‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 132 sur 138 · APÉTALES SANS ÉTAMINES T.; CRYPTOGAMIE L · texte numérisé non relu

APÉTALES SANS ÉTAMINES T.; CRYPTOGAMIE L

Piailles principalement coustiluées, dans nos contrées, par une souche souterraine, produisant des feuilles radicales ou frondes, ordinairement roulées en crosse avant la préfoliaison. pétiolées, à limbe entier ou découpé, le plus souvent à divisions pennées ; — tige ligneuse, aérienne dans quelques espèces exotiques équatoriales , nulle ou réduite à une souche courte et traçante dans les espèces indigènes ; — rhizome vivace, composé d'un cylindre de tissu cellulaire, entouré d'un cercle de vaisseaux scalariformes en faisceaux ; enveloppé seulement par l'épiderme pendant la jeunesse, recou-

FOUGÈllES. ^'M

vort plus tai'il par la haso porHistaiitu dos l'ouillos, lui i:oiiwl,itiiaiil, iino sort(! d'c'icorco. — Organes do larnu;t,ifir;al,ii)ii distriliiu'is mui-Ios lïoiidos et coinposi'js do sporanges kMilLculaiivîs, f^lohiihîiix on ovoïdiîs, à parois ininoos, sossiles on pédioolléos, souvoiil- cnloui'éos d'nn raiif^' d'nlfionkis pins grandes, i'nisani, sni(,e au pédiijoUo et Corma.nl un anneau élaslii|no (pri s'ouvre i)Our laisser éi;liai)[)er les spores; — sporanges naissant ordinairemojit. sur les nervures d(! la face i nl'é rien ro des l'euilles, et qnelijnefois sur leur partie supérieure modifiée, rapprociiés en groupes plus ou moins déveloi)pés (sorcs), nns on enveloppés par une membrane mince (indusic'), [irolongement île réjiidei'me et fixée par son milieu ou par sa circonférenco ; — spores nombreux dans chaque sporange. — Spore, placée dans des conditions propres à la germination, émettant uji prothalle membraneux, ordinairement liilol)é, à l'extrémité et à la l'ace inférieure duquel se développent : les anthériilies en très grand nombre, elles archégones, très peu nondireux, qui apparaissent aussi, parlbis, dans l'échancrure terminale.

Les Fougères, très répandues partout, constituent une famille facile à caractériser par le feuillage varié et élégamment découpé des espèces qui la composent. Habitant les bois plutôt que les prairies, elles viennent principalement à l'ombre, dans les taillis épais, les grottes, les vieux puits, les fentes des rochers humides, dans les ruines et sur les vieux murs, et plus rarement en plein soleil et dans les grands herbages ; plusieurs d'entre elles, d'une abondance extrême, couvrent, sur las montagnes et dans les terres incultes, d'immenses surfaces.

Dans le Nord, leurs racines souvent sucrées et très nourrissantes, ainsi que les jeunes pousses , servent parfois à l'alimentation de l'homme. Les bestiaux, en général, les dédaignent sur pied; mais quelques-unes d'entre elles, coupées et à demi-fanées, développent une odeur qui parait leur plaire ; et mélangées avec de la paille, elles donnent une assez bonne nourriture, peu coûteuse, qu'il est facile de se procurer dans certaines localités, et à laquelle les chevaux et les bœufs s'habituent facilement. Les racines, de plus, peuvent être données aux cochons ; mais il serait peu économique d'exposer des frais d'arrachage pour cette récolte.

Les Fougères sont utilisées plus souvent pour faire de la litière. Dans certaines montagnes, les cultivateurs cherchent à en obtenir, par incinération, de la potasse, qu'elles renferment dans une assez forte proportion. On en fait aussi des couvertures propres à garantir, pendant l'hiver, les plantes de la gelée, usage pour lequel elles sont très propres, en ce qu'elles ne retiennent pas l'eau et pourrissent difficilement. Enfin, on les emploie en médecine comme médicaments vermifuges, béchiques; astringents, et quelques espèces enfln par leur élégance entrant dans la composition des jardins paysagers.

Mais le plus souvent, surtout dans les landes et les montagnes schisteuses où elles abondent, il y a nécessité de les détruire.

Les espèces indigènes, assez nombreuses, peuvent être réparties en cinq tribus, se caractérisant ainsi qu'il suit :

iS38 i'()ii(ii;uEs.

j'Spor. smisnimoivnélnst.,; Fioiiilos 2, une soûle fertile, réduite ;iu nu-liis. Ophioglossées s'uuvraiit en 'i vulves; !

[2 l rcHinics sur le rucliis nu 'Fr. unil'orm., les l'cvl. port, lessorcs iil'ext.niodir. Osmundées.

i^ / - ,| .. ; Sorcs nues Polypodiées

v > Sporanges avec nnncivu ems,tiqnc, ) •"^

distribués Ma face inférieure tlos IVoniles ) ^. ,. ■ i ■ «„„;j;a„„

( Sorcs pourvues cl une nidusie Aspidiecs.

I Spovnnj;. iivecnnnonu éli\stiq.,ditrilniés sur les nervur. prolong, dcsfrond. Hyménophyllées.

1" Tribu. — OPHIOGLOSSEES.

Froiiiles "2, l'une externe stérile, foliacée, iioii enroulée en crosse avant la [urloliaison, l'autre réduite au racliis, portant les sorcs; sporanges se.-siles, sans anneau, s'ouvraat en 2 valves ; indnsie nulle.

