GENISTA
Genêt poilt', G. pilosa L.
Fleurs nombreuses , eu grappes terminales , unilatérales , supportées sur des pédiceUes plus longs que le calice. Calice et corolle velus. Gousse linéaire , comprimée, très velue. Feuilles très petites, oblongues, pliées en goiittière, velues en dessous : les inférieures fasciculées ; les supérieures alternes, solitaires. Tiges couchées, radicantes, rameuses de? la base, à rameaux nom-
64 I.15GUMINEUSES.
bronx , courts , anguleux , pubosoonts. Taille de 3 i\ 5 cléeimètrcs. Floraison tout l'été, depuis le comuiencemcnt du printemps.
Cette espèce eroît dans les terres arides, les lieux pierreux des montagnes, parmi les bruyères ; SCS longues racines pénètrent jusqu'à 2 o>i 3 mètres de profondeur, ce qui hii permet de vivre dans les terrains les plus secs, do résister au froid aussi bien qu'aux fortes cboleurs, et do végéter i\ pou près toute l'année. C'est de tous les Genêts celui que les bestiaux et principalement les moutons préfèrent; il paraît mGme leur être salutaire, par le principe amer qu'il contient; ces animaux le broutent jusqu'à la racine ; mais il repousse immédiatement en produisant de nombreux rameaiix qui s'étalent et garnissent les terrains. D s'associe très bien au trèlle, aux "raminéos et on général aux plantes fourragères des terrains secs, et peut ainsi procurer un p.'iturage presque continuel. Sa graine, qui est grosse, lève fiicilement et les plants réussissent toujours. C'est doue, en résumé, ime bonne plante, avec laquelle on pourrait utiliser de très mauvais terrains et en obtenir une nourriture assez abondante.
Genêt ramp.vnt, G. humifusa Villars.
Feuilles linéaires, poilues sur les deux faces. Pédicellc des fleurs plus court que le calice. Espèce très rare en France, signalée dans une seule localité, les rochers de Brama-Buou (Hautes-Alpes). Peu recherchée des animaux.
Genêt des teinturiers, G. tinctoria L.
Genestra, Genestrelle.
Fleurs en grappes nombreuses, oblongues, formant par leur réunion une grande panioule pyramidale. CaUce et corolle glabres. Gousse oblougue, glabre. Feuilles nombreuses , presque sessiles , éparses, ovales, lancéolées, glabres sur les faces, ciliées sur les bords. Tiges à rameaux droits et serrés contre la tige, grêles, cylindriques, presque herbacées. Taille de 4 à 6 décimètres.
Ce Genêt est commun dans toute l'Europe, principalement dans les pâturages des montagnes calcaires, où ses racines atteignent jusqu'à 2 mètres de profondeur. Il lève et se propage avec faoihté, dure longtemps. Tous les bestiaux, les chevaux et les moutons, notamment, le recherchent, surtout quand il est jeune. Les teinturiers , autrefois., recueillaient les sommités pour en obtenir une couleur jaune, dite genestroUe, qui n'est presque plus employée de nos jours. Cet arbuste, par ses fleurs, produit im bel eflFet dans les jardins paysagers.
On trouve, dans les montagnes du centre de la France , une variété de cette plante dont on a fait ime espèce particidière, le Genêt a larges fedilles , G. latifolia, se distinguant du type par ses feuilles plus larges, obtuses et luisantes comme celles du buis. EUe forme de beaux gazons, et donne des fanes moins dures et plus abondantes que l'espèce ordinaire. On pourrait la propager utilement sur les pelouses des montagnes , où déjà elle vient naturellement , et où elle fournirait sans doute d'excellents pâturages.
Genêt a tige ailée, G. sagittalis L.
Fleurs grandes, en grappes presque globuleuses, non fouillées. Calice velu. Gousse oblongue, comprimée, noirâtre, velue. Feuilles peu nombreuses, alternes, sessUes, lancéolées, entières. Tige presque herbacée, demi-eouehée, à rameaiix nombreux, dressés, comprimés, herbacés, pubescents, oiïrant dans leur longueur 3 ailes larges, foliacées, produites par la décurrence des femUes, et s'interrompant de distance en distance pour l'insertion de celles-ci. Taille de 2 à 4 décimètres.
Abondante sur les collines arides et les sols calcaires, parmi les pelouses sèches et au milieu des buissons, cette espèce est refusée des bestiaux, qui en broutent seulement les sommités quand elle est jeune. Est nuisible, par cela même, aux pâturages communaux de certahies parties de la France. N'est utile que pour garnir les gazons des jardins paysagers.
Genêt d'Angleterre, G. aiiglica L.
Gousse renflée. Feuilles des rameaux florifères larges et arrondies, les autres linéaires. Formant un arbrisseau en buisson, de 1 mètre de hauteur environ.
