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ASTR.\C..4LE QUEUE DE RENARD, A. alOpCCUrOÏcks L. , Fleurs jaunes, grandes, très nombreuses, en grappes ovoïdes, serrées, presque sessiles. Calice laineux, enflé à la maturité. Etendard ovale, contracté en onglet fin. Gousse incluse, ovale, courte, comprimée latéralement, terminée eu bec arqué. Feuilles très longues, composées de 20.30 paires de folioles velues sur leurs bords. Tiges dressées, raides, épaisses, striées, velues. Racine épaisse, profonde, k divisions courtes. Taille de 5 à 10 décimètres.
Cette plante, assez belle, se montre principalement dans les Alpes du Danpliiné, et dans les prairies de quelques autres parties du Sud. Elle est peu recliercbée des bestiaux, que paraissent repousser les poils qui recouvrent toutes les parties de la plante.
Même observation à l'égard de l'A. Narbonensis, Gocan, qui diffère de l'espèce précédente par ses grappes plus lâches. Les espèces annuelles, Â. epigloUis L. et Â. hamosus L., sont de petites plantes , qui viennent dans les lieux secs et pierreux du Midi et sont sans usages.
Astragale sainfoin, A. onobrychis L.
Fleurs d'un pourpre bleuâtre, assez grandes, en grappes dressées, ovoïdes, serrées. Calice tubuleux, velu, à dents linéaires. Etendard à limbe linéaire, dépassant de beaucoup les ailes. Gousse dressée, très velue, sessile, triangulaire, creusée sur le dos d'un large sillon. Feuilles composées de 8.12 paires de folioles obtuses. Stipules soudées ensemble. Tiges couchées à la base, puis redressées, flexueuses. Taille de 3 à 4 décimètres.
Commime da,ns les pâturages des Alpes, de la Provence, du Danpliiné, dans la Lozère, cette plante est mangée seiUement par les moutons. Les autres animaux la broutent seulement dans sa jeunesse.
LÉGUMINEUSES. l.'Jl
L'yI. lliiyoneiisis Lois., qui croît purtioulicrcmoiit ilmi» Ici i'iJf,'ioiiR do l'cxtrOnie f^iid-ouest, id VA. auslriacus L., qui vient dans les AlpoB, 1)0 rapprocliont par leurs ciiractferos do l'eupfcco pr&'é- Jonto, ot sont ôgalcmont peu rcclioroliéos.
Asthauale iiYPOCLOTTE, A. liypoglotlk L.
Fleurs violettes, eu grappes dressées, toujours gloliulousos. Calice tubuloux. Etendard ovale, éolianor(S, plus long que les ailes. Gousse ovoïde , on cœur à la base, contenant une seule graine dans chaque loge. Feuilles à 1.5.2.5 folioles. Stipules soudées. Tige couchée, jmis dressée. Taille <le 1 à 2 décimètres.
Vient dans les pâturages montueux, les lieux frais de l'Alsace, des Alpes et de la Provence.
Les espèces vivaces, A. glaux L., A. purpurcus Lm., et À. vcsicarius L., qui ont de grands rapports avec la précédente, croissent de même dans les diverses contrées de l'Est. Los espèces annuelles, A, pentaglottis L., A. Stella Gouan et A. sesame.us L., viennent plus spécialement dans les champs stériles de la Provence. Elles sout toutes sans usages.
, AsTUAGALE DE MONTPELLIER, A. Monspcssulanus L.
Fleurs purpurines, rarement blanches, très longues, en grappes ISches, portées sur des pédoncules couchés partant de la souche. Calice longuement tubulé. Etendard échancré, très long, dépassant les ailes; celles-ci aiguës, munies d'une dent sous le sommet. Gousses sessiles, presque cