‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 107 sur 138 · Trllju. — UFtTICEES · texte numérisé non relu

Trllju. — UFtTICEES

Fleurs monoïques, dioïques ou polygames. Périgone à 4 divisions, soudées à la base, inégales, les 2 extérieures plus petites ou nulles dans les fleurs femelles. Etamines à filet long, enroulé en dedans et se déroulant avec élasticité. Ovaire à stigmate sessile, en pinceau. Graine dressée, à embryon droit, avec cotylédons plans, dans un albumen charnu. — Plantes herbacées.

IIIIO IliTICINKIiS.

1 l'Ienrs en grappes nxilliiirea — Fouilles opposée», dentées l utica.

lliTlOÈESJ

' FI. on gloinér. sessilos, avec invoUio. coimmin — Feuill. alternes, ciitiùr. l'AniETA«i.\.

Genre ORTIIv — {'BTICA L.

Fleurs monoïques ou dioïqnes, en grappes nxillaires; — ]itii(joj>e des ileurs femelles à divisions dressées, opposées en croix, les internes seules persistantes, parfois devenant cliarnues; — fruit un peu comprimé, lisse ; — Feuilles opposées, ovales, fortement dentées en scie ; — ii'j' tétragone. — Plantes couvertes de poils ijlanduleux, contenant une liqueur corrosive brfllantc.

Genre compronaut un petit nombre d'espèces, venant partout en abondance, et- tontes remarquables par la sensation de brûlure fjn'elles déterminent par leur contact avec la peau :• etfet connu sons le nom Ci urlkation , et dil à la pénétration des poils qui recouvrent la plante, et qui, en se brisant, laissent arriver dans le tissu du derme le liquide caustique qu'ils renerment. Cette sensatien est produite seulement par la plante fraîche; par le lanage et la dessiccation, les glandes se dessèchent, les poils se ilétrissent, et deviennent inoffensifs. Toutes repoussées des animaux quand elles sont fraîclies. elles sont mangées au conti'aire quand elles sont fanées.

(IIITIK DldlfifF.. — V. niOlCA !..

Noms vil(;aiiîks. — (iyiinilf Orlie. Ortuçie.

Fleurs dioïques en grappes r.ameuses, paniculées, longues, les mSles dressées ou étalées, les femelles réllécliies. — Feuilles ii pétiole court, acuminées, en cœur à la base ; stipules i à chaque vertieiile. — Tige dressée, peu rameuse, de 4 à 10 décimètres. — Vivace.

Une des plantes les plus répandues, croissant des rivages maritimes aux sites des montagnes les plus élevées, la grande Ortie vient partout, dans les cultures et les lieux incultes, dans les décombres, aux bords des chemins, des haies et des fossés, autour des habitations, etc. D'une extrême précocité, elle paraît une des premières au printemps, et se trouve déjà en (leurs quand les prairies commencent à peine à verdir. Considérée comme plante parasite et dangereuse, sans doute à cause de son abondance et des effets désagréables qu'elle produit au contact de la peau, l'Ortie est poursuivie presque partout et généralement classée parmi les espèces à détruire. Cette appréciation défavorable n'est point justifiée. L'Ortie si dédaignée, et dont on laisse perdre la tige et la feuille, vaut mieux que sa réputation, et ne motive point les préjugés divers qui la font rejeter des agriculteurs. Loin de là, elle peut rendre à l'économie rurale et à l'industrie des services réels, Indiqués depuis longtemps déjà par de nombreux auteurs, Olivier de Serres en 1600, Rozier en 1771, Valmont de Bomare en 1780, Bartolini en 1809, Milieux en 1825, M. Arth. Eloffe en 1860, et d'autres encore, lesquels n'ont pu cependant, malgré des expériences concluantes, des essais en grand assez nombreux, obtenir qu'on se mît à cultiver l'Ortie et à profiter des avantages

niTiciNiins. (101

qu'ollVail, sou i:x|)luilat,ion, soil,--comui(; planli; IbiUTn^i'^n!, soit roiiimc jilante iiidusl,i'iulle.

Kmploî almentaire. — J/Orlic, en olliil, ((m; l'un considpve généralement en France comme répugnant an bétail, ce qui n'est vrai que lorsqu'elle a vieilli et i^ris un trop grand développement, constitue au contraire une substance alimentaire du goût de tous les animaux. Elle doit être pour cela, ni fraîche, ni trop sèche, mais à demi-fanôe, alors que ses poils, flétris, ne sont plus une cause d'inconmiodité. Dans cet état, elle est l'echerchée surtout des vaches, des chèvres, auxquelles elle donne un lait plus abondant et plus riche en beurre. Les autres animaux aussi la mangent, et comme ils préfèrent eu général les jeunes pousses, l'Ortie, précédant d'un mois la Luzerne, peut, vu cette extrême précocité de végétation, constituer à la lin de l'hiver, quand les provisions commencent à manquer, une précieuse ressource alimentaire, d'une valeur d'autant plus grande que cette plante, ainsi que l'ont démontré les analyses de M. Isidore Pierre et celles de M. Lenz, offre en principes alibiles une richesse égalant au moins celle du Trèfle. Elle peut, d'après Valmont de Bomare, remplacer le foin.

C'est ce que confirme l'expérience aci[uise dans certaines contrées, en Suède et en Danemark notamment, où l'Ortie est cultivée et utilisée, comme plante fourragère, depuis un temps immémorial, avec de grands avantages.

L'Ortie, légèrement purgative, ne doit pas être donnée seule et surtout en grande quantité à la fois. La meilleure préparation à lui faire subir est de la stratifler, lorsqu'elle est à moitié sèche, avec de la paille et du foin, dans la proportion de un sixième à un quart. Ce mélange se conserve très bien une grande partie de l'année, et convient parfaitement aux vaches, qui le mangent avec avidité. En Suède, on donne l'Ortie hachée avec l'orge, l'avoine, les graines farineuses crues ou cuites, et on en prépare une décoction qui, avec un peu de sel, fait une très bonne boisson.

M. Eloffe, qui a fait des expériences sur l'emploi de l'Ortie et en a exposé les produits à l'Exposition agricole de 1860, conseille d'en faire, au printemps, une ample provision, que l'on préparera à la manière du foin. Le moment étant venu de les utiliser, on met, dès la veille, les orties séchées dans de l'eau chaude. Le lendemain, ou fait boire aux bestiaux cette eau, qui a acquis un goût agréable. On leur donne ensuite les orties. Selon le même observateur, les vaches soumises à ce régime fournissent abondamment du lait et une bonne crème ; le beurre qui en provient est excellent et aussi jaune en hiver qu'en été.

On peut aussi, ajoute-t-il, faire macérer les orties daus l'eau, pendant quelques heures, avec du foin ou de la paille hachée. Avec un peu de sel ajouté au mélange, on obtiendra des résultats satisfaisants pour le rendement et la qualité du lait. Dans certaines localités, on la donne aux porcs cuite et mélangée aux pommes de terre et au son. En Normandie, on la fait manger aux volailles, harliée et mêlée au son. Ou leur donne aussi la graine de

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cette plante qui les engraisse rapidement et favorise la ponte. Les maquignons, clans le Danemark, font manger également cette graine par leurs chevaux pour leur iluuncr un air vif et un poil lirillant; ils la pulvérisent et en mêk'iil mn' poignée, malin et soir, à la ration d'avoine.

Rrcoltc. Ciillinr. — Dans la ]iluparl des cas, poui' faire manger les orties au.\ bestiaux, on se borne à couper à la faucille celles ([ui croissent spontanément au bord des chemins, dans les fossés. La récolte ne peut, en ce cas, se faire que jusqu'au mois de mai, la plante prenant ensuite trop de développement pour pouvoir être consommée par les animaux; elle se desséche alors, en clfet, avec trop de difQculté pour pouvoir être conservée ; elle s'échaufl'e, se moisit, ou, si on parvient à la dessécher, tombe en poussière, inconvénients qu'on éviterait pourtant, si on la stratifiait avec de la paille ou d'autres fourrages secs.

Mais au lieu de se borner à la ramasser dans les lieux incultes où elle se développe jilus ou moins régulièrement, on pourrait encore, et avec plus d'avantage, soumettre l'Ortie à une culture régulière, d'autant qu'elle ne réclame presque aucun soin, aucune dépense notable, et que l'on peut lui réserver la plupart des terrains non utilisables d'une autre manière. L'Ortie, en elTet, à l'exception des sols aquatiques, vient partout, de préférence toutefois dans les fonds secs et chauds, plus ou moins riches eu iritrates, comme le prouve son activité de végétation au milieu des décombres, au voisinage des' fosses à fimiier, etc. Elle convient ainsi parfaitement pour les localités sablonneuses et rocailleuses difiiciles à cultiver, les sols trop en pente pour être labourables. Si elle rencontre là un terrain suffisamment affermi, e.xempt de mauvaises herbes, elle sera, pour peu qu'on lui donne un peu d'engrais, dans les meilleures conditions pour réussir.

Ou multiplie l'Ortie, soit par la plantation de ses racines, arrachées dans les lieux incultes, divisées et replantées à 3 centimètres de distance, soit par le semis de ses graines.

Le semis se fait en octobre, sur un simple labour, ou, si le sol est trop pierreux pour labourer, en jetant çà et là quelques pincées de semences sur le sol remué à la pioche. La graine, très fine , est projetée mêlée à du sable, et ne doit être que très peu recouverte. On répand environ lOkilog. de graine par hectare. Pour obtenir cette graine de semis, il suffit, quand la plante est mûre, de couper les pieds femelles et de les laisser sécher; alors, par un simple battage, on fait tomber la graine. Cette récolte se fait en septembre.

La graine, semée en octobre, lève au printemps. Dès que la plante a pris un certain développement, on peut commencer la récolte. On en fait ainsi plusieurs coupes successives, assez répétées pour que les graines n'aient pas le temps de mûrir. Vers le milieu de l'été, toutefois, on devra cesser les coupes d'Ortie pour fourrage, ses fanes devenant alors dures, amères et d'une odeur forte. En ce cas, on laisse la dernière pousse sur le solpoui' l'améliorer, ou on la réserve pour litière, d'autant qu'elle fournit un excellent fumier.

iiiniciNiiiîs. 693

L'Ortie ne peut iHrc; jjiitincc, iioii-suiilouKjiit piircu iiu'ullt' repousse les animaux quand elle est fraîche, mais parce que ceux-ci en l'oulanl ses tiges et ses racines nuisent à sa reproduction. Elle doit donc exclusivement être fauchée. L'année qui suit la plantation du semis peut donner deux coupes; les autres en doiuioiit trois, rarement (jualre. Et comme la plante résiste à toutes les intempéries, la récolte ne manque Jamais ; elle diminue seulement un peu quand le temps est trop sec, ou est retardée quand il est pluvieux. Ajoutons enfin qu'elle dure très longtemps, et qu'en lui sacnflant tous les deux ou trois ans un peu de mauvais fumiers, des boues de marées, de la terre fraîchement remuée, on peut chaque saison en obtenir un produit relativement considéi-able.

Usages économiques. — L'Ortie ne constitue pas seulement une plante fourragère de bonne qualité, d'une récolte aussi facile qu'économique ; elle entre aussi dans les usages culinaires. En Lorraine , on mange souvent en soupe les orties du printemps. En Allemagne, elles paraissent sur les tables, cuites et assaisonnées à la façon des épinards. A Paris même , le pays par excellence de la fraude des produits alimentaires, on se sert, dit-on, de l'Ortie pour colorer les épinards et augmenter la quantité de ce mets. Ainsi additionnés, les épinards seraient, à ce que l'on assure , plus savoureux et d'une digestion plus facile.

L'Ortie jouit, en outre , de certaines propriétés médicales. Ainsi on peut l'utiliseï- comme dérivatif dans certaines maladies ; appliquée à l'extérieur, elle ranime la sensibilité des tissus de la peau, augmente l'élasticité des muscles et rend plus facile le jeu des articulations. QueLjues anciens médecins employaient ses semences pour dissiper l'embonpoint. D'autres combattaient le goitre en faisant avaler matin et soir 30 ou 40 grains de ces semences réduites en poudre ; elle remplace avec avantage le poivre sur les côtes de Guinée, où elle sert à la fois de digestif et de stimulant à la façon du biicl indien.

