sur 138 · PATIENTIA · texte numérisé non relu

PATIENTIA

Caispus

Acutus

By dro lapathnm

Maximus

Aqdaticus

Domesticus

Alpinds

NcmorosHS

Songinncus

ConylomcTalns

Pu le fier

Pahistris

Maritîmus

Obtusîfolins

BucephalophoTus

Uuds

Sclirb.

Bartm

Scliiad.

Murr.

Sm.

jf

Patience des jardins, R. patientia L.

Patience des moines, Rhubarbe de capucin, Oseille-Epinard, Epinard immortel. Fleurs en panicule rameuse, ample, dense. Valves fructifères suborbiculaires, larges, parfois denticulées, l'externe seule pourvue de callosité. Feuilles grandes, minces, planes, ovales-lancéolées, tinement sinuées-ondulées, à pétiole loug, canaliculé. Tige à rameaux ascendants, de 1 à

Espèce spontanée en Allemagne, venant çà et là en France sur les terres médiocres et les décombres, et depuis longtemps cultivée dans les jardins soit pour ses feuilles qui sont mangées

l'OLYOONlhîS. f>6!)

Il lu liiçon Je l'osoillo, soit pour sa racine employée parfois commo nstringejit. On l'a, do pin», prt'eoiiisée comme plante fourrngfcro pour on obtenir un fourrage vert, utile surtout par «on extrême précocité et que les vaches, les porcs et les chevaux semblent rechercher. On la ai'me en septembre et en mars, sur place ou en pépinière ; on la repique à 50 ou 60 centimMreB de distance. Un sarclapo suffit ensuite, et on peut en obtenir, dans l'année, cinq ou six coupes pouvant donner par hectare jusqu'à 200,000 l<ilog. de fourrage vert, qu'il faut toujours récolter bien avant la maturité, et qu'on donne en vert, car on aurait peu d'avantage ii le faire dessécher. Quand elle se répand dans les prairies, la Patience n'est pas cependant, quelquefois, sans offrir des inconvénients par sa vigueur m6me, la place qu'elle occupe, la facilité avec laquelle elle répand ses graines ; aussi importe-t-il alors de ne point la laisser arriver Ji son entier développement.

Patienck crépue, h. crispus L.

Patience saucage, Parelle sauvage, Farine, liéguelle.

Tanicule allongée. Valves fructifères très entières, veinées-réticulées. Feuilles pétiolées, lancéolée-aiguës, ondulées-crépues. Tige souvent rameuse dès la hase, à rameaux courts, serrés, de 5 à, 10 décimètres.

Ti-ès commune dans les terrains humides, an bord des chemins et des fossés, ainsi que dans les prés, où elle se développe, quand le terrain est gras et fertile, avec une grande vigueur, et oii elle nuit p.ar ses tiges grosses et ses feuilles abondantes, que les chev.aux seuls peuvent manger ; nuisible, en outre, îv la qualité du foin.

fi. aculiis L., panicule serrée; valves fructifères érodées-dentieulées ; — prairies du Nord et de l'Ouest, où elle abonde parfois ; mangée quand elle est jeune par les bestiaux.

R. hydrolapathum Hud. (Parelle aquatique), panicule volumineuse; feuilles pétiolées, lancéolées-aiguës, atténuées ;i la base, très grandes, atteignant 1 mètre; taille de 1 à 2 mètres,

— bords des marais, des rivières, des fossés inondés, dans le Nord.

R. maximus Sehreb., feuilles très grandes, en cœur ou tronquées à la base, — mêmes lieux.

fi. aquaticus L., panicule ample, serrée; valves fructifères minces, largement ovales; feuilles minces, planes, ovales, obtuses, en cœur à la base, à pétiole canaliculé ; tige de 1 mètre, — commune au bord des rivières, des marais, dans l'eau même, où elle couvre sovivent des espaces considérables ; les chevaux la mangent, les vaches n'y touchent pas ; quelquefois on en recueille les feuilles qui servent de légume.

fi. liomesticiis Il.artm., feuilles crépues, à pétiole plan, — autour des habitations; .Tura.

Patience des Alpes, R. alpinus L.

Rhapontie commune, Faur rhapontie, Rhapontie des moines, Rhubarbe des monlagnes, Rhubarbe des moines.

Panicule longue, serrée. Feuilles toutes pétiolées, grandes, ovales, obtuses, sur un long pétiole canaliculé, avec une gaîne plus grande que dans toutes les autres espèces. Tige è rameaux courts, de 5 à 10 décimètres. Eaoine très gi'osse.

Très commune sur toutes les montagnes de France ; suit l'homme dans toutes ses stations, abonde surtout dans les lieux gras et frais, où elle prend un grand développement, envahit le terrain, jusqu'à ce que, l'ayant épuisé, elle disparaisse. Les chevaux en mangent parfois les feuilles, mais les autres animaux n'y touchent pas. Dans les Alpes, où elle abonde au milieu des prairies, on la récolte eu fleurs, en coupant sa tige ras de terre, et on la conserve comme provision d'hiver. A cet effet, ou la fait bouillir, puis on l'entasse dans des cuviers où ou la presse. Elle se conserve ainsi très bien et sert à engraisser les cochons. Les hommes même prennent leur part de cette conserve. On paraît très satisfait de son usage, et quelquefois même, pour en augmenter la provision, on la cultive dans des enclos à part. Elle exige alors de fortes fumures.

fi. nemorosus Scbrad., panicule étroite; feuilles oblongues, — bois ombragés, lieux humides.

fi. sanguineus L. ^^Patieuce rouge. Sang-dragon), tige et pétioles pourprés, — mêmes lieux.

fi. conglomeratKs ^hin\, panicule Iriohe, effilée; valves longues, entières; feuilles oblongues,

— lieux humides, bords des eaux.

^70 l'iii.Yr.DM'iEs.

n. pulchfr L., pnniculc IHclie, foiiillùo ; vulves fnictiferes, nllongùes, k dents courtes, épineii- «0»; fouilles radicules eu rosette, riHioU-os, ùclmncrées Int.'vulenicnt eu foruie do violou, ou C(viir i\ In bnso; romoniix divariquiSs, — terrains arides, Houx secs et incultes, hords des cliemius.

fl. ;)iifiu(ri-i Pinith., pnnioulo Inclie et interrompue ; fouilles Inucéolées-linôiiires ; tige nexuense, — bords dos nmres ot dos fossés.

n. minlimus l.., pmiioule compacte ; vulves à dents longues, sétaci'os ; feuilles laucéoléoslinOaires, — bords des euux ot rivages maritimes.

fl. oblusifolius DC, panicnlolàclie, allongée ; valves fructifères prolongées eu languette ; feuilles tr*s grandes, ovales, — bords dos chemins, des fossés, pied des murs, jardins pot.igers.

n. bucephalophonis L., pnuicule effilée ; feuilles petites ; tiges multiples, — Midi, Ouest.

2" Groupe — OsBli-LES. — Fleurs polygames ou dioïques, en grappes peu fournies, sans feuilles brncténles ; stylos soudés aux angles de l'ovaire; feuilles liastées ou sagittées; racine rouge, inodore ; toutes vivnces. — Tiges et parties vertes , contenant du sur-oxalate do potasse qui leur donne une saveur aeide, et les fiiit employer comme aliment ou médicament laxatif. — Groupe comprenant les espèces indigènes suivantes :

I SCUTATDS L.

I Fleurs polvgames — Feuilles glauques j

lîl'MEX \ ( ACP.TOSA L

2'' Groune;( ., ( Racine fibreuse. T/it/rsoidcs Desf.

« „ '„ I I Valves fructifères ailées, ) / , ,„

Oseilles J r, j- .. \ ,, , ^ . i ' abuolios au.

/ Fleurs dioiques. J dépassant e fruit / -p • . i ■

,:....:„ ...4.. \ '^ [ Racine tubéreuse. Tnlicrmus l.

Valves fructifères plus courtes que le fruit Acctosei.!.* l.

Feuilles vertes

Oseille .\ écusson, B. scutatus L.

Oseille ronde, Petite linette.

Panicule lâcbe. Valves fructifères orbiculaires-cordiformes, grandes, ailées, les externes appliquées. Feuilles longuement pétiolées, presque ovbieulaires ou légèrement en violon, à oreillettes divergentes. Tiges multiples , flexueuses , coucbées-ascendantes , peu fouillées. Racine rampante, très longue.

Vient dans toute la France, sur les coteiiux pierreux, les vieux murs, parmi les rocailles, le long des routes; très abondante dans les Pyrénées et le Centre surtout. Ses feuilles rafr.aîcbissantes, forment un mauvais fourrage, que seuls les moutons broutent, mais sans la reclierclier.

fi. /ingi/aHtisL., tige dressée ; feuilles acuminées, crénelées, — lieux secs du Languedoc.

Oseille des prés, R. acetosa L.

Oseille longue , Sitrelle , Surette, Aigrette, Vinette.

Panicule l.^clie, allongée. Valves fructifères ovales-orbiculaires, grandes; les extérieures rétléchies. Feuilles oblongues, à oreillettes acuminées, rapprochées, les inférieures longuement pétiolées, les supérieures étroites, embrassantes. Tige simple ou multiple, dressée, striée, de 2 h fi décimètres.

Vient dans les lieux humides, les bois, les vignes, et surtout très répiindue dans presque toutes les prairies, où sa présence est ordinairement l'indice d'un fonds gras et un peu frais. Elle fleurit ^ la fin du printemps, et tous les bestiaux la mangent, surtout à l'état frais; mais elle est peu nourrissante, et ne donne qu'un mauvais foin, difficile à. sécher et très dur quand les tiges ont déjà monté à la fauchaison. Elle oflfre plus d'importance comme plante potagère ; ses feuilles assaisonnantes ou alimentaires, sont consommées partout, et depuis longtemps la plante est, à cet effet, cultivée dans tous les jardins.

fi. ihyrsoïiesDesl., panicule dense; feuilles linéaires, crénelées, à oreillettes longues, divergentes, — toute la région méditerranéenne.

B. ori/'oiius Ail., panicule dense, com-te; feuilles minces, ovales, à oreillettes courtes, obtuses, presque arrondies; tige de 5 à 10 décimètres, peu feuillée, — bois et pâturages élevés de montagnes, où elle est parfois très commune et où tous les bestiaux la mangent.

PriLYCONKES.

n, tulicro.ms L., panioiilo étal('^o', éburto; f'.jiiillfia (jljloiifrnca l'i oreillette» divov^ente», riicine lUsciciilée tubéreuse, — prairies du Siul-Kst.

Pktite oseille, /(. acclosella L.

Oseillctle, Oseille de Brebis, Oseille de Pâques, Petile vinelte, Vinclte sauva/je, Sarcillc, Sarcillelle.

Panicnlo allongée. Valves fructifères plus courtes que le fruit, les extérieures dressécs-appliquéos. Feuilles petites, pétiolées, olilonguos, à oreillettes liiiéaires-aigni's, étalée» ou recourbées en haut; pétiole dilaté, ii gaîne membraneuse terminée par un appendice lancéolé-acuminé. Tige petite, trbs griîle, peu feiiillée, de 1 à 3 décimètres.

Espèce commune partout, dans les lieux cultivés, bois, pelouses, pressées, cbamps, vignes, bords de route, et principalement dans les terrains sablonneux ou caillouteux. Tous les bestiaux la mangent au printemps; mais, par son pou de développement, elle n'offre qu'une faible ressource.

Genre HENOUÉE. — POLYGONUM L.

Fleurs hermapbrodites ou polygames par avortement, blancbes on purpurines, eu épis ou fasciculées ; — périgoue ordinairement coloré, à 5 ou îi 3.4 divisions, presque toujours égales, soudées à la base, rarement aoorescentes ; — étamines 5.8, opposées aux divisions périgonales ; — styles 2.3 ou nuls; ■ — fruit trigone ou lenticulaire, entouré du pérîgone desséclié ; — graine à embryon latéral arqué, à cotylédons plaus et étroits. — Feuilles entières ou sinuées, glabres, & gaîne embrassant la tige à chaque nœud ; — ■ tige cylindrique, très noueuse, quelquefois volubile.

Espèces nombreuses, herbacées OU ligneuses, la plupart exotiques, venant sous toutes les latitudes, des bords de la mer à la limite des neiges, et dont quelques-unes, très répandues dans nos contrées, peuvent servir à la nourriture des bestiaux ; tandis que d'autres sont utilisées par la médecine et par l'industrie. — Ces espèces offrant les plus grands rapports entre elles, et s'hybridant communément, sont souvent difficiles à distinguer entre elles. Ciaprès le taljleau des types indigènes ou acclimatés les- mieux caractérisés :

Tige simple à 1 épi — Périg. à 5 divisions — Ak. trig. — Styl. 3,

Tige rameuse,

h épis multiples

terminaux.

Périgone

à 3.4 divisions

BtSTORTA ViviPàaUM

Akènes trigones — ■ Style 3 Tinctoriiiii

PEilsiCAniA

Lnpntliifûliiim

|Ak. comprimés,

lenticulaires.

Styles 2

épis continus.

épis denses, courts.

ÂMPUIBIUM

Loiir.

Ail.

(épis interrompus.

\ Tige rameuse, à épis axillaires

lépis filiformes. Scrratutum Lagasc.

, Saveur acre. . . HÏDROPIPER L.

l l llite Scbriiick.

(Sav. berbacée. I Dubinm Sicin.

f Mintis Huds.

Périgone à 5 divisions OaiENTiLE I,,

Bellardi Ail.

Ârcnan'itm Walil. K.

FI. faseiculéos, axillaires

Périgone à 5 divisions.

Akènes trigones.

Styles 3.

Feuilles lancéolées. ]

Tiges dressées

ou couchées

Rameaux florifères non feuilles

Equîsitifomtc Siblb .

AVICULARE L.

Littorale Liiik.

Flfigcllarc SprODg.

Hobcrtii Lois.

MaritîmiiTtt L.

Herjiiarioidcs Spreog.

CONVOLVILCS L.

DïIMETORUSl L.

Fleurs en grappes paniculées — Styles 3 — Akène trigone Alpino» AU.

Rameaux florifères

feuilles jusqu'au sommet

Style 1 — Feuill. hastées — Tiges volubiles

()7>2 POI.VOONÉES.

Renouée distortr, P. bislorta L.

flfiioiii''f tùilordtie, Serpentaire, Langue de bœuf, Feuillelle.

Flonr» roses, on «•pi solituiro, nu, compncto. Etaminos 8, saillantes. Akf'ne à 3 anples tvMiiclmnts, lisses, luisants. Kciiillos ondulùos, les inférieures longiiementpétioU'es, ovales-oblon^iics, diSonrrontos sur le pétiole; les supérieures sessiles, lancéolées-cordées; gaine trùs allongée, tcrmiuéa en languette. Tige simple, grêle, drossée, de 2 Ji 5 décimètres. Racine épaisse, cliariiue, contournée, rose en dedans.

Plante nboudanto dans les prairies humides et tourlieuses de la France, mais surtout dans les répions montagneuses. Quelques pfiturages des Alpes et des montagnes en sont couverts, et empruntent i\ sa présenee une partie de leur valeur. Tous les bestiaux, le cheval excepté, dit-on, en mangent les feuilles, les vaclies surtout, qui en sont friandes, et les bêtes à cornes, en général, pour lesquelles le Bistorte est plutôt un condinement qu'une plante alimentaire. En Puisse et dans le Jura, on la cultive cependant comme fourragère ; en bon terrain, elle donne même une quantité passable de fourrage, qu'on doit faucher avant la maturité pour ne l'avoir pas trop dur, et qui ne donnerait qu'un mauvais foin ; sa graine, que mangent les oiseaux, est, de plus, un des aliments favoris des habitants de l'Irlande ; les Eusses en préparent des appâts pour attirer les poissons. Sa raeine, très féeulente et astringente, est assez fréquemment employée, en médecine, comme astringent tonique. Elle fournit, en outre, une couleur jaune.

P. viviparum L., Heurs blanches, en épi grêle ; étamines incluses ; fruit à peine trigone ; feuilles elliptiques ; tige de 1 il 3 décimètres ; racine épaisse, courte, repliée, se reproduisant par tubercules, — habite les pays froids, les pâturages élevés des montagnes, se mêle à l'herbe des hautes prairies ; partage les propriétés de l'espèce précédente.

P. linclTium Lour., fleurs roses ; feuilles pétiolées, ovales ; tige dressée, presque simple, de K i\ 10 décimètres, — espèce depuis longtemps cultivée en Chine pour l'extraction de l'indigo, et importée en France, en 1834, où sa culture, entreprise dans le même but, a tini par acquérir une certaine importance.

Rknouée persic.mre, p. persicaria L.

Persicaire douce, Persienne rouge, Pied-rouge, Pilingre, Fer-à-cheval, Curage.

Fleurs roses ou verdâtres, en épis oblongs, obtus. Etamines 6. Akènes les uns trigones, les autres comprimés. Feuilles brièvement pétiolées, elliptiques-aiguijs, souvent tachées de noir au centre, à gaine longuement ciliée. Tige dressée, rameuse, à nœuds rentlés, à rameaux divariqués, de 3 à 9 décimètres.

Espèce très commune dans les lieux frais, les herbages humides, au bord des étangs et des fossés, et habitant surtout au Nord. D'un goût peu agréable, et généralement repoussée des bestianx, elle passe néanmoins pour plaire aux chevaux et aux moutons. Quelques auteurs l'ont indiquée comme un fourrage propre aux terrains très humides ; on doit, en ce cas, se borner à en tirer parti quand elle se développe dans les champs spontanément et en abondance, et ne jamais la semer, car elle ne constitue en somme qn'un mauvais fourrage, qu'on remplace avantageusement par d'autres espèces. Sa graine est recherchée par la volaille.

P. lapalhifolium L., feuilles à gaine nue, — lieux humides, bords de rivières, etc.; propriétés de la précédente.

P. amphibium L., étamines 5 ; feuilles pétiolées, oblougues-lanoéolées, arrondies ou en cœur à la base, à gaine allongée, tronquée ; tiges flexueuses, dressées ou radicantes et nageantes, — deux variétés, l'une aquatique, vivant dans l'eau, les fossés, les rivières ; l'autre terrestre, dans les lieux humides, la vase, les prairies marécageuses, etc.; plante mauvaise, légèrement irritante, que, cependant, excepté les vaches, tous les bestiaux mangent.

P. serratulum Laga.s,c., feuilles étroites, allongées, denticulées ; tiges radicantes, — lieux humides, dans le Midi.

. -, poi.YdOiNiiiis. 673

liiîNODÉK l'oivKE d'eau, P. Iiâjdropipcr L.

liennwe âc.rc, Persir.airc ilrre, Pirxinairc brùhiiitr, PimenI hrùlunt, Piment it'eau, l'imenl (Hjuatiitue,

Flenvs rosées ou blanoliâti'os, on épis iilifovmes, allotigùs, interrompus, ordinairement ponobés. Etaraines 0.8. Akènes cliagrinés, les uns trigonos, les autres comprimés. Feuilles presque sessiles, lancéoléos-aigUL's, à gaîne ciliée. Tiges courbées ascendantes, rameuses, très feuillées, do 3 il H décimètres. — Plante d'une saveur ilcro, brûlante et poivrée dans tontes ses parties.

Espèce commune dans les lieux bumides, au bord des eaux, des fossés, des mares , des prés marécageux, rare au milieu des prairies. Sa saveur acre la fait repousser de tous les animaux, et comme elle leur serait sans doute nuisible, elle doit être soigneusement arracbée des herb.ages. Sa racine, employée quelquefois comme résolutive ou diurétique, teint la laine en jaune. Ses semences sont employées, dans quelques campagnes, pour remplacer le poivre, et ses feuilles, liaobées, servent parfois à condimenter les fromages.

P. mite Scbranli, P. dubium Stein, P. minus Huds., akènes lisses, taille plus petite, saveurnon acre, — espèces voisines, habitant aussi les lieux humides et marécageux.

P. orientale L., épis allongés, pendants; taille de 15 fi 25 décimètres; — grande espèce cultivée dans les jardins d'ornement.

P. Bellarili Ail., fleurs par 2.3, à l'aisselle de courtes bractées, formant de longs épis, presque nus. Feuilles elliptiques aiguës, tiges dressées, rameuses, k rameaux filiformes, — çii et là dans les prairies et les cultures àa Midi, de l'Est à, l'Ouest ; mangée par les bestiaux.

P: arenarium Wald. Kit., — P. equisetiforme Sibth., — sables maritimes de la Méditerranée.

Renouée des oiseaux, P. aviculare L.

Traînasse, Traînée, Renue, Fausse Canille, Centinade, Crépinette, Corrigiole, Langue de passereau. Sanguinaire, Herniole, Tire-jarret, Lie glane, Achée, Herbe à cochons, Herbe aux panaris, Herbe de Saint-Innocent, Rouille,

Fleurs blanches ou roses, presque sessiles, très petites, par 2.4, à, l'aisselle de presque toutes les feuilles. Feuilles petites, brièvement pétiolées, lancéolées, à gaîne bifide. Tiges nombi'euses, étalées ou ascendantes, grêles, rameuses dès la base, il rameaux feuilles jusqu'au sommet, taille de 2 il 5 décimètres.

Espèce commune partout, venant dans tous les terrains aussi bien dans les lieux incultes, au bord des chemins, qu'au milieu des cultures, dans les champs après la récolte, dans les allées de jardin, etc. Elle végète et se multiplie avec une grande activité ; et dans les lieux qui lui conviennent, on la voit parfois, en automne, couvrir des espaces considérables. Elle peut sans danger Etre foulée aux pieds, exposée aux excès de la chaleur ou de l'humidité ; la gelée seule en interrompt la végétation sans la faire périr. Rare au milieu des cultures, elle envahit partout les routes et les sentiers, et ne paraît dans les prairies artificielles que lorsque le terrain est épuisé. Tous les animaux la mangent, et souvent même la recherchent avidement. I^es cochons, les oies, les lapins, les oiseaux granivores surtout, s'en montrent friands. Elle seule, souvent, nourrit les moutons que l'on mène paître dans les chaumes après la moisson. Fleurissant à la fin de l'été, elle fournit un fourrage tardif, presque d'hiver, que dans beaucoup d'endroits on ramasse à la main ou avec des râteaux pour la nourriture des bestiaux de la ferme ; la difficulté qu'on éprouve pour la détruire, quand elle a envalii les cultures, est son principal inconvénient.

P. littorale Link., — P. jlagellare Spreug., — P. Roberti Loi., — P. maritimum L., — P. herniarioïdes Spreng., — plantes des sables maritimes de l'Océan et de la Jléditerranée.

Renouée liseron, P. convolvulus L.

Faux Liseron, Vreillc, Vrillée bâtarde. Petite Vrillée sauvage. Fleurs blanches, ternées, ii l'aisselle des feuilles. Akènes trigones, recouverts par les 3 divisions internes, accrescentes, du périgoue, les 2 externes caduques. Feuilles pétiolées, ovales, acuminées, cordées-sagittées à la base, à gaîne courte et tronquée. Tiges grêles, anguleuses, flexueuses, rameuses, volubiles. couchées ou grimpantes, de 3 si 10 décimètres.

