‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 126 sur 138 · CHA.MINÉES · texte numérisé non relu

CHA.MINÉES

Genre ROSEAU. — AliUNDO L.

Epilleit «llongés ; — /IciiM toiites lienimplivodites et lonsiiement barbues ; — gbimes presque (Sgiilcs, ftigiii'S, c«riSni!s ; — glumelles iiu'gales, l'inférieure plus longue, carénée, velue inférieurement, bidontée, (ivec l'iu-ête moyenne plus longue que les tlents.

GnAND liosEAU, A. donax L.

Roseau à qufuouiHej R. des jardins^ Canne de Provence.

Pnniculo dressée, serrée, très fournie, atteignant 5 décimètres. Epillets purpurins, ix 2.3 fleurs. Glumes égalant les fleurs. Style allongé. Feuilles très amples, lancéolées, planes. Chaumes presque ligneux, épais, dressés, feuilles jusqu'au sommet, de 3 iv 4 mètres. Souche rampante, tuberculeuse.

Très commun dans toute la région méditerranéenne et venant principalement dans les lieux aquatiques, et cultivé dans plusieurs contrées de la Provence, soit dans les jardins, comme plante d'ornement, soit pour fixer les terres le long des coui'S d'eau, soit pour ses tiges connues sons le nom de roseaux. On le plante alors non dans les lieux marécageux, mais au fond des vallées, nu bord des ruisseaux, dans les plaines où l'eau ne séjourne plus, ou bien sur les pentes des coteaux, auprès des sources et des endroits humides. La plante donnant rarement des graines, on la multiplie par séparation des jets latéraux. Dans le Midi, quelquefois, on la reproduit de ■'omis; alors on la laisse quatre ans ; puis on la coupe tous les ans, à la fin de l'hiver. — Les vaches et les chevaux mangent les feuilles quand elle est jeune ; mais ses tiges, longues et dures, ne peuvent servir de fourrage. On les emploie avec plus d'avantage, et journellement :\ un plus grand nombre d'usages, pour faire des lignes, des quenouilles, des échalas, des espaliers, des haies, des toitures, etc. En médecine, on utilise encore le grand roseau comme sudorifique, diurétique et antilaiteux.

.4. maurilanica Desf. , epillets plus petits; feuilles linéaires; moins grand; — spontané dans la région méditerranéenne, mats fleurit abondamment jusque sous le climat de Paris.

A. feslucoides Desf , A. ampelodesmos Cyr., Ampelodesmos tenax Link, panicide presque unilatérale; 'glumes plus courtes que les fleurs; glumelle inférieure à arête presque nulle; styles courts, — espèce spontanée dans la région méditerranéenne, et répandue surtout en Afrique, dans les sables du sud de l'Algérie, où elle est connue sous le nom de Diss, et rend quelques services, à défaut d'autre fourrage, pour l'alimentation des chevaux en campagne ; elle est bonne alors en hiver et au printemps ; plus tard elle devient trop dure.

Genre PHRAGMITE. — PHRAGMITES Trin.

Eitillet à 3.7 fleurs, l'inférieure stérile et nue à la base ; . — glumes inégales, plus courtes que les fleurs ; — glumelle inférieure plus longue, entière au sommet.

Phragmite co.mmun, Ph. communis^ Triu.; Arundo phragmites L.

Petit Roseau, Roseau aquatique, R. des marais, R. à balais, Jonc à balais. Balai de silence. Canette,

Caneau, Rou-eau.

Panicule à la fin penchée, violacée. Epillets minces, effilés. Feuilles grandes, à ligule ciliée. Cliaume très feuille, de 1.2 mètres.