I,l';r,TIMINEIISI3R. (If)
Cette osprco se voiieonti'o plus on moins fn'(|ncinmont snr les pelouses arides; elle ne pent servir à l'alimontation à cause ilo la raretc') do ses fenilIcB, do la dureté de ses tige», et surtout de SOS épines nomlironsos, qni tiennent éloignés tons les animaux.
Genêt D'Arj-EMAfiNn, fl. f/ermanica L.
Gonsse courte, ovoïde, cnmpriméo. Keuillcs longnoniont ciliées. Taille de 3 ù (i décimétro» Habite les mômes lieux et offre les mSmos inconvénients que le précédent.
Genêt d'Espagne, G. hispaiiica L.
Feuilles veines. Taille de 1 à 2 décimùtres. iVIauvaise plante, reponssée également dos animaux.
Genre SAROTHAMNE. — SAROTHAMNUS Wimm.
Fleurs pédicelléos, solitaires on fascicnlées aux nœuds supérieurs des rameaux ; — calice sc.irieux, à 2 lèvres courtes, écartées, la supérieure à 2 dents, rinférie\ire ii 3 ; — corolle k étendard redressé, orbiculaire ; — stijlc long et lîlîforme; — gousse linéaire, comprimée, polysperme ; — feuilles trifoliolées, quelquefois uuifoliolées supérieurement. — Arbrisseaux non épineux.
Ce genre comprend très peu d'espèces, dont une seule est usitée.
SAROTHAMNE COMMUN. — S. SCOPARIUS KocH.
Spartiwn scoparium L. ; Gcnista scoparia Lam.
Nom vuloaire. — Genêt à balai.
Fleurs grandes , jaunes , faiblement odorantes , isolées k l'aiselle des feuilles , généralement unilatérales et foi-mant des grappes terminales. — Style contourné en spirale pendant la floraison. . — Gousse velue sur les deux faces. — Feuilles très petites, les inférieures pétiolées et à 3 folioles oblongues, pubeseentes, sessiles, unifoliolées et glabres; les supérieures toutes extrêmement caduques, tombant à la floraison. — Tige ligneuse, à rameaux nombreux, dressés, flexibles, angideux, d'un vert foncé. — Taille de 1 à 2 mètres , quelquefois beaucoup plus. — Floraison en mai et juin.
Cet arbrisseau est extrêmement commun dans les bois incultes, les terrains arides , les pâturages sablonneux , dans les landes les plus stériles des parties centrales et méridionales de l'Europe. Partout les bestiaux, et surtout les moutons, en maiigent avec avidité les feuilles, les fruits et les jeunes pousses. Il est, en outre, employé aux usages les plus variés : pour faire des balais, des liens propres à la vigne , de la filasse ; pour tanner les cuirs ; pour faire, avec les troncs, des échalas très durables. On en fait encore de la litière, de l'engrais, en l'enterrant; ou bien on le brûle, soit comme combustible, soit pour en tirer de la potasse, etc. Enfin, par l'éclat de ses fleurs et la permanence de son vert, il est très propre à orner les jardins paysagers.
On le cultive en Italie et dans d'autres contrées méridionales pour ces divers objets, et en même temps comme plante fom'ragère. On utilise de la sorte des terres qui autrement resteraient incultes. Pour le semer, il faut en cueillir la graine avant la maturité , sinon elle se perd, lancée au loin par la
00 I.ÉGtlMINEIISES.
lorsioii do la gousse; on la laisse achevoi' du mûrir, dans un grenier hien aéré, mélangée à trois ou quatre fois son poids de terre ou do sable.
Cette graiue est répandue, dans les premiers jours du printemps, par-ilossus l'avoine, et n'est point recouverte par la herse, car elle ne peut soulIVir d'être enterrée. On sème claii' si on' veut du bois, épais si on veut du fourrage, de la litière ou de l'engrais. Dans ce dernier cas, on fauche les tiges, dès la seconde année, jusqu'à trois fois ; deux ans après, on y passe la ^.harrue. On sème une céréale, ensuite une légumineuse , puis on revient au Genôt, et l'on a ainsi un assolement productif pour les terrains de mauvaise nature.
Il est question, dans un mémoire de François de Neufchateau, de l'emploi qu'on fait du genêt à balai, dans les environs de Bruxelles , pour améliorer les fonds sablonneux, en le mêlant à de l'avoine et à du trèfle. On récolte l'avoine la première année, le trèfle la seconde, le genôt la troisième, et on laisse le sol en bon état, propre à recevoir des céréales. Dans quelques cantons de la Bretagne, ou cultive cette plante uniquement pour en couper tous les ans les rameaux, que l'on enterre dans les champs en culture. Cette méthode et les précédentes conviendraient à tous les pays de landes.