Sores en épi linéaire Ophioglossum.

Sore en panicnlo Botkychium ,

OPHIOGLOSSÉES ,

Genre OPHIOGLOSSE. — OPHIOGLOSSUM L.

Fronde stérile entière ; — sores soudées entre elles et réunies en un épi linéaire, distique.

0. mlgatum L. (Langue de serpent, Herbe sans couture), fronde stérile ovale-aiguë, de 5 à 25 centimètres , — prairies, gazons et taillis humides, dans toute la France , principalement à l'ouest et sur les montagnes ; commim parmi les herbes ; un peu astringent.

0. lusitanicum, fronde presque linéiiire, de 3 à 5 centimètres, — Midi, Ouest.

Genre BOTRICHE. — BOTRYCHIUM Sw.

Fronde stérile pinnatiséquée ; — sores libres, groupées en une petite panicule. B. lunaria Sw., fronde à segments entiers, semi-lunaires on rhomboïdanx ; 5 à 20 centimètres, — pâturages secs des hautes montagnes.

B. matricarixfoHum A. Braun., segments oblongs, pinnatilobés , — pâturages des Vosges.

S» Trilau. — OS]VIXJNr>EES.

Frondes uniformes, quelques-iuies portant les sores à la partie supérieure li'ansiormée ; sporanges pédicellés , sans anneau, s'ouvrant eu 2 valves; indusie nulle.

r'iiijcKiiiiH. 8.'50

Genre OSMONDJ-;. — OSMUNDA L.

l'rnnic bi-piniiiitist'qiioe ; — sores 5iihi;lol)iiloiiS03, couvrant l'cxln'îiiiitc'^ 8iip(':ri(;iirc tri;s contractée lias frondes fertiles, et formant uno paniciile terminale.

0. regalis L. (Fourragère aquatique, F. fleui'ie), frondes très grandes, k lobos lancéolés, entiers, obtus, do 6 Ji 12 décimètres, — assez commune ; bois marécageux, bniyè,res liumides, tourbières ; amère, astringente; plante d'ornement.

3'- Xl-llJli. — POI i"i'r-»ODIIÏlES.

Frondes portant les sores à leur face inféi'ieure ; sporanges nus, entourés d'un anneau élastique s'ouvrant en travers ; indusie nulle.

,j, , , . • Cl [ Sores éparses, mêlées aux écailles Cbtekach.

[ï rondes a face intér.N ' '

^ ' ^nnrniirrp^l Couverte d'écaiUes 1 o , i ^i i , , y -n xt

w I opoiangesi . j Sores bordant les lobes, reoouv. par les écaiU . Notochlceka .

S \ sessiles j

Q ) \ Frondes à face inférieure nue — Sores arrondies, distinctes ^ . . . Polypopicm .

►J I ( Sores allongées, non poilus Grammiti.?.

Sporanges pédicellés (plant, naines)

Sor. arrondies, entourées de longs poils. Woodsia .

Genre CETERAGII. — CETERACH Bauh.

Frondes pinnatilobées, couvertes à la face inférieure d'écailIes brunâtres ; — sores oblongues ou linéaires, entremêlées aux écailles.

0. offi-cinartim Willd. (Herbe dorée), frondes ou touffes do 5 ii 1.5 centimètres, — commun, vieux murs, roeliers luimides et ombragés -, un peu astringent, autrefois vanté comme pectoral et contre les affections calculeusesdes voies urinaires.

Genre POLYPODE. — POLYPODIUM L.

Fronde pinnatiséquée, h nervure pennée ; — sores volumineuses, éparses on disposées en séries régulières sur les nervures et dans les angles.

P. vulgare L. (Polypode du chêne. Réglisse des bois), frondes de 2 à 5 décimètres, longuement pétiolées, simplement pinnatilides, à segments alternes, lancéolés, entiers ; sores sur 2 rangs parallèles à la nervitrc moyenne, — très commun dans les bois, lieux couverts, exposés au nord, sur les vieux murs, les troncs d'arbres ; soucbe amère, tonique, apéritive.

P. phegopteris h. (Polypode cilié), frondes pinnatiséquées, il segments opposés, ciliés-velus, piuuatifides, h lobes aigus ; sores au bord des lobées, — landes des montagnes.

,S'iO POUGÈHES.

P. i-/i,i(icmii 1.., IVoikIos allongées, liipimmtiSL'qnéos, » serments secondaires, alternes, làiinaiWidos, fi lobos petits, dentés, — montagnes.

P. dninplfris L., frondes racconrcies , triangulaires, bipinnatiséquées, les 2 segments principiuix inférieurs longuement pétioles ; segments seoondnires h lobos pinnntiséqnés à la base, entiers nu sommet ; plante grOle, — vieux murs, rocbus calcaires.

P. rnlcnrciim Pni., mêmes caractères, — plante forte, condvéc à In face inférieure.

Frondes

■k' Tl-itou. — ASSI»IDIÉ!BS.

{Caract. gcnér. des Polypodiées). Sores munies d'une indusie ou recouvorles par le bord des frondes.

S Indusie peltée, fixée par le centre A-sriniiiM.

Ind. îixée, par un pli, du centre à la circonf , PoLTSTiciroM .

Indusie fixée par son bord interne Cystopteei.i .

. Indusie fixée par son bord externe Asplenium.