Commun dans toute la France, principalement vers le nord, et venant dans tous les lieux humides, les marais, les étangs, les fossés profonds, les rivières. Il pousse naturellement sans être cultivé, et fournit aux bestiaux un fourrage abondant, d'un goût sucré, mais bon seulement quand la plante est jeune, .avant la sortie de la panicule; il est alors recherché surtout des

OKAMIiNÉES. 77'.)

vaches qui vont le prendre jusque duiis la vase. Ainsi, dan» les vastes marais du bord de la Miîditerranée, de la Camargue, où il vient (t profusion, il sert d nourrir les bœufs ot obcvaux sauvages du paya. Ce fourrage, didlcile il faner, doit être consommé vert, et, autant que possible, mélangéii d'autres plantes. Fauclic, il repousse immédiatement, et ces diverses qualités en font l'espèce la plus productive pour les prairies ar|uatiqties. On ne le cultive point cependant; on se borne ii le faucher dans les lieux oii il est spontané; dans les marais d'Arles, il donne tous les ans, sans aucun soin, une vraie moisson que l'on vend aux vignerons de la rive droite du Hbônc, qui l'enfouissent pour le transformer en engrais par sa décomposition lente. .Ses rhizomes sont légèrement sudorifiques et diurétiques ; de ses chaumes on fait des haies, des toitures de cabane ; ses panioules, coupées avant la floraison, servent il faire do petits halais d'appartement, et il est planté parfois pour retenir les terres au bord des cours d'eau.

P/i. f/ijariïea Gay., chaume plus fort et trois fois plus grand, — venant dans les marais d'Arles, et considéré souvent comme une simple variété du précédent, dont il partage les propriétés et les usages.

Dans cette même tribu se range le Ro.seau des Pampas, Gynerium argenteum, espèce dioïque, il individus femelles offrant des panicules plus grandes et plus étalées ; originaire des régions tempérées de l'Afrique australe, et jouissant d'une grande faveur, comme plante d'ornement, dans les jardins d'Europe oit il a été introduit depuis quelques années.

a° Triton — FESTUOEIES.

Fleurs en panicule rameuse. Epillets comprimés par le côté, pédoncules, multiflores. Glumes plus courtes queTépillet. Glnmelle inférieure à arête terminale, ou mutique. Styles ordinairement courts ou nuls. Stigmates sortant au côté ou à la base de la fleur.

( Panicule Festuca,

Ï Arête terminale ' ' Grappe distique. Brachïpodium.

^ „. , , Arête insérée sous le sommet bifide. Bkomus.

^\ aristee /

: Epillets fascicules — Grain libre . Dactylis.

i'Glumelle super, bidentée. Glyceria.

Glnmelle super, obtuse. . jNIoltîîia.

"•^^ ( ' ' Glnmelle inférieure carénée, la supérieure bilobée. Sphesopus.

fleurs, '

toutes

sessiles

(Epillets

si

!' Grain libre. . . . Poa.

Grain adhérent. Schleropoa.

(Ghim. super, entière, persist. sur l'axe — Gr. libre. Eragrostis

i Epillets ventrus — Grain adhérent Briza.

il dos arrondi !

' Epillets cunéiformes — Grain libre Schismus.

Ep. à 1.2 fl.fert., sess.,et 1.3 ti. rudim. pédic. — Gl. inég. — Glum. àdos arr. JIelica.

, Epill. il 2 fl. fertiles, la super, pédic. — Gl. inégales — Glnmelle infér. carénée. Catabrosa.

780 (IIIA.MINÉES.

Genre l'IsTrc^UE. — FESTUCA L.

PfiinVH(« ùtnléo ou subunilatérnle, il rameaux inférieurs géminés; — éi-illets i\ 3.10 fleurs, d'nliortl cylindriques nigus, puis comprimés ; — glumes 2, inégales, l'inférieure plus petite, toutes deux aigui's-ncumiuécs, ciiréuéos, uninerviées ; — (;liimellcs2, presque égales, l'inférieure convexe, donii-cyliudrique, :'i dos arrondi ou carénée, il nervures peu saillantes, convergentes au sommet, entière, aigui-, et terminée par une arête droite plus ou moins longue ; la supérieure aiguU, bifide ; — tjlumclltite.'i 2, entières, glabres; — cUtmines 3.1 ; — stigmates \irc5que sessiles, jthmieux, terminaux, écartés; — cnriojisc courbé en gouttière, appcndiculé, glabre, restant adbérent aux glumclles. — Ftuilles radicales généralement fascioulées, ramassées en gazon.