(i7'( l'OI.YllUNÉES.

Kspi'co fri'is conimuno ilniis les lioiix cultivL's, les jardins, les cliamps ou les vignes, dnns les linios ot lo3 btiissons, mais surtout ftliouilivnto au milieu des moissons, où elle l'ornio, avec lu ItonoiiiSo des oisoniix, la principale nourriture dos moutons qui vont paître dans les cliamps après l'onl^vomont do la ri^coltc. Tr^s robuste, no craignant pas la gol(io, elle forme parfois, mPme dans les mauvais terrains, dos touffes considérables. Tous les animaux, surtout les moutons et les vaclios, la rcclicrclieiit. On a proposé mùmo do la cultiver en grand à la place du sarrasin, comme plus prodnctivo quo celui-ci; mais il faut, pour la soutenir, la mettre en rames au moyeu de piquets, et cola rendrait sa culture plus coflteuse. On pourrait alors, il est vrai, la semer avec la Fève dos marais ou d'autres plantes ii tige forte qui rempliraient le mCmo oflice.

P. Jumelorum L. (grande Vrillée bâtarde), akènes i valves munies d'une carène ailéo-membranouso ; tige lisse, anguleuse, grimpante, de 1 à 2 mètres, — espèce commune dans les bois, les buissons, les lieux couverts ; fourragère, recherchée des bestiaux, et partageant les propriétés économiques do la précédente.

P, aliiinum Ail., fleurs roses ou blanches, solitaires ou géminées, en grappes paniculées; feuilles ovales lancéolées-aiguus, ciliées; tige dressée, raide, rameuse, de 3 fi 8 décimètres, — belle plante croissant par petits groupes dans les prairies des Alpes et des Pyrénées, et que les bestiaux mangent comme les meilleures espèces du genre.

A lu liste des espèces indigènes, il convient d'ajouter la suivante :

Renoi'EE de Siebold, p. SieboUU R. , fleurs blanches, en épis; tige dressée, maculée de points rougeAtres, de 1 h 2 mètres; racine traçante, — cultivée dans tout le .Japon comme fourragère, et importée, il y a quelques années, en Europe, par Van Siebold. Cette espèce, très vivace, venant dans tous les sols, secs et humides, et à toute exposition, pousse de bonne heure ses tiges, que l'on a préconisées k titre de légume pouvant être consommées comme l'asperge, et fournit un foin qui parait très nutritif. L'expérience, toutefois, n'a point encore confirmé les avantages de la culture potagère ou fourragère de cette plante.

Genre SARRASIN. — FAGOPYRUM T.

Fleurs hei'maphrodites , en grappes tenninalesou .axillaires; — pm'f/onemarcescent, à 5 divisions presque égales ; — (•lamines R, pourvues de glandes à la base ; — slyles 3, .avec stigmates eu tète ; — aUnc trigoue ; — nraiiie à embi-you droit et central, à cotylédons larges, foliacés, plissés, contournés. — Feuilles cordées-sagittées, les infériem-es pétiolées, les supérieures presque sessiles, plus petites.

Genre très voisin du précédent, avec lequel il a été confondu par Linnée et d'autres auteurs , et ne renfermant qu'un petit nombre d'espèces, toutes d'origine exotique , et depuis plus ou moins longtemps acclimatées en Franco.

SAKKASIX CULTIVÉ. — F. ESCULENTUM Mœnch.

F. vulf/are Endl., Polygonum fagopyrum L.

XOMS VIXOAIRES. — Renouée sarrasin. Blé noir, Millet noir. Millet rornu. Carabin. Bouquet,

Bouquelte, Bticaille.

Fleurs blanches ou roses, assez grandes, pédicellées, en grappes courtes, longuement pédonculées, les unes axillaires, les autres terminales, rapprochées en corymbe. — Akène noir, à fanes planes, lisses, h angles réguliers, aigus. — Feuilles ovales, brusquement acuminées , sagittées et profondément en oreur à la base, à gaine triangulaire, noirâtre. — Tige dressée, striée, rameuse,

.l'OLVGONKKS. f)75

(ieveuiint roiigeâtru à IVipoquo do lu lloraisoii ot do In niaturatiim do» fruits, de 'i k H décimi^trcB. — Raoino grfilo, simple, ramouso. — Aniniol.

Le Sarrasin, originaire de la haute Asie, où il vienl spoiilancJnienL, ii'csl connu en Europe et on France que comme espèce cultivée, et ne se montre que rarement çà et là d'une manière subspontanéo. Il a été introduit en Europe à une époque non déterminée, mais qui doit être très ancienne, s'il est vrai que cotte plante est celle que déjà hss Celtt.'s cultivaient sous le nom de Had razin, d'où lui serait venu son nom actuel. Il reste au moins acquis que son introduction dans notre pays est antérieure aux Croisades et à l'invasion des Sarrasins, événements auxquels on la fait communément remonter. Quoi qu'il en soit, de tout temps, le Sarrasin a été cultivé comme plante alimentaire, et aujourd'hui encore il entre dans les cultures régulières d'un grand nombre de localités, comme céréale ou fourragère.

Culture du Sarrasin.

D'une très grande activité de végétation qui lui permet de parcourir en trois mois toutes les phases de son développement, le Sarrasin redoute surtout les excès de température, soit le froid excessif, produit par les gelées du printemps ou par les gelées prématurées de l'automne , soit les longues sécheresses de l'été. Cette sensibilité aux variations atmosphériques est la principale cause qui en limite la culture aux localités où se trouvent réunies les meilleures conditions de sa réussite, en première ligne desquelles il faut placer un climat assez humide pour maintenir la fraîcheur du terrain pendant la végétation de la plante et atténuer les effets des fortes chaleurs de l'été. Sous ce rapport, le climat de la Bretagne lui est particulièrement favorable ; aussi la culture du Sarrasin est-elle devenue l'une des plus importantes de cette province. On le trouve également, répandu en Sologne, en Champagne, en Bresse, en Savoie et dans les provinces montagneuses du Centre, où on le récolte pour sa graine et comme fourrage vert, et aussi comme engrais vert. Le caractère de cette culture varie d'ailleurs suivant les régions ; ainsi tandis que dans les montagnes, où les froids plus prolongés rendent difficiles les cultures ordinaires, le Sarrasin constitue la récolte principale, dans les pays tempérés il ne vient le plus souvent qu'en culture dérobée, après le seigle et le froment ; il donne moins dans ce dernier cas ; mais comme supplément, il offre toujours une importante ressource à ajouter au produit de la récolte principale.

Choix et préparation du sol. — Tous les sols conviennent au Sarrasin ; mais il réussit principalement dans les terres siliceuses, schisteuses et granitiques , meubles, fi-aîches mais non trop humides. Les sols calcaires, surtout ceux nouvellement enlevés à la mer, lui sont moins favorables. Végétant dans la période la plus chaude de l'année, il a besoin surtout que le sol

(576 l'DLYGONÉES.

conserve à ce luonionl iiui^ cortuine Iraîclieur ; il ue craiiil, yiiore, eu somme, avec u 110 terre li'0|i liiiinido, iiuc les terres subloiniuuses trop arides en été; il prospère dans tous las terrains à blé et à seigle, et même dans ci;ux trop maigres pour les antres céréales, pourvu que la sécheresse ne s'y fasse pas sentir quand il a besoin d'humidité. On le sème avec avantage sur les défrichements, dans les terres à bruyère et de marais assainis, sur les pâturages laissés au repos quelques années, etc., réclamant surtout alors un parfait amenblissemcnt du sol, obtenu à l'aide de plusieurs labours et hersages préalables.

