I .^trictmu r
Epillets rapprochés, à 9.25 fleurs, mutiques.. . j;ui,Tiri.oi\u>i
PEUENNE Tenue
Glumes plus longues que l'épillet — Epillets
Glumes égalant presque l'épillet — Epillets espacés, mutiques
Epillets espacés, à 5.11 fleurs
mutiques ,
aristés ITALICIM
lid.
csl.
Br.
Ivraie enivr.inte, L. temulentum L.
Epi raide, à rachis épais. Epillets oblongs, appliqués à 5.9 fleurs. Glnme linéaire-aignij, dépassant l'épillet. Glumelle inférieure longuement aristée sous le sommet. Feuilles fermes, dressées, les supérieures plus longues et plus larges, à la fin enroulées. Chaumes raides, souvent r.anieux, de 6 à 10 décimètres. Annuel.
Plante très répandue à la surface du globe, spontanée dans toutes les parties dir monde, et très commune d.ans toute la France, bien que répartie d'une manière inégale. Elle se montre liabituellement dans les champs cultivés, mêlée aux diverses céréales qu'elle infeste avec d'autant plus de facilité que sa maturité correspond à celle de ces plantes, et qu'au dépiquage son grain se
fiRAMlNliKS. 817
sépare en se mfilant à celui dos grnmmiaa utiles. On pont distinguo)- son grain, cependant, de celui de l'avoine et de l'orge d'abord, dont les glumoilos aussi restent adliéronto», on ce qu'il est plus petit do moiti(5, et non aussi réguliiirGinont fusiforme ; de celui du lilé et du seigle, par la présence mPnio dos glumollos.
Cette ospi'ce, qui n'est jamais cultivée comme fourragfcro, est surtout remarquable par l'influenoe que ces graines, connues sous le nom do Xisanie, peuvent exercer sur l'iiommo et les animaux. Cetto action était connue, dès la plus liante antiquité, de tous les peuples se livrant h la culture des céréales, des Hébreux, des Grecs, des Romains. La facilité avec laquelle les graines de l'Ivraie se mêlent aux grains qui entrent dans l'alimentation de l'iiomme et des animaux, est surtout favorable à la manifestation de cette action, qui se traduit \)av des symptômes analogues à ceux déterminés par les narcotiques, tels que : nausées, tremblemonts, vertiges, faiblesses, engourdissement des membres, et la mort même si la quantité d'Ivraie consommée est considérable. Cette graine, en outre, altère les substances alimentaires; ainsi, le foin qui en contient est noirâtre, amer et d'une odeur nauséabonde ; un neuvième d'Ivraie mêlée à celle du blé empêche la fermentation panaire, et la moitié de cette quantité dans le pain suffit pour produire des effets fâcheux. En petite quantité, toutefois, elle paraît n'être pas nuisible et borner son effet à une sorte de stimulation de la fonction digestive. Ces phénomènes, d'ailleurs, ne se pi'oduisent pas avec le foin et la paille d'Ivraie, la graine alors n'étant pas encore mflre ou s'étaut déjà détachée de l'épi.
Ivraie multiflobe, L. multiflorum L.; L. compositum, Thuill.
Raij-grass de Bretagne, Piil.
Epi très allongé, épais. Epillets nombreux, l'approchés, à 9.25 fleurs. Glume bien plus courte que l'épiUet, linéaire-.aigui?', acuminée, fortement nerviée. Glumelle inférieure, rautique ou très brièvement aristée. Feuilles courtes, longuement acuminées. Chaumes dressés , de 5 h 10 décimètres.
Espèce se montrant çà et là dans les prairies et les lieux cultivés du 'Midi et de l'Ouest, parfois extrêmement abondante dans les moissons qu'elle infeste; très commune surtout dans les récoltes de la Bretagne. En 1B35, M. Riefïel, directeur de l'Ecole de Grand-Juan, en ess.iya la culture dans des terres de bruyère humides, maigres, où ne pouvait réussir le trèfle, et il en obtint en abondance un foin non très fin, mais que tous les animaux ont parfaitement mangé. On peut obtenir de l'Ivraie multiflore, plante annuelle, une bonne récolte de fourrage et un bon pâturage ; il faut avoir le soin, pour couper, de ne pas attendre l'entier épanouissement des fleurs, car alors ou n'a qu'un foin dur et la plante mehrt sur pied. Onla sème en octobre, à raison de 30 kilog. de graine par hectare. Comme fourrage annuel, ou peut la faire entrer en mélange avec le trèfle incarnat. En général, toutefois, il convient de la réserver aux mauvaises terres, où l'on ne peut établir les prairies ordin.aires; car, dans les terres cultivées, propageant facilement, elle ne tarderait pas à infester les moissons.
Ivraie vivace, L. perenne L.
Fausse [vraie, [vraie de rat, Lolie, JLeu, Jaucou, Margal, Margaon, Palisse, Pain-vin, Pimouche, [irome-herbe, Raij-grass, Gazon anglais, Fromcntal d' Angleterre.
Epi étroit; epillets toujours appliqués contre l'axe, à 5.11 fleurs. Glume plus courte que l'épiUet , étroite, un peu obtuse, fortement nerviée. Glumelle inférieure mutique, à 5 nervures, les 2 latérales saillantes. Feuilles étroites, lisses, d'abord pliées en deux. Chaumes ascendants, parfois genouillés à la base, longuement nus au sommet, de 3 à 6 décimètres. Kaciuo émettant de nombi'oùx faisceaux de feuilles. Plante généralement d'un vert sombre.
Espèce indigène dans toute l'Europe et. des plus communes sur les bords des chemins, des fossés, dans les prairies et pâturages naturels de la plupart desquels elle forme le fond principal; venant partout enfin, excepté dans les marais et sur les teri'ains très arides, et jouissant, mais seulement à un faible
818 r.RAMINÉES.
degré, des j)ropriélt5s loxiqiios de l'Ivraie enivrante. Depuis très loiif^Uîuips cultivée eu Anylelerre, elle est considérée dans ce pays comme l'une des meilleures Graminées fourragères; on le cultive également en grauil en cette qualité et avec avantage sur toute l'étendue du territoire français, principalement daus le Nord, le Centre et l'Ouest. Elle constitue l'une des espèces le plus souvent choisie pour former, sous le nom de gazon anglais, les tapis de verdure des jardins paysagers, et(|ue l'on conserve à l'état vert en ayant soin de ne les pas laisser fleurir.
On forme avec le Ray-grass soit des pâturages, soit des prairies. Il convient pour pâturage, principalement dans les terrains secs, où le rendent précieux : sa précocité, la facilité avec laquelle il repousse sous la dent des animaux, donnant alors des pousses nouvelles, tallant et se fortifiant d'autant plus qu'il est davantage brouté et piétiné, non moins que sa sapidité et ses facultés nutritives, qui le rendent surtout propre à former un des meilleurs fourrages printaniers que l'on puisse faire consommer sur place aux agneaux ; le Ray-grass forme ainsi, dans les plaines caillouteuses de la Grau, en Provence, sous le nom de Margaou, un pâturage précoce, excellent, pour l'entretien des troupeaux.
Pour former ces pâturages, on associe quelquefois avec avantage au Ray-grass, soit du trèfle, soit du farouch, de la lupuline ou de la luzerne ; la graminée corrige l'action défavorable que ces plantes , et notamment le trèfle, à l'état vert, exercent sui' les animaux et prévient les indigestions que souvent elles provoquent. Avec le trèfle rampant et l'Ivraie vivace^ on produit également un très bon pâturage pour les bêtes à laine.
Le Ray-grass n'est pas moins propre à former des prairies naturelles ou artificielles. Ainsi, il entre dans la plupart des mélanges de graines pour prairies permanentes, celles entre autres qui réussissent dans le plus grand nombre de terrains. Toutefois, il ne constitue pas partout, en France, une plante bonne à faucher ; ainsi, dans les terrains secs, il fleurit trop tôt, et ne donne plus qu'un foin dur à la floraison.
Le Ray-grass constitue, à l'état vert comme à l'état sec, une excellente nourriture pour le bétail. En pâturage, il nourrit parfaitement les bêtes à laine. A l'état de fourrage vert donné à l'étable, il fournit un aliment à la fois rafraîchissant et nutritif, qui convient particulièrement aux vaches laitières et aux bêtes à l'engrais ; en Angleterre, où il est fréquemment employé pour l'alimentation des animaux de boucherie, il est regardé comme un des plus propres à hâter l'engraissement.