Ce genre, dont le nom par son élymologie (de fesiuca, brin, ou ft'tu de paille\ pourrait être celui de la plupart des autres Graminées, et l'un de.s plus nombreux de la l'amille, comprend des espèces abondantes dans les pelouses, les pâturages ou les bois de montagnes, où elles constituent un fourrage abondant, recherché de tous les troupeau.x, mais non des meilleurs cependant. Leurs feuilles raides au toucher, semblables aux feuilles des Roseaux, ont surtout pour eflét de ramener l'appétit en produisant sur la langue une sorte de saveur assez analogue à celle de la menthe. Elles offrent, d'ailleurs, entre elles d'assez nombreuses différences : les unes fortes, de taille élevée, à arêtes llorales très courtes, et les seules appréciées comme fourragères; les autres fuies, dures, et longuement aristées, constituant même, pour quelques botanistes, un genre spécial (le genre ri(//)/fl Gmel.), et d'une très faible valeur nutritive. — Les Fétuques, très polymorphes et offrant de plus entre elles de nombreux points de ressemblance, se trouvent par suite fort difficiles à classer, les botanistes étant même peu d'accord sur leur véritable déhmitation, et faisant entrer plusieurs d'entre elles dans les genres voisins, ou dans des genres nouveaux, non cependant admis par tous. Dans le tableau ci-contre, où, conservant le genre ancien, nous avons fait entrer l'ensemble des espèces indigènes admises par la généralité des auteurs , nous avons essayé de les grouper d'après les caractères offrant le plus de valeur pratique par leur constance et leur facile détermination.

Genre BROME. — BROMUS L.

Panicule plus ou moins étalée, à rameaux inférieurs ordinairement demi-verticillés ; — êpilkts à 4.15 fleurs, cylindriques ou ovales, puis comprimés; — glunies 2, inégales, l'inférieure un peu plus petite, carénées, acimiinces ; — glumeUes2, presque égales : l'inférieure convexe, fusiforme et carénée ou à dos arrondi, bifide au sommet, et offrant sous le sommet une arête plus ou moins longue continuant la nervure centrale ; la supérieure bidentée ou entière, à carènes pubescentes ou ciliées ; — glumeitutes 2, entières, glabres; — étamines 3.1 ; — s/i'jmaffs sessiles, plumeux, très écartés, insérés au-dessous du sommet de l'ovaire, étalés en dehors ou enfermés dans les glumelles ; — ca riopse oblong, courbé en gouttière, appendiculé et ovale au sommet, restant adhérent aux glumelles. — Souche ordinairement fibreuse.

Ce genre, qui tire son nom du grec bi'omos, nourriture, et très voisin des Fétuques par ses caractères botaniques, lui est très inférieur au point de vue de l'économie agricole. Il se compose d'espèces en général rustiques, se contentant de sols secs et graveleux, mais qui ne donnent qu'un foin dur, se desséchant de bonne heure, difficile à mâcher et n'offrant qu'une médiocre valeur alimentaire : outre l'inconvénient résultant de l'existence, dans la plupart de ces espèces, de longues arêtes et valves acérées qui s'implantant dans la bouche, incommodent ou blessent, et pjar suite, repoussent les animaux. D une manière générale, les Bromes, qui se développent partout, dans les

(;i{a,\imi';f,s.

a-nu

— ri

ri

renée, ellules lot à 3 de 2.