Sores en 2 séries continues au bord des lobes Pteeis.

o , , ; par nne indusie — Segm.longuero. pétiol. ÂDiANTHrM.

bores fixées au ) ' o o i

,g I I sommet des lobes| ^^^^. ,^ ^^^,^ ,.epl.de lafr.— Segm.pq. sess. Cheilantes .

, ( tri-pinnatiséq., lobes stéril.cunéif., les fert.oblong.-réflécb. Allosubus.

*^ I '2 orflvfisl

f pinnatiséq., segm. stéril. lancéolés, les fertil. linéaires. Blechnum.

Frondes entières, lancéolées — Sores en séries parallèles et obliques. . . . Scolopehdkium .

Genre ASPIDIE. — ASPJDIUM R. Br.

Fronde piniiatiséqiiée, à lobes oblongs, mncronés-épineux ; à pétiole écailleux ; — sores arrondies ; — indusie orbionlaire, fixée par un pédicelle central, libre dans son pourtour.

A. hncliilis Sw., Polypodium lonchitis L , frondes de 2 à 5 décimètres, lancéolées, raides, coriaces, pinnatifides, à segments entiers ; sores en 2 séries allongées, — commun sur tontes les hautes montagnes.

A. aculealum Sw., Polypodium aculeatum L . , frondes de4.B décimètres, oblongues, bi-pinnatiséquées, il lobes dentés, mucronés-aristés ; sores en 2 séries peu régulières, — très commun ; coteaux, rochers ombragés, bois humides exposés au nord.

A, angulare \Yi\]d., — A. lobatum Sw., — simples \ ariétés du précédent, ayant les lobes inférieurs des segments plus ou moins prolongés en oreillette h la base.

• Genre POLYSTIC. — POLYSTICHUM Roth.

Fronde bi-pinuatiséquée ; — sores suborbiculaires, éparses ou sériées ; — indusie fixée par le centre et par un pli allant du centre à la circonférence, et rendant la sore presque réniforme.

FOiJOiiiiEK. 8 il

PhisioLirs ospoc.os, loiilos assez coiiiiiiiiiii's il;i,n» l(;s lioiix Iminlili^s cl, oiiibragoîa des luontagiics.

•^ I K'acliis tiu — Fronil. pimiatiriil.i :'i borda ouroulùs — Sores en 2 li^^iiesccnliivl . TiiKi.vrTj.nr» iiuili.

W \ k lobes entiers, obtns, j plans — Sores on 2 lignes marginales Oih.optkbi» m;.

l largem. ( Segm. alternes — Loboa il. dents niiitiques. pii.ix-MAS lt<i(li.

■1 1- \,. " .„ {liincéoluos Pog.pn.opposi^s — I.ob.(i2.(i dontsmuoron. Chibtatum Hofli. ^, Racbis Jbi-pmuatif.) ,, ., ,,!,. ^ ^ •. t , ,/ „ ,

S 'éoailleuxi ( étroitement lancûoloes — Lobes a dents miicronniecs. niijiilum lie

^ { Frondes tri-piniiatiséquées — Lobes piniiatilldes, niiicronulés. . . Dii.ataium UC.

P. filix-mas Kotb., Pohjpodium fitix-mas L. (Fougère mâle), frondes de 5.11) diicimijtres, bi-pinnatifides, ii lobes obloiigs, entiers, obtus, presque troiiqui''3, criïneli's-dentés; sores peu nombreuses, bisériées à la base des lobules, — très commun ; bois, buissons et cbemins ombragés -, souche i"i odeur dés.agréable, d'une saveur amfere et un pou astringente ■, souvent employée comme renicde contre le tcniii ; les frondes jeunes eu sont quelquefois mangées comme asperges.

Genre CYSTOPTÈRE. — CYSTOPTEIUS Behnh.

Fronde bi-ti'i-piimatiséquée, très mince ; — sores arrondies, éparses ; — indnsie dentelée, fixée par son boi'd interne à la nervure, s'ouvrant en haut.

C. fragilis Bernh., Polypodium fragile L., frondes de 1 à 4 décimètres, à lobes menus, diversement découpés, — rochers et murs ombragés.

C, n.^/ii'nrt Link., lobes et lobules linéaires, obtus, — Alpes.

C. monta,na Link., frondes triangulaires, ternées, à lobes dentés-lobulés, — hautes montagnes.

Genre DORADILLE. — ASPLENIUÊI L.

Fronde uni-bi-tripinnatiséquée ; — soi'es allongées, solitaires ou bisériées sur les nervures secondaires ; — indusie fixée par le boi-d externe, s'ouvrant eu dedans.

Espèces assez nombreuses, de formes très variées et habilaiU toutes les bois liumides et ombragés des montagnes.

Frondes tri-pinnatiséquéos, triangulaires — Sores couvrant les lobes. . . ,\tii.i>Tijuji-MciiC)i 1,. ' régulièrement pinnatifides — Sores eu ligues. . FiLis-FotsiiNi Bcmli.

Lfinccalotinn HiKts.

Ilallai ne.

cunéiform., à dents mucronées — for. éparses

I lancéolées, à lobes ; ovalaires — Lobes peu nombr., cunéiform. — Sor. éparses. RuTA-aimiaii i..

j j ( courtes — Lobes cunéiformes, découpés en lanières. Brojnii R'U.

;/",' /Frondes) ' ' ( allongées — Lobes grands, trapézoïdes Marinum L.

pinnat. 1 ,,,... t i i ( sessiles — Pétiolebrun, luisant. Tbichojunfs L.