A l'état sec, lorsqu'il a été bien récolté, il forme un fourrage un peu dur, mais d'une saveur douce et sucrée qui plaît à tous les animaux, et d'une valeur nutritive supérieure par sa composition à celle du bon foin ordinaire. On le donne surtout aux chevaux et aux bêtes à cornes, soit de travail, soit d'engrais. Comme il développe plutôt la viande que la graisse, on le donne
dans rengraissement, surloiif,- au débnl. Mélange'; an Irrllc, ses ijualilôs alimonlaii'cs se dévoloppoiit à leur maximum.
Ou doiiiu; encore au bélail la paille LalliH! (jiii riisli; apri'S les recolles à graine. Les lueurs, les chevaux même, s'accommodeni, parfaitement de celte paille, laquelle, d'après nue ol>servaLiou de M. P6an de Saint-Gilles, de Cliatillon-sur-Loing , coustituerail un l'ourrage meilleur que le foin delà môme .piaule récoltée verte.
i. kimc L., ùpi grêlo ot Ifiolio, presque subnli? ; c'^pillets à 3.1 fleiii's; plante grêlo dans toutes ses parties; — oonsiiléré par heaiicoiip d'auteurs comme une simple variété do l'espiîce précédente, et très généralement employée pour former les gazons d'ornement dans les jardins, les parcs et les parterres.
Ivraie d'Italie, L. ilalicum L.
Ray-grass d'Ilalic.
Epillets nombreux, étalés presque à angle droit pendant l'anthèse, à 8.15 fleurs. Glumelle /inférieure pourvue sous le sommet d'une arête fine. Feuilles larges, molles, dans le jeune âge, puis enroulées par les bords. Bis ou tri-annuelle.
Outre ces caractères principaux, l'Ivraie d'Italie se distingue encore du Ray-grass anglais par son port plus élevé, plus vertical ; son feuillage d'un vert plus vif, et enfin par son mode de végétation. Non véritablement vivace, elle ne talle pas comme le Ray-grass anglais, forme des touffes et non du gazon, et végète beaucoup plus rapidement. Moins répandue à l'état sauvage que l'Ivraie vivace, l'Ivraie d'Italie se montre plus souvent sur les terrains maigres, peu fertiles ; on la rencontre principalement au bord des champs, dans les prairies et lieux herbeux de l'Est et du Nord-Est. Cultivée depuis très longtemps en Suisse et dans l'Italie septentrionale, où elle forme la base des célèbres pr.airies connues sous le nom de Marsciles, elle fut introduite en France, eu 1818, par André Thouin ; puis, en 1831, par Lawsou, eu Ecosse, où sa culture prit en peu d'années uue grande extension. Actuellement, cette plante est considérée, par sa rapidité de végétation, l'abondance extraordinaire de ses produits, l'excellence de son foin quand il a été bien récolté, comme l'une des meilleures graminées fourragères que nous ayons acquises depuis un siècle. Aussi sa culture s'est-elle promptemeut établie en France et dans une grande partie de l'Europe. Elle est propre seulement à former des prairies artificielles.
Genre FROMENT. — TRITICUM L.
£(ji distique, plus ou moins compacte, tétragone ou comprimé; — épillels à 3.11 fleurs, les supérieures ordinairement mâles, sessiles, alternes, appliquées contre l'.axe par une de leurs faces latérales; — glumes 2, égales, plus courtes que les lleurs, lancéolées, aouminées, tronquées ou arrondies au sommet, plurinerviées, mutiques ou aristées ; — glumelles 2, l'inférieure linéaire ou très concave, comprimée latér.alement au sommet, dentée ou aristée, la supérieure bidentée, bicarénée, à carènes ciliées; — glumellules 2, entières, ciliées; — stigmates sessiles, rapprochés, plumeus, étalés; — cariopse oblong, obtus, à sillon long, étroit, à sommet velu, parfois appendiculé.
Genre nombreux, comprenant des espèces, les unes vivaces et venant spontanément, les autres annuelles et cultivées comme céréales, et formant deux sections très distinctes.
1™ Section. — Froments vivaces et sauvages.
EpiUets à 5.11 fleurs; — glumes herbacées, étroites, presque carénées, acumiuées ; . — gtumelh inférieure linéaire-lancéolée, la supérieure tronquée ou échancrée ; — cariopse pourvu au sommet d'un appendice blanc, arrondi, velu. — Souche ordinairement rampante.
^20 r.nAMiNioKs.
,., ,, . (îliinies II dos arrondi, ihîi'rns i,
(iliinit'llo '
Kni non ' ^ ' filnmo civriMiees. . .j „
. r.pj non | i'unuk»» l'.is.
Kpillcta^ \ articulé \ , cmcvx D..t.
|nouftristés.J • (ilumellc infiirieuro obtnso j /tnin,». DC.
TRITICUJI \ stolonifère / , '
' , ,1 • ,. • l JONCr.OM L.
)',pi articulo — lilumoUe inférieure ootuso i „ .
' f bctrpann Guss.
Epillets aristés — Kncino lîln-euse Semum Lm.
Espèces envisagées par quelques auteurs comme constituant un genre à part (le g. AfjropurumP. Bv.), et se montrant principalement dans les lieux secs du Midi, les sables maritimes des deux mers. D'une saveur douce, et recherchées des bestiaux quand elles sont jeunes, ces plantes, dures et coriaces à la maturité, sont d'un difficile emploi comme fourragèi'es, outre l'inconvénient qu'elles offrent d'envahir facilement les terres par leurs racines rampantes et mutipliées.
2'-' Section. — Fromekts annuels et cultives.
Epillels ^ 3. .5 Heurs, les 2 inférieures seules fertiles ; — glumes coriaces, ventrues, tronquées ou arrondies au sommet ; — qlumeUe inférieure très concave, dentée ou aristée, plurinerviée ; — cariopse à sommet velu, jamais appendiculé, — Feuilles planes, assez larges, glabres, rndes, à ligule courte et tronquée. — Racine fibreuse.
Grain nu. l Chaume fistnl. — Glumes carénées au sommet. . vULGARE Vill.
R.Donart. j ' Gl. carénées (Gr. bossu, demi farin. turgidum L.
„, \[Froments) [Cb. plein insqu'àla base (Grain allongé, corné, diirlm Oat.
unicr.rénée \ 1 Gl. minces, très allong. — Gram corné. POI.ONICUM l..
] Gr. enfermé dans les l Epi lâclie, allongé — 4fl.dont2 stéril. SPEI.T\ l.
H \ ( glura. — Racli. articul. < , ( à 3 tl. dont 2 arist., fertil. amylclm Scr.
g / \ (Epeautres) f P' ^^"'"'j ;i3fl. dont 1 arist. et fertil. MONOCOCUM L.
Glumes à 2 carènes — Racbis articulé, à nœuds poilus nilosum P. Bv.
Du Blé cultivé en général, au point de vue alimentaire.
Le grain de Blé servant habituellement à la nourriture de l'homme, pourrait être aussi donné aux animaux ; mais, outre que son prix élevé ne permet guère de l'employer à cet effet qu'exceptionnellement, sa richesse même eu matière azotée impose la nécessité de n'eu user qu'avec précaution. Il ne convient alors que pour les animaux de croît ou d'engrais, pour les reproducteurs au moment de la monte, etc. A haute dose, il expose les grands herbivores à la pléthore, à la fourbure, etc.; et il résiste d'ailleurs, en raison de sa dureté sans doute, plus que les autres grains, à l'action digestive. Aussi, quand on veut le faire consommer par les animaux, est-il indispensable, au préalable, de le moudre, de le concasser, de le traiter par l'eau à froid ou -à chaud, et de le mêler à d'autres substances moins nutritives, de la paille, des fourrages fibreux, etc.
Si le Blé en nature n'est que rarement donné aux animaux, il n'en est
OHAMINÉES. 821
pas do môriio du non, fragmciits de ]'Gnvolop[ie du Ki'aiii i|U(j l'on ('ii Kéfjare par la moiiLurc et le ])lutage, et d'uu emploi journalier dans l'alimentation de tous les herbivores et des oiseaux de Ixisse-cour, auxquels ou le donne sous les formes les plus diverses, principalement eu mélange avec d'autres aliments plus nutritils, et toujours après l'avoir humecté. L'eau de son, adoucissante et rafraîchissante, convient principalement aux chevaux. Elle entre aussi dans la thérapeutique : les Jiains d'eau de son sont conseillés fréquemment. En Picardie, on eu obtient une boisson très usitée, en' lui faisant subir une légère ébullition avec la graine de lioublou et en faisant ensuite fermenter le liquide par la levure ; c'est le cidre du pays. Enfin, en temps de famine, ou en fait môme du pain.