Y0nj,S3i

r.n.vMiNÉES.

prairies, clans les moissons, etc., avec nue oxtrC'aio activiU'', grâce à leurs graines nombreuses, à leur liAtivité, à leur lacililo à s'accommoder de Ions les sols, sont, nuisibles, dans les prairies principalement, où ils se répandent parfois avec une extrême abondance, au point d'en chasser les bonnes espèces. Ils envaliissent aussi les prairi(;s artificielles, la luzerne principalement, et ne lui portent pas moins pri'judice. Ajoutons, enfin, que le plus grand nombre de ces espèces étant annuelles, ne peuvent entrer dans la composition des prairies et sont de peu de ressources comme plantes cultivables. Cependant, tous les Bromes, fi l'état jeune, peuvent constituer un assez bon fourrage, doublement avantageux par sa précocité et sa facilité à venir dans les plus mauvais sols, d'où la' facilité qu'ils offrent comme moyen de se procurer, dans certaines conditions, un bon fourrage vert pour la première saison.

Les Bromes, très rapprochés par leurs caractères, forment un genre des plus naturels dont les espèces n'ont que très rarement été attribuées à d'autres groupes de la même famille. On a seulement proposé d'en détaclier quelques espèces pour en former nu genre nouveau (le g. Scrrafalcus Gmel.). Les motifs de cette distinction ne nous paraissant pas suffisants, nous maintiendrons le genre ancien, se composant des espèces indigènes ou cultivées en France, comprises dans le tableau ci-après :

Stigm. inoins.

Glumelle infér.

caréniio.

Glume inférieure

uninerviée

l'étal. -eiiné .2- lapv.laflora . 1 Arête g / très longue J

.jj. (Péd. lisses — Pauic.unilat. — Ep. petit, tectohum rai.) . ( Epill. de (Etamiu. 3. Stebilu

■Ip'I^.o \^f"'°- 2.4eent. Etam.2.1. madriie,sis JPedono. Mtalée / r -n » i < o 1 rudes ) ' Epillet de 4.8 cent. Maximds

^ j ' 'Panic. courte, compao.jdress. nubcns

= I serrés après la floraison. (Feuill. toutes semblables. Aspeb [§* \ Arête courte (Feuill. super. plus Larges, erectus

Epill. large, ovale-aigu, comprimé — Arête pq. nulle. . SCHRADERI

,„.,,, , , ( AnVENSlS

;,.. , r ( (t.pul. ioDguem.pédonc.

Stigmates 1' -^i- i- i irv,i/\ ^ b r

exsert.étalésl Arête

Glum. infér. Idressée

àdosarrondi. ' 'courte— Epill. brièv.pédonc.

Glume infér.

à 3.5nervur.

^longue — Ch. de4.10 déo.) ' ' ° ' ^ " ( SeciLiNDs (Epill. brièvem.pédoncul. commotatus , Ch. de 2 à 5 décim. moili8 Ch. de 1 à 2 décim

^P'"'^'^ / (Pédonc. plus court

loval.lancéol.l Arête tordue) que l'épillet

(G. Serrnfu(.)^ et divariqnée

Hordeaccitf Confertits Macroslncliys Intermcdiiis Panic. nnilatér. penchée. Squarrosus

Panicule serrée, dressée.'

nesf.

Hmis.

Knlli.

Sthrtl .

Dor.

Desf.

Gll>6.

Pédoncule plus long que l'épillet Vniulus Meri.. eiK

Brome de Schrader, B. Schraderi, Kunth.

Ceralochloa brcviaristata Hook.; C. pendula Schrad.

Panicule ample, à la fin penchée, à rameaux inégaux, solitaires on géminés, plus ou moins infléchis. Epillets oblongs, aigus, comprimés, à 3.6 fleurs. Glumelle inférieure à arête très courte. Feuilles planes, assez larges, longues, k gaîne très poilue. Chaumes dressés, presque pleins, de 7 à 15 décimètres.

Espèce originaire de l'Orégon dans l'Amérique septentrionale, cultivée depuis longtemps dans cette région froide, au nord de la Nouvelle-Californie, entre l'Océan pacifique et les Montagnes-Rocheuses, et dont l'existence n'a été révélée en Europe que depuis peu d'années. Décrite pour la première fois, en 1830, par Schrader, qui la plaça dans le genre Ceratochloa P. Beauv., elle fat rangée ensuite par De CaudoUe parmi les Bromes à panicule rameuse et epillets comprimés. Toutefois, sa culture ne se répandit pas d'abord, et la plante était inconnue de la plupart des botanistes ainsi que des agriculteurs, lors-

qu'en 1858, M. Alph. Lavallôo, ayant semôpour des études quelques graines d'une plante livrée sous le nom de Ceraiochloa av.xlralk, remarqua l'extrême vi;j,ucur de la nouvc^lh; espèce, ([u'il nutrciprit dès loi's do cultiver, l'hicouragé par ce résultat, il se [)i'o(;nra une nouvelle graim- in(li(|iir'e dans les catalogues des grainetiers comme un Cr.ratorliloa prndula Sclu'ad., (!t il en obtint celte môme espèce, qu'il trouva, d'un autre côté, décrite dans le Flora liurcali-ainericana de Hooker, sous le nom de Ceratocldoa breviarislata.

Ces essais de culture ayant été continués pendant plusieurs années avec succès, M. Alph. Lavallée en fit connaître, pour la première fois, les résultats eu 1864, dans un mémoire adressé à la Société centrale d'agriculture. Ce travail eut un grand retentissement; des expériences furent entreprises de divers côtés, et les résultats obtenus semblèrent d'abord confirmer tous ceux annoncés par M. Lavallée. D'autres furent moins heureux, mais dans tous les cas contribuèrent également à fi.xer à peu près les agriculteurs sur la valeur réelle de la nouvelle plante.

Le Brome de Schrader fut présenté par M. Alph. Lavallée comme mie plante vivace, rustique, résistant à la sécheresse, d'une végétation vigoureuse, propre à former des prairies artificielles vivaces, pouvant donner quatre à cinq coupes d'un excellent fourrage vert, se transformant en bon foin par la dessiccation et produisant une grande quantité de graine. Avec cela, réussissant dans les terrains les plus divers, bien que préférant les sols siliceux ou argilo-siliceux, n'exigeant presque aucun soin de culture, occupant parfaitement la terre en la laissant toujours propre, et enfin fournissant un aliment recherché de tous les bestiaux.

Entrant dans les détails de la culture, l'auteur indique, comme suffisante pour les semis, une quantité de 150 litres par hectare dans les bonnes terres, et de 200 litres dans les sols pauvres, les semis faibles se conservant plus longtemps, et la plante se resemant d'ailleurs elle-même abondamment. On répand la graine en toute saison, mais les mois d'avril et de septembre sont les plus favorables. La plante lève rapidement, en 12 à 15 jours, et forme bientôt des toufiès larges, isolées, qui grossissent, s'étendent et finissent 1 ar remplir entièrement le sol. Les épis se développent au bout de 40 ou 50 jours. Quand la plante a atteint deux mois de végétation, on fait une premièi-e coupe après laquelle seulement elle se caractérise tout à fait, talle beaucoup en occupant si bien le sol qu'elle étouffe toutes les plantes adventices en donnant une fort belle verdure. Le Brome végète ensuite sans interruption, ne s' arrêtant que pendant les grandes chaleurs, pour reprendre avec vigueur à l'automne.

La plante, toujours d'après le même auteur, donne un rendement considérable qu'il n'évalue pas à moins de 36,000 kilog. à l'hectare de fourrage vert, après une culture de 15 mois. Ce fourrage, ajoute-t-il, se transforme aisément en foin facile à faire, à botteler. se conservant bien ; il offre, il est vrai, l'aspect du foin des prairies humides, mais sans que cela enlève rien à

78'i r.uAMiNÉES.