L'Ortie peut être utilisée encore par l'industrie. Coupée an milieu de l'été et soumise au rouissage, elle donne une filasse peu inférieure à celle du Lin et du Chanvre, et avec laquelle on a essayé de fabriquer des étoffes et du papier. Les anciens Egyptiens déjà savaient tirer partie de l'Ortie comme plante textile, et plus tard Olivier de Serres enseigne que « l'Ortie rend une exquise matière dont sontfaictes des belles et desliées toiles ; mais dont, par maie heure, il y en a si peu qu'on n'en sauroit faire autre estât que pour la curiosité d. Les Hollandais, les Suédois l'ont utilisée depuis longtemps à ce point de vue, et les habitants du Kamtschatka en font des filets de pêche, des cordages et même du fil. C'est au mois d'août qu'ils récoltent cette plante, qui est ensuite rouie et sécliée ; et pendant leurs longs hivers, ils filent la filasse ainsi obtenue. En France, plus récemment , elle a été l'objet de quelques essais également concluants , notamment par la Société d'agriculturi'

t59i lIMTIUINliES.

(i'Angei's, quienii obtenu des toiles d'excellente (jnalitô. Enfin, les ilirecteurs d'ime papéterii' du Loipziii: ont fabriqué avec celte filasse un très bon papier. Si l'on ajoulc quo les liges d'Ortie bn'ilées au prinlonips donnent une assez forlo proportion de potasse ; que ses racines, Ijonillios avec un peu d'alun et de sel, donnent une belle couleui- jaune , on se lera une idée de la multiplicité des applications auxquelles peut être soumise l'Ortie , et des avantages que pourrait offrir sa culture, indépendamment et comme compléniont de son emploi comme plante fourragère, et combien peu, dès lors, se trouve justifié l'abandon et le dédain dont elle est généralement l'objet.

Ortie brulanti;, U. urms L.

Petite Ortie . Orlie ijri'eche , Orluije folle.

t'Iours nmiioïqUBS, en grappes simples, géminées, courtes, les mâles et femelles réunies sur les mOmes grappes, les femelles plus nombreuses. Feuilles à pétiole égalant le limbe, avec 4 stipules il cliaqne vertioille. Tige dressée ou ascendante, rameuse dès la base, de 2 à â décimètres. Annuelle.

Espèce non moins répandue que la précédente, habitant les mêmes lieux, décombres, bords des routes, fossés, etc., s'avanç-ant quelquefois dans les prairies. Donnant lieu à une impression plus vive, plus cuisante que celle produite par l'Ortie dioïque, elle est repoussée de tous les grands quadrupèdes. Elle est rochercliée seulement par les dindons , et notamment par les jeunes dindonueaiix, auxquels on eu fait manger, en mélange avec leur pâtée, les feuilles hachées et les sommités. La. graine de l'Ortie brûlante est donnée encore aux autres volailles, qui s'en montrent friandes. Néanmoins , cette plante doit être détraite quand elle envahit les cultures ; mais elle est parfois difficile à faire disparaître, surtout dans les terrains gras et humides, à cause de la facilité avec laquelle ses graines, nombreuses, se conservent dans le sol. Des sarclages réitérés sont l'unique moyen de s'en débarrasser, et encore faut-il avoir soin de ne pas jeter les pieds sarclés au fumier, oii les graines pourraient se conserver et se propager de nouveau.

17. mcmhranucea Poir., monoïque; grappes unisexuées, les femelles inférieures, courtes; les grappes mâles prés du sommet plus longues ; à rachis dilaté ; 2 stipules à chaque verticille, — habitant principalement la région méditei-ranéenue ; propriétés de l'Ortie dioïque.

U. pilulifera L. (Ortie romaine), monoïque ; grappes mâles rameuses, grêles, dressées; les femelles en capitules globuleux, pédoncules, étalés ou pendants, hérissés; feuilles arrondies à hi base; bisannuelle ou vivace , — ^ habite, dans le Midi et l'Ouest sui'tout, les mêmes lieux que les précédentes, et participe à leurs propriétés.

A côté de ces espèces indigènes, citons encore V Ortie textile de la Chine, China-ijrass des Anglais, depuis longtemps cultivée en Chine et dans tout l'Orient pour la fabrication des tissus délicats, etque M. Deoaisne a reconnu devoir être rapportée à deux espèces : I'Ortie BLANCnE ou cotonnense, U. nieea L., donn.antune fibre plus grossière, et le Ramié, U. utilis Blum., à fibre très fine; l'une et l'autre importées depuis quelques années en France, et que l'on tente actuellement, avec une grande probabilité de succès, à acclimater dans nos contrées.

Genre PARIÉTAIRE. — PARI ET ARIA T.

Fleurs monoïques ou polygames, en glomérules pauoiHores axillaires, sessiles, pourvus d'iuie involucre commun ; — pe'rir/one des fleurs fertiles s'accroissant en tube renflé; — fruit un peu comprimé. — Feuilles alternes, entières.

IMVriCINli'KS. Oi)'>

I'aiuktauuc okficinalu, p. ufficinalis L.

Paritaire, Casse-i>ierre, Perce-muraille, Epinaril île muraille, Herbe de Nrjtre-Ilame.

Glomorulcs rapprochés, disposés le long de la tigo et des ranioaiix. Foiiiilea oblonguoslanoéolées, aciiminéos , ounûilbriues à la base, ponctuées, 'l'igos rameuses, étalées, iiscondautes, vougeàtres, de 2 à 6 décimètres. Vivacc.

Espèce de forme variable, et généralement divisée, par les botanistes modei'ncs, en deux espèces distinctes : la PamÉtaire dressée, P. erecta Mert. et K., et la PAniÉXAinB btaliîe, P. diffusa Mert. et K., pouvant être considérées comme de simples variétés. On les. trouve répandues partout, la première en plus grande abondance, dans les rooliers, les décombres, les fentes de vieux murs et au bord des haies. Cette plante, renfermant une quantité notable de sel de nitre, est employée comme émoUiante et rafraîchissante, mais constitue surtout un excellent diurétique ; on la recommande encore, en cataplasmes, pour le traitement des panaris, l'^^lle peut contribuer à améliorer la qualité des fourrages trop secs et échauffants.

P. lusitanira L., annuelle , — P. sokirolii Spi-eng. , vivace , ■ — espèces de la Corse.

3' Triton. — ca?<^]va:biivk;hss.

Fleurs dioïques, les mâles, en grappes rameuses opposées, avec périgone à 4.5 divisions ; les femelles à périgone à 1 seule foliole en forme de spatlie, enveloppant l'ovaire et fendue d'un côté , accrescent. Ovaire à stigmates sessiles, filiformes. Graine suspendue, sans albumen. — Plantes herbacées, à suc aqueux. — Espèces indigènes réduites à deux genres :

( Fleurs femelles en glomérnles — Etamines pendantes — Embr3'on plié. Caknabis. CANNABINÉES

f Fleurs femelles par paires — Etamines dressées — Embryon an spirale. Humuli-s.

Genre CHANVKE. — CANNAB[,S T.

Fleurs mâles avec périgone à 5 divisions ; — fleurs femelles en glomérules sessiles, munie; chacune d'une petite bractée ; — périgone fructifère spathiforme, renflé à la base ;• — aliène se séparant en 2 valves par la pression.

Chanvre cultivé, C. saliva L.

Fleurs mâles pendantes. Glomérules femelles rassemblés eu épi au sommet de la tige. Fruit lisse, crustaoé, d'un gris brunâtre. Feuilles digitées, à 5.7 segments laucéolés étroits, acuminés, dentés en scie, les supérieures à 1.3 segments. Tige dressée, raide, rude, simple ou rameuse, de 1 il 2 mètres. Annuel.

Plante originaire d'Orient, venant d'une manière subspoutanée dans les cultures, autour des habitations, et cultivée de temps immémorial en Europe pour sa filasse dont ou fait des toiles et des cordages, ainsi que pour sa graine dite cheneri^, dont on retire une huile propre à différents usages. Les parties vertes de cette plante, acres au goût, et exhalant par la chaleur ou quaud on les écrase une odeur forte et qui porte à la tête , sont impropres à la nourriture du bétail. La graiue, au contraire, est fort recherchée des oiseaux de basse-cour, auxquelson la donne communément en vue de les engraisser , de favoriser la ponte chez les poules. H s'en fait aussi une très

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«rniido consommntioii «Uns les villes pour nourrir les petits oiseaux on volière. Parfois même on la <lonno a» bétail d'engrais, ou on l'emploie ii la nourriture des chevaux qu'on veut refaire ; dans certaines coutriSos raPmo, elle entre dans la nourriture de l'homme. Enfin, la fabrication de l'huile laisse un tourteau que tous los animaux domestiques mangent avec avidité et qui peut servir A l'ongrais dos terres.

C. indien L., — espèce cultivée eu Orient, et dont les feuilles servent à préparer le hnnrhirh qni, malheureusement, joint à une action digestive trùs marquée, une influence d'excitation norvouso non sans danger, puisqu'elle vajusqu'iipi-ovoquer une véritable folie momentanée.

Genre HOUBLON. — HUMULUS L.

Fleurs mâles avec périgone à 3.4 divisions ; — jicurs femelles par paires, à l'aisselle de grandes bractées membraneuses, foliacées, et groupées en chatons pédoncules, opposés, devenant coniques; — pcrijonc fructifère en godet; — o/cénc indéhiscent, ovoïde, glanduleux.

Houblon cultivé, H. IujmIus L.

Herbe à la bière, Vigne du Nord, Salsepareille nationale: Chatons à bractées écailleuses grandes, minces, jaunâtres, réticulées, portant à la base deux petits akènes ovoïdes-comprimés, à péricarpe mince, chargé de glandes résineuses jaunes, odorantes et très amères. Feuilles palmatilobées, à 3.5 lobes, inégaux, aouminés-dentés; en cœur à la base, lisses en dessus, rudes en dessous, à stipules soudées. Tige grêle, striée, sarmenteuse, volubile à droite, atteignant de 2 à 10 mètres. Vivaoe.

La seule espèce du genre venant spontanément dans les haies et buissons, à la lisière des bois, et depuis longtemps cultivée en grand dans les provinces du Nord-Est et de l'Est, depuis peu dans l'Ouest, dans la Gironde notamment, ainsi que dans la plupart des contrées du Nord de l'Europe, pour différents usages, mais principalement pour la fabrication de la bière. On utilise dans cette industrie les cônes de Houblon, lesquels agissent surtout par la poussière glanduleuse résineuse qui entoure les fruits, et connue sous les noms de sécrétion jaune , de lupuline, matière qui communique à la bière son amertume particulière et contribue en outre à la préserver des altérations qu'éprouvent les autres liqueurs fermentées. Le Houblon reçoit encore d'autres applications. Ainsi, ses cônes sont recommandés pour préserver le blé des attaques des insectes ; de plus, ainsi que les parties vertes de la plante, ils sont fréquemment utilisés en médecine comme médicaments toniques, stomachiques et dépuratifs. Dans quelques pays, en Flandre, en Belgique surtout, les jeunes pousses sont mangées comme les asperges. Les tiges longues et volubiles du Houblon, parfaitement propres à garnir des berceaux, sont employées, quand elles sont sèches, comme matière textile, pour faire des liens, et pour la fabrication d'un excellent papier. D'un autre côté, les racines donnent une belle couleur rougo , qui vaut, dit-on, celle qu'on tire de la Garance. En outre, le Houblon est mangé par tous les bestiaux; ses cônes, et ses feuilles surtout, qui participent de l'amertume des fruits, constituent nn aliment très agréable et très tonique pour les vaches laitièrees, et jouissent de la propriété d'augmenter notablement leur production en lait. On peut utiliser ainsi, avec nn grand avantage, tous les débris des houblonnières. La seule précaution à prendre est d'éviter de laisser ces feuilles se dessécher au soleil, ce qui leur ferait perdre de leur goût et pourrait les faire rejeter par le bétail. Ajoutons enfin que, dans les temps chauds, une décoction de jus de feuilles de Houblon est un breuvage très tonique et fortifiant pour les bœufs de travail.