De même que le son, la paille de Blé est d'un emploi joui-ualier comme matière alimentaire pour les animaux, et quand elle n'est pas trop grosse, iii trop dure, ni altérée par une cause quelconque, elle constitue même un excellent fourrage. Pour cet usage, elle est préférable à toutes les autres pailles, et parmi celles que fournissent les diiférentes races de Blé, celles du Midi, souvent pleines, mais contenant une plus forte proportion de sucre, sont supérieures à celles du Nord, généralement creuses ; de même que celles de Blés d'automne sont plus nutritives que celles des Blés de m.ars. Ajoutons que, toutes circonstances égales d'ailleurs, les pailles creuses, plus molles, du T. vulgarc; sont meilleures que les pailles pleines des autres espèces.
Les unes et les autres sont quelquefois rendues plus nutritives par la présence de quelques légumineuses, vesces, gesses, trèfles, etc., qui croissent spontanément dans les champs ; mais elles peuvent être aussi altérées par des plantes nuisibles, chardons, lychnis, etc., ou par les taches jaunes, rouges, noires, de la rouille, du charbon, et qui peuvent donner lieu à des accidents. Elles doivent alors être rejetées delà consommation sinon convenablement nettoyées. On reconnaît d'ailleurs que la paille est de bonne qualité, quand elle est pure de tout mélange avec des plantes piquantes ou nuisibles, et offre une couleur jaune ou dorée, plus ou moins brillante, sans aucune trace de moisissure, et une saveur légèrement sucrée.
Dans ces conditions et lorsqu'en même temps elle est fraîche, la paille plaît à tous les animaux ; mais elle ne constitue cependant pour eux qu'un aliment peu substantiel, qui, donné en trop grande quantité, ne pourrait convenir ni aux animaux de travail, ni aux bêtes à l'engrais, ni aux animaux jeunes qu'on veut développer en taille. Elle sera donc surtout réservée aux chevaux qui mangent beaucoup de grain, aux vaches et aux moutons qu'on ne veut pas trop engraisser. En quantité modérée, mêlée à des aliments substantiels et aqueux, elle est excellente pour les entretenir en santé les uns et les autres.
La paille est communément donnée entière, seule ou mêlée au foin, dans les râteliers. Mais on a plus d'avantage, surtout quand on la fait manger aux chevaux, de la hacher d'abord et de la mélanger avec le grain. Quand
f(0;> GRAMINÉES.
on la dostuir aii\ lictos à conios, on la niùlo cumniniirniiMit, apivs l'avoir hachée, à d'autres aliments, h des racines, principalement à la pomme de terre cuite. Autrefois, on la préparait eu l'an'osaut préalablement avec do la saumure. Cetl(> niétliode était bonne, et pourrait être encore suivie. Une aulro préparation avantasense de la paille, consiste à la sLratificr avec du foin ou d'autres fourra;;cs verts encore liumides ; on assure ainsi la conservation de la plante verte tout en ajonlaut à la valeur alimentaire de la paille.
Le Blé en vert constitue également une excellente nourriture, succulente et nutritive, et dont tous les herbivores se montrent friands. Mais la loi défendant de couper le Blé en herbe, ce qui empêche de le cultiver comme plante fourragère, ou ne peut leur donner cjue les produits de. l'effeuillage pratiqué parfois avant les chaleurs lorsque les récoltes viennent trop drues. On peut encore faire consommer en vert, sur pied ou après les avoir coupés, en avi'il ou en mai, les blés qui prennent trop tôt un grand développement, aussi bien que ceux qui ont été frappés par la grêle, et cela n'empêche point la plante de repousser et de donner une moisson. Quelquefois on obtient cette récolte en vert, pour faucher ou pâturer sur pied, en semant plus de bonne heure.
Mais il y aurait plus l'avantages encore à lever l'interdiction qui s'oppose à la culture du Blé comme plante fourragère; la récolte en grains n'en' serait point compromise, et l'on ferait des prairies annuelles excellentes, plus tardives et durant plus longtemps que le Seigle, ce qui rendrait plus facile son association à une légumiueuse, et en même temps très profitables au bétail. En attendant, on pourrait, comme le conseille V. Yvart, utiliser, dans ce but, les menus grains séparés par le crible et de faible valeur vénale, et qui, semés en automne, donneraient au printemps des pâtures ou prairies temporaires, excellentes pour les brebis nourrices et les agneaux. Au Mexique, où la température favorise le développement excessif des feuilles aux dépens des graines qui, à cause de cela, ne peuvent mûrir, le Blé est communément cultivé comme fourrage.
De quelque manière qu'il ait été récolté, le Blé en vert, très nutritif, doit être toujours administré avec précaution, car il peut produire des indigestions, le météorisme. On évite en partie cet inconvénient en le fauchant quelque temps à l'avance, de manière à ne le donner qu'un peu fané, ayant perdu une partie de son humidité.
Genre SEIGLE. — SECALE L.
Epi dense, comprimé, allongé ; — épilkts h 2 fleurs fertiles, sessiles et 1 Hem- rndimentaire moyenne, longuement pédicellée ; — ghimes 2 , presque égales, linéaires-suliulées, aiguës, mutiques, beaucoup plus courtes que les fleurs ; — glumelles 2, l'inférieure gr,ande,lancéoIée-acuminée, aignij, carénée, à côtés inégaux, l'externe plus large, l'interne plus mince, à cari-ue et partie supérieure du bord externe ciliées-épineuses ; longuement aristée au sommet ; la supérieure bidentée.
(HIAMINliKH. H2'-i
fi carôiKjs oiliôos ; — ulumellulm outioros, ciliiios ; — sUfimaius »«8»ilo», nipiiruclii!», |ilniiiecix ; — cœriopsc oblonp, avec un sillon citroit, à sommet arrondi, vcln, non ap|ioii'iienli'% — TcuiV/c» plane», minces, h lipilo courte; — chaume dressé, raido, oylindri(|nei — racine librcnsc.
Genre comprenant un très ]ietil noni])r(! d'espèces, que la plupart, des auteurs môme considèrent comme de simples variétés de l'espèce unique admise par Linnée.
Seigle cultivk, S. ccreak L.
Epi drossé, à la fin nn peu penché, à axo 'volu, principalement h cliaqno dent. Epillets h la iin très ouverts. Glumello inférieure à arête droite, rude. Fouilles assez largos, rudes sur les 2 faces. Cliaume mince, do 8 à 20 décimètres. Annuel. — Toute la plante un peu glauque.
Depuis longtemps et généralement cultivé en Europe soit comme céréale, soit comme plante fourragère fournissant son grain et sa paille, le Seigle était connu des Anciens ; mais ils devaient lui attribuer peu d'importance, car Pline seul en parle avec quelque détail, et plus tard, Olivier de Serres 'n'en dit qu'un mot. Son origine, controversée comme celle du froment, semble toutefois pouvoir être limitée dans un certain rayon. Ainsi, il a été trouvé à l'état sauvage ou spontané en Crimée, dans l'Asie-Mineure et le Caucase, en Arménie par Clavija, sur les bords du Don et du Volga par Pallas, dans les sables siliceux des bords de la mer Caspienne par Bieterstein, en Grèce par Linnée, c'est-à-dire sur toute l'étendue du territoire formant ce que l'on désigne communément sous le nom de région caucasienne, que l'on est autorisé, en conséquence, à considérer comme la patrie primitive de cette plante.
Se distinguant du froment par son chaume plus grêle, ses feuilles plus étroites et plus courtes, sa racine plus menue et moins pivotante, le Seigle se fait surtout remarquer par sa rusticité, son aptitude à supporter les froids les plus rigoureux, sa précocité, son facile développement dans les plus mauvais terrains, qualités qui lui permettent de réussir, de donner des produits dans des régions où ne peut croître le blé. Aussi le Seigle est-il plus spécialement cultivé dans les contrées du Nord, sur les montagnes élevées et froides, dans les sols maigres et peu fertiles. Dans les régions montagneuses du centre et du midi de la France, on lui réserve les terres à fond granitique ou schisteux, qui ne peuvent guère donner d'autres produits, et désignés, à cause de cela, sous le nom de terres à seigle, ségalas, par opposition aux terres calcaii'es, à froments, appelées émisses. Dans ces régions, où le Seigle remplace le fromeiît et devient la culture la plus importante, il porte communément lui-même le nom de Blé.
Le Seigle constitue, après le froment, la plus précieuse de nos graines céréales. On l'emploie à la nourriture de l'homme et de presque tous les animaux. Son grain offre à peu près la même composition, mais il renferme moins de matières azotées et une plus forte proportion de principes gommeux ou mucilagineux. Soumis à la mouture, il donne une farine moins blanche, douce au toucher, d'une odeur particulière, et se collant comme une pâte dans la bouche. L'écorce, difficile à séparer du grain, donne un son moins
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net. roriiKinl ilrs lamos liiics, mais rudes sous les doigts. Cette l'arine est la nu'iilc'uri' ;i|in''s ccili^ du froniout, la [ilus propre à être convertie en pain. Le pain faliriqué avec la farine de Seit;le est noir, lourd, avec des yeu.\ très petits, et moins substantiel que celui du froment. Néanmoins, il est encore nutritif, d'une odeur agréable, et se conserve longtemps frais, grâce à la gomme et à la de.vtrine (ju'il renferme. Il exige seulement une plus longue cuisson à une chaleur moins forte.
Le Seigle sert aussi à la nourriture des animaux domestiques , et peut être donné aux bestiaux et volailles de toute espèce. Il convient surtout pour les animaux à l'engrais et ceux qui ont besoin d'être fortement nourris. Réduit en farine, on le donne aux bêtes' à cornes et aux porcs à l'engrais. On l'a conseillé particulièrement pour les chevaux, auxquels il peut être donné sous plusieurs formes. On l'a essayé, notarriment, dans un grand nombre d'établissements en substitution de l'avoine ; mais il ofi're le double inconvénient d'être trop dur, par conséquent difficile à mâcher et trop nutritif; ne pouvant l'écraser, ce qui le rendrait pâteux, on le ramollit en le soumettant soit à une macération de deux jours ou à une cuisson de quelques heures : on en double ou triple ainsi le volume, et en le rendant moins nourrissant sous un même volume, on le met en état d'être mangé sans difficulté; il convient alors parfaitement pour les chevaux de ferme et de labour; mais il n'entretient pas suffisamment l'énergie des chevaux de travail et ne saurait, pour eux, complètement remplacer l'avoine. D'autres fois, on donne sa farine en barbottage aux chevaux à la place de celle de l'orge. Enfin, dans les Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, on prépare assez souvent du pain de Seigle pur pour les chevaux en voyage .
Le grain de Seigle fermenté peut servir, grâce à la grande quantité d'amidon qu'il renferme, à la fabrication de liqueurs alcooliques. Ainsi, dans quelques pays, dans les environs de Calais par exemple, avec la farine de Seigle simplement délayée dans l'eau, et soumise, à l'aide du levain et de la chaleur, à la fermentation, on obtient une boisson consommée par les habitants. Ce grain est plus souvent employé dans les départements du Nord, concurremment avec l'orge, à la fabrication de la bière. Dans les contrées du nord de l'Europe, en le mêlant à de la graine de genièvre, on en obtient la liqueur dite cau-de-vie de grain, eau de genièvre, dont la distillation laisse un résidu très important pour la nourriture des bestiaux.
La paille de Seigle, dure, luisante, presque dépourvue de feuilles, très siliceuse et peu riche en principes nutritifs, difficile à digérer, est peu propre à nourrir les animaux qui, d'ailleurs, la recherchent peu. Aussi, est-elle rarement employée comme fourrage ; elle convient tout au plus aux grands ruminants, et encore ceux qui s'en nourrissent restent-ils toujours maigres et chétifs.
Cette paille est employée de préférence pour la litière, et, avec beaucoup
(UIAMINKES. ^'-'5
plus d'avantage, ou raison do la forte quantité de silice iju'(;lloronroriiio, pour confectionner des liens de gerbes et autres objets, des paillassons, etc.
A l'état de fourrage, vert, le Seigle est précieux surtout pai' sa grande précocité, permettant d'en faire usage avant la récolte des autres ibui-ragos du printemps. Il convient à tous les animaux ; mais on le réserve plus spécialement aux grands quadrupèdes, chevaux cl ruminants, ip.ii s'en accommodent et qu'il nourrit bien lors([u'il a été coupé avant la formation de l'épi. Poui' en obtenir le meilleur effet possible, il convient môme de le faire consommer quand il est encore vert, sans attendre que les tiges coupées durcissent par la dessiccation. Sa consommation , en ce cas , peut durer une quinzaine de jours. On recommande plus spécialement, pour la culture en vert, le Seigle multicaule ou Seigle de la Saint-Jean, variété de tailleélevée, tallant beaucoup et donnant une grande quantité de tiges formant de fortes touffes, et de laquelle, semée en été ou en automne, on peut obtenir une bonne coupe avant la fin de l'hiver, et même dès le mois de décembre.
On n'est pas d'accord, en général, sur la valeur nutritive du Seigle donné en vert, que divers auteurs indiquent comme égale à celle des meilleures herbes connues, préférable même au blé ; tandis que d'autres le signalent comme inférieur, sous le rapport nutritif, à l'orge, et donnant un moins bon fourrage pour les vaches laitières, les chèvres et les moutons. Pris en pâturage, néanmoins, il paraît produire de bons effets sur les troupeaux ; mais son action sera plus favorable si on a l'attention de ne jamais le faire manger exclusivement et de le donn.er en mélange avec d'autres fourrages.
12' Triton. — ZEAOEBS.
Plantes unisexuées, monoïques. — Un seul genre cultivé.
Genre MAIS. — ZEA L.
EpWets monoïques ; — les mâles géminés, réunis en grappes spiciformes, elles-mêmes disposées en panioule terminale ; chaque épillet à 2 fleurs, mutiques, l'une sessile, l'autre pédicellée ; étamines 3 ; — les femelles en épis axillaires, à axe épais, conoide et charnu, enveloppés par plusieurs feuilles engainantes, superposées, très serrées ; chaque épillet pédicellé, à 1.3 fleurs, une seule, supérieure, fertile; — style 1, presque capillaire, très long, atteignant 20 centimètres et dépassant les feuilles florales de l'épi ; — sligmales phimeux ; — cariopses nus, enchâssés à la surface de l'axe, entourés à la base par les glumes et les glumelles.
Genre exotique, comprenant une seule espèce, aujourd'hui acclimatée et cultivée dans toutes les parties du monde, et affectant des formes diverses, dont quelques-imes, toutefois, ont été considérées comme des espèces distinctes, mais ne constituant, pour la plupart des auteurs, que de simples races ou variétés du type.
826 GHAiMINÉES.
Maïs cultivé, Z. mais L.
DIc ou FromenI d'Inilf, de Turquie, d'Espagne, de Barbarie, de Guinée, Gros millet des Indes,
Millet, Mil.
ranicnle mâle, étnldo, ample, liante de 20 h 30 centimètres. Epis femelles dépassés par les styles, formant, par leur rémiionau sommet des feuilles bractéales, une houppe longtie et pendante ; parfois quelques ileiirs femelles mêlées aux panioules mâles, et quelques fleurs mâles au sommet des épis femelles. Grains lisses, presque globuleux ou réniformes arrondis au sommet, anguleux à la basa, disposés en séries longitudinales, toujours en nombre pair. Feuilles larges, longues de 3-à 7 décimètres, ondulées, rudes sur les bords, ciliées, pubescentes en dessous, à nervure blanchiitro, il ligule courte, ciliée. Chaume dressé, eylindi'ique, fort, robuste, glabre, rempli d'une moelle sucrée, de 5 k 20 décimètres ; à nœuds inférieurs émettant des racines aériennes. Kacine Kbrouso, formant mie touffe épaisse. Annuel.