'laneéol.-linéair. — Lobes arroud.'

pétiolulés — Pétiole vert Yiridc Huiis.

Frondes linéaires, à 2.3 lobes termin. couverts par les sores Septentrionale S\\-

A . adianthum nigrum L. (Capillaire noire), frondes de 1 à 3 décimètres, bi-tri-piunatiséquées, à lobes lancéolés, lobulés-dentés, à face inférieurs presque entièrement couverte par les sores ; pétiole brun, — commun dans tout le Midi, l'Ouest et le Centre; mucilagiueux et légèrement astringent.

A. (ilix-fœmina Hernli., Polypodium filix-fœmina L. (Fougère femelle), froudes de 5 h 10 décimètres, bi-pinnatiséquées, à lobes aigus, régulièrement et finement pinnatifides, à lobules fins, nombreux et dentés au sommet; sores en ligues sur les nervures, — commun partout, et se pro-

8'i;' i''oi!GÈiiEs.

niiKuiiiit ftvoi" une grnncle fiicilité ; IVondos amères, astriiigentos, quelquefois emiiloyùos commo vormifugos, pour les usiiges de la tminorie, pour remplir des matelas, etc.

.1. ni/n-iiiurfirid !.. (Doradille des murs, Sauvevie), frondes de 5.15 ccntimi'tros, triaugulairos, à lobes obtus, cnnùifonuos, crùueli's au sommet, couverts en dessous par les sores , — commun sur les roches et vieux murs.

A. Irichomancs L. (Doradille polytric, l'olytric officinal, Capillaire), frondes de 5.15 centimètros, étroitement lancéolées, simplement pinnatiséquées, à segments ovales arrondis, presque opposés ; racliis capillaire, d'un pourpre noir, luisant ; sores en lignes obliques, — vieux murs, lieux ombragés, puits; un peu astringent, employé comme vermifuge, bécliique.

Genre PTERIDE. — PTERIS L.

Fro/iJe bi-tri-piunatiséqiiée, à lobes entiers ; — sores en 2 séries linéaires continues, longeant le bord des lobes ; — indusie formée par le bord de la fronde, repliée en dessous, libre par son bord interne

Ptéride aigle-impérial, p. aquilina L.

Fougère commune, grande Fougère, Aquiline.

Frondes de K à 13 décimètres, ovales, triangulaires, à segments régulièrement découpés en lobes triangulaires, à bords infléchis en dessous, pubescents. Pétiole présentant, dans une coupe oblique, des faisceaux ligneux figurant un aigle double.

Cette espèce, très répandue sur les divers continents et la plus commune des Fougères indigènes, abonde surtout dans les terrains granitiques et siliceux, dans les bois montueux, sur les coteaux incultes, dans les prés et pâturages, champs et vignes des sols sablonneux ou argilosiliceux,où sa présence est toujours l'indice d'une terre médiocre, outre l'inconvénient qu'elle offre de nuire aux récoltes voisines. On l'utilise, de même sur les autres Fougères, comme litière, comme aliment d'hiver. Toutefois, ses frondes, d'une saveur âpre, sont moins du goût des bestiaux que celles des autres espèces. Ses racines seulement, riches en fécule, sont, dans quelques contrées, données avec avantage à la volaille, qu'elles poussent à l'engrais, et aux cochons, qui les aiment et les recherchent ; mais étant longues et traçantes, et s' enfonçant à une grande profondeur, elles sont difficiles à atteindre. Dans les îles Canaries, cette racine constitue la nourriture habituelle de la majeure partie des habitants qui, en la mêlant à un peu de farine grossière, en font un pain noir qu'Us consomment toute l'année.

Dans nos contrées, la grande Fougère étant considérée comme plante nuisible plutôt que comme plante fourragère, on s'est préoccupé surtout des moyens de s'en débarrasser. Plusieurs moyens pour cela ont été conseillés et mis en usage. Nous pouvons citer parmi ces moyens ; l'arrosage avec l'eau de mer, quand la situation le permet ; l'emploi de la chaux en poudre ou des cendres, riches en potasse , provenant de l'incinération des frondes mêmes de la plante à demidesséchées : substances qui ne tuent pas la Fougère, rnais qui, en modifiant la nature siliceuse du terrain, ont pour effet de favoriser le développement d'autres végétaux qui lui disputent la place, lui nuisent et peuvent finir par l'étouffer. On obtient ce même résultat, et d'une manière plus complète, par un semis épais, à plat et pratiqué de bonne heure, de vesces ou de trèfle; ces plantes donnent des pousses compactes qui empêchent la Fougère de fructifier et la font périr.