La terre destinée au Sarrasin doit être peu fumée, l'e.vcès d'engrais ayant pour elTet de pousser à la production des parties vertes aux dépens du grain ; d'où la recommandation de réserver pour les terres pauvres l'emploi des substances fertilisantes. Ajoutons que le Sarrasin n'occupant le sol qu'un court espace de temps, il importe que les engrais lui soient donnés sous la forme la plus promplement assimilable; c'est pour ce motif que l'on ne fait point, eu ce cas, usage du fumier, d'une décomposition trop lente, et offrant, de plus, l'inconvénient de soulever la terre et de faciliter ainsi la pénétration de la chaleur jusqu'aux racines. En Bretagne, autrefois, on avait coutume de brûler le fumier et d'eu répandre les cendres; aujourd'hui on a recours de préférence au noir animal et autres engrais pulvérulents, dont l'emploi a exercé lapins heureuse influence sur le développement de cette culture.

Ensemencement. Soins de culture. — L'époque des semis varie suivant les conditions de la culture, l'objet que l'on se propose ; l'essentiel est de confier le grain ii la terre de manière à soustraire la plante à l'influence du froid; on sème ainsi, selon la région, du 15 mai à la fin d'août au plus tard; au commencement de la saison pour une récolte principale, ou bien dès que la terre est libre si l'on n'a en vue qu'une culture dérobée.

La quantité de semence est variable également, et ne doit pas être en général considérable, la plante se ramifiant beaucoup et demandant une certaine place pour se développer. La moyenne est de 60 à 80 litres par par hectare, quand l'on veut récolter le grain ; on va à 100 litres si on doit faucher en vert ou enfouir la plante comme engrais.

Le semis se fait à la volée ; et une fois la semence répandue, puis recouverte par la herse ou le rouleau, le Sarrasin ne demande ordinairement aucun soin jusqu'à sa récolte. Etoutfant lui-même, par l'ombrage qu'il jette sur le sol, les plantes parasites qui lui seraient nuisibles , il n'a nul besoin de sarclages. Tout au plus est-il nécessaire, si la terre est trop humide, de la relever en billons pour l'égoutter.

Récolte. Produits. — Le Sarrasin cultivé pour le grain est récolté à sa maturation, annoncée par la teinte noire que prennent les graines; seulement, les semences ne mûrissant pas toutes à la fois, et les grappes à maturité s'égrainaut facilement, il faut procéder à la récolte aussitôt que la plus grande partie prend la teinte noirâtre caractéristique, de façon à sauver

l'OLYdONliliS. (i77

les [jromières gi'aiiies iin'ircs, (jui s(! i)(;r(lr;ii(!iil, on s(;raii;iit iii.ui^i'os [iiti- les oiseaux et les pigeons, et en sacrifiai it les dernières qui senties moins Ijonnes. Le moment ordinaire de cette l'écolte est le mois de soplembn; : l'opi'îration se fait à la iauciile ou à la faux, qu'il faut manœuvrer doucement pour éviter de faire tomber le grain. Le Sari-isin coii[]é, il convient, ponr en accélérer la dessiccation, au lieu de le laisser en javelles sur le sol, d'en^foi-mer de petites gerbes qu'on dresse eu écartant la Itase. Si le temps est beau, il se dessèche vite, cl achève de mûrir. Quand tout le gi'ain est devenu noir, ou le rentre pour le soumettre au battage, qui se fait ordinairement au lléau, mais qui peut se faire à la machine, si le grain est bien sec. Le battage achevé, on étale le grain en couches minces sur le grenier, eu ayant soin de le cribler et de le remuer souvent pour éviter réchauffement, qui se produit sur le Sarrasin avec une grande facilité. — Quant à la paille, on la met en meule après le battage ; mais elle ne conserve pas, pourrit ou tombe vite en poussière, d'où la nécessité de l'employer de suite.

Le Sarrasin, cultivé comme fourrage, sera également fauché au moment de la première floraison ; plus tôt, il ne donnerait qu'un fourrage humide et de mauvaise qualité; plus tard, les feuilles et les tiges auraient perdu de leur valeur nutritive.

Quand la plante n'a pu mi'u'ir ou a été compromise par une gelée intempestive, ou en tire encore un parti avantageux en l'enfouissant pour la convertir en engrais. Souvent même on sème spécialement, dans ce but, le Sarl'asin, qui compte, en effet, au nombre des meilleures plantes pouvant être utilisées comme engrais verts. En ce cas, on recommande généralement, pour faciliter cet enfouissage, qui se fait à la charrue, de faucher d'abord et de passer le rouleau. M. Rieffel blâme cependant cette méthode, par laquelle, dit-il, on s'expose à des frais inutiles tout en n'obtenant qu'un travail défectueux, et il indique, comme un moyen plus simple, plus économique et plus efficace, l'emploi d'une chaîne de 1 mètre 20 à I mètre 50, que l'on fixe derrière la charrue, et que termine un boulet de 1 kilog. , lequel couche le Sarrasin dans la raie, mieux que ne le ferait la main de l'homme.

Rendement. — Le rendement du Sarrasin, assez variable, dépend moins de la fertilité du sol, de l'engrais qu'il a reçu, que de la température, de l'état de l'atmosphère. La plante, sujette à couler, donne d'autant plus que les circonstances atmosphériques lui ont été plus favorables. Dans les pays qui lui conviennent, le rendement eu grains peut s'élever à 30, 40 et 50 hectolitres par hectare ; cependant la proportion moyenne ne dépasse guère 20 à 25 hectolitres. En culture dérobée, on obtient 10 à 15 hectolitres; d'un autre côté, le poids de l'hectolitre est très variable suivant le degré de siccité et de nettoyage ; il va ainsi de 50 à 65 et même à 75 kilog. par hectohtre.

Eu fourrage vert, on peut obtenir, si la récolte est bonne, de 15 à 20,000 kilog. par hectare ; mais ou ne réalise pas toujours ce produit. Le

678 l'OLYiiONÉES.

reutlenionl eu paille, est plus variable encore, l'écart du poids, par hectare, pouvant s'étendre de 1,000 à 2,000 kiloy. La moyenne est de 1,200 kilog.

Une autre cause pouvanlialluer encore sur ces divers chiU'res est le plus ou moins d'ancienneté'de la graine. Le Sarrasin, en effet, surtout dans les terres peu fertiles, dégénère assez promptement; aussi, pour maintenir lo rendement, est-il nécessaire de renouveler souvent la semence.

Le Sarrasin n'est pas toujours cultivé seul. Souvent, lorsqu'on doit le couper en vert, on l'aï^socie an maïs, aux pois gris, aux vesces et à quelques graminées. On olitient alors, presque sans augmentation, un fourrage plus abondant et de meilleure qualité.

Valeur agricole et économique du Sarrasin.

Le Sarrasin, occupant le sol très peu de temps, n'exigeant presque pas d'engrais, n'épuisant que fort peu la terre, pi'oduisant assez d'ombrage pour prévenir le développement des mauvaises plantes qui germent avec lui, ce qui, tout en économisant les frais de binage, de sarclage lui permet de produire les effets d'une culture sarclée, est une des plantes les plus précieuses pour les assolements des terres légères, caillouteuses ou siliceuses, et pour les contrées où la belle saison est de courte durée. Dans les pays qui lui conviennent, comme la Bretagne, c'est la providence des cultivateurs. Pouvant s'intercaler dans tous les systèmes de culture, il entre avec avantage dans les assolements , soit comme récolte supplémentaire entre deux semis de céréales, soit pour en obtenir des fourrages et des pâtures de printemps, soit pour remplacer les unes ou les autres de ces récoltes, quand un hiver trop pluvieux ou toute autre circonstance a empêché de procéder à temps aux semailles de printemps, ou lorsque les chaleurs trop fortes de l'été ont diminué la récolte en fourrage. Le Sarrasin remplace ainsi toutes les jachères, d'autant mieux que le blé, qui lui succède, réussit toujours. Dans les contrées sablonneuses légèrement humides, il constitue môme l'unique récolte qui puisse alterner avec le Seigle.