Espèce très répandue, cultivée partout soit comme céréale, soit comme plante fourragère, et dont la provenance, longtemps restée incertaine, ne paraît point encore exactement déterminée. Pendant longtemps, d'après ses noms de Blé de Turquie, Blé d'Inde, etc., on lui a attribué une origine asiatique, eu faisant remonter son introduction aux Croisades. Puis on l'a fait originaire, les uns de l'Afrique, les autres de l'Amérique ; ces derniers se fondent sur ce fait, bien connu, que lors de la découverte, par des Espagnols, du nouveau continent, le Maïs formait la base presque exclusive de la nourriture des indigènes. M. Bonafous, dans une Histoire naturelle de Maïs publiée en 1836, une des premières monographies un peu complètes qui aient paru sur cette plante, discutant les éléments historiques qui s'y rapportent, est porté à admettre qu'il était connu en Europe et en Orient avant la découverte de l'Amérique, laquelle aurait seulement donné lieu à une nouvelle importation qui en aurait développé la culture. De fait, M. Rifaud, en 1819, a trouvé des graines de Maïs dans une hypogée des ruines de Thèbes ; et des chartes du treizième siècle ont établi que cette plante avait été importée, en 1204, de l'Asie-Mineure en Italie. Plus tard, en 1525, il fut introduit d'Amérique en Espagne, oii sa culture en grand, toutefois, n'y paraît avérée qu'à partir du dix-septième siècle. En France, la plante était connue du temps d'Olivier de Serres (1600), qui en fait mention sous le nom de Gros grain de Turquie ; mais sa culture alors n'y était que fort peu développée.
Actuellement le maïs, — dont le nom est emprunté à la langue d'Haïti, d'où ont été rapportées par G. Colomb les premières graines semées en Espagne, — est cultivé, dans les cinq parties du monde, sous les cUmats les plus divers; mais principalement en Amérique, où il constitue la principale céréale et se récolte depuis l'extrémité méridionale du Chih jusqu'au Canada, et où il constitue un nombre infini de variétés, se distinguant par les dimensions, les formes et les couleurs. Il est cultivé également dans toute l'Europe, jusqu'en Norwège ; et en France, il n'occupe pas moins de 600,000 hectares ; le huitième à peu près de l'étendue des terres semées en blé.
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Variétés du Mais.
Soumis, dans les climats divers où il se développe, à des influences nombreuses accrues encore par la culture, les hybridations, etc., le Maïs a formé des variétés assez multipliées, se caractérisant par l'aspecl- extérieur, la hauteur des tiges, l'ampleur des feuilles, le volume des épis, la forme, la grosseur, la couleur, la consistance des grains; ou par leurs qualités propres, la précocité, la rusticité, l'abondance des pi'oduits, etc. Généralement ou les distingue, d'après les couleurs des graines, en variétés jaunes, blanches et rouges ou panachées, dont nous mentionnerons les principales :
1" Variétés a gkain jaune :
M. gros commun, M. jaune gros, M. jaune ordinaire, M. roux, M. d'automne. Epi volumincu.'c, à 12 ou 14 rangées da 30 à 35 grains; grain trijs gi'os , irrégulièremeut arrondi, d'un jaune orangé ; tige forte et robuste, atteignant 2 mètres ; nn peu tardif , — variété la plus généralement et la pins anciennement cultivée en France pour son grain, donnant une farine d'un goût rappelant celui de la oitroaille et la plus géuéraleraeut choisie, dans le Midi, pour préparer la bouillie, d'un emploi journalier, connue sous le nom de millas ; très communément aussi cultivée comme fourragère.
M. de Pensyloanic. Epi allongé, à 8 ou 12 rangées de 50 à 60 grains ; grain très gros, un peu aplati, d'un jaune clair ; tige atteignant 4 mètres ; plus tardif que le Maïs commun , — variété très productive, fournissant surtout beaucoup de feuilles, et une de celles cultivées comme fourragères.
M. King-Philippe. Caractères pi'incipaux du Maïs commun; grain d'un jaune un peu enfumé; aussi productif, mais plus hâtif, et donnant une forte proportion des partie vertes, — une des meilleures races récemment importées d'Amérique, et excellente comme fourragère-
SI. d'Âuxonne. Sous-variété du Maïs commun, plus petite et plus hâtive, — cultivée, sur une large échelle, en Bourgogne et en Franche-Comté. Signalée par Vilmorin.
M. d'Espagne, M, sucré. Gros, assez gros, aplati, sucré , — cultivé par quelques agriculteurs des Bouches-du-Rhône.
M. Minute. Epi efSlé, grain alloagé et aplati, très farineux ; tige grêle, peu élevée , — variété très cultivée, depuis quelques années, dans le Sud-Ouest, et préférée au Maïs commun dans les terres sèches et sur les collines, où sa culture s'étend de plus en plus.
M. quarantain, petit Mais. Epi peu volumineux, à 8 on 12 rangées de 24 à 28 grains; grain petit, d'un jaune pâle; tige mince, atteignant 1 mètre; très précoce, croît et mûrit en Italie eu une quarantaine de jours, en trois mois dans nos contrées , — moins productif que le Maïs commun, mais très propre aux semis tardifs, et pouvant être cultivé, grâce à sa hâtivité, beaucoup plus au Nord que les grandes races ; excellent d'ailleurs comme variété fourragère.
M. cinquanlain. Grain d'un jaune foncé, — moins hâtif que le précédent.
M. à bec. Grain peu développé, terminé par une petite pointe courbée et relevée , — aussi hâtif et plus productif que le SI. quarantain ; s'emploie dans les mêmes circonstances ; peu exigeant.
M. à poulet, M. nain. Très petites dimensions dans toutes ses parties, — donnant un faible produit, mais intéressant par son extrême précocité ; il croît, en effet, en moins de temps que le quarantain, oe qui permet, non-seulement de le cultiver comme celui-ci dans les climats où l'été est très court, mais encore dans les départements méridionaux, d'en faire deux récoltes successives la même année. Il réussit dans les terrains médiocres , ne craint pas la sécheresse, et convient très bien comme variété fourragère. A été importé d'Amérique par le comte Le Lieur.
2" VaKIKTKS a «UAIN IILANC :
M. Iihiic commun, M. blinic Inrillf, M. hlanc. d'automne. Ciinictfcres du RInïs jaune commun, prnin île couleur Miinclio ; — varirto plus appropriée nux terres Immidos que les Maïs oolorùs, ot dont lu culture tend il se répandre dans le Midi, par suite de l'extonsion prise, dans la meunerie, par la fabrication de la farine de Maïs.
M. blanc des Landes. Epi court, conique; grain plus petit que celui du précédent; tige phis grBlo ut moins ilovéo ; phis hâtif, mais moins que le M. quarantain , • — dans quelques localités du Midi ])référéo souvent aux autres variétés pour la culture fourragère.
)[. perle. Epi à H ou 10 rangées de 40 h 50 grains; grain petit, blanc, demi-transparent, riu'lé parfois, sur le même épi, de gr.ains bleu.îtres ou noirâtres; tiges atteignant 2 mètres, nombreuses et très feuillées, — variété tardive, et utile seulement comme fourragère; originaire do Pensylvanie.
3Î. Je Virginie. Grain aplati, — tardif, mais productif.
3° Variétés a giîains kouges ou multicolobes :
Ces variétés très nombreuses, et venant dans les localités les plus diverses, n'offrent pas de types bien déterminés ; elles apparaissent, exceptionnellement, parmi les v.ariétés ordinaires, plus communément on Amérique qu'en France, et ne se reproduisent pas toujours d'une manière constante. Dans le nombre sont à citer seulement comme offrant une certaine fixité :
M. rouge, M. à graitis de corail. Variété américaine que les nègres, principalement, préfèrent à toutes les autres.
M. de Bourgogne. Ne différant du M. commun que par sa couleur rouge-brun.
M. rouge des Landes. La race ordinaire des Landes, mais colorée.
M. panaché, M. jaspé. Race se formant par hybridation, quand on cultive k côté les unes des autres plusieurs espèces de couleurs différentes ; on obtient alors des épis offrant, comme le Maïs perle, des grains de diverses couleurs : jaunes, blancs, rouges, violets, jaspés, etc., et plus remarquables au total par la variété des nuances que parleurs qualités propres.
De ces différentes variétés de Maïs, les plus estimées sont celles à grain jaune ou hlanc. Les jaunes sont les plus universellement cultivées. La couleur jaune est la moins variable de toutes et paraît être celle de la plante type, tandis que les autres ne seraient que les déviations de la nuance primitive. Les variétés les plus rustiques, les plus productives, les moins exigeantes sur la nature du sol appartiennent à cette section.
Les Maïs blancs fournissent aussi de bons produits ; mais, en général, ils exigent des terres humides et substantielles. Les grains rouges ou diversement colorés sont les moins estimés et les moins cultivés.
Culture du Mais comme fourrage vert.