D'après cela, on voit combien il est à regretter que cet arbuste soit si peu apprécié, abandonné aiix classes pauvres des campagnes, et quels services il pourrait rendre pour garnir les coteaux à pentes rapides, les rochers nus et arides, sur lesquels il créerait la terre végétale propre à en assurer la fertilité future.
Quand on le destine à l'usage alimentaire, c'est la troisième année cfu'on en coupe les jeunes rameaux, que l'on donne non-seulement aux moutons et aux chèvres, mais encore aux vaches et aux chevaux. Avant de les distribuer, il faut les écraser avec un maillet, une presse ou tout autre moyen analogue ; on obtient ainsi une excellente nourriture, qui, avec quelques grains, entretient parfaitement les animaux de travail. Dans les Cévennes, on en donne aux moutons les rameaux frais, pendant l'été, et le feuillage sec, pendant l'hiver. Dans plusieurs parties de l'Auvergne, des femmes et des enfants, pendant la floraison de la plante , vont sur les coteaux en recueillir les fleurs pom- les distribuer aux cochons cjni en sont très friands.
Pour faire disparaître le Genêt à balai des prairies où il se développe, il suffit généralement de le couper ras de terre au moment où il est en fleurs, la section du tronc amenant la mort de la racine. Mais, quand on ne veut plus récolter le fourrage, mieux vaut l'arracher pour profiter de celle-ci. Lorsqu'il a disparu, si on vient à passer la charrue, il arrive parfois que l'on met au jour des graines qui, cachées par le gazon, ne pouvaient se développer; elles peuvent alors germer et pousser pendant plusieurs années. Pour en débarrasser le sol, on les coupé comme il vient d'être dit.
Sarothamne purgatif, s. pimjam God.; Spartmm, purfjans L.
.^ Griot.
Fleurs (Tiiii juniio piile, solitaires. Fouilles toutes sessilos. Tiges !i ratnonux nombreux, les iufôriours nus , les supérieur» gurnis do fouilles. Tiiillo da 2 h A décimètres.
Cet arhrisseau croît daus les lieux secs, stériles, montueux, les subie» des rivirres, princlpiilemout dans nos provinces méridioualos. Hos feuilles et ses fî''"'i"cs ont des propriétés purffativc» ; mais elles sont saus visages.
Sarothamne en arbre, ,S'. arbonuH Webd.
Fouilles toutes pétiolées et trifoliolées.
Vient dans le Midi, on Afrique. Il a les proi)riété3 du précédent; est également inuoité.
Genre CYTISE. — CYTISUS L.
Fleurs jaunes; — calice persistant, ;i. 2 lèvres écartées : la supérieure entière, tronquée ou bidentée; l'inférieure il 3 dents; — corolle à étendard .ample, redressé, oblong, plus long que les ailes et la carène; — style courbé au sommet; — gousse très longue, linéaire, comprimée, polysperme ; ■ — ■ fmilles ordinairement trifoliolées; ■ — • liije ligneuse, dépourvue d'épines.
Ce genre comprend plusieurs espèces, formant des arJ^res ou des arbrisseaux , qui viennent aisément sur les terrains peu fertiles et s'y développent avec vigueur. Les animaux en mangent volontiers les fleurs, ce qui permet , bien qu'on ne puisse en former des prairies , de ranger ces espèces parmi les plantes fourragères. On doit toutefois éviter de faire consommer leurs graines, qui sont purgatives et malfaisantes. Voici un tableau synoptique donnant les caractères distinctifs des principales espèces de Cytises :
GENIŒ
CYTISUS
' Fleurs en grappes pendantes C. laburnum.
I Feuilles super,
sessiles, , . . . C. sessilifolius.
Feuilles toutes
pétiolées,... C. 7iigricans.
Calice long ( FI. nombreuses. C. capHalus.
tubideux I FI. rares C. supmus.
Fleurs latérales C. hirsutus.
Fleurs axillaires. , C. Iriflorus.
Feuilles uuifoliolées C. cl-ecmnbeiis.
Cytise des Alpes, C. laburnum L.
Cytise à grappes. Cytise faux ébénier, Ébénier sauvage, Ébénier des Alpes , Aubours, Arbois,
Bois-de-Uèvre.
Fleurs grandes, jaunes, odorantes, formant de longues gr.appes pendantes. Calice pubescenf. Gousse velue, abord supérieur épais, caréné. Feuilles longuement pétiolées, à folioles ov.ales, oblongues, mueronébs, un peu soyeuses et blanchâtres en dessous. Tige ligneuse, droite , ;i rameaux ouverts , s'élevant à 4 ou 6 mètres.