SOS qucililés réelles. Il fournit, eu outre, ijuand il est cultivé pour la graine, sa paille ou fane, qui, restant garnie de feuilles, constitue un véritable foin. Le roudenieut eu graine peut s'élever à 65 hectolitres par hectare à une seconili' r(in]Ki.

Au [loint de vue alimentaire, le Brome de Schrader conviendrait h tons les JK'sliaux, aux chevaux, aussi bien qu'aux vaches laitières, soit en vert, soit à 1 et-at de foin. 'Sa paille aussi, bien que dure, peut être consommée, sans être hachée, par tous les animaux, surtout par les cochons. Enfin, sa graine est bonne pour les animaux de basse-cour, les dindons principalement.

Ces avantages nombreux, attrikiés d'abord au Brome de Schrader, n'ont pas tous été confirmés par l'expérience. Dans beaucoup de cas, sa culture, après une première réussite, a échoué, et il n'a donné que des produits insignifiants ou nuls. Aussi la faveur dont il fut l'objet n'a-t-elle pas tardé à faire place à des appréciations beaucoup moins favorables. On lui a reproché surtout d'être beaucoup moins rustique qu'on ne l'avait avancé, de ne supporter que difficilement nos hivers et surtout les alternatives si fi'équeutes de gelée et de dégel qui se succèdent pendant toute la mauvaise saison ; de donner uu produit total, ne dépassant jamais celui d'aucune des plantes cultivées en prairies artificielles. D'uu autre côté, sa valeur alimentaire ne paraît pas supérieure à celle de la plupart des autres graminées fourragères, et quand il réussit, il ne donne qu'un fourrage grossier, excellent pour être consommé en vert; mais qui, transformé en foin, ne pourrait être livré au commerce, et qui ue peut non plus, à cause même de son développement, être consommé sur place.

De ces opinions contradictoires, on peut conclure en dernière analyse que le Brome de Schrader, bien que vigoureux et très productif, ne réussit entièrement et ne peut donner des produits de quelque valeur que dans les bonnes années et dans les terres légères, fraîches, non calcaires, bien amendées et convenablement fumées, c'est-à-dire dans les sols où réussissent les meilleures espèces fourragères, et que, malgré son mérité, il ne possède, en somme, aucune qualité qui le place au-dessus de celles-ci et doive lui faire donner la préférence.

Genre DACTYLE. — DACTYLIS L.

Panicule courte, irrégulière, pyramidale ou digitée, unilatérale; — épillels à 3.5 fleurs, très brièvemei.t pédoncules, agglomérés et serrés les uns contre les autres ; — ylumes 2, inég.ales, courtes, à côtés inégaux, acuminées, carénées, un peu tordues au sommet, mucronées ; — çitumelles 2, l'inférieure carénée, à arOte très courte, la supérieure bifide, à carènes ciliées; — ;ihimeUules 2, bifides, glabres; — élamines 3 ; — styles 2, courts ; — stigmates allongés, plumeux ; — cariop.ie oblong, .'v angle saillant, glabre et libre.

Genre peu nombreux, n'offrant qu'une seule espèce importante.

.firiAMiNiiKs. 785

Dactyle pelotonné, I). glomcrala L.

Fcsluca g lomcr (lia Ail., liromiis glomcralu.s Scop.

Pkd de j)ouIe, Herbe des vergers, Panioulo ovJinaireiTioiit (jtaliic. Glumolle infùrioure entifcro iiu sommet. Fouilles pliinos, (Stroitos, les nitlicalos détruites à la floraison. Cluiiimo do 1 à 10 décimètres. Souclio fibrciiBC, vivace.