Le Maïs n'est pas cultivé seulement comme céréale ; il tient une place non moins importante parmi les espèces fourragères, et forme d'excellentes prairies temporaires, les plus abondantes, les plus fournies que l'on puisse voir, donnant un très bon fourrage vert, apte à se transformer en fourrage sec pour Thiver. Cette culture est des plus avantageuses dans le Midi, sous un climat ofi, à certaines époques de l'année, on est exposé à une véritable disette de fourrages verts, et précisément à l'époque, de juin à octobre, où
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ralimeutatioii fraîche offre le plus d'iUilitû. Sons ce rapport, i'iriiportaiica du Maïs, par le rôle ([u'il jonu dans relève du JjéUil, ilépasse niûnu; cnlh; fju'il offre comme céréale.
Dans le Nord, où il ne peul, Iructificr, le Maïs est précieux aussi comme plante i'ourragèro ; il est cultivé, en cette qnalilé, en France, en Allomaf,'Ji(i, où il a fourni, pour la nourriture des hi^stiaux, une importante ressource. Au nord de ce dernier pays, où sa culture s'est répandue, il a réalisé la révolution agricole qu'a amenée, en Angleterre, la cullur'c du turjiops.
Le Maïs pour fourrage peut donc être cultivé partout, même dans les contrées où il ne mûrit point. Il n'exige, pour développer des tiges entièrement fauchables, que 80 à 90 jours, à une température moyenne de IG" à J8", condition réalisable dans la majeure partie de l'Europe.
La méthode ordinaire do culture du Maïs-fourrage consiste à le faire succéder au seigle, au froment ou aux cultures printanières, et à en former ainsi une prairie temporaire qui occupe le sol jusqu'aux semailles d'automne. Lessemis, d'ailleurs, peuvent se faire à des époques très variables, suivant les circonstances où l'on se trouve, le moment où la terre est libre. On peut ainsi semer. le Maïs-fourrage depuis avril jusqu'au mois d'août, plus tôt et plus tard dans le Midi que dans le Nord, le semis tardif étant sans inconvénient, puisque la plante ne doit pas mûrir. Sur les jachères, on peut en semer tous les 15 ou 20 jours, et l'on obtient de la sorte, pendant plusieurs mois, une série de récoltes successives d'un abondant fourrage vert.
Le Maïs-fourrage exige les mêmes terrains ayant reçu les mêmes façons préparatoires que lorsqu'il est cultivé comme céréale. On applique une dose de fumier moins considérable, soit environ 4.50 kilog. de fumier dosant 0,04 pour 100 d'azote pour 1,000 kilog. de fourrage à récolter.
On sème à la volée ou en ligne. Les semis à la volée ne sont profitables que lorsque le Maïs est mêlé à d'autres graines : pois gris, vesce, colza, sarrazin. Sinon, il faut préférer le semis en lignes espacées de 4 à 8 décimètres, suivant la fertilité et la fraîcheur de la terre, la variété cultivée, etc., les pieds alors sont rapprochés les uns des autres beaucoup plus que dans la culture ordinaire, afm que, par leurs tiges et leurs feuilles, ils répandent plus d'ombrage, et aussi pour éviter que les plantes nuisibles envahissent le sol. Il faut, par suite, une plus grande quantité de semence. On en sème de 70 à 100 litres. Le serais à la volée en exige une proportion presque double. La graine répandue est d'ailleurs enterrée de la même manière, à la charrue ou à la herse, et à une profondeur ne dépassant pas 2 à 5 centimètres.
Pendant sa végétation , le Maïs doit recevoir un binage, plus facile à donner s'il a été semé en lignes. Dans ce dernier cas, un buttage à la herse, entretenant la fraîcheur à la base des tiges, est également une façon des plus utiles, surtout quand on craint la sécheresse.
On coupe le Maïs quand la panicule des fleurs mâles commence à se développer; plus tôt, la plante est encore aqueuse, peu nutritive, dégoûte les
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animaux et les dôbililc ; si, au contraire, la végétation était trop avancée, les animaux ne mangeraient que les feuilles et laisseraient les tiges trop dures. Le moment île cette récolle est encore indiqué par l'état des feuilles inférieures; il l'.int couper q.nand elles commencent à pâlir; plus tard, elles seraient scelles et sans valeur. On fauche ainsi 8 à 12 semaines après le semis, le Maïs atteignant alors de 5 à 10 décimètres de hauteur. On renouvelle ensuite cette récolte plus ou moins, suivant l'étendue de la culture, la succession des semis, etc. Lorsque la plante est frappét; par la grêle , on peut la faucher immédiatement ; elle repousse après assez promptement. La plante étant sensible au froid, il faut, dans l'arrière-saison, se hâter de couper dès qu'on craint les gelées. Quelques cultivateurs au lieu de couper la deiniière pousse de Maïs, l'enfouissent cà la Lèche ou à la charrue comme engrais vert. — On coupe les tiges, selon leur plus ou moins de développement de dureté, à la faux, à la serpe ou à la faucille.
Sur une terre riche, fumée, un peu légère, le Maïs donne, en fourrage vert, un produit considérable, 20 à 30 mille kilog. par hectare, pouvant, exceptionnellement, s'élever à 50,000 kilog., descendant le plus souvent à 15 ou 16,000 kilog., et à 10 ou 12,000 kilog. dans les terres médiocres. C'est un produit double de celui du trèfle. Semé tous les 15 ou 20 jours, d'avril en juillet, on obtient, pendant trois ou quatre mois, une succession de récoltes des plus avantageuses pour l'entretien du hétail. Une surface de 20 ares suffit ainsi pour entretenir à l'élahle, jusqu'à la fin d'octobre, 7 paires de bœufs de travail. Ce fourrage est généralement consommé en vert. S'il y a excédant, ou peut le sécher et le conserver pour l'hiver. Sa dessiccation exige 8 à 12 jours si le temps est beau , et réduit au quart le poids du fourrage vert.
Le Maïs-fourrage n'est pas avantageux seulement par le chiffre élevé de son rendement, mais encore par l'importante ressource alimentaire qu'il offre pour l'entretien du bétail. Il est profitable encore aux cultures par l'amélioration qu'il apporte au sol, dont il entretient la fraîcheur, durant sa croissance, par ses larges feuilles, et qu'il n'épuise pas, étant coupé avant la floraison. Ainsi, bien qu'exigeant un sol fumé, il laisse à la récolte qui suit le bénéfice de cet engrais, outre ses racines rompues à la charrue, une terre parfaitement préparée pour le blé.
Emploi alimentaire du Mais.
Le Maïs, renfermant 12,5 pour 100 de matière azotée, 67 à 71 pour 100 de matières amylacées, égalant à peu près, sous ce rapport, la richesse des froments, et contenant en outre plus de 9 pour 100 de corps gras, c'est-à-dire dépassant, sous ce rapport, toutes les autres matières végétales, possède, par suite, des propriétés nutritives prononcées qui lui donnent un rang distingué parmi les plus riches substances alimentaires. C'est ce que confirme d'ailleurs
GHAMINÉES. . H31
l'expérienco pratique. Il (isl; aiijoiii'd'hMi acipiis qiio les pcnplos qui l'oiil iJu Maïs la baso do leur aliniciilalioii su loui rcmarquei' ijar pins tU: vigueur, plus d'activité, plus de sobriété, et vivent plus longtemps. Ou a lait eu Suisse une expérience très décisive à ce sujet. Une enquête comparative lut ordonnée, dans tous les établissements publics, sur les mérites alimentaires du Maïs, du froment et de la pomme de terre, et on constata que les enfants nourris de Maïs étaient les plus sains, les plus gais, les plus aptes à l'étude. Les enfants nourris de froment venaient en seconde ligne ; ceux nourris de pommes de terre venaient au troisième rang et à grande distance.
Aussi le Maïs entre-t-il aujourd'hui dans l'alimentation d'un grand nombre de populations. Les nègres des colonies s'en nourrissent presque exclusivement, et les habitants de presque toutes les contrées de l'Amérique du Nord et du Sud en consomment tous une forte proportion. Les Etats-Unis seuls en produisent plus de 200 millions d'hectolitres , qu'ils emploient presque en totalité à l'alimentation de l'homme et des animaux. Il en est de même en Espagne, en Italie et dans nos départements pyrénéens, où il constitue la nourriture journalière des paysans , particulièrement des gens pauvres, des journaliers, dont souvent il constitue pour l'hiver l'unique ressource alimentaire. Ou estime que les Landes, les Basses et les Hautes-Pyrénées, le Gers, en absoi-bent par an plus de 6 millions d'hectolitres.