Cette espèce estiui fort bel arbre, qui croît naturellement dans plusieurs contrées montueuses de la France, notamment dans les Alpes et le .Jura. Les moutons et les chèvres en mangent les feuilles et les jexmes pousses saus difficulté; mais les vaches ont besom de s'y habituer; les chevaux les repoussent. Ou cultive ce Cytise comme fourrage. Les sols arides, grareleiis , sablonneux
08 uir.UMiNEUSE?.
lui conviennent, mais il redoute les terrains crayeux. On le sfcmo en mars, et il ilonnc bientôt de jeunes pousses, que l'on peut transplanter dès l'automne on au printemps suivant. 11 croît ensuite rapidement sans exiger aucune culture. On le donne aux bestiaux en sec ou en vert.
Quand il doit servir comme fourrage sec, on le récolte .soit tous les ans, soit tous les deux ans. Pour cola, en noftt et en septembre, on coupe les jeunes branches , après que le soleil a fait évaporer la rosée, puis on les laisse sécher et on les met on fagots que l'on abi-ite dans les grartges. Lorsqu'il doit être donné en vert , on se borne ii roffeuiller comme le mûrier et on donne les feuilles aux troupeaux.
Dans de bons terrains , on peut cultiver le Cytise des Alpes comme plante annuelle. On le sème alors en février, puis, en juin et en jiiillet, on le fauche pour le faire manger en vert ; ou bien on le coupe seulement en automne, et on en fait sécher les jeunes pou.sses pour l'iiiver. On pourrait entreprendre cette culture dans la plupart des contrées arides , où eUe serait d'une grande ressource.
Cytise a feuilles sessiles, C. sessilifolius L.
Trèfle des jardiniers.
Fleurs jaunes, en nombreuses grappes, courtes, terminales, pauciflores. Calice muni, à la base, do trois petites écailles caduques. Feuilles à folioles petites, ovales ou rhomboïdales, un peu mucronées : les supérieures sessiles , les inférieures et celles des rameux stériles, pétiolées. Arbrisseau glabre, très rameux, d'un beau feuillage, de 1 à 2 mètres de hauteur.
Cette espèce , originaire des contrées du sud et du sud-est de la France et de l'Europe , sur les coteaux exposés au soleil, est fort répandue dans les jardins. Les bestiaux la mangent comme le Cytise des Alpes, et on peut la cultiver de la même manière.
Cytise noikathe, C. nîgricans L.
Fleurs disposées en gi-appes terminales allongées.
Cette espèce doit son nom à la couleur brmie que prennent ses corolles en se desséchant. On pourrait la cultiver et l'employer de la même manière que le Cytise des Alpes.
Cytise en tête, C. capitatus .Tacq.
Fleurs nombreuses, réunies en masses globuleuses terminales entourées de feuilles. Rameaux grêles, très hérissés. Taille de 4 à 6 décimètres.
Cette espèce noircit, comme la précédente, par la dessiccation, et se trouve dans les mêmes sites. Les bestiaux la broutent également.
Cytise couché, C. su.pinus L.
Fleurs peu nombreuses. Tige radicante, de 3 ;x 4 décimètres. Habite surtout les coteaux arides de l'Est.
Cytise velu , C. hirsutus L.
Fleurs grandes, latérales, en grappe feuillée. Arbuste de 4 à 5 décimètres, à, rameaux dressés, très feuiUés.
Commun dans les Alpes, dans les lieux secs des contrées méridionales, ou tous les animaux, excepté les chevaux , mangent ses rameaux avec plaisir. Suivant Bosc , il donne beaucoup de lait aux femelles laitières.
Cytise a trois fleurs, C. trîflorus DC. Fleurs aux aisselles des feuilles supérieures. FeuiUes à folioles velues, mucronées, la moyenne plus longue. Arbuste de 1 Ji 2 mètres. =r Originaire du Midi.
Cytise penché, C. decumbens Walp.
Fleurs en longues grappes unilatérales. Tige couchée, souvent radicante. Participe aux propriétés des précédentes espèces.
Genre BUGRANE. — ONONIS L.
Fleurs roses ou jaunes; — calice campanule! h 5 divisions profonilos, linéaires; — corolle ii (Hentlard amplo, otalii, ovale on orbieulaire, il cavfcnc prolon^^iio en l)cc; — élamines rijnnie» ii leur partie inférieure; — style genouilM au milieu; — pousse ordinairement renflée, uniloculaire, oligosporme ; — feuilles alternes, à mie ou plusieurs folioles, ordinairement trifolioliéos, souvent gluantes et d'une odeur fétide; — tige presque toujours ligneuse, munie quelquefois d'épines longues et acérées; — racine longue et épaisse.
Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, dont quelques-unes offrent de l'intérêt, mais seulement par leur abondance, car les animaux les repoussent à cause des épines qui les garnissent. C'est l'un des. genres, parmi les Légumineuses, qui plaisent le moins au bétail.
BUGEANE RAMPANTE. — 0. REPENS L.