D'une culture beaucoup plus économique que celle du blé, beaucoup plus facile à couper, à battre, à sécher, tout en offrant une valeur alimentaii-e à peu près égale, il pourrait être très productif pour le cultivateur, si son prix peu élevé sur le marché ne diminuait l'avantage qu'on trouverait à le produire. Mais en le réservant pour la consommation de la ferme, il constitue un aliment très sain et des plus économiques. M. Goussard de Mayolles, qui a cherché à en déterminer expérimentalement la valeur relative par rapport à celle de l'avoine, insiste sur les avantages économiques, comparativement h cette dernière céréale, qu'on retire de la culture et de l'emploi alimentaire du Sarrasin.

L'incertitude de cette récolte est son principal, presque son seul incon-

i'olygdniSes. 070

véniont. Mais siur jachi-ro, col inoonvéniciit même disparait, car si Ton manque la rùcolU) do grain, l'on a du l'ourrago on \in ungrais vort [loni' payer les frais do cnlturo. L'on considore môme g6noral(!ni(.'nl, l'onfouissenionL en vert du Sarrasin comme une oi>ùratlou avanlagiiiise par elle-même, et le Sarrasin on particulier comme l'une des meiUeiu'es plantes qui, puisant dans l'air une partie de leur nourriture, puissent ôti'e transformées en engrais vert. Elle offre, en effet, sur les autres espèces utilisées de cette façon, l'avantage de l'économie delà semence, d'une croissance prompte, du poids des matières produites , pouvant atteindre, après deux mois d'ensemencement et son maximum de production, un poids de 20,000 kilog., que l'on obtient en utilisant la terre avant les semailles d'hiver, à un moment où elle reste inoccupée après la récolte principale, et cela sans autre dépense que quelques frais de culture, deux ou trois labours et autant de hersages. M. liieffel fait observer, toutefois, que l'on a peut-être exagéré les bénéfices donnés par l'enfouissement en vert du Sarrasin, et que, en somme, on ne fait ainsi que rendre au sol ce que la plante lui a emprunté, plus les éléments, à dose toujours très faible, puisés dans l'air. Or la question est de savoir si la proportion de ceux-ci dont s'enrichit le sol paye réellement les frais exposés pour les obtenir, ce dont il est permis de douter, si, comme l'a observé le même agronome, une demi-jachèi'e entre la récolte et les semis donne de meilleurs résultats que l'enfouissement du Sarrasin.

Emploi cdimentaire du Sarrasin.

D'une composition très sensiblement analogue à celle des céréales, la graine de Sarrasin constitue une substance alimentaire aussi saine que fortifiante et de l'emploi de laquelle se trouvent parfaitement les populations qui en font leur nourriture habituelle, comme on le remarque eu Bretagne, la région où la consommation du Blé noir est la plus considérable. Le Sarrasin, il est vrai, passe pour indigeste ; cela tient à ce qu'étant dépourvu de gluten, il donne une farine peu propre à la fabrication du pain , et de laquelle on n'obtient qu'un pain lourd, peu facile à digérer. Aussi n'est-ce pas sous cette forme qu'on le consomme généralement. Dans les pays pauvres où il remplace le blé, on en fait des bouillies, des crêpes, des galettes, qui nourrissent autant que le meilleur pain, comme le prouve l'exemple des populations qui en font leur principal aliment, et qu'on voit toujours se bien porter et se livrer à tous leurs travaux ; les Bretons entre autres, qui ne se disent bien nourris qu'à l'aide de ce grain et de ses préparations, et en réservent la bouillie bien cuite pour les femmes, les enfants, les convalescents, dont la constitution exige des aliments les plus réparateurs. On a même constaté l'existence, dans ce grain, d'un principe aromatique, spécial, qui communique à l'eau pure, par une simple macération à froid, au bout

680 IMJf.VdONÉES.

(le (iiiolijuos licuros, une saveur et, une oilour parliculirnis, qu'on ne saurait mieux comiiarer qu'au goût du cJiiunpiynon conicslible. Ce principe est oxcilant, tonique, et me senil)lc justifier le cas qu'on fait des aliments au B16 noir. Les j,'ens do la campagne ne s'en fatiguent jamais, tandis que les bouillies d'avoine, de froment, leur répugnent au bout de bien peu de temps.

Ces propi'iélés alimentaires permettent de concevoir le parti important que l'on peut tirer du Sarrasin pour les animaux domestiques. En grain et eu farine, cru ou cuit, il constitue, en effet, une excellente nourriture également propre à l'entretien et à l'engraissement des bœufs, vaches, veau.x, porcs et des animaux de basse-cour. Il convient aussi aux brebis portières ; donne un lait plus abondant et de meilleure qualité aux vacbes laitières ; il engraisse et aide à faire pondre la volaille et les pigeons, qui s'en montrent avides. Enfin, il remplace avantageusement, en tout ou en partie, l'avoine donnée aux chevaux. Thaer, il y a plus d'un siècle, recommandait déjà le Sarrasin sous ce rapport, et dans plusieurs localités on n'a même j'amais discontinué d'en faire usage. Cependant cet emploi était encore fort limité, lorsqu'il y a quelques années, le haut prix de l'avoine fit songer à y substituer le Sarrasin pour la nourriture des chevaux de travail. Des essais furent entrepris, à Paris, par la compagnie des Petites-Voitures, pendant plusieurs années, et on a constaté que les chevaux soumis à ce régime ont conservé leur santé et leur vigueur. M. Decrombecque, qui l'a employé concurremment avec le seigle et le son, M. Goussard de MayoUes, ont, de leur côté, constaté les bons effets du Sarrasin, qui nourrit plus que l'avoine, tout en coûtant beaucoup moins, et démontré la grande économie que l'on pourrait réaliser par son emploi. On a dit, il est vrai, que les grains, non dépouillés de leur enveloppe calicinale, rendent les chevaux poussifs; mais rien n'atteste que ce reproche soit fondé.

Le Sarrasin peut fournir encore au ]3étail un bon fourrage vert, propre aux bœufs, aux vaches, aux moutons, et qui constitue, dans les contrées où l'on cultive cette plante, une ti-es précieuse ressource. Pour obtenir ce fourrage, on sème le Sarrasin un peu plus trjt, on augmente la semence, et on récolte ainsi une provision de nourriture verte, très utile au milieu de l'été. On fait consommer ce fourrage sur place, ou on le fauche au moment de la plus grande fleuraison ; dans ce dernier cas, comme il est très aqueux, il convient de joindre h la ration nue certaine quantité d'un autre fourrage plus alibile. Donné sous cette forme, le Sarrasin peut, dans des circonstances exceptionnelles, suppléer l'herbe des prairies, ainsi que nous l'avons va faire à Nevers, en 1857, après le grand débordement de la Loire, qui entraîna la perte des prairies et récoltes diverses des terres riveraines. Quelques cultivateur? eurent alors la pensée de semer du Sarrasin, qui fut livré en pâture à des bestiaux; des chevaux, des bœufs, des moutons furent ainsi nourris pendant pjlusieurs mois, et ils conservèrent leur santé et leur embonpoint.

"V. Yvart et quelques autres agronomes ont i-emarqué toutefois que la

l'OLYGONlijiS. 081

consonimatiou du Sarrasin ou Heur provoque chez 1(!S moutons une all'ectiou nerveuse, une sorte d'ivresse rj'ii les l'ail tomber cl rester immobiles; mais cet état est passager et se dissipe sans laisser de traces. Schwerz a également constaté que le Sarrasin provoque chez le porc, le mouton, une sorte d'affection éruptivo de la face, dos oreilles, du cou, et qui disparaît quand on cesse l'emploi de ce Iburrago. Knlin, on lui a reproché de provoquer le météoi'isme. Ces accidents divers ont peu de gravité, et ne se manifestent (jue lorsqu'on donne ce fourrage en excès et d'une manière exclusive ; on ne. les observe jamais quand on l'emploie avec modération et concurremment avec d'autres matières alimentaires. Ajoutons que les bêtes à cornes ne mangent pas d'abord le Sarrasin avec facilité, et (ju'il faut les y habituer en le leur donnant en mélange.