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30 Xrlbu. — IMOIIÉEJSS.

l'ieiirs monoïijues ou dioïqiios ; les mâles avei; pi'^rigone à 3. '( divisions, et étamines à filel.s infléchis, se relevant avec élasticité pour la )'é(;oudaliou ; les femelles avec périgoac à 5 divisions, sur 2 rangs, mar(;es(;(;nl ou devenant charnu. Ovaire à st)'les stigmatifrres ;\ la l'ace interne. Graine suspendue, à embryon courbé dans un albumen charnu. — Feuilles alternes. Arbres ou arbrisseaux exotiques, comprenant, dans nos contrées, les genres suivants :

Fl. monoïques — Fruit constitué par les périgones charnus, succulents. Moues. MORÉES / Fl. dioïqiies — Fruit constitué par le réceptacle globuleux bacciforme. Broossonetia. Fl. monoïq. — Fr. constitué parle récept. charnu envelopp. les akr^nes. FiCDS.

Genre MURIER. — MORUS T.

Plusieurs espèces, dont les suivantes sont toutes cultivées en France:

Mdrier noir, il/, nigra L., — le plus anciennement naturalisé ;

Mûrier blanc, if. alba L., — originaire de la Chine, d'introduction plus récente, et le meilleur pour l'usage alimentaire soit des vers à soie, soit du bétail ;

MuKiER MDLTICAULE, If. muUicauUs Perr., — plus récemment encore introduit, et remplaçant souvent le Mûrier blanc.

Les feuilles de ces différents arbres, principalement utilisées pour la nourriture des vers à soie, sont également alimentaires pour tous les bestiaux, et sont surtout recherchées par les vaches et les moutons, auxquels on peut donner les feuilles qui, après avoir jauni sur l'arbre, tombent d'elles-mêmes. Dans le Piémont, on les utilise d'une manière régulière, apri'S leur avoir fait subir une légère fermentation. Les feuilles, recuillies quand la végétation est dans toute sa force, sont entassées par couches de 15 à 20 centimètres dans des compartiments de maçonnerie spécialement construits pour cet usage, et eu répandant sur elles un peu de sel de cuisine, il se déclare promptement une fermentation qui se propage du centre à la circonférence : une croûte brune et pâteuse finit par se former à la surface, et les feuilles peuvent alors se conserver sans altération d'octobre en mars. Les bestiaux se montrent très avides de cet aliment, qui est sain et nutritif. 100 kilog. de feuilles de mûrier équivalent en azote à 200 kilog. de foin.

Dans les autres genres, nous nous bornerons à citer ;

Le Mdrier a papier, Broussonetia [lapyrifera Duham., — arbre d' ornement, fournissant son fruit ainsi que son écorce, dont les couches profondes sout utilisés comme matière textile.

Le Figuier, Ficus carica L., — fournissant des fruits consommés sous le nom de figues.

-i' Tribu. — CELTIDEIES.

Fleurs hermaphrodites ou polygames, solitaires, i)édonculées, en grappe. Périgone à 5 divisions. Etamines presque sessiles, à anthères fixées par

(iytj I iiJii;i.M;i;s.

Il' il'is. Fruit dnipuco, à [nniio ohanui , ii noyau. Graines sas[)(Midiu;s , à albiiintMi cliarmi. Feuilles alternes. — Un seul genre et une seule espèce.

Genre MICOCOULIER. — CELTIS T.

MlcocoixiEK DU Midi, C auslralisl.., fniit globuleux, tégument pédoncule ; fouilles ovnloslft»ci5ol<Sos, nigui-s, dentées eu scie, — nrbre devenant très gros, à écorce noirâtre, ii rameaux nombreux, allongés, flexibles.

Arbre croissant spontanément dans plusieurs contrées du Midi de la France, où il atteint parfois des dimensions considér.ables. Les oiseaux reelierchent ses fruits avec avidité, et tous les bestiaux, surtout les moutons et les clièvres, en mangent les feuilles, qui constituent une excellente nourriture d'iiivcr, d'autant plus profitable que ces feuilles se dossichent sans presque rien perdre de leur aspect et de leurs qualités.

Trltoxi. — ULMAOKES.

Fleurs hennaphrodites , réunies en fascicnles nombreux, axillaires , et paraissant avant les feuilles. Périgone à 5 divisions. Anthères dorsifixes, extrorsos. Fruit sec, corincer entouré d'une aile membraneuse, arrondie, largo isamare). Graine suspendue , à albumen nul. — Feuilles alternes.

Genre ORME. — ULMUS L.

Orme com.mun, U, cam/icsd-is L., Heurs presque sessiles, rougeâtres ; feuilles ovales-aiguës, inégalement tronquées ou cordées àlab.ase, doublement dentées en scie, — arbre très grand, à bois d'un jaune rougeàtre.

Croit uaturellement dans les hautes montagnes du nord de l'Europe et dans celles de l'est et du centre de la France. « Indépendammeut de ses usages, dit M. H. Lecoq, comme bois de obarpente, de cbauflFage et de cbarronnage, il offre dans les feuilles, si différentes, de ses nombreuses variétés, une très bonne nourriture pour les bestiaux; aussi, dans quelques provinces de France, et notamment en Bretagne et dans les Cévennes, dans quelques parties des Vosges et du .Jura, on en nourrit les moutons et les chèvres pendant une partie de l'année , ou du moins au printemps et en automne. Ses feuilles cuites forment une bonne nourriture pour les cochons. Elles se dessèchent très bien, en perdant 47 pour 100 de leur poids, et les jeunes pousses d'automne forment de très bons fagots de feuilles pour l'hiver. Les graines membraneuses et foliacées de cet arbre sont aussi une bonne nourriture pour les bestiaux, et leur abondance, jointe à leur précocité, pouiTait être d'un grand secours dans les années où les fourrages manquent au printemps. Il ne faudrait pas attendre leur maturité complète pour les cueillir. L'écorce intérieure , très mucilagineuse, peut aussi servir en cas de disette ; celle qui est à l'extérieur est trop sèche , et l'intermédiaire est légèrement purgative. L'Orme de Hollande à larges feuilles, est la variété préférable pour la nourriture des bestiaux. C'est le meilleur des arbres à fourrage; il produit beaucoup, et supporte facilement la taille. Dans les Cévennes , on cueille les feuilles de l'Orme pour engraisser les porcs ; en Italie, en Lombardie surtout , on plante des ormes exprès pour en recueillir et conserver le feuillage pour les bestiaux pendant l'hiver. On estime que 100 parties de feuilles de cet arbre équivalent à 13-5 de luzerne, n (Lecoq, Triiilé dvs ilanlcs fourra gère f.)

AMU.N'l'ACliKS, fi09

U. montana Smith, fruits [iIiiB grands ; fouilles grandes, lonj^iieiiHiiit (iciiniiiiéc«, — bord docliemins, diuia les bois ; espi'co tr^s productive ; propriéti's do la prt;(:édoiito.

U. cffasf(: Willd. , feuilles ovales, Itigèrenieut acuniiiu'^cs, :'i douts larges, ineurvées, — bord" des olieuiins, voisiiuigc des liabitatious ; propriétés de l'Orme coininuii.

Famille des AMENTACEES Juss.

AIWHëS AMENTACÉfi ï.; DIC LINES L.

Fleurs diclines , insérées à la base d'une bradée écailleuse , formant involucre, et groupées séparément autour d'un axe commun constituant une sorte d'épi pendant, nommé chaton {amcntum) ; — 'périgonc simple ou nul dans dans les fleurs mâles, nul ou adhérent dans les fleurs femelles ; — ovaire à carpelles soudées, formant plusieurs loges; — style '2, îi stigmates souvent sessiles et filiformes; — fruit sec, uniloculaire ; — graine à embryon droit, à albumen nul. — Feuilles alternes, simples, pétiolées ; — tige ligneuse.

Famille des plus importantes , comprenant la plupart de nos espèces ligneuses et notamment les grands arbres de nos forêts, et fournissant, outre leurs bois, les meilleurs employés dans l'industrie et pour le chauffage , des fruits qui servent à la nourriture de l'homme et des animaux, et dont on tire divers produits industriels. De plus , leurs feuilles et jeunes pousses peuvent fournir au bétail une nourriture aussi abondante qu'économique , souvent même recherchée et toujours avantageuse à recueillir, surtout dans les années de disette. On les récolte, soit à la main, soit en branches arrachées ou coupées et dites fcuillards, plus faciles à transporter et à conserver ; on peut ainsi s'assurer pour tout l'hiver un supplément utile de substance fourragère.

La famille des Amentacées, d'apparence très naturelle par l'uniformité de port, de physionomie, d'inflorescence, des genres qui la composent, a cependant été subdivisée, par les botanistes modernes, en plusieurs autres familles, se distinguant par plusieurs caractères tirés de l'organisation de la fleur et du fruit. Mais les affinités nombreuses qui lient entre elles ces nouvelles familles, autorisent à les considérer comme de simples tribus de la famille primitive, que nous croyons, en conséquence, devoir conserver, en la subdivisant ainsi qu'il suit :

Fl. eu cliatons globuleux — Ovule suspendu — Fruit agrégi- . PL.iiAKÉES.

j^ / Fleurs monoïques. ) f Ovule ascend., droit — Ovaireinlere — Fr.eunoix. Juglakdées.

,M y Fr. monosperme j Fleurs \

O j /en chatons/ Ovule ( Ovaire infère — Fruit à cupule. . Cupulifères.

^ / ( cylindriq.y suspendu !

^ 1 réfléchi ( Ovaire supère — Fruit ailé Betdliîjees.

- Fl. dioïques — Fruit polysp.,capsulaire — Chatons oylindriq. — Ovaire supère. Salicisee.*.

700 AMENTACÉES.

1" Tribu. — I»LATA.]VKB3S

Fleurs loiilns à périgonc ot iuvolucre nuls. EtaniiiiGs en nombre indéliui. Fruit composé cl(! nncules nombreuses, groupées eu tête sur un réceptacle globuleux. — Un seul genre, dont deux espèces connues :

Platakk COMMITN, Plalanus orienlalis L., — grand et bel arbre planté sur les avenues et les promonades publiques ; feuilles peu alimentaires.

Platane d'Amérique, Platanus occidentalis L. , — considéré comme une variété du précédent

3" Tribu. — JTJGtl,A.IVr>E:ES.

Fleurs mâles avec périgone à 5.6 divisions inégales. Etamines en nombre indéfini. Fleurs femelles avec périgone soudé à l'ovaire. Fruit simple , ci péricarpe charnu et à noyau ligneux, cloisonné à l'intérieur {noix). Graine dressée, à embryon cérébriforme, charnu, huileux. — Dans nos contrées, un seul genre, dont une espèce principale :

XoYER COMMVN, Jugfans regia L-, — cultivé de temps immémorial eu France pour son bois, ainsi que pour son fruit, la noix. Ses feuilles amères et d'une odeur forte, assez désagréable, ne sont point mangées par les animaux.-

3' Tribu. — CtJJPULIF'EK.ES.

Fleurs mâles à 5.20 etamines. Fleurs femelles groupées par 1.3 dans des involucres accrescents, avec périgone à limbe court, denticulé. Fruit a péricarpe coi-iace et ligneux, enveloppé par l'involucre accru {cvpule) simulant un péricarpe. Graine pendante, à cotylédons épais, charnus, huileux.

!Cup. épineuse, enveloppant [Fleurs milles en cbatons globuleux. Fagds. complètement le fruit. !

Etamines 8.15 (Fleurs mâles en chatons allongés. . Castanea.

Cupule écailleuse enveloppant la base du fruit — Etamines 6.10. Quercus.

I [Fleurs mâles non périgonées. \^'®"" femelles en groupe terminal— Cupule laciniée . Cortlus .

V Cupule membraneuse ifi £. ,, ^ , , -, ^ . ^

(Heurs femelles en grappe — Cupule trilobée Caepinus.

Genre HETRE. — FAGUS T.

Pleurs mù/esavec périgone campanule, à 5.6 divisions, en chatons globuleux, longuement pédoncules, à écailles très petites; — fleurs femelles far 1.3, dans un involuere soudé extérieurement à de nombreuses bractées linéaires ; — fruit trigone, à péricarpe coriace, renfermé par 1.3 dans un involucre ligneux, à 4 valves, chargé d'épines.