Le Maïs, qui concourt pour une si large part à la nourriture de l'homme, n'est pas moins utile à l'alimentation des animaux, et d'autant pjlus qu'ils eu consomment, non-seulement le grain, mais toutes les autres parties vertes ou sèches, et qu'ils le mangent avant sa maturité comme fourrage vert. Il n'est aucune plante qui puisse, sous ce rapport, être comparée au Maïs et fournisse une égale variété de produits alimentaires.
Le grain est mangé souvent, par les bestiaux, sec, entier; mais on le donne aussi macéré dans l'eau, cuit, concassé ou moulu, ou bien germé. Il est alors plus mou, use moins les dents, se digère mieux et plus complètement, nourrit davantage. On admet même que la mouture lui communique une saveur plus sucrée et une odeur aromatique. — On le donne seul ou en mélange avec d'autres grains, de la paille hachée, des balles de blé, à des racines coupées, etc. Sa farine cuite, avec du son ou d'autres matières alimentaires, forme une provende convenant à toutes les espèces.
Le Maïs est recherché par tous les animaux domestiques, qu'il entretient tous en santé. Il est, toutefois, plus propre à les bien nourrir, à les engraisser qu'à leur donner de l'ardeur. Aussi, dans nos contrées, est-il plus généralement employé pour les diverses espèces entretenues pour l'engrais, d'autant que la forte proportion de matières grasses qu'il renferme le rend éminemment propre à cette destination.
Pour l'engraissement des ruminants, on le fait manger le plus souvent sous forme de farine délayée dans l'eau , en bouillie ou eu piite. Cette farine, mélangée à du lait, convient surtout pour nourrir au moment du
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sevraye ci engraisser les iigiieuvix et les veaux. Ou peuL suppléer ainsi, pour l'élève des veaux, le lait expédié aujourd'iuii dans les grandes villes, et cela, sans nuire à la (jualité de la viande et de la graisse des produits.
Le Maïs ne convient pas moins aux porcs ; c'est môme le grain (ju'ils reçoivent partout le plus communément ; ils ne s'en dégoûtent jamais, et il favorise leur engraissement, leur donne une chair délicate et un lard ferme. Ils le prennent ordinairement en farine mélangée avec du son, des glands, des racines, des tubercules, des fanes de plantes polagères, etc. Plus tard ou augmente la farine, et à la fin de l'engraissement on donne le Maïs presque seul, en grain, sec, macéré ou cuit. On obtient de la sorte un engrais excessif; 5 kilog. de Maïs donnent alors, dit-on, 1 kilog. de viande.
Le Maïs sert aussi à la nourriture et à l'engraissement des volailles ; il forme la base de la nourriture des races plus renommées : chapons du Mans, poulards de la Bresse, dindons de Brunswick, oies et canards de Toulouse et de Strasbourg, élevés pour leurs foies volumineux. Ces animaux sont nourris quelques temps avec le grain en farine ou en grain détrempé dans l'eau chaude ; puis, vers la fin, les bêtes étant maintenues dans l'obscurité, on leur fait manger par force des boulettes formées de farine de Maïs, mélangées de farine d'orge, de sarrazin, de pommes de terre, et trempées dans du lait ou du petit-lait. Le grain sec, si ce n'est le Maïs nain ou à poulet, ne doit d'ailleurs jamais être donné entier à la volaille ; il faut toujours le concasser ou le moudre. — Enfin, d'après Bonafous, en projetant les grains ou la farine dans les viviers, on engraisse promptement les poissons.
On utilise encore le Maïs avec avantage pour les animaux de travail. Ainsi, en Alsace, on fait manger le grain, macéré et mêlé à des balles d'épeautre, à de la paille hachée ou à des féverolles, aux bêtes à cornes et aux chevaux. Dans les Landes, quand le travail presse, on leur donne les épis entiers ; les bêtes à cornes mangent le tout ; les juments laissent la rafle. On suit une méthode analogue en Amérique, en donnant par ration, aux chevaux, une trentaine d'épis et le double aux boeufs.
Dans plusieurs circonstances, on a cherché à faire manger le Maïs au cheval à la place de l'avoine, et l'expérience a prouvé, dans beaucoup de cas, que cette substitution ne lui était point préjudiciable. Les animaux se maintiennent en bon état de santé, quoique peut-être moins ardents que ceux nourris d'avoine. Au Mexique, un grand nombre de mulets sont entretenus toute l'année avec ce grain ; ces mêmes animaux, en Espagne, en font aussi nue forte consommation. Dans le midi de la France, dans le Roussillon notamment, on le donne souvent aux chevaux ; et dans plusieurs circonstances exceptionnelles, ou a pu l'utiliser avec avantage. Ainsi, dans les diverses campagnes faites en Italie, les chevaux venus du Nord s'en nourrissaient sans en être incommodés, et plus récemment, dans la campagne du Mexique, il remplaça totalement l'avoine, et les animaux n'eurent pas à en souffrir. Ces faits montrent suffisamment que le Maïs pourrait, si les circonstances l'exigeaient,
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oul.i'nr pour mio lai'f^u ]iarl dans raliiiKinlalioii «In cJioval ; son jirincipal incoiivéiiionl, usi. la dilli(;iill6(juul(3s animaux, vu la m'osscur cl la (JuruU; du grain, éprouvent pour le prendre; ou remédie à cela par le concassage, la macération du grain dans l'eau, et son mélange avec d'autres aliments.
Outre le grain pur, on donne encore aux animaux les résidus provenant des opérations (ju'on lui fait subir. Ainsi, la moulu l'e perfectionnée, ajirès l'extraction de tout ce qui peut servir à ralimnntalion de l'homme, laisse pour résidus, des téguments, des issues grasses, du sou, des matières résinoïdes, etc., ([ui forment une riche alimentation pour les porcs, les animaux de basse-cour, les pigeons, etc. On peut y joindre les Lourteaux obtenus après l'extraction de l'huile par la pression des germes, les meilleurs, pour le goût et l'odeur, de tous ceux que l'on donne au bétail, et propres à l'engraissement de tous les animaux de la ferme. Il faut citer encore les résidus de la distillation du grain, et qui conviennent surtout aux porcs.
On fait manger aussi la rd/Je, dont la richesse alimentaire est assez élevée ; fraîche et coupée par morceaux, elle ne rebute point les animaux, et les Anes surtout la pi'enneut avec avidilé. Buniva la faisait moudre après dessiccation et la donnait au bétail seule ou mêlée à de la farine. En temps de disette, à Venise, on eu fait du pain. Broyée à l'aide de machines convenables,' elle peut être donnée à tous les bestiaux.
Les fanes qui restent après la récolte sont peu employées comme fourrage; souvent elles sont laissées dans les champs ou bien sont ramassées et jetées dans la fausse à fumier. Les tiges notamment, dures et ligneuses, d'une mastication difficile, sont peu recherchées par les animaux. Cependant, riches en sucre, renfermant 74 pour 100 de matièi-es solubles , elles peuvent constituer une bonne nourriture. Pour en faciliter la consommation, ou doit d'abord les recueillir avec les épis aussitôt que ceux-ci sont formés, avant qu'elles aient été altérées et durcies par les agents atmosphériques. Elles seront ensuite coupées au hache-paille, ou bien écrasées avec un maillet ou sous la meule à huile; dans cet étal, surtout si on les mélange avec des tubercules coupés, les grands ruminants s'en accommodent parfaitement. Dans nos départements méridionaux, quand les autres fourrages manquent, on leur donne même souvent les tiges sans aucune préparation.
Les feuilles desséchées, séparées des tiges, sont peu recherchées, sinon lorsqu'elles ont été humectées d'eau salée. Dans quelques pays, comme dans le Frioul, on les arrose, pour suppléer au sel marin, avec l'urine même des animaux. On peut encore les faire macérer dans l'eau bouillante. Aux Etats- Unis, on les fait cuire à la vapeur avec les tiges et les rafles, et on les fait manger alors à tous les bestiaux.
Quant aux parties vertes, tels que les produits de l'efTeuillage, les feuilles et le sommet des tiges que l'on coupe immédiatement après la récolle des épis, on les distribue, comme les antres fourrages verts, sans préparation. Ou peut toutefois, quand ces produits abondent, les dessécher pour les conserver.