Espèce des plus roîpaiidues et ti'ès conimunu parloul; abonde dan.s les lieux secs, friches, bords des chemins et des cliamps, ainsi que dans les lieux herbeu.x, bois, pâturages, prairies où ses hautes lij^es soutiennent le foin et forment la couche supérieure des espèces fourragères. Venant dans tous les terrains, même les plus médiocres, bien que se plaisant surtout dans les terres-argilo siliceuses un peu fraîches; à toutes les expositions; très rustique, végétant même en hiver, le Dactyle pelotonné pousse partout avec une extrême vigueur en formant des touffes épaisses qui se substituent en plantes voisines ; aussi son abondance est-elle presque toujours uu signe indiquant une prairie négligée. Par lui-même, il est très recherché des animaux et constitue, avant la floraison, un fourrage de bonne qualité. Au point de vue économique, le Dactyle est une des espèces qui ont été à la fois les plus vantées et les plus dépréciées. Cela tient à ce qu'il n'offre point la môme valeur dans toutes les circonstances. Ainsi, en raison môme de sa vigueur, de son mode de végétation en grosses touffes, il est toujours nuisible quand il croit concuremment et pendant longtemps avec d'autres espèces. D'où la nécessité de l'exclure absolument des pelouses et des gazons, surtout dans les terres pauvres où il se développe activement aux dépens des plantes qui l'entourent et les fait périr. Ils ne convient pas non plus pour les prairies permanentes, où ses touffes volumineuses, surtout quand il est seul, sont difficiles à faucher, et où d'ailleurs ses tiges, trop grosses, durcissent promptement en donnant un foin grossier. On devra, en conséquence, le réserver exclusivement pour les pâturages et les prairies temporaires. Il est alors très productif, même sur les terrains médiocres et secs, ti-ès précoce ; il pousse rapidement après avoir été coupé ou brouté, et peut donner, si le sol est un peu gras, jusqu'à trois récoltes. Comme il devient vite très dur, il est nécessaire seulement de le couper souvent ou de le faire brouter en vert.

D. hispanica Roth., pauicule étroite ; glumelle inférieure échauorée au sommet, à 2 lotules arrondis avec rauoron intermédiaire ; feuilles radicales fasciculées, persistantes, 2 à 6 décimètres, — asseii commun sur les coteaux de la région méditerranéenne.

D. cssspitosa (Herbe de Tussac), espèce importée eu 1842 de l'Amérique du Sud, où elle atteint une grande hauteur ; mais n'ayant pu réussir, elle est tombée dans l'oubli.

Genre GLYCERIE. — GLYCERIA R. Br.

Panicule serrée ou étalée; — cjÀllels à 3.11 fleurs, pédoncules ou sessiles, allongés; — glumes 2, très inégales, lancéolées ; — glumclles 2, l'inférieure à dos arrondi, obtuse ou trouquéeau sommet, la supérieure bidentée, h carènes ciliées ; — qlumellulcs tronquées, glabres ; — étamittes

786 lUtAMINÉES.

2.3, i\ rtntlH''ros lini'taircs; — styles terniiniiux; — sliijmales plumeiix ; — curiopse oblong, pliineonvcxc, lihri', f;l«lu-c. — riantes vivftces.

Genre consliliu' [lar un petit nombre d'espèces, auparavant com]]rises dans [ilusieurs aulres genres, parmi les Poa principalemiïnl, dont elles s'éloignenl pai- leurs caractères botaniques, ainsi que par leur séjour ordinaire dans les lieux aquatiques.

( Grappe simple, lolucea , ( Epillot cylindrique! i FLIIITANS

ivm-iq.) [ i'anic. étroite. „

f Styl. nllong., persist., divariq., , . ,

Glmnelle infér. iv7 nervures ) „ .,, ^ . . „ . , '

[ Epillet comprime — rauic. ample. Aquatica

ÎDlSTANS Con/iT(n ProaimUns

GInmello infér. à 5 nervures.

Haritiua

Gr. Gu.l.

n. Bi.

FritïK.

Walil.

Walil.

Frics.

Sin.

M. Cl K .

Heyiili.

Fries.