On peut encore l'attaquer directement : en la fauchant avec une faux sur laquelle on étend nna dissolution de protosulfate de fer ou couperose verte, ou bien en se servant d'un bâton terminé par une lame de couteau, et avec lequel on brise et on coupe les frondes ; cette opération, répétée deux années de suite, épuise les racines et entraîne leur destruction. — On utilise aussi la gelée, que l'on fait agir en labourant profondément, en hiver, le terrain envahi, au moyen d'une charrne dont on a un peu écarté le versoir ; chaque bande de terre alors, au lieu de retomber renversée, reste droite, et il i-este entre les bandes un espace qui pei-met à la gelée de pénétrer très avant et d'attaquer les racines de la Fougère, très sensibles au froid. — Si on avait affaire à

liguisiiiTACÉiis. /-ij

un terruiii aabloniioux, |ioii consistiuil, un commoncoriùt II liibiniror mi luoinoiil iiiiiinc île lu ne\/:(i ou bien on ronvorserait la bantlcloyée sni- une bande Intncte, 00 qui forme (les rigoles par Icaqnellen le froiil peut péniitrer. Knfiu, quand les Fougi'ros sont ri^.pandnes flculomont par places dans les cbamps, on peut, comme le consoilloM. Joif;uoaux, su borner k les couvrir, vers le mois d'avril, d'une concile de 2 à 3 déoimctros de bruyhro, de jonc et de paille, qu'on laisse jusqu'au mois df soptembro ; on relevé alors cette eoucbo on fumier, et la Fougère se trouve détruite. /'. CTOlicttL., fouilles simjilcmcnt piunatiséqncîes, — Corse.

Genre CAPILLAIRE. — AUIANTHUM L.

Fronde bi-piunatiscquée, à lobes cunéiformes, portés sur de longs pétioles capillaires, nus iuférieurement ; — sores arrondies ou oblonguos, fixées au bord et à l'extrémité des lobes; — indusie formée par le bord réfléchi delà fronde et s' ouvrant en dedans.

A , capillus-vcneris L. (Capillaire de Montpellier), fi'ondes do 2.3 décimètres, ovalaires, minces, molles; pétiole d'un brun noir luisant, — roches et murs ombragés, grottes humides, puits, bords des rivières ; commune surtout dans le Midi ; odeur aromatique, saveur agréable : usitée comme médicament béchiqne.

Genre SCOLOPENDRE. — SCOLOPENDRIUM Sm.

Fronde entière, lancéolée, à pétiole éuailleux; — sores en séries linéaires, parallèles, obliques par rapport à la nervure moyenne; — • indusie s'ouvrant en long par le milieu.

S. officinale Sm., Asplenium scoloiiendrium L. (Langue de cerf], frondes de 2 à 4 décimètres, auriculées à la base, — très commune, dans les mêmes lieux que la précédente ; conseillée comme amère, résolutive.

S. sagittatuin DC, frondes plus petites, sagittécs à la base, — Midi.

Famille des ÉQUISÉTACÉES Vauck.

Plante à souclie souterraine, profonde et traçante, et à plusieurs ^ijc.^ fertiles ou stériles, aphylles, raides, cylindriques, striées, articulées, fisluleuses, la cavité interrompue aux nœuds par des cloisons transversales ; — à chaque articulation une gaine membraneuse plissée, plus ou moins profondément dentée, offrant parfois à sa base un verticille de rameaux plus ou moins nombreux ; — chaque î'afjîeaîf articulé comme la tige, simple et plus rarernent ramifié, non flslnleux, et pourvu d'une gaîue à sa base. ■ — Organes de la fructification rassemblés, au sommet de la tige et des rameaux, sur uu axe dressé, couvert à sa surface d'écaillés pédicelléespeltées, en forme de clous à tête et groupées en verticilles rapprocliés ; le tout figurant un cpi plus ou inoins épais , cylindrique ou conique ; — sporanges disposés en cercle par 6.9 à la face inférieure des écailles, et s'ouvrant en dedans par une feule longitudinale ; — spores très nombreuses,, arrondies, muuies de 4 appendices filiformes (élatères), renflés au sommet et partant du même point ; ces appen-

8'(i lioUISÉTACÉES.

ilici's, roulés imi liélici! aiilour do la spore, so déroulant par la dessiccation pour lancer dans l'espace les corpuscules au.\(iuels ils adhèrent. — Siiores, plai'i-es dans des conditions iavorables, germant et iiroduisant un prothallc nieiuliraneux, unisexué, et produisant tantôt des aniliéridics qui naissent à son exlréndt(- , tantôt des arcliégones naissant à sa portion épaisse cl hasilaire.

l'anulle riMluitc, à un seul iïcnre.

Genre PUELE. — EQUJSETUM L.

(^Caractères i/o la Famille.)

Genre comprenant un petit nombre d'espèces indigènes, connues sous le nom générique de Prêles, Queues de cheveil, Queues ele renard, et très remarquables par l'uniformité de leurs caractères. Naissant toutes dans les lieux humides et marécageux ou souvent submergés : prairies aqueuses, marais herbeux, fossés, bords des cours d'eau, des étangs, bois des montagnes, elles se propagent facilement parleurs spores nombreuses et se développent, dans les enilroits qui leur sont favorables, avec une extrême vigueur, grâce à leurs souches ou rlnzomes qui pénètrent dans le sol à une gi'ande profondeur, s'y ramifient en racines longues et traçantes en formant un véritable réseau qui finit par occuper la totalité du terrain qu'elles ont envahi. Contenant dans leur tissu une grande quantité de silice, qui fait de leur surface une véritable lime végétale, elles sont souvent employées pour polir les métaux et les ustensiles eu bois. On pourrait les utiliser encore en médecine comme légers diurétiques, mais elles conviennent peu pour l'usage alimentaire. Dures, fibreuses, peu nutritives, indigestes et même irritantes, les Prêles, en effet, sont peu fourragères et sont en général, lorsqu'elles se rencontrent au milieu des prairies, dédaignées des bestiaux, des ruminants principalement, qui les laissent en broutant les autres herbes. Si elles abondent et si les animaux, ne pouvant en faire le tiiage, sont dans la nécessité de les manger, elles peuvent donner lieu à quelques accidents, tels que coliques, diarrhées, inflammations intestinales, hématurie, etc., signalés surtout par les auteurs allemands et suédois. Viborg, qui a résumé dans un travail spécial les effets fâcheux produits par les Prèles, ajoute que leur usage, longtemps continué, entraîne la faiblesse, une grande prostration pouvant se terminer par la mort de l'animal. Chez les vaches, elles produisent, en outre, la diminution de la sécrétion du lait et l'altération de ce produit, qui donne un beurre moins gras, plus blanc, d'un goût fade, et plus difficile à conserver. Ces effets sont moins marqués sur les cochons et sur les chevaux, lesquels même, paraît-il, mangent les Prêles avec plaisir, bien qu'à l'état sec surtout elles ne donnent qu'un fourrage insipide et sans valeur.

Mais les Prêles n'en constituent pas moins de véritables plantes nuisibles d'autant plus à redouter que, ne se montrant jamais dans les prairies sèches ou dans les prairies élevées, à sous-sol perméable, elles indiquent toujours, par leur présence, des prairies humides, au moins en hiver. Aussi, est-il important de s'en débarrasser partout oîi elles se montrent. Mais, par malheur, on n'y réussit pas toujours. Les Prêles, en etTet, sont, de toutes les plantes nuisibles, les plus difficiles à détruire, et depuis bien longtemps déjà l'agriculture se préoccupe, sans être entièrement parvenue à les trouver, des moyens propres à obtenir ce résultat. L'arrachage à la main ou à la pioche, le défoncement à la charrue, ne réussissent que lorsque les pieds sont peu nombreux et peu développés ; mais quand la prairie et envahie dans une certaine étendue, la charrue, loin de la faire disparaître, favorise, en remuant

HQOISKTACKKS. • ff'l.)

lii terre, lo cléveloppomciil. des noiiviiaiix riiiiieiiiix, d'arilaiil, plus facileiiiciil i|ue le collet de leurs racines (!st [iresipie LoujoLii's (;ii contre-bas du niveau des prairies. L'enlèveuieut des couches de terre .superlicielles, les semis des cendres, de suie, de cliau.x, n'ont pas mieux l'trussi.

Toutel'ois, si l'on considère que les Prê](;s ne croissent ordinairement (|ue dans les lieux marécageux, les prairies imperméables, ou peut espér(;i' qu'un assainissement complet du sol, au moyen du drainage ou de saignées convenablement pratiquées, cm préparera au moins la dis[jarilion, qui pourra devenir (complète si, après cette première opération, on a soin de couper IVéquemment la plante, de manière à empêcher sa l'ructiflcation, d'(;ii détruire les rhizomes par la charrue, et de rompre la prairie pour lui faire succéder des cultures sarclées et céréales. Un dernier moyen, conseillé par L. Vilmorin, et essayé, paraît-il, avec succès par plusieurs propriétaires, est la culture du llay-grass d'Italie, dont le rapide développement aurait sulTi , en deux ou trois ans, pour l'aire complètement disparaître les Prèles. Cette méthode est assez facile pour pouvoir partout être recommandée et mise en pratique.

•' / Tiges fertiles et ( Tiges fertiles ( Gaîiie :i 4.8 dents — Tige stérile de 2.5 déo. abvense l.

S Istéril.tlissemblabl.jpi'ùcéd.lesstév.j Gaînoà 10.20 dents — Tigestér. defi.lO d. Telmaieva EUrli.

P 1 Epi obtus { Tiges se déveloiipant toutes en mûme temps SvLViTjccii L.

[^ < I Tiges fertiles caduques. J Epi oylindriq. — Gaine làclie, élargie. . l-ALtSTBE 1..

5 j Tiges \ Epi obtus (Epiovoïde — Gainecylindr. appliquée. Liuosuu I,.

wf toutes ' Tiges fertiles ( Tiges simples, de 5.8 décimètres HïEMiLB L.

\ semblables Jpersistant. en hiver.! Tiges ( de 5,10 déc., à rameaux vei-ticill. Rajiosdm ScW.

\ Epi apioulé (rameuses,) de 1.3 déc., trfcsrameuseàlabase. Varie(iaimn SiM.

E. arvenseh. (Queue de rat), épi mince, cylindre-conique, roussâtre ; tige fertile de 1.2 décimètres,'nne, à gaine ample, blanche à la base, brune an sommet, à 4.8 dents longues, très aiguiis, acuminées; tiges stériles plus grêles, rameuses vers le haut, avec gaine ii dents plus courtes, — dans les champs sablonneux et humides ; la seule espèce se montrant quelquefois dans les pi'airies sèches et perméables.

E. Mmaleya Ehrh., E. eburnemnVMh., E. IhivialileLm., épi plus gros, noirâtre au sommet; tige fertile à gaine brunâtre, à 20.30 dents .aiguës-subulées ; tiges stériles aussi grosses que les tiges fertiles, à gaine d'un blanc d'ivoire, et à vertioilles rapprochés de rameaux nombreux, grêles, très longs, — lieux luiniides, etc.; les jeunes pousses, dans quelques pays, sont mangées par l'homme.

E. sylvaticum L., épi petit, ovoïde; tige fertile de 1.2 décimètres, très rude, nue ou peu rameuse, à gaine longue, à 3.4 dents allongées ; tiges stériles de 3.8 décimètres, à rameaux plus longs, arqués-pendants, — bois himiides des montagnes ; donné aux chevaux en Suède.

Prêle des marais, E. palustre L.

Queue de cheval. Queue de renard.

Epi mince, cylindrique, noirâtre. Tiges de 3.6 décimètres, presque lisses, d'nn vert blanchâtre, grêles, rameuses dans leur partie supérieure; verticilles à 18.12 rameaux. Gaine lâche, élargie au sommet, verte, à 8.12 dents acuminées, blanches scarieuses au bord.

Espèce des marais et lienx humides, la plus commune et la plus envahissante du genre, se montrant dans un grand nombre de prairies, croissant au milieu des autres herbes et toujours des plus diflîciles à détruire. Celle en outre qui paraît exercer sur les anim.anx les effets les plus pernicieux, et contre laquelle ont été particulièrement dirigés les moyens recommandés pour obtenir la destruction des Prêles.

E. linwsum L., épi ovoïde obtus ; tiges de 5.10 décimètres, nues on ottVant vers le haut quelques verticilles, à 15.20 rameaux ; gaine appliquée, très verte, brune au sommet, à 10. 12.20 dents acérées, — marais.

E. hyemale (Prêle des tourneurs), épi court, ovoïde ; tiges de 5.10 décimètres, nues ou

,S((; LYCOPOniACEES.

épaisses, ramoiisos, glaïujues, nulos ; ù gaine appliquée, presquo noire, h 15.20 dents, courtes, snbuWos, il pointes soarienses, noires il la base, — bois humides, friches mai-écageuses.

E. ramosum Solil., tiges grêles, rameuses; gaîne bruntltre, dilatée vers le haut, — champs sablonneux cultivés, bords des rivières; dans le Midi et l'Ouest principalement.

K. i'nrk(jatumSch\., tiges rameuses, cespiteuses ii la hase, — sables des rivières; Est.

Famille des LYCOPODIACEES DC.

Plantes lerreslres, herbacées ou ligneuses, ordinairement vivaces, à racine fibreuse et à tige grêle, rampante ou dressée, dicholome par le développement de 2 bourgeons terminaux et presque toujours pourvue de racines art\eii lices ; oli'rant, au centre, un faisceau de vaisseaux scalariformes. — Feuilles petites, simples, sessiies ou décurrentes, persistantes, très rapprochées, imbriquées, formant des séries longitudinales ou en spirale. — Oi'ganes reproducteurs de 2 sortes : les uns, considérés comme des antldrldles, plus nombreux et constants, constitués par de petites capsules {microsporanyes) ovoides, axillaires, s'ouvrant en travers et renfermant une grande quantité de grains fins (niJcro^pores) agglutinés par 4; les autres plus gros, souvent absents, constitués de même par des capsules {macrosi:iorangos ou oophoridies) , s'ouvrant de haut en bas en 2.4 valves, et contenant quatre spores globuleuses (macrospores) ; ces organes entremêlés ou sur des pieds distincts. — Mode de reproduction observé seulement sur les macrospores, qui, lorsqu'ils e.xistent, produisent un court prothalle renfermant quelques archégones ; fécondation ignorée, les microspores semés ne produisant des anthérozoïdes qu'après pki.-ieurs mois, et un grand nombre d'espèces se reproduisant, bien que dépourvues de macrosporanges.

Famille comprenant un petit nombre d'espèces, peu répandues, rares

dans le Midi surtout, et se montrant principalement dans les endroits couverts

des pays de montagnes, sur les troncs d'arbre, sur les pelouses, an milieu des

autres herbes, où d'ailleurs les animaux ne les recherchent point. Comprend

les deux genres indigènes suivants :

Le genre Lïcopode, Lycopodium L., à organes reproducteurs exclusivement constitués par des microspores — et dont une espèce le L. clavatum L. (Herbe aux massues), venant çà et là dans l'herbe des bois de montagne, couvrant quelquefois de vastes espaces, fournit la poudre de lycopode ou soufre l'égétal, si facilement inflammable, et contituée par les microspores de la plante.

Le genre SÉLAGiNELLTî, Selaginella Spring., à organes reproducteurs comprenant des mierospores et de macrospores; et dont l'espèce principale, le S. spinulosa Braun., vient sur les pâturages élevés des montagnes, qu'elle couvre d'une verdure fraîche et permanente.

CLASSE. - ACOTYLÉDONEES

GELLULMItES.

Plantes Jépom'vnes J'orgîines Horaux, très diverses diiiis laiirs formes extérieures et dans leur organisation, les unes offrant, comme celles de la classe précédente, des organes fondamentaux ; les autres sans axe ni appendices, ni formes déterminées, et s'accroissant par la périphérie. — toutes exclusivement constituées par du tissu cellulaire, et se multipliant par des spores, résultant quelquefois de la fécondation des arcliégones par des anthérozoïdes, apparaissant d'antres fois sans fécondation apparente ; — dans tous les cas, quand elles sont placées dans des conditions favorables à leur germination, produis.ant directement un nouveau végétal sans formation intermédiaire d'un protlialle.

Famille des MOUSSES.