AMENTAOrSHS. 701

Hêtiie commun , F. sylvaika !>

Fayardf Feyhau, Foutoau^ Fou.

Feiiillos oviilos, aifçuos, dentcSea, ciliées, coriaces. Eoorce lisse.

Arbre de liiuito taille, abondant dans la plupart des Ibrf'ts de l'Europe, partioulii'Touient dans les r(5gions montagneuses , et dont les feuilles, sc'olies ou vertes , mangées avec avidité par les moutons et les chfevres, peuvent constituer une importante ressource pour l'alimentation d'iiiver du bétail; il convient, dans ce cas, de couper les jeunes brandies destinées k former les feuillées, avant que les feuilles aient durci. Outre ses feuilles, le Hêtre fournit encore ses fruits ou falnea, contenant une amande à saveur douce, dont on tire une huile comestible et industrielle qui se conserve parfaitement ; ces fruits sont mangés par les porcs qui s'en montrent tri'S friands, mais auxquels cette alimentation donne un lard mou, se conservant mal, et une chairde médiocre qualité. Les faînes sont aussi mangées par les vaches, et servent quelquefois h engraisser les dindons ; mais elles sont principalement réservées aux porcs.

Genre CHATAIGNIER. — CASTANEA T.

Fleurs mâles avec périgone à 4.5 divisions profondes, en glomérules entourés de petites écailles bractéales et disposés eux-mêmes en cliatons grêles ; — fleurs femelles par 1.5, dans un involncre soudé à de nombreuses bractées linéaires; — fruits k péricarpe coriace, au nombre de 1.3 dans un involncre ligneux, chargé d'épines, s'ouvrant en 4 valves.

Châtaignier commun, C. vulgaris Lm.; Fagus castanea L.

Feuilles oblongues-lanoéolées, aouminées, très grandes, fortement dentées, glabres, luisantes. Ecorce grisâtre, longuement fendillée.

Arbre de hante taille, venant dans les bois et forêts des terrains siliceux de toutes les montagnes de France, et dont les feuilles, dures et coriaces, sont dédaignées des animauS, qui les mangent cependant quand elles sont très jeunes. Les fruits ou châtaignes , au contraire, surtout cuits, leur conviennent parfaitement, et constitueraient pour tous une excellente nourriture si on ne les réservait généralement pour la nourriture de l'homme. Dans les pays où on récolte les chîltaignes, on donne aux animaux, chevaux, mulets, porcs, volailles, les débris ou brises provenant du battage de ces fruits. On leur donne aussi, parfois, les épluchures provenant du fruit même.

Genre CHENE. — QUERCUS T.

Fleurs mâles avec périgone à 6. S divisions profondes, inégales, dépourvues d'écaillés bractéales, en chatons filiformes lâches ; — fleurs femelles solitaires, dans un involncre composé de bractées écailleuses imbriquées et soudées; — fruit (gland) à péricarpe coriace, entouré a sa base par l'involucre accru, ligneux, constituant la cupule.

Plusieurs espèces, constituant des arbres de dimensions diverses, très répandus partout, et fournissant, outre les fruits ou glands, des feuilles, que les animaux mangent peu, sinon au printemps quand elles sont encore jeunes, et au.xquels elles peuvent être nuisibles par la grande quantité de tannin qu'elles renferment, surtout quand elles proviennent d'arbres volumineux et qu'elles sont prises en grande quantité.

Chêne rouvre, Q. robur L.; Q. racemosa DC; Q. pedunculata Erhr.

Roure, Robre, Roble, Chêne mâle, Merrain, Gravelin, Durelin. Fruits par 2.3 au sommet d'un long pédoncule, sessiles, de forme ovoïde. Feuilles presque sessiles, inégalement et profondément pinnatilobées, à lobes obtus, très glabres, caduques.

7t);> \mkntai;i:es.

Arbre l'iové, Imbilmit les liois et loriits do3 pluines et nuuitfigikes moyemies, cl le plus cominiin Jo son ospi'oo. Ses feuilles sont peu ntitritives ; cependant ou peut utiliser coniine fourrage il'liivcr supplrnicutnire les fi'uillos vertes provenant de la tonte des têtards. Au point de vue nliniontniro, ses fruits ont plus de valeur ; il constituent, pour les porcs surtout, une très bonne nourriture, et le (bène rouvre est lui-mi''mo celui qui fournit, pour ces animaux et pour les sangliers, la ginndre la plus abondante et lapins recherchée. Ces glands sont donnés encore aux bœufs, nux montons, aux chevaux et aux oiseaux do basse-cour. On les fait manger aux animaux sons divers états. Dans les contrées oii ils servent ii l'entretien et il l'engraissement des porcs, on los donne, quand ils sont frais, tels qu'il ont été ramassés. Ceux qui doivent être conservés sont enterrés prufondémont dans un terrain sec et sablonneux, sous un hangar, ou bien mis entassons l:i paille, dans un grenier bien aéré. Le plus souvent on les fait dessécher au four ; puis, l'i mesure des besoins, on les fait moudre grossièrement, et on les fait manger, aux porcs et il la volaille, après les avoir mélangés ii do la farine, du son, des eaux grasses, du petit-lait, du sel, etc. La 3Iaison mslit/ue recommande , pour tirer des glands le plus de profit possible , de les dréoher , en les plaç.ant dans une fosse où on les maintient, ai'rosés d'eau salée et recouverts de terre, jusqu'il ce qu'ils aient germé, après quoi on les retire pour les faire sécher. Ils se conservent ainsi d'une année fi l'autre. Pour les donner aux porcs, il suffit de les égruger et de les délayer dans de l'eau, en ayant soin toujours d'en faire alterner l'usage avec ceini d'une autre nourriture. Dans le Doubs, la Haute-Marne, on emploie depuis longtemps les glands à l'entretien non-seulement des porcs, mais encore des bœufs et des vaches. A cet effet, on les concasse grossièrement, et on les mélange avec des tourteaux de lin pulvérisés, ce qui constitue une alimentation aussi économique qu'efficace pour l'engraissement de ces animaux. En Normandie et dans quelques autres contrées, on a essayé de les donner aux chevaux, en place d'avoine; mais l'expérience ne permet pas de se prononcer encore sur la valeur de ce mode de nourriture.

Q. nessiliflora Smith., — Q. pubescens'WîWd., — espèces voisines de la précédente et souvetit confondues avec elles ; en partagent les diverses propriétés.

Q. apennina Lm., — H. fasiigiata Lm., — Q. loz::a Bosc., — Q. Cerris L., — espèces plus rares et offrant les mêmes propriétés.

Chêne yeuse, Q. ilcx L.

Chêne vert.

Fruits solitaires ou par 2.3, au sommet d'un pédoncule court. Feuilles lancéolées, entières ou dentées épineuses, blanches tomenteuses en dessous, persistantes en hiver.

Arbre peu élevé, propre aux terrains secs du Midi et de l'Est, et pouvant fournir aux bestiaux de bonnes feuillées pour l'hiver; dans le sud de rit:ilie, ces feuilles sont journellement emploi'ées ii cet usage.

Q. suber L. (Chêne liège) , — Q. cocot'/'era L., — voisins de l'espèce précédente; peuvent être utilisés de même.

Genre NOISETIER. — CORYLUS T.

Flntrs mâlesnon périgonées, avec 3 écailles bractéales imbriquées, soudées .Ma base, en chatons cylindriques compactes ; — /leurs femelles sortant d'un bourgeon terminal écailleux, réunies par 1.2 dans un involucre campanule; — fruil (noisette) ovoïde, il péricarpe ligneux, enveloppé par l'involucre accru, formant une cupule foliacée, ouverte au sommet, irrégulièrement laciniée et renfermant un seul fruit.

XoiSETiER, C. avellana L. (Coudrier, Avelinier), — ne fournit que ses fruits pour l'usage comestible; ses cupules trop arides, non plus que ses feuilles, ne peuvent être utilisées pour l'alimentation du bétail.

AMliN'l'ACICICS. "O.'î

Genre CHAUME. — CAUPlNtlS I..

Fiimrs môles non périgonéos, !Ï éoiiilles bniotoiilos simpIoB, ciljéea , en cliaton» cylindriques, sossiles, fascicnlés; — fleurs femelles en prappos lûclies, clmcunc d'elles entonrc^c d'nu involnorc foliacé, tfiloljé, et accompagnées de 2 bractées tri'S petites et cadn(|ncs; — /'nit( ovoïde comprimé, h côtes, îi piiricarpo lir^noux, onvcIop])é par l'involiiore agrandi, resté foliacé, h lobe moveri beaneonp plus grand et enveloppant incomplètement le fruit.

Chaume commun, C. bciulus L.

Feuilles ovales on oblongnos, aigné's, arrondies on en crenr h la base, doublement dentées, à nervures latérales parallèles. Eoorce unie.

Arbre de taille moyenne, très commun p.artont, surtout dans les bois, forêts et taillis du nord de la France ; souvent taillé tous les ans pour former des haies, des tonnelles, il reste alors à l'état nain et prend le nom de charmille. Les vaches , les moutons et les chèvres mangent ses ' feuilles avec avidité, et s'en trouvent bien ; on les donne vertes, ou mieux, fanées au soleil, (^nand on les garde pour l'hiver , on coupe les rameaux au milieu de l'été , on les fait sécher et on les entasse dans des greniers à l'abri de la pluie. Cette opération donne un bon produit sans nuire ii l'arbre.

C. ostrya I.., O.ilrya raridnifolia Scop., — espèce voisine, plus rare ; mêmes propriétés.

4e Tritoix. — BETULITifBElS.

Fleurs mâles pourvues d'un périgone, réunies par 3 à l'aisselle de bractées pollées accompagnées de 2.4 bractéoles latérales. Etaniines 4. Fleurs femelles non périgonées, réunies par 2.3 à l'aisselle d'une bractée accrescente et rassemblées eu chatons. Fruit petit, anguleu.x ou comprimé. Graine pendante.

iFl.m.âlesà2bractéol. — Et.am. soudées — Chat, frnctif. Ji écailles caduq . Bbtcla. Fl.mTdes à 4 bractéol. — Et. libres — Chat, fructif. à écailles persistantes, Ai-iirs.

Genre BOULE.\U. — BETULUS T.

Fleurs nulles k périgone entier ; — fleurs femelles ternées ji l'aisselle d'écaillés trilobées ; — clialons fructifères h écailles scarieuses, caduques, portant chacune 3 fruits comprimés lenticulaires, cntoui'és d'une aile membr.aneuse.

Bouleau blanc, B. alba L.

Bouillard , Bliés.

Feuilles rhomboïdales, trianguhaires, longuement aeuminées, doublement dentées en scie, très glabres. Ecorce lisse, il épiderme d'un blanc argenté, se détachant en lames.

Arbre élevé, venant dans les climats les plus froids, sur les montagnes élevées, dans les sols sablonneux et siliceux du Kord et de l'Ouest, et d'une très grande nisticité. >'es feuilles sont man-

70 'l AMENTACÉES.

f;<'o» pur les bostiiiux, mais seulomont quiiiul elles sont jotiiios et suocnleiites, car mie fois parvenues il leur entier Jî'vcloppoment, elles contnictont uno nmortume qui onipOclie àa les l'niro consommer. t)n les cmplnio, diuis le Nord surtout, en Norwèpo, comme fourra^o d'iiiver pour nourrir la volaille et les autres bestiaux; les Lapons aussi, les utilisent pour nourrir leurs troupeaux <le rennes. B. pubescens Krlir. , — 8. nana L. , — espèces voisines, offrant les mêmes propriétés.

Genre AULNE. — ALNUS T.

Flturs mâles avec périgone à 4 divisions, en chatons grêles ; — fleurs femelles par 2 à l'aisselle d' écailles ovales, obtuses, ehanmes ; — chalons fructifères il écailles ligneuses, persistantes, portant cliacune 2 fruits, comprimés-anguleux, non toujours ailés.

Aulne glutineux, A. glutinosa Gsertn.; Betula alnus L.

Aulne r.ommunj Bergtte, Vergue^ Verne,

Feuilles suborbiculaires ou obovées ondulées, lobées, incisées ou dentées, poilues aux angles et sur les nervures, glutineuses dans leur jeunesse. Fruit non ailé. Eooroe noirâtre.

Arbre de taille peu élevée, venant dans les bois humides, au bord des eaux ; les animaux en dédaignent les feuilles fraîches, et les mangent quand elles sont sèches, bien qu'elles ne constituent alors qu'un fourrage médiocre.

A. incana DC. — plus rare, offrant des propriétés analogues.

S« Tribu. — SALIOIIVEES.

Fleurs dioïques, toutes solitaires à l'aisselle d'une écaille simple, à périgone nul, remplacé par un disque glanduleux. Fruit capsulaire, ovoïde, à 2 valves s'euroulant en dehors à la maturité , polysperme. Graines très petites, dressées, enveloppées de longs poils qui naissent du hile.

salicinêes

Chatons à écailles entières — Disque arrondi — Etamines 2. .5 Salix.

Chatons à écailles divisées — Disque cupuliforme — Etamines 8.20 . POPCLUS.

Genre SAULE. — SALIX T.

Chatons à écailles entières, vehies ou ciliées; — disque arrondi, formé de 1.2 glandes; — /leurs mâles à 2.5 etamines, libres ou soudées; — bourgeons recouverts par une seule écaille. — Arbres à bois blanc, léger, à rameaux flexibles.

Ce genre, le fjlus étendu de toute la famille, comprend un grand nombre d'espèces, s'accommodant de toute sorte de terrain, et principalement des sols humides et tourbeux. Elles constituent, les unes des arbres élevés d'un port élégant, croissant principalement au bord des fleuves et des rivières ; les autres de petits arbrisseaux abondants dans les pâturages des montagnes, se mêlant à l'herbe et pouvant être fauchés en même temps. Les grandes espèces, soumises à des tailles périodiques, forment des arbres courts, à branches

AMENTACI'JliS.

longues, nommées osiers, employées par les vanniers, les tonneliers, etc. |j(!iir écorce, amère et astringente, est utilisée parfois coinnie IVjljj'iAige. IjCS Saules sans exception, conviiMinent îi tous les ])ostiau.\', lesquels en mangent les feuilles et les jeunes pousses, (jue, dans l'exlrême Nord surtout, on réserve, avec grand avantage, à cet usage. — Ce genre très noinlji'eux, accru encore par la formation dos hybrides que facilite la séparation des mâles et des femelles , comprend des espèces par cela même fort difficiles h caractériser, et sur la détermination et la synonymie desquelles les botanistes sont peu d'accord. Dans le tableau suivant, nous no mentionnerons que les mieux caractérisées et les plus communes, et celles (jui, venant au milieu des pâturages, peuvent Ctre considérées comme fourragères.

I Chatons ii écailles unicolores , j aunes . Arbres ou arbrisseaux élevés

Etatnines 5 PeNi/iriDnA

Trifindra Babylnnica IJippophtuf'nlia Infinta

Etam. 2^

Etamines 3

[Ecailles persist.

Chatons

latéraux,

sur le

I vieux bois ,

[ Alda

(^Ecaill. caduques YUcllina l Fragcliê

/Anthères pourprées, devenant noires — Etamin .'2 j

Ecailles discoloi'es,

brunes au sommet. \ Arbrisseaux on arbustes

(Ram.allong.flagellifor.

Chatons terminaux

Feuill. rugueuses, Capsule longnem. \ velues, toment.

pédicellée — Ram courts, toruleux Anthères I [Feuilles glabres.,

jaunes

iCapsule sessile' ou brièvem.

pédicellée ;^Ra„i. courts, toruleux! Àrbuscula

( Vyrcnaica

( Belicitlattt Arbustes très petits, k rameaux rampants . . . . ] Bemsa

\ Hcrbacca

Pnrpiirca Ritltra

cwnMk

Cincrcn

Atirita

Bcpcns

Unstata

PhyUcifoîia

Yiminalis

Smithiuna

Gtanca

Dub.

Tliuill.

nuii9.

Willcl.

GouaD.

Saules a 5 etamines, S. pcnlandra L.

Feuilles ovales, luisantes, dentées, odorantes , — arbrisseau élevé , i rameaux pendants et visqueux.

Espèce élégante, commune dans les bois élevés et prairies de montagnes, des Alpes, des Pyrénées, de l'Auvergne, où elle forme parfois des groupes étendus. Les animaux en mangent les feuilles, peu faciles d'ailleurs Ji sécher, moins volontiers que celles des autres Saules.

Les S. triandra Dub., S. amygdalina L. (Osier brun), commun sur le bord des rivières et des ruisseaux, — S. babylonica L. (Saule pleureur) , et les espèces suivantes , — peuvent aussi fournir leurs feuilles au bétail.

Saule blanc, S. alba L.

Osier blanCj Plomb blanc.

Capsules glabres. Feuilles longues, lancéolées, blanches-soyeuses en dessous, finement denticulées. — Arbre élevé, i\ rameaux dressés.

Espèces des plus communes, venant sur le bord des l'uisse.aux et des rivières, et fréquemment plantées autour des champs et des prairies humides. Croissant partout, pourvu que le sol possède une certaine humidité, cet arbre pousse très vite ; mais, par suite de la taille à laquelle il est soumis, il atteint rarement toutes ses dimensions, et il forme chaque année un grand nombre

706 AMENTACÉES.

ilo noiivollo» bmnclios. Sos feuilles, pnrnissmit do Imniic heure, se dessèclicnt bien ; les animmix las niiingont fiicilonient vertes ou si'elies, iiiiisi que les jeunes pousses ; ce sont les plus utilisées clans le nord do l'Europe pour In nourriture des troupeaux. — L'ùcorce amère de cet nrbre fournit In nnlicine.

Los ospùcos voisines, S. vitellina L., S. fragilis L., etc., viennent dans les niCnies lieux et sont titilisiics pour les ouvrages do vannerie.

Saules des chèvres, 5. caprsea L.

Saule marceau^ Boursaultj Venhc.

Capsule velue, renflée lï la base. Feuilles ovales, arrondies, rugueuses, à bords ondulés, cotonneuses en dessous. Arbrisseau de moyenne taille.

EspiVes des plus communes, croissant dans les baies, les clairièi"es des bois, ainsi qu'au bord dos eaux et sur les collines sèches, c'est-à-dire dans tous les terrains, mC^me dans les lieux où les autres Saules ne peuvent végéter. Mangée par tous les animaux domestiques, c'est l'espèce qui mérite le plus de tixer l'attention de l'agriculteur. Poussant avec une grande vigueur, quand le tronc a été coupé près du sol, il donne une grande quantité de matière fourragère, qu'on peut recueillir trois fois par an, et faire consommer soit en vert, soit en feuillards, pendant l'hiver, après dessiecntiou. Le Saule maroeau pourrait même devenir, à cet effet, l'objet d'une culture régulière. On le multiplie alors de semence, de marcottes, ou par bouture des pieds femelles. II craint seulement les ravages des insectes, qui, parfois, le détruisent complètement.

S. cinerca L., — S. aurila L., — S. repens L., — arbrisseaux des bois et prés humides; lieux tourbeux, etc.

S. viminalis L. (Osier commun, 0. blanc, 0. vert); — S. smithiana Willd., — arbrisseaux des oseraies.

S. haslata L., — pâturages élevés et humides des Hautes- Alpes.

S. pUijlicifoUa L., — S. (jlauca L., — S. arbuscuia L., — ai'brisseaux de 5 à 8 décimètres, communs dans les h.autes prairies des Alpes, des Pyrénées, des montagnes du Centre.

S. pyrenaica Gouan., arbuste de 2 à 5 décimètres, — commun dans les pâturages moyens et élevés de toute la chaîne pyrénéenne.

S. reliculala L., — S. relusa L., — S. heibucea L., arbustes de 1 à 3 décimètres, — venant dans les prairies des Alpes, des Pyrénées, des monts d'Auvergne, du Jura.

Genre PEUPLIER. — PnpULUS T.

Chalons h écailles incisées ou laciniées ; — disque oblique, en forme de cupule ; — feurs mâles :'i 8.20 étamines libres; — bourgeons recouverts par plusieurs écailles imbriquées, souvent agglutinées par une substance résineuse, aromatique. — Feuilles longuement pétiolées , sinuées-anguleuses. — Arbres il bois blanc.

Plusieurs espèces constituant toutes des arbres de taille élevée, qui ainieut, comme les Saules, les lieux humides, et qui y poussent également très vite. — Leurs feuilles peuvent aussi nourrir les bestiaux.

Peuplier bl.\nc , P. cdba L.

Peuplier de Hollande, Ypreau, Obeau, Abel, Obrelle.

Fleurs en larges chatons ovoïdes. Etamines 8. Feuilles grandes, ovales-orbiculaires, anguleuses, à 3 lobes peu marqués, blauches-cotonneuses eu dessous. Jeunes pousses , bourgeons et fleurs pubesceuts, hérissés. — Arbre de 1-5 à 20 mètres, à rameaux étalés.

Croît naturellement dans les bois et lieux humides; ses feuilles, mangées par tous les bestiaux, se dessèchent bien et produisent une bonne feuillée pour l'hiver.

/'. tremula L. (Troml)le), l'euillos gliibrcs sur lo» ilonx (uccb, — l'ouniit des feuilles '|iii plaisent boaucoiip aux vaclios, montons et clièwes, et jionvent Otre employées 'le mc'mo.

P. canescens Sm., avbi'o pou olovi5, — propviiHés alimentaires 'les précédentes ospiicc».

Peuplier noih, P. nUjra L.

Peuplier franc ^ Liardîer , IJard, Bioulé.

Chatons femelles plus longs que les mâles. Ktamines 12,20, l'ouges. Feuilles triangulaires, aouminées, dentées, glabres. .Jeunes pousses, bourgeons et fleurs glabres. — Arbre de 1.5 l'i 20 mètres, à rameaux étalés.

Commun dans les bois, souvent planté au bord des eaux et le long des routes. Les .nnimnux en mangent les feuilles, surtout à l'état sec, mais moins volontiers que celles du Tremble. On les recueille cependant, pour la nourriture d'hiver du bétail, dans plusieurs provinces d'Italie, où l'arbre est même planté h cet effet.

P. (astiqiala Pois. (Peuplier pyr.imidal), très voisin du précédent, — en possède les qualités agricoles, et est exploité de même en Italie.

Famille des CONIFERES Juss.

ABBRES APÉTALES T.; MONOECŒ et DIOECIE L.; DKLINES J.

Fleurs diclines, non périgonées ; — les mâles gronpées en chatons , consistant chacune en une seule étamine représentée par une anthère à 1.20 loges placée à la base d'une écaille qui en forme le connectif élargi ; — les femelles à inflorescence variable, en chatons ou solitaires , réduites à un ou plusieurs ovules nus, droits, à micropyle ouvert, placés à l'aisselle d'une écaille représentant un carpelle ouvert, accrescente, devenant ligneuse ou charnue; — ovaire, style et stigmate nuls; — fruit agrégé, formé par la réunion des écailles, tantôt durcies et distinctes, constituant un cône ou strôbile, tantôt soudées et charnues, formant une sorte de drupe ; — graines nues, dressées ou renversées, à test coriace, portant, dans un albumen charnu, un embryon droit à cotylédons linéaires au nombre de 2 et opposés ou plus nombreu.x et verticillés. — Feuilles simples, linéaires, raides, subulées, presque toujours persistantes ; — tige ligneuse, à rameaux souvent en verticillés superposés, constituée par des couches ligneuses n'offrant pas de vaissean.\ et formées seulement de cellules allongées, ponctuées. Ecorce souvent creusée de nombreuses lacunes, contenant un suc résineu.x aromatique.

Famille d'un grand intérêt, comprenant des arbres ou arbrisseaux , la plupart toujours verts et appelés communément arbres verts , arbres résineux. Très nombreuse, répandue sur tout le globe, et fournissant un certain nombre d'espèces utiles à la médecine, à l'industrie et comme arbres d'ornement, cette famille fournit encore ses feuilles, qui quelquefois peuvent être données aux animaux. — Elle se partage en plusieurs tribus assez nettement caractérisées et constituant, pour beaucoup d'auteurs, autant de familles distinctes.

miCiT. ri-iivei-âi'o — l'ollcii i» :l logos — FI. femell.cn clmtons — Cûne il l'oaill. nomlir. Ani^TlN^ES.

Ci\

•^ , , ( Fleurs femelles on clmtons — Cône îi (îoaillea peu nombreuses. Cithessineks.

^ jdriunouressoo.l

C f ^^""^'" simple, / ; j^^j. iji^ aisqne cnpnliforme — Fr. drupacc!. TaxiniSes.

-^, globuleux (k1. femelles solitaires

( nvco périgone — Fruit bacciformc EpiiEDRAcéES.

1'. Tritou. — ABIÉTIIVÉES.

Fleurs ordinairement monoïcfues, imbriquées en spirale sur le chaton. Anthères à 1.2 loges opposées. Pollen à, 2 vésicules séparées par une membrane intermédiaire. Gliatons femelles à écailles nomlireuses, pourvnes à leur face externe d'une bractée membraneuse développée, elles-mêmes ligneuses et distinctes à la maturité. Graines 1.2, renversées, adhérentes à l'écaillé, ailées, à plusieurs cotylédons linéaires et verticillés.

Tribu fournissant des arbres de haute taille, souvent gigantesques, s'élevant verticalement et d'une manière régulière ; habitant les montages des régions tempérées, ou les plaines vers le Nord, ils constituent souvent à eux seuls de vastes forêts. Ils fournissent un bois léger, mais qui se conserve bien. On en extrait, en outre, divers produits balsamiques, et notamment, par incision de leur écorce, la résine connue sous le nom de térébenthine., dont on lire l'huile volatile de térébenthine, et une série d'autres produits d'un usage journalier dans l'industrie, la médecine, les arts, etc. — Les espèces indigènes se rangent dans les genres ci-après :

ABIÉTINÉES

i Chatons mâlos en grappe — Côue à écailles épaissies — Feuilles fascioul . PiNus .

j Chatons mâles solitaires. ( Feuilles persistantes, toutes solitaires. .... Abies. ' Cône W ^nailles minées '

1 Feuilles caduques, solitaires et fasciculées. Lakix.

Genre PIN. — PINUS L.

Chatons mâles ovoïdes, en grappe terminale ; — chatons femelles solitaires, géminés ou teniés à l'extrémité des rameaux ; — cône à écailles ligneuses, épaissies au sommet, formant éousson, s'écartant les unes des autres à la maturité ; — graine h aile caduque. — Feuilles linéairessubulées, réunies par 2.5, en fascicules entourés à la base d'écaillés sc.arieuses, engainantes.

Grands et beaux arbres à écorce gorgée de principes résineux, croissant dans les sols les plus arides, et dont le cône est mangé quelquefois sous le nom de pomme de pin. — Croissent naturellement en France les espèces suivantes :

CONiraRKS.

IGr. il aile tvùs courte , oblique — Fouill.do 10.15c. — EcusBonùmumol.obt. Pi.-ik» i..

/obliquo — Feuill. de 1 A&o., droites — Ecuss. il pointe pyrumid. M*niTiiii Lm, Graine \ (Feuilles de 1 déoimèt., arquées — Ecusson ombiliqué. Lariclo Vo» .

à aile /arrondieNFouillcsde 6.8 oentimtt. — Ecusson ùmamolon obtus. Ualcpcmh Mill. 1 1 ) . ,, ,11.

longue/ au \ , . ( (Ecusson à mamelon obttis. Sn.ïE8ini8 L.

E i ( sonimetP''^"'^''^^ Arbresélovcîs j j-^^^^y,, ..^ pointe conique. UncinCa Ram.

[ ' ' lArbre del.2m. — -Ecusson l'i pointe conique, rumilio llœmk.

\ Feuilles par .5, de 4.5 eontim. — Cônes dressés — Aile nulle — Ecusson nul. Ccmljrn h.

Pin pignon, P. pinea L., cône très volumineux, obtns ; graines très grosses ; arbre élevé, à cime en pai'asol, peurésinifère, — commun dans les montagnes du Midi; planté dans le Nord et fournissant ses graines, d'une saveur agréable, que l'on mange sous le nom de -pignons doux.

Pin MAHiTiîiiE, P. marilima Lm. (Pin dos Landes, grand Pin, Pinastre), cônes gros, coniques, aigus ; arbre à cime pyramidale, très résinifèro, — cultivé dans toute la France, surtout dans les landes de l'Ouest, sur la plus grande échelle, pour en obtenir la térébenthine.

Pin de Corse, P. laricio Poir., — pi'opre aux terrains les plus arides du Midi.

Pin de Jérusalem, P. halepensis Mill , — venant dans la région méditerranéenne.

Pin Sylvestre, P. syloestris L. (Pin sauvage, Pin commun. Pin d'Ecosse, Pin de Russie, Pinasse), cônes oblongs, aigus; arbre élevé, à cime pyramidale, — un des plus importants, très répandu dans la plupart des montagnes, formant sur les sols siliceux des forêts entières. Offre de nombreuses variétés.

Pin a crochet.s, P. uncinala Ram., — commun dans les Pyrénées, dans les Alpes.

Pin nain, P. pmnilis Hainko. (Pin de montagne), ramifié dès la base, — dans les tourbières des hautes montagnes.

Pin Cembro, P. cembra L., arbre élevé ou en buisson, — ■ habitant les contrées froides et les hautes montagnes, et dont les graines sont bonnes Ji manger.

Les feuilles de ces différentes espèces, notamment celles du Pin maritime et du Pin syhesirc, peuvent servir comme plantes fourragères, principalement pour les moutons, qui s'y habituent assez promptement, les races rustiques surtout. On les feit manger en hiver, attendu que l'été les moutons n'y touchent point. Ils ne les mangent pas non plus quand elles sout sèches, d'oii la nécessité de ne couper les branches que selon les besoins. Généralement, les animaux prennent ces feuilles sans difficulté ; s'ils les refusaient d'abord, on les y accoutumerait en trempant dans l'eau salée les branches qu'on leur destine. Le mieux est de mélanger les feuilles avec des topinambours coupés, qui, seuls, sont trop débilitants pour l'espèce ovine. On obtient ainsi, pour les animaux, une nourriture excellente qui les nourrit bieu et paraît, en outre , les préserver de la cachexie aqueuse.

Genre SAPIN. — ABIES L.

FUiirs toutes en chatons solitaires, épars ou terminaux ; — cônes allongés, à écailles ligneuses, amincies au sommet, serrées; — graine à aile persistante. — Feuilles isolées , rapprochées, planes ou tétragones , pourvues de lignes de stomates ; — tronc régiUièrement droit et conique, à branches étalées.

Arbres élevés, à écorce très résineuse , offrant, dans leur aspect et leurs propriétés, les plus grands rapports avec le genre précédent.

Sapin comiun, A. pectinata DC. , Pinus picea L. (Sapin blanc. Sapin à feuilles d'If), chatons mâles à l'aisselle des feuilles ; cônes dressés, épars, à écailles très larges au sommet tombant avec les graines ; feuilles très serrées, sur 2 rangs, — arbre des plus communs, venant sur toutes les montagnes de France, où il forme de grandes forêts, et souvent eidtivé dans les parcs. Les moutons, l'hiver, en broutent les feuilles, et en Angleterre on leur en donne de temps en temps; il faut alors les cueillir quelque temps avant d'en faire usage.

Il

S.M'iN KI.BVÉ, A. excehn IX'., l'inus obics L. (Ejnceii, faux Sapin, .Sapin do Norwùgo), clmtons inAlo.1 ('iiars ; cônes pondants, torininanx, il ooaillos troncpu'ios an sommet, persistantes ; fouilles opnrsos on tous sons antour dos i-anieanx, —très répandu aussi sur les liiiutos montagnes; manpr do mémo par les moutons.

Genre MÉLÈZE. — LAIUX T.

(Car.act. du genre AuiEs). Chalons mâles entourés ii leur base d'écaillés soudées entre elles. FouiHos i-assomblées on grand nombre et par houppes sur un tubercule de l'écorce, caduques.

JIklèze d'Europe, L. curopœa DC, Pinus larix L., cônes dressés, courts, il écailles persistantes ; arbre tr6s élevé, — lo seul de la famille qui perde ses feuilles l'hiver, vouant surtout dans los Alpes; laisse suinter de ses feuilles une substanoe fade, dite manne de Briançon.

A cette mOnie tribu des Abiétinéos appartiennent un grand nombre d'autres espèces exotiques, dont quelques-unes fort communes :

Le CÈDUE DU Liban, Abies cedrus Poir., — aujourd'hui cultivé partout ;

Les Séquoia, les géants du règne végétal, arbres venant en Californie et au Mexique; — ■ les Araucaria, qui remplissent les forêts du Brésil et du Chili, etc.

a» Triton. — OUI»R,ElSSIIVEE3S.

Chatons mâles ti'ès petits, à étamines imbriquées. Anthères à 2.6 loges séparées, adnées. Pollen simple, globuleux. Chatons l'emelles à écailles peu nombreuses, verticillées en plusieurs séries autour d'un axe court, ellesmêmes charnues ou ligneuses et étroitement conniventes à la maturité. Graines 2 ou un plus grand nombre, dressées.

Arbres ou arbisseaux des climats tempérés de l'Europe centi-ale, offrant

dans leur écorce des matières résineuses volatiles, analogues à celle des

Abiétinées mais ne renfermant pas d'huile volatile, et quelquefois unies à

un principe astringent qui donne à ces plantes des propriétés stimulantes et

toniques.

Genre GENÉVUIER. — JUNIPERUS L.

Fleurs ordinairement dioïques ; — nhatotis femelles à écailles verticillées par 3, les 3 supérieures uniflores, accresoentes et se soudant complètement à la maturité; — /■«<!( formant une fausse baie renfermant 3 graines anguleuses, non ailées, osseuses, odorantes.

Genévrier commun, J. communis L.

Fruits globHleux, petits, uoirs, couverts d'uue poussière glauque, feuilles liuéaires-aiguës, piquantes, verticillées par 3, persistantes. — Arbuste très rameux, à rameaux rouges, anguleux. Plante souvent eu buisson et exhalant de toutes ses parties une odeur résineuse aromatique.

Espèce extrêmement commune dans toute la France, surtout dans les régions montagneuses.

CIINIKHIlliS. 711

hul)itiint les buis ot coteaux arides et iii-oultcs, au iriilieu des puiousus de iiiojitagncs, où parfois elle abonde ot couvre do vastes étendues. Los moutons on rocliorcliont les jonnes iiousscs, mais à l'6tat frais souloinont; car, aprts leur dessiccation, les fenillos (levionnont ]iir)uantes et acériios, ot no peuvent plus être mangées. Los fruits clnirnus do cette espcco, appelés Imins de genièore, offrant une odeur aromatique, une saveur chaude et amére, sont tri'S usitées en médecine comme excitantes, toniques, sudorifiques ; ces baies, très bonnes aussi pour prévenir la pourriture du mouton, sont mangées en outre par beaueoup do quadrupèdes et d'oiseaux. On les emploie encore pour fabriquer uno boisson fermentéo, en usage dans les pays de montagne sous le nom de (jenevrelto, et une liqueur alcoolique, dite fienihre ou rjin, très connue dans le Nord.

J. alpina Clus., fruits ovoïdes, allongés ; feuilles appliquées , tiges et rameaux 'couchés, — vai'iétédela précédente, se trouvant sur tontes les hautes montagnes de France.

J. oxyoedrus L. (Cado), fruits globuleux , rouges ; feuilles vertioilléos par 3 , étalées ; arbre dressé, très rameux, — commun dans la région méditerranéenne, fournissant par la distillation l'huile empyroumatique dite huile de cade, d'un emploi fréquent comme antipsorique chez les animaux.

J. pluenicea L., fruits globuleux, rougos ; feuilles très petites, ovales, imbriquées ; arbre dressé, à rameaux tortueux, — dans toute la région méditerranéenne, dans les Pyrénées et les Cévennes, formant des forêts dans la Camargue.