Enfin, on a essayé de donner aux bestiaux les pailles ou fanes provenant du battage des grains ; mais ces fanes, peu nutritives sans être malsaines, ne constituent qu'un mauvais fourrage, d'une très faillie ressource, qu'il vaut mieux employer comme litière.

SARRASIN DE TARTARIE. — F. ÏARTARlCUil G^ektk. Polygonum lartarlcum L.

Nom vulgaire. — Sarrasin de Sibérie.

Fleurs très petites, en grappes axillaires lâches, interrompues, longuement pédonculées, formant une panicule allongée, non en corymbe. — - Akène petit, oblong, rnguenx, à angles épaissis, sinués-clentés. — Feiiilles plus sagittées que cordifornios. — Tige ferme, solide, très ramifiée, jaunâtre. — Annuel.

Cette espèce, originaire, comme sou nom l'indique, des contrées septentrionales de l'Asie, est plus rustique que le Sarrasin commun, végète avec plus de vigueur sur les sols médiocres et moins bien moins préparés, est moins sensible aux gelées tardives du printemps ainsi qu'à celles d'automne; supporte mieu.x les fortes chaleurs, et enfin produit davantage, soit eu grains soit eu vert. Ces qualités diverses, notamment l'avantage qu'il offre de pouvoir être semé plus tôt ou plus tard, devraient souvent faire préférer ce Sarrasin à l'espèce ordinaire, et notamment quand on redoute les froids tardifs ou précoces. Mais l'infériorité de son grain, plus petit, contenant plus de son et moins de parties farineuses; offrant en outre une certaine amertume résidant dans l'écorce et dont il faut le débarrasser pour rendre sa farine agréable au goût, — conditions qui ne permettent pas de l'utiliser dans l'alimentation de l'homme, et en rendent l'emploi moins avantageux pour l'engraissement des animaux domestiques et de la volaille, — restreint beaucoup la culture de cette plante.

Mais si le Sarrasin de Tartarie ne peut être cultivé comme céréale, il est préférable comme fourrage vert au Sarrasin ordinaire. A fertilité égale

68? " POLYGONÉES.

(Il' lorj-aiii, il est plus proiluclif que celui-ci; il est, eu outre, à lotat vert, plus iiulrilil", ce (jui lieul d'abord à ce que ses parties vertes, reuferniaut moius d'iuuuidité, soûl iiioius altérées par les chaleurs, et, de plus, à ce que, lorsqu'ou le fauche, ses graiues, étant déjà l'orniécs, en augmentent la valeur alinieulaire. — On le cultive et ou le récolte, d'ailleurs, de la même manière que le précédent.

Sarrasin vivace, /''. cymosum Trevir.

riciirs en prappos un peu arqiiùcs, rapprochées en cymes corymbiformes toniiinalcs. Aligne (Sinnrginé sur les angles. Feuilles très gr.niides, triangulaires, acuminùes, liastées. Tiges dressées, multiplos, rameuses, de 10 !\ 15 décimètres. A''ivacc.

Plante originaire du Népaul, et introduite depuis quelques années en France, où elle n'a qu'inoomplétcraont réussi. Vilmorin, qui en a .essayé la culture, a remarqué qu'elle ue fleurit presque pas dans nos contrées, ne donne que quelques fruits qui n'arrivent pas à maturité et qui tombent au moindre mouvement de la plante. Mais, d'un autre côté, ce Sarrasin vivace végète avec une e.\trënie activité, surtout lorsqu'il est semé dans un sable doux et profond; il prend alors on peu de temps un développement remarquable, ce qui permettrait d'obtenir de ses tiges coupées jeunes et de ses feuilles, un fourrage abondant, pouvant, dans quelques circonstances particulières, rendre d'utiles services.

Genre RHUBARBE. — RHEUM L.

Fleurs hermaphrodites, jaunes ou verdâtres, en grappes formant une vaste panicule terminale ; — pérignnc non accrescent, à 6 divisions inégales, sur deux rangs ; — élamines 9 ; — stijles 3, courts, à stigmates scutiformes ; — ahéne trigoue, à angles ailés, entouré à sa base par le périgonc ; — graine a embryon central. — Feuilles très amples, palmatinerviées. — Plantes herbacées ; vivaces, d'un grand développement.

Espèces toutes exotiques, croissant sur les montagnes de l'Asie cistropicale, et dont quelques-unes sont cultivées en Europe. C'est une de ces espèces exotiques qui fournit la racine connue sous le nom de Rhuharde, laquelle nous arrive principalement de la Chine , et que l'on emploie de toule antiquité comme médicament à la ibis tonique et purgatif. Les espèces cultivées en France, ainsi qu'en Allemagne et en Angleterre, donnent également une racine amère et purgative, mais moins active que la racine asiatique. Elles sont principalement recherchées comme plantes potagères pour leurs feuilles à saveur acidulé, et dont on emploie le pétiole et les nervures dans diverses préparations culinaires. On cultive ainsi :

La RiiCBAKBE PALMÉE, fl. palmalwii L. (Rhubarbe du Levant), originaire de la Chine et de laTartarie; — la P.hubarbe a fleurs serrées, R. compactum L., — la Rhubarbe ondulée, R. itnJulalum L. , originaires de la Sibérie, — les plus généralement cultivées en France pour leurs racines médicinales et pour leurs feuilles ;

La Rhubarbe rhapontic, R. rhaponticum L., spontanée dans la Thraoe et sur les bords de la mer Noire, espi'ce primitivement connue des anciens, qui l'appelaient Rha, et la nommèrent plus tard Rha-ponlicum, pour la distinguer d'une autre espèce venue de Tartarie et qu'on nomma Rha-barbarum, de laquelle est venu le nom actuel de Rhubarbe ;

La Rhubarbe groseille, R. ribes Gronov., originaire du Liban et de la Perse, et la plus estimée comme potagère, mais devenue très rare;

La Rhubarbe emodi, R. australe D. Don., originaire du Népaul et probablement de l'Asie centrale, cultivée en Europe comme potagère, et très vraisemblablement l'espèce qui fournit la racine officinale.

KUI'HOHIIIAUÉES. 683

Il y a quelqiiofl iinnées, on IHHHj.M. Bourgeois, présontn ii In, Société centrale 'l'uf^riciilturc doux foiiillos éiiornies cTuno Rlitiliavbc, d'origiiio ringliviac, pesant ensemble, pétioles compris, 2 kiloff. , en [iroposant d'utiliser ces feuilles comme fourragères M. Vnyan les ayant soumises à l'analyse, y trouva, notamment, de l'acide oxalique et des mati6res azotées en iiroporlions à peu prfes égales h celles que renferment les fourrages ordinaires, oo qui autorise ii penser qu'on pourrait les employer avec les autres fourrages, au moins Ji titre de complément do rations. Mais la place considérable que ces plantes à large feuillage occupent sur le sol, la perte de poids qu'elles éprouvent à la dessiccation, no permettent guère d'en espérer un résultat économique. Jf. P. .loigueaux, d'ailleurs, annonça do son côté qu'ayant cultivé, pour leurs pétioles, les diverses Rhubarbes potagères, il avait essayé d'en faire mauf^or aux vacbes la partie verte qui reste sans emploi, et qu'il n'avait pu réussir à la leur faire prendre, mi"me en la mélangeant avec d'autres aliments. Il pense cependant que l'on pourrait renouveler l'éprenve, d'autant que la Kbubarbe est d'une culture avantageuse, surtout dans les climats frais, dans les terrains légers et humides, où elle réussit parfaitement et donne, h peu de frais, des produits abondants.