Epillets comprimés j p^^jHg, ^ ^^^^^^ l Panio. dressée. . j p„,„,^/.„„„.,

enroulés j Panioulereflécliie. Convoluia

Genre MOLINIE. — MOLINIA Schr.\nk.

PdinVu;* dressée, Ji rameaux géminés ; — epillets à 2.3 fleurs, la terminale stérile ; pédoncules ; — gtumes inégales, aiguës ; — gtumelle iuférieure à dos arrondi, entière, obtuse, mntique ; la supérieure obtuse, à carènes nues ; — styles très courts, persistants ; — cariopse oblong, glabre, libre.

MoLiNiE BLEUE, M. cxfulea Mœnch.; Festuca cserulea DC; L. Melica cssrulea L.

Mélique bleue, Candie bleue. Jonchée, Panicule violacée ou bleuâtre, étroite, allongée, interrompue. Feuilles fermes, souvent très longues, planes, partant d'un seul nœud près de la racine. Chaumes raides, dressés, de 5 Ji 12 décimètres. Souche fibreuse, gazonnante, vivace.

Espèce la seule du genre, fort commiine partout, dans les lieux humides, bois, buissons et bruyères, les landes inondées l'hiver, les pâturages marécageux des montagnes, les friches près des sources, au bord des ruisseaux, où elle se montre en touffes plus ou moins multipliées ; abonde dans les prairies mai-éeagenses du Centre, des landes de Bordeaux, de la Sologne. Peu fourragère, et mangée seulement quand elle est jeune, la Mélique bleue passe même pour f-tre nuisible aux moutons; elle n'entre pas dans la composition des bonnes prairies. Ses graines sont mangées par les poissons.

Genre PATURIN. — POA L.

Panicule oblongue ou compacte, à rameaux génér.alement verticillés ; — epillets à 3.7 fleurs, petits, ovales, très comprimés; — glumes 2, ordinairement égales, aiguës, carénées, la supérieure 3nerviée, l'inférievu-e à 1.3 nervures; — glumelles2, l'inférieure carénée, entière et mntique, .à 5 nervures par.allèles n'atteignant pas le sommet souvent scarieux, carène et bords parfois velus, avec poils laineux à la base ; la supérieure bifide ; — glumellules 2 , glabres ; — étamines 3 ; — styles 2, très courts ; — stigmates plumeux, s'étalant à la base de la fleur, — cariopse oblong, trigone, glabre et libre. — Feuilles planes, généralement étroites, courtes. — Espèces vivaces.

Les Paturins, appelés encore pohcrbes ou poa (du grec poa, gazon), plantes très rapprochées des Fétuques, dont elles se distinguent par leurs epillets plus comprimés, leurs glumelles moins aiguës et dépourvues d'arête terminale, sont, en même temps, moins nombreuses en espèces que celles-ci et plus propres à

nilAMIiNHKS.

la rormalioii ilos prairius, dus prés aiTOsés sni'Loul., oii cllos se l'oiiooiiLrciil- [)lns coinmuiHuiK.'iU. Tivs répamliis parloul., les Paliiriiis Font partie; de la [iluiKui, (les prairies et pacagos, el, sont. niAuu; iiue des [ii'ini'ijiales bases dos prairies iiaLurelles. Disséminés sur l,oiil,e espèce de lerraiu, ils se nioiili-euL plus parliouliéreinent, les uns dans les régions basses, humides el, nmliragées, les autres dans les lieux secs élevés et découverts, la plui>ai't d'ailleurs s'accommodant de tous les sols et de toutes les expositions. Tous l'ouniissent une herbe succulanle qui se convertit vile eu \ui très bon Ibiu aimé et recherché de tous les herbivores. Toutes les espèces, conséquerameut, de ce genre, méritent d'être conuues des agriculteurs.

Souche (iln'euse — Ligule courte, oljtuse. . . . Paldithis noih.

iCliaumoj ili'ossû, de .3. H Aie i'nATEN.SlS L.

Page 1