J. sahina L., fruits très petits, globule\ix, d'un bleu foncé; feuilles ovales-aiguës, imbriquées sur 4 rangs, munies sur le dos d'une vésicule résinifère ; arbuste dressé, pyramidal, — dans les lieux secs et pierreux des Alpes et des Pyrénées ; feuilles exerçant une vive action sur le système nerveux, souvent employées comme emménagogues.

J. virginiana L. (Cèdre rouge), — bel arbre exotique, cultivé dans les bosquets, dont le bois rouge violacé sert à fabriquer les crayons.

Dans les genres exotiques acclimatés devraient être cités :

Le Cyprès commun, Cupressus sempcrinrens L., servant pour les plantations funèbres ;

Les divers Thuya, Thuia L., généralement en usage pour les plantations d'ornement.

3» Tritou.. — TAXIIVIDES.

Chatons mâles à étamines nombreuses autour de l'axe floral. Anthères à 3.8 loges sur chaque connectif. Pollen simple, globuleux. Fleurs femelles distinctes, insérées chacune sur un disque cupuliforme accrescent, constituées par un seul ovule au centre du disque. Fruit drupacé, formé par le disque épaissi et charnu. Graine dressée, à 2 cotylédons. — Un seul genre indigène.

Genre IF. — TAXUS T.

Fleurs dioïques, axillaires ; — ■ chatons mâles, solitaires ou géminés, très petits, ovoïdes, entourés à leur base par des écailles imbriquées ; . — jleurs femelles solitaires . avec écailles opposées à leur base ; — graine non ailée.

712 CUNIFKHKS.

H-' COMMUN. — r. UACVÀTA L.

Kriiits sossilos, il'iiii rouge vif, globuleux, ouvert par le Imut. — Grnincs assez grosses, vcrdàtros. — Fouilles lim'niros, planes, vapproclices et sur 2 rangs. Arbre très i!'levé ou arbrisseau tris Tamcux.

Cette esppcc, la seule du genre, vient naturellement dans les forêts et bois de montagnes, des Cévennes, du Jura, des Voges, surtout dans les lieu.x froids et ombragés et se montre rarement isolé ; très communément cultivé comme arbre d'ornement, l'If est précien.x pour sa facilité à prendre, par les tailles, toutes les formes. D'une extrême longévité, il fournit le bois le plus dur après le Buis. Mais ses feuilles sont un poison pour l'homme et tous les animaux. Cette propriété vénéneuse, assez prononcée, était déjà connue des anciens ; elle a donné lien à des accidents fréquents observés à diverses reprises, et d'autant plus à redouter que les animaux mangent volontiers ces feuilles. L'empoisonnement par les feuilles d'If, observé à diverses reprises, se caractérise par une sorte d'ivresse, suivie de mort, qui est quelquefois foudroyante. Il importe donc d'en éloigner avec soin les bestiaux, qui le broutent sans défiance. La graine aussi est réputée vénéneuse ; mais le péric.arpe du fruit est sans action nuisible.

4" Tribu. — EPHEORACKES OU OPSTETACEES.

Chatons mâles pourvus de bractées, comprenant plusieurs groupes d'étamiues sondées en colonne, avec gaîne périgonale à la base de chaque groupe. Espèces exotiques, à formes singulières. — Une seule indigène.

Le Raisin de mek, Ephedra distachya L., petit arbuste des s.ibles et coteaux des bords de la Méditerranée et de l'Océan.

5^^^ CLASSE. - MONOGOTYLÉDONÉES

Famille des ALISM AGEES R. Bb.

ROSACÉES T.; JONCÉËS Juss.

Fleurs hermaphrodites ou monoï(jues, régulières; — périgonek 6 divisions sur 2 rangs, les 3 extérieures herbacées et persistantes, les 3 internes pétaloïdes ; — étamlncs 6.12 ou plus, hypogynes, à anthères biloculaires ; — ovaires 3.6 ou plus, distincts ou soudés par la nervure ventrale ; — style court, avec stigmate simple; — fruit formé par 6.12 ou plus carpelles, uniloculaires, secs, libres ou soudés ; — graines à embryon courbé, sans albumen. — Feuilles ordinairement toutes radicales, à pétiole engainant, à limbe entier. — Plantes herbacées, vivaces.

Plantes aquatiques ou venant dans les lieux marécageux, où elles se

montrent parfois avec une extrême abondance; à l'état frais et quand elles

sont encore jeunes, elles sont toutes du goût des bestiaux ; mais sèches elles

ne donnent qu'un mauvais pâturage.

! Fi. monoïques — Antlières extrorses — Cavpell. libres, à 1 graine. Sagittaria. .,, , 1 j'i ( Carpelles nombreux, libres, à 1 srraine. Alisma.

Heurs nermaphrodites — \ ' > i e

( Carpelles 6.8, soudés, à 2 graines. . . . Damason:um.

^ [ Carpelles soudés, îi graines nombreuses — Fleurs hermaphrodites Butomus.

Genre SAGITTAIRE. — SAGITTARIA L.

Fleurs monoïques; — étamines nombreiises ^ — antlières extrorses, basifises ; — carpelle^très nombreux, comprimés, monospermes, sur un r''ceptacIo globuleux.

Sagittaire commune, S, sagittœfolîa L.

Flèche d'eau, Flechièrc , Sagetto , Queue d'arondelle. Fleurs blanches tachées de rouge, opposées, en grappe hiterrompnc, les mâles plus nombreuses et plus grandes. Carpelles ailés, en tète globuleuse. Feuilles longuement pétiolees, profondément en flèche, à lobes écartés. Tige dressée, de (j.lO décimètres.

7J/t Vl.l.S.MACÉES.

Plfiiite fort i-éiiaiuliic (Inns les cnux inni-ucagousos, où clic iirciid iiavfois un grand (U'velofinoiiiont. Ses fouilles d'iino siivoiir ilcrc, un i>cn iidoncio par nno mooUo aboiiclauto et savoureuse, sout mnngiScs nvoo avidité par les chevaux, les cochons et les chèvres ; ses tiges souterraines, i^piiissos et fiSculontos, sont mOmo alimentaires pour l'homme.

Genre FLUTEAU. — ALISMA L.

Flêuu hermaphrodites, blanches ou roses ; — élamincs B.12, k anthores introrses Kxées par le dos; — carpelles nombreux, verticillés ou en tête, induliiscouts, monospermes.

Flute.\u faux-plantain, a. plantago L.

Plantain d'eau, P. aquatique, Pain de rjrenouilles , P. de crapauds.

Klours petites, longuement pédonculées, en verticillés braotéoU^s, formant ensemble une pniiieule pyramidale. Carpelles comprimés, en cercle sur un seul rang. Feuilles en rosette, lancéolées, aigui^s, cordiformes à la base. Tige de 2.8 décimètres. Pouchebulbiforme.

Espèce fort commune dans les fossés , mares , lieux inondés dans toute la France, et se mêlant fréquemment au foin des prairies marécageuses. Elle est d'ailleurs peu utile en tant que fourragère, et ou l'a considérée, à tort, comme antirabique.

À. parnassifolium L., feuilles obtuses, cordiformes h la base ; — A. arcualum Mich., feuille non en cœur, rameaux recourbés ; — A. ranunculoïdcsh., ombelle irrégulière; carpelles sur plusieui's rangs; feuilles étroites; — A. natans L., fleurs axillaires; feuilles les unes radicales, linéaires, immergées, les autres caulinaires, ovales, arrondies, flottantes ; tiges filiformes, — espèces plus ou moins communes dans les mares et étangs de toute la France.

Genre DAMASONIE. — DAMASONIUM Juss.

Elamines H ; — carpelles 6.8, soudés par la suture verticale, verticillés et prolongés en épine, à 1.2 graines.

D.stcllalum Pers., Alisma damasonium L. (Fluteau étoile. Etoile d'eau), fleurs en ombelles; carpelles étalés en étoile ; feuilles oblongues, — vient partout.

Genre BUTOME. — BUTOMUS L.

Fleurs hermaphrodites ; — elamines 9 ; — carpelles 6 , s'ouvrant par leur bord interne, polyspenne.

B. umbellatus L. (.Jonc fleuri), fleurs en ombeUe simple, très fournie ; feuilles linéaires, — commune dans les marais et fossés.

AMl'AllAGINÉES.

Famille des ASPARAGINÉES Juss.

Fleurs honnaplirodites ou dioi(ju(3S, rôguliorus, ti'o.s jioUtcs ; — piirùjonc pôtaloïde, à 4.10 divisions libres ou soudées, sur 2 rangs; — élamines en nombre égal ou inférieur à celui des divisions périgonales; — ovaire libre, à 3 ou 2.5 loges, et autant de styles, libres ou sondés; — fruil liaccifornie , globuleux, indéhiscent, à 1.4 loges ; — graines une ou plusieurs, à test épais, à embryon très petit, dans un albumen charnu ou corné. — Feuilles ordinairement sessiles , engainantes, quelipiefois réduites à l'état d'écaillés, les ramuscules alors devenant l'oliiTormes ; — souche traçante ou rhizome, librenso, noueuse ou écailleuse. — Plantes toutes vivaces.

Espèces herbacées ou ligneuses, exotiques et indigènes, communes surtout dans les bois, et rares dans les prairies. — Se l'épartissent dans les genres suivants :

/Styles distincts — Fleurs Iiermaplirod. — Périgoiie persistant, à 8 divisions. Pakis.

/FI. Iiermaplirod.

Pévisone caduc

Styles soudés

iBaie polysperme Stkbptopus.

Baie à 3 loges i ^'^'^^ S'-£''e- • Poltgonatum .

mouospermes ),.,,,. .-.

' ( Style épais . . Contallaeia.

Périgone à i divisions Maianihesium.

,, , . , L Feuilles capillaires.. Aspakagus.

rerigone caduc — * ^

Fleurs dioïques — ) Etaniines libres

Périg. à 6 divisions ,

Périgone persistant — Etamines soudées. . Ruscus.

Feuilles cordiformes. Smilax.

Genre PARISETTE. — PARIS L.

Périgone herbacé, à 8 divisions profondes, étalées, les internes filiformes ; — etamines 8, à filets sondés inférieurement, prolongés eu pointe au-dessus des anthères ; — ovaire il 4.5 loges, multiovulés ; — styles 4, distincts ; — baie polysperme.

Parisette a 4 FEUILLES, P. quadvifoUa L.

Raisin de renard^ Etrangle loup, Morclle à quatre feuilles. Herbe à Paris.

Fleur solitaire, grande, dressée sur un pédoncule terminal. Feuilles simples, ovales, aouminées, au nombre de 4 , à un seul verticille au sommet de la tige , très étalées. Tige simple, de 2 à 4 décimètres. Souche longue, horizontale.

Plante commune dans les bois humides et ombragés de presque toute la France; d'une odeur forte et d'une saveur désagréable, elle est acre dans toutes ses parties, surtout dans la souche et le fruit, à la fois purgatifs et émétiques, et pouvant agir comme les poisons narcotico-âcres. Néanmoins les renards en mangent les fruits, et les chè\Tes et montons s'accommodent de ses feuilles ; mais les autres bestiaux la dédaignent.

ASI'AHAdl.NliES.

Genre STUEPTOPE. — STREPTOPUS L. C. Rich.

Fleurs iixillnircs, blanclios j — périyone campanule! ; — l'tamincs libres ; — sltjlr lilifuiinc. S. ainiilexifoliua DC, Uvularia amplexifolia L., tigo flexueiise, — bois des montagnes.

Genre POLYGONATE. — POLYGONATUM T.

Fleurs axilliiii'es, ijcdouculùes, réfléchies, blanches, maculées de vert; — périgone tubuleux ; — clamines 6, libres. — Souche épaisse, charnue.

PoLYGONATE ANGULEUX, P. vulgafc Desî., Convallaria polygonatum h.

Muguet anguleux, Sceau de Salomon^ Grenouillet, Signet, Herbe à la rupture.

Pédoncules grcles, à 1.2 fleurs. Baie noire. Feuilles alternes, sur 2 rangs, larges, elliptiques. Tige dressée, anguleuse, trfes feuillée, de 2.5 décimètres.

Commun dans les bois des montagnes calcaires , les haies , les pâturages montueux et ombragés de tonte la France. Tous les bestiaux en mangent les feuilles, que recherchent surtout les chevaux ; les cochons mangent sa racine, un peu astringente.