Genre OXYRIA. — OXÏRIA Hill.

Périgone à 4 divisions, les 2 intérieures plus grandes ; — c'Iamines 6 ; — stigmales 2, presque sessiles, en pinceaux ; — alêne lenticulaire, largement ailé, échancré au sommet; — graine k embryon central.

0. digyiia Campd., fleurs en grappes spiciformes ; feuilles toutes radicales, longuement pétiolées, réniformes ; tige nue, de 1 à 2 décimètres, vivace, — hautes prairies des Alpes et des Pyrénées.

Famille des EUPHORBI AGEES Ad. de Juss.

APÉTALES T.; EUPHORBES Juss.

Fleurs diclines, généralement très petites, tantôt pourvues d'un périgone simple, à 4.6 divisions, et réunies alors en glomérules, en épis ou en grappes ; tantôt dépourvues d'enveloppe florale, et les mâles et femelles réunis dans un involuore commun; — clamincs en nombre variable, lil^resou monadelphes ; — ovaire, libre, à 2.3 loges, contenant chacune 1 .2 ovules ; — styles 2.3, libres ou soudés ; — fruit capsulaire, l'ormé de 2.3 coques, réunies à un axe central, et s'ouvrant en 2 valves par leur angle intei'ue ; — graines 1.2 par loge, suspendues, à test crustacé, munies souvent à leur ombilic d'une petite caroncule charnue ; embryon droit, au centre d'un albumen abondant et charnu, souvent huileux. — Herbes, arbustes ou arbres, de port très varié, contenant un suc laiteux ou opalin plus ou moins acre.

Famille étendue, comprenant des espèces indigènes et exotiques, cellesci beaucoup plus nombreuses et habitant surtout l'Amérique équatoriale; caractérisée, notamment , par son fruit à 3 coques et par les propriétés acres et irritantes que leur communique le suc laiteux qu'elles renferment; cette

084 uiJi'iiiiiiDi.u'.iiiis.

Acreté, très variahlu suivant l'espoce de climat, osl qiielijiiijrois assoz proiioiicéc pour (loniiorlieii ;"i ime véritable intoxication; d'autres fois, mitigée par (!(-s principes nincilat^ineux et résineux, elle ne produit que des effets purgatifs et diurétiques ; elle est due à une résine et à un principe volatile, abondants surtout dans les téguments et l'embryon de la graine, et qui se concentrent, en leur donnant une grande énergie, dans les teintures alcoolii[ues, Ijuidis qu'ils se dissiiieiu par la rhalcur. — Les espèces indigènes se bornent aux genres suivants :

(Fl.niàlos et femelles dans un iiivolucreconim. — Etam.nombr. Eupuobbia. (Kl. (lioïques — Etam. libres — Périg. à 3.4 divis . MEKcrniALls . ^ l Stylos \ 1"^'™" mà\es \

âl tarminiiux / •'^ femelles < / pr-rifrone à, 3..5 divisions. RlciNUS.

K< ( séparées i Fleurs monoïques. ^

O 1- I Etamiues soudées ] nu ■ • m i- ■ ■ /■■

Bal ( 1 engone a 10 divisions. Crozophora.

'■^ \ Ovaire fi loges triovulées — Styles péripliéritiues Bcxns .

Genre EUPHORBE. — EUPHORBIA L.

Fleurs monoïques, réunies dans un involucre commun , calioiforme ; 1 fleur femelle au centre, pédicellée, entourée de 10.20 fleurs mâles réduites cliacune à 1 étamine, que supporte un pédicelle articulé avec le filet, pourvu à sa base d'une écaille bractéiforme ; ■ — iitvolucre campanule, verdâtrc, à 8.10 divisions, sur 2 rangs; les internes petites, membraneuses, dressées ou inclinées en dedans ; les autres plus grandes, épaisses, glanduleuses, colorées, étalées ; — ovaire simple, pédicelle ; — styles 3, bifides ; — capsule sub-globuleuse, à 3 coques s'ouvrant avec élasticité, contenant chacune une graine. — Feuilles simples, entières, plus ou moins sessiles ; — ti<jes à divisions dichotomiques, se terminant ordinairement en rameaux florifères subdivisés et formant des ombelles simples ou composées, toutes pourvues à leur base de bractées opposées ou eu verticiilc. — Plantes lierbacées , annuelles on vivaces.

Genre très nombreux, comprenant plus de 700 espèces, dispersées dans le monde entier, manquant seulement dans les régions froides et élevées ; une cinquantaine environ viennent spontanément dans nos contrées et sont la plupart extrêmement communes dans les terres cultivées, surtout dans les bois et les jiàlurages, etc. Ces plantes, nommées encore Tithymales, contiennent, comme les autres espèces de la famille, un suc blanc laiteux, acre et irritant, qui découle, quand on les blesse, de toutes ses parties, et qui se transforme, dans les graines mûres, en nue huile caustique et très purgative. La substance résineuse, employée en médecine comme vésicant sous le nom d'Euphorbe, est ce même suc, desséché, fourni par plusieurs espèces exotiques. Les espèces indigènes, bien que moins actives que celles-ci, sont nuisibles aussi, dans les prairies où elles se rencontrent, et d'autant plus qu'elles conservent leur àcreté par la dessiccation, et ([u'elles sont, par suite, également dangereuses, dans l'herbe et dans le foin. Les animaux, d'ailleurs, les dédaignent; quelijue.s-unes seulement sont broutées quand elles sont très jeunes, et surtout, mêlées à des plantes plus appétissantes. Mais il convient' de ne les laisser prendre qu'avec une grande prudence, en raison des accidents, des empoisonnements dont elles peuvent être la cause ; dans tous les cas, elles doivent être arrachées avec soin des terres cultivées qu'elles envahissent. — Ci-après le tableau des espèces françaises les mieux déterminées :

Iiivohicro

à divisions

glandiileiisos^

arrondies.

Bractées

libres

KIII'IIOIIIIIACEBS.

(«rainés nlvéoliios — Omliollc l'i 5 rayons.

racine

non

Irampante

Gi-aiiiC3

lisses

ou

tuberculeuses

OnibcU.

il 3.. 5 I rayons

TiKO llicrbacf'îe

riacino ' \rainpantc.

IIEI.IOHCOI'U I,.

VEUIll CdriS l.iii

IIVfiKIlNA l. .

PiLOHA I..

rr.ATYCHYl.LO» !..

STUICTA I,.

Pitficscfris l.'i-'if.

DULCrs L.

Ptijnllosa D''Puiiz.

C/itmurl'u.niK Beni

'f if

Tige ligneuse . . . .

Ombelles ii rayons nombr.'

Fleurs

en ombell Feuilles'

sans stipules

(Graines lisses 1

ou 1 tuberculeuses i

Involucre à divisions glanduleuses j écliancrées

/Tige ligneuse îi la base]

Ombelles [ :ï rayons \ Tio-e Inonibreux' berbac^*e \ r

, dès la base J Ombelles \ ' à 3.5 ' rayons

Ombelles à 3.5 r.ayons

croissant

Graines creusées I de fossettes

ou de sillons / i

Omb. àray. nombr

Bractées soudées — Graines lisses. ( Ombelles à rayons nombreux (

Feuill. oppos. en croix — Divis.glandul.en croissant — Gr. rugneus.

FI. alaires — Feuill. opposées, pouvues de stipules — Inv. àdivis. dentées.!

Spinnsa

l'AI.USTIllS

G(cflAnDlA^A

l'ara lias

Vithyitsa

Dendroidcs

cvpahissias

KSULA

NirO'cnsis

SBBnATA

Tcrracina

TennifoHa

ExlliUA

Falcata

SULCATÀ Taitrhicnsis PEPIAS •SeOetahs Pinea

PoTliandica Biumbellala Poir SYLVATIC.A Jcq

CUAHACIAS L

LATHYBIS L

CUAM.^STCE L

Peplîs L

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