834 l'.HAMINKKS.
iMiliii. on (Idiiiir an InHail le Maïs cultivé comme fourrage vert. Le Maïs vert coiilcnaut, sur 100 parties, G parties tlo matières nzolées, 18 di; matières amylacées et 1 île corps y ras, c'est-à-dire, dans une proportion relalivemeut élevée, tous les priucipes essentiels de l'alimentation, conslitne un ihis meilleurs fourrages verts qui existent, soit par sa richesse alimentaire, soit par ses qualités alibiles et hygiéniques. Eu raison de sa saveur sucrée, il est particulièrement recherché par les grands herbivores, auxquels aucune autre plante de prairie ne parait plaire davantage, et pour lesquels il est surtout cultivé. Il les entretient bien en chair et les dispose favorablement au travail ; et dans plusieurs contrées du Midi et du Centre, on l'emploie presque seul. à la fin de l'été, pour l'entretien des attelages et des chevaux de labour. Il est d'un grand secours alors, à un moment où les chaleurs excessives et les travaux pénibles îi exécuter exigent que les animaux soient nourris avec des aliments rafraîchissants. Il est précieux, en outre, en ce que, mangé avec avidité, les animaux perdent peu de temps à leurs repas.
Très convenable pour les animaux à l'engrais, le Maïs en vert ne profite pas moins aux vaches laitières. Dayeux, cependant, dit avoir observé qu'il donne un lait un peu douceâtre et un beurre moins aromatique ; M. A. Gasparin croit avoir remaixjué, de son côté, qu'il va jusqu'à faire perdre le lait ; mais ces faits, contraires à toutes les observations recueillies, ne paraissent reposer que sur des cas exceptionnels qui ne changent rien aux faits généralement admis. — Ce même Maïs, enfin, convient très bien pour les ànesses entretenues pour leur lait.
Le Maïs vert est généralement administré sans préparation, surtout s'il a été semé dru et fauché de bonne heure ; la seule précaution alors nécessaire est de le laisser, au préalable, faner 12 ou 24 heures, ce qui le rend moins aqueux et plus suhstantiel. Mais si les tiges sont déjà dures, il est avantageux de les diviser à la serpe on au hache-paille, ou bien d'en écraser avec lui maillet la partie inférieure.
Maïs caragua, Z. Caragua Mol.
Carahua, Wais-dent-de- cheval, M. géant.
Epi très allongé. Grain lisse, aplati, arrontli extérieurement, à bord marqué par un sillon transversal. Feuilles à borOs denticulés , très grandes, reeourbées et penchées , rapprochées et nombreuses. Tige forte, remplie d'tme moelle très tendre, atteignant 4 à 6 mètres.
Plante observée au Chili par l'abbé Molina, et importée en Europe, où elle est devenue, dans le cours de ces dernières années, l'objet de nombreuses expériences qui ont appelé sur elle l'attention des agriculteurs. Elle a été surtout signalée par sa végétation luxuriante, son extraordinaire développement et l'abondance de ses produits, qu'augmentent encore souvent 1.2 tiges supplémentaires qui poussent à sa base. On peut la cultiver comme le Maïs ordinaire, soit comme céréale, soit comme plante fourragère.
Le Maïs caragua, cultivé comme céréale, est inférieur, dans la majorité
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(les cas, ail Maïs onlinain^ 'rniil an |)liis csl.-il avanlageux sur l(;s liords riches i^L frais (les cours d'eau l»ieii exposes au soleil, où le remleineul, élevé fju'ii l'ait espérer ollre une compensation aux inconvénionls de sa cullure.
Cultivé comme fourrage vert, le Maïs caragua doit être semé sur une terre bien fumée, bien plus dru r[ue lorsqu'il doit être récollé en grain. On répand les graines à la volée ou mieux en lignes distantes de 30 à 45 cenlimètres, eu éclaircissant les pieds à 15 on 20 (;entiniètres : de cette' façon, les liges s'allongent au lieu de s'épaissir et sont moins dures. Ce semis est efTec- Iné en plusieurs fois, tous les huit ou dix jours, depuis les premiers jours de mai jusqu'à la lin de juin. On pratique les binages, le bultage, recommandés par le Maïs ordinaire, et l'on commence à faucher aussitôt que les plantes oui poussé leur panicule terminale : en juillet, dans le Midi ; en août, dans le Nord, pour continuer, à mesure des besoins, jus(ju'à la fin de la saison.
Le produit que l'on obtient alors est considérable. Sur des terres ayant reçu une forte fumure, ce Maïs vert a donné, chez divers agriculteurs du Nord, un rendement variant de 75,000 ii 120,000 kilog. à l'hectare. Dans le Midi, où les terres sont moins riches, si la température et plus favorable, le rendement n'a guère dépassé, dans les conditions les [)lus favorables, la proportion de 60,000 kilog.
Comparé au Maïs ordinaire, comme l'a constaté M. de Carrière-Brimont, il est plus long à naître, réussit moins uniformément; mais une fois hors de terre, il prend vite le dessus. Au bout d'un mois, il a la même taille, et offre déjà alors des tiges plus épaisses, des feuilles plus fortes, plus belles, plus noires. II continue ensuite à se développer avec vigueur, souffre moins de la chaleur que l'espèce commune, mais il forme plus tardivement ses panicules mâles, qui paraissent seulement vers le milieu de juillet, 15 jours plus tard environ. Les tiges mesurent alors 2 mètres.
Ce fourrage, d'ailleurs, convient parfaitement pour le bétail ; il est excellent pour les bœufs de travail et pour les vaches laitières. M. d'Assonville- Guyot, de Valenciennes (Nord), estime que 100 kilog. de ce Maïs équivalent à 75 kilog. de pulpe de betteraves pressées. Ce même cultivateur donne le Maïs caragua coupé au hache-paille; vers la fin d'octobre, la plante jaunissant, et les animaux la prenant moins facilement, il la mélangea avec de la pulpe de betterave, et ils continuèrent à la manger sans difficulté. Si les pieds ne sont pas trop développés, on les donne entiers, et les bêtes à cornes ne les mangent pas moins complètement.
En résumé, le Maïs caragua, cultivé comme fourrage dans des terres de choix , bien appropriées et grassement fumées, fournit une grande quantité de nourriture que l'on peut servir en vert aux animaux ou dont on fait des approvisionnements en sec. Dans les bonnes terres ordinaires et fumées, il donne encore de beaux produits, parce qu'il résiste mieux à la sécheresse de nos étés. C'est là le grand avantage de sa culture, dans les années ou les autres fourrages manquent.
(y^'^ CLASSE. - AGOÏYLEDONÉES
CELLULO-VASCULAIRES
l'iaiites déiio\ivviies d'organes floraux (ijérinutlie, étaiiiiiies, pistil), oflVaiitiles racines, litres et feuilles distinctes, ordinairement [jourvues de stomates et constituées par du tissu cellulaire ot des vaisseaux. — Accroissement s'efifectuaut à l'extrémité seule de l'axe par addition de nouvelles parties sans grossissement graduel à la base. — Organes de la fructilication constitués par des embryons simples, utriculaires (spores on sémimiles), libres dans des réceptacles spéciaux, vésiculenx (sporanges)^ diversement disposés à la surface du végétal. — Reproduction s'eft'ectuaut par des organes de deux sexes distincts, existant séparément sur des pieds différents ou sur un même pied, parfois rapprochés en un seul groupe; — l'organe mâle (anthèridie) formant un sac membraneux, variable de forme, globuleux, ovoïde, allongé, etc., saillant à la surface ou caebé dans le tissu de la plante, et comprenant un phis ou moins grand nombre de cellules renfermant chacune un petit corpuscule {anthérozoïde ou phylozoaire), d'abord courbé eu cercle, puis se déroulant en spirale, accompagné des cils vibratiles extrêmement fins et exécutant des mouvements très actifs ; — l'organe femelle (arc/ie'floiic), amas ceUuleux, variable déforme, déposition et de nombre, fécondé par l'anthérozoïde, et se formant sur une expansion rameuse ou membraneuse [prothalle ou proembrijon) naissant de la spore i)lacée dans un lien favorable chaud et liimiide, concurremment avec les aiithéridies ou séparément, et se transformant, après la fécondation, eu un embryon qui se développe et produit la tige et les feuilles sur lesquelles se montrent les sporanges et les spores.
Famille des FOUGÈRES Sw.^rtz.