P. multiflorum AU. , Convallaria inullijlora L. (Grand sceau de Salomon), pédoncules à 2.6 fleurs ; baie rouge ; tige arrondie, — mêmes lieux que le précédent ; mêmes propriétés.

P. verticillatum AU., Convallaria multiflora L., fleurs en verticiUe par l.B; baie violette; feuilles ordinairement verticillées par 4, lancéolées-linéaires, — bois et pentes herbeuses des montagnes de l'Est et du Centre ; mangé comme les précédents.

Genre MUGUET. — CONVALLARIA L.

Fleurs en grappe simple ; — périgone globuleux , campanule; — étamines 6, libres ; — style court, épais.

Muguet de mai , C. maialis L.

Lis de mai. Lis des vallées, Muguet des Parisiens.

Fleurs blanches, globuleuses, pendantes, en grappe unilatérale, très odorantes. Baies rouges. Feuilles radicales grandes, elliptiques, aiguijs, longuement pétiolées, engainantes. Tige grêle, de 15 il 20 centimètres.

Commune partout dans les bois et forêts, et se montrant quelquefois dans les prés, cette plante est mangée par les chevaux, les moutons et les chèvres, mais les vaches n'y touchent pas. Cultivée dans les jardins pour son odeur suave, elle offre une saveur amère ; elle a été parfois employée comme antispasmodique.

Genre MAIANTHEME. — MAIANTHEMUM Wigg.

Fleurs en grappe simple ; — périgone étalé ; — étamines 4 ; — style court, épais.

M. bifolium DC, Convallaria bifolia L., fleurs blanches; baie rouge j 2 feuilles caulinaires alternes , ovales , cordiformes ; de 8 à 13 centimètres, — bois montagneux du Nord, de l'Est et du Centre.

Diosr.dHÉES. 717

Genre ASPERGE. — ASPARAGUS L.

FInirs Jioïques, axillaires , solitaires ou pumini'os ; — pmY/onn à (i divisions, l'edressc'caconnivontes ; — étamines 0, libres; — stijie court. — Fcuilhunn rameaux foliiCorTncs ciipillaircs, en faisceaux ; — tige très rameuse.

Plusieurs espèces, venant généralement dans les lieux secs et dont les souclies émettent des jeunes pousses ou (ui'ions la plupart comestibles et doués de propriétés diurétiques.; renfermant, de plus, un principe oristallisable amer nommé asparagine.

A. tenuifoUiis Lin;, fleurs verdatres, baie volumineuse, rouge ; feuilles fasciculées par 15.20 h l'aisselle d'une écaille membraneuse, — bois et prés montagneux des Alpes, des Cévennes.

À. officinalis L., baies petites ; feuilles fasciculées par 3.6, — commune dans les bois et les prairies sablonneuses ; la seule cultivée comme espèce potagère.

A. acutifolius L. fleurs odorantes; feuilles piquantes, — baies et lieux pierreux du Midi. ^ A. amarus DC, tuvions amers, — sables de la Méditerranée.

A, albus L., Heurs blanches; feuilles un peu charnues, — lieux secs de la Corse.

Genre SMILAX. — SMILAX L.

Fleurs axillaires, en gvnppe simple, verdrttves ; — périgone étalé ; — étamines fi, libres.

S. aspera L. (Liseron épineux, Siilsepareille d'Europe), feuilles en cœnr :i la base, persistantes, épineuses, à pétiole court, avec 2 stipules eu vrille; tige ligneuse, grimpante, épineuse, — haies et buissons du Midi ; souche employée quelquefois comme sndoritîque.

Genre FRAGON. — RUSCUS L.

Fleurs verdatres, très petites, à l'aisselle d'une feuille bractéiforme ; — pe'rigone persistant, étalé; — étamines 3, soudées à la base. — Rameavx foliiformes ovales, acuminés, portant le pédicelle sur la nervure.

R. aculeatiis'L. (Houx frelon, Petit Houx), fleurs solitaires; tige très rameuse; rameaux foliiformes à pointe piquante, — ■ venant partout, dans les lieux stériles, les bois des terrains calcaires ; repoussé des animaux, qui mangent cependant sa souclie, amère, apéritive et diurétique.

fi. hypoglossum L., fleurs fasciculées ; rameaux foliiformes mutiques, — dans le Sud-Est.

Famille des DIOSCOREES R. Br.

(Caract. généraux des Asp.^raCtInées). Fleurs dioïqnes, en grappes a.xillaires ; — périgone à 6 divisions; — ovaire adhérent ; — styles 3, soudés à la base; — fruit à 3 loges monospermes, ou uniloculaire par avortement des cloisons. — Feuilles pétiolées , simples, cordiiormes , lisses, à nervures anastomosées; — tiges volubiles de droite à gauche, k rhizome tuhéreux. cliarnu. — Plantes vivaces ou arbrisseaux.

718 DIOSCORÉES.

Familles des régions tropicales et de riiémisphèro austral, à peine repi'ôsenlées dans les contrées tempérées, et dont deux genres seulement sont connus en France.

Genre TAME ou TAMIER. — TAMUS L.

Fruil bacciforme, indt-liisceiit ; — graines globuleuses. — Feuilles alternes ; — (19e lierbac<!e.

T. communis L. (Taniiuiei", Tamisier, Sceau (le Notre-Dauie), fleurs géminées, d'un blanc jaimAtre, les grappes mâles plus allongées, — bois et buissons clo toute la France, où il s'enronle niitour des arbres voisins ; son rhizome , autrefois employé comme purgatif, diurétique et résolutif, est aujourd'hui sans usage ; la plante produit des turions comestibles comme ceux de l'Asperge.

Genre DIOSCOREE ou IGNAME. — DIOSCOREA L.

Fruit capsulaire, à 3 angles membraneux, très saillants, déhiscent aux angles; — graines comprimées, ailées. — Feuilles opposées, triangulaires, à pétioles produisant à leur aisselle des espèces de tubercules dits bubilles : — tige herbacée ; — racine charnue, féculente.

Genre e.xotique, comprenant plusieurs espèces cultivées dans toute la région intertropicale, et dont le tubercule radical fournit une alimentation abondante au.x Chinois, aux Malais, aux indigènes de l'Océauie et de l'Afrique occidentale. Une de ces espèces, introduite en France, tend à s'y acclimater.

Igname de la Chine, D. batatas Dec.

Fleurs mnles en petites gi-appes réunies par 2.4 à l'aisselle des feuilles; gr.appes femelles plus longues. Tige cylindrique, grêle, rouge, Racines allongées, renflées en massue 11 leur extrémité, s' enfonçant profondément dans le sol, et émettant des filaments fibreux.

Cette plante, depuis longtemps alimentaire en Chine ou au Japon, où elle est employée comme la Pomme de terre en Europe, a été importée en France, en 1846, par l'amiral Cécile, et de nouveau, en 1850, par M. de Montigny. Sa racine, préconisée comme succédanée de la Pomme de terre, off're avec celle-ci une très grande analogie de composition ; d'une saveur peu marquée, légèrement laiteuse, elle renferme 8 à IB pour 100 de fécule, mêlée à un principe acre et amer, et pins propre à la panification que celle de la Pomme de terre.

Comme les autres plantes à racine tubéreuse, l'Igname se reproduit par des repousses naissant des racines conservées dans le sol, et qui périssent tous les ans après avoir alimenté de nonveaux tubercules. Elle vient dans tous les terrains , mais de préférence dans les terres légères et fraîches, et toutefois non humides. On la multiplie de plusieurs façons : 1° par les semis de graines, moyen qui ne peut être généralisé, la plante ne produisant des graines qu'en Provence et en Algérie, et celles-ci germant d'une manière très inégale ; 2° par les semis des buibilles ou grenons, qui naissent k l'aisselle des feuilles, sur les plantes de deux années, principalement dans les pays méridionaux , et que l'on récolte au moment où les tiges meurent , pour les semer, soit en pot, immédiatement, soit au printemps suivant, en pleine terre, en ayant la précaution .alors, pour les conserver jusqu'à ce moment, de les mettre dans des vases recouverts de terre; 3° par tronçons de racines, que l'on plante en mars on avril, en pleine terre ; 4° par bouture, au moyen d'un fragment de rameau muni d'un œil, que l'on place, en juillet, dans un godet, sous cloche^ et que l'on repl.inte en pleine terre, au bout de cinq à six semaines, quand de nouveaux tubercules ont commencé à se former.

L'Igname, dont la végétation est de deux ans, exige les mêmes soins que la betterave. En laissant les tiges retomber en liberté, elles s'enchevêtrent, reeonvi-ent le sol et dispensent de

(;(i/,i;hi(:acées. 710

travaux do binago. L'arracliiige, qui B'efl'octno lo pin» tard possible, en automne, exige Ijcaiicoup do précautions, vu la profonde pénétration do la nicino et la facilité avec laqnelle elle se easue. Après l'arraoliago, on laisse quelque temps les racines sur lo sol, afin qu'elles se rossnyont et soient moins aqueuses; après quoi elles sont livrées il la consommation, les plus petites étant conservées dans du sable pour la plantation de l'année suivante.

Pouvant donner un rondement assez élevé, que l'on a évalué à 30. 40 même .50 mille kilog. par liectaro, bien que l'on n'ait pas encore pu l'apprécier exactement; douée de propriétés alimentaires qui lui permettent do rivaliser avee la Pomme de terre, Plgnamo de la Cliino aurait déjii, dans nos contrées, acquis une grande importance économique, si elle n'offrait l'inconvénient d'avoir nue racine longue et prénétrante qui en rend l'extraction diflicile et coûteuse, et empCclie, notamment, son introduotiou dans la grande culture. On a voulu remédier à ce défaut, en essayant de produire, par des semis, des variétés h tubercules moins allongés, plus faciles à arracher; mais on n'a point encore obtenu des résultats permettant de compter sur un succès durable.

t'ii autre avantage, longtemps attribué il l'Igname, était la faculté de résister, en terre, .'i un froid pouvant aller jusqu'à 14" au-dessous de 0 ; en réalité, elle ne résiste à l'abaissement de température qu'autant que sa racine arrive assez profondément pour n'en pas sentir l'atteinte ; quand elle y est exposée, elle se comporte comme la Pomme de terre : elle gèle et se détruit.

Ajoutons que l'Igname peut être utilisée comme plante fourragère ; ses fanes, assez abondantes, conviennent très bien au bétail, auxquels on peut réserver également les tubercules en excès ou altérés qui ne pourraient servir :i l'alimentation de l'homme.

D. pyrenaica, espèce indigène, encore peu connue, récemment découverte dans les Pyrénées.

Famille des COLCHIC AGEES DC.

LILIACÉES T.; HEXANDME L.; JONCÉES Juss.; MÉLÀNTHACÉES R. lÎR.

Fleurs hermaprodites, rarement polygames, régulières ; — périgonc pétaloïde, à 6 divisions, sur 2 rangs, libres ou soudées en tube ; — étamincs 6, insérées sur le périgone, à anthères introrses ; — ovaire libre; formé par 3 carpelles distincts, soudés par la nervure centrale ; — styles 3, libres ou soudés par la base, à stigmates simples : — fruit capsulaire, membraneux, à 3 loj'es se séparant à la maturité et s'ouvrant par la nervure centrale ; — graiius nombreuses, insérées à l'angle interne des loges, à test membraneux et embryon presque cylindrique dans un albumen épais. — Feuilles toutes radicales, quelquefois caulinaires, simples, étroites, sessiles, embrassantes; — soiiche ordinairement bulbeuse, parfois tubéreuse ou fibreuse. — Plantes toutes herbacées et vivaces.

Famille composée d'espèces exotiques et indigènes, dispersées partout, se montrant principalement dans les régions boréales, et toutes douées de propriétés assez prononcées. Celles de nos contrées, acres et vénéneuses dans toutes leurs parties, doivent leurs propriétés à des alcaloïdes qui ont pu être isolés par la chimie. Elles constituent toutes des plantes nuisibles pour les animaux ; en médecine, elles sont utilisées principalement pour le traitement des affections goutteuses et rhumatismales. — Les espèces indigènes sont comprises dans les genres suivants :

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