Plantes de petites dimensions, généralement vivaces, iniiuies de racines, de tiges, de feuilles, de fleurs, de fruits, mais offrant une organisation exxlusivement cellulaire, sans vaisseau.x, ni écorce, ni épiderme. — Racines, les unes primordiales, naissant avec la plante, les autres adventices ; — tige très grêle, presque nulle, rampante ou dressée, simple ou rameuse, à tleur terminale ou latérale ; — feuilles nombreuses, très petites, oblongues, lancéolées ou capillaires, ordinairement entières, appliquées, étalées ou réfléchies, radicales, caulinaires ou florales ; — fleurs unisexuées, dioïques, monoïques ou dans un même involucre ; — fleurs mdles constituées par une antliéridie, vésicule ovoïde, allongée, à parois transparentes, sessile, dans une rosette de feuilles (péri(jo)/c), et contenant une matière cellule-visqueuse, s'écbappantà la maturité parle sommet, et dont chaque cellule renferme un anthérozoïde eu ligne courbe ou ondulée ; — fleur femelle ou archégone, nommée encore pistil, en forme de gourde, et comprenant plusieurs parties : le sporange, vésicule allongée, ordinairement unique dans chaque fleur, parfois accompagnée de quelques sporanges rudimentaires, avortées {pciraphyses); Vépigonc, vésicule enveloppante, divisée en 2 parties, la principale {vaginule) inférieure, et la supérieure {coifj'e) qui la recouvre ; le péclicelk ou soie i]ui soutient le sporange, et se forme seulement après la fécondation en rupturant et soulevant l'épigone ; le périelièse , giomérule de feuilles plus grandes que les feuilles ordinaires et au centre duquel naît le pédicelle ; — fruit résultant de la fécondation du sporaiige, constituant une capsule de forme variable, et dans lequel on distingue ordinairement les parties suivantes : un sac inférieur (urne). offrant un placenta central et tout autour les spores renfermées dans une*

,S/,8 MOtl.SSKS.

[locho spt'iciale (sporopliont) i]ui c;ii reuiplil toute la cavité; uiio partie siipériciiro {couvercle ou opcrule), conique, se détacliant à la maturité et laissant nue (inverture ipêrisloDie), tantôt nue, tantôt ciliée ou [>oilue au pourtour, iiurlipiclois entourée d'une rangée de cellules hygroniétriiiues (imncau) ou l'erniéi! par une uieiubraue mince (êpipliragiiia') ; capsule s'ouvrant parl'ois par rupture ou par des valves. — Ueprodui!liou s'opéraut par les spores qui, eu germant, émettent des lilamcnts rameux l'entrés, du centre desquels s'élèvent nue radicale, des folioles et une tigelle, [)uis des racines : ces plantes se re[)rodnisant encore par des bulbillcs axillaires • propagincs) ^ des drageons ou branches axillaires radicautes, ou par des tubercules radicaux.

Famille d(;s plus nomltreuscs, comprenant des espèces la plupart très répandues, qui croissent sous tous les climats, dans les localités et les sites les plus divers, sur les hautes montagnes, dans les plaines et les vallées quels que soient la nature, le degré de sécheresse et d'humidité du sol, se moulraut ainsi : sur la terre et sur les rochers, sur les vieux murs, contre les arbres; mais principalement, toutefois, dans les lieux irais, humides, ombragés, où ces plantes forment des toufl'es plus ou moins volumineuses. Malgré leurs petites dimensions, elles jouent un rôle important dans l'économie de la nature en ce que, paraissant des premières sur les roches et terres stériles, elles commencent à foimer, par leurs détritus, la terre végétale qui nourrira les espèces nécessaires à l'entretien du bétail; on les voit ainsi se développer avant toute autre sur les terrains que l'on abandonne à eux-mêmes pour les transformer en prairies. Fréquemment employées à divers usages économiques, rarement usitées en médecine, elles ne sont point mangées par les bestiaux, à moins d'une extrême disette. Ainsi, ne peuvent-elles figurer parmi les plantes fourragères que comme espèces inutiles, devenant même nuisibles lorsqu'elles se développent en abondance dans les prairies. Alors, il convient de les détruire 'soit directement par des arrosages avec une eau acidulée, alcaline, pai; l'emploi du sel, des cendres, du plâtre, etc., dont elles redoutent les effets, soit par des irrigations convenablement pratiquées, des fumures, des labours profonds et répétés, soit en abattant les arbres qui donnent ti'op d'ombre. — Entre les genres si nombreux de cette famille, nous nous bornerons à citer :

Le genre Polttric, Polylrichum L., urne terminale ; feuilles minces, efEUîes, — dont une espèce le P. commune L. (Capillaire dorée) , très répandue dans les lieux humides des bois, est fréquemment employée pour faire des balais, des brosses, etc.

Le genre Hvpscm, Hijpnum L., urnes latérales ; feuilles menues , courtes, — comprenant un grand nombre d'espèces, très répandues, et qui sont celles communément désignées sous le nom de Mousses ; ce sont les plus utiles et presque les seules journellement employées pour faire de la litière, garnir les couches, recouvrir les cheminées, calfeutrer les bateaux, emballer les plantes, les fruits, les objets fragiles, etc.

Le genre Spiiaigne, Sphagnum L., urne sans coiffe, s'ouvrant par rupture de l'épigone, — constituant les Mousses aquatiques^ plantes d'une consistance molle, spongieuse, très hygi'ométriques, absorbant avec une grande facilité l'eau du sol et de 1' .atmosphère, contribuant ainsi, sur les montagnes élevées, à la formation des plateaux tourbeux et des réservoirs des sources ; et, par leur reproduction incessante, entrant, pour la plus forte part, dans la formation des tourbières. En Irlande, dit-on. les habitants la font entrer dans la composition du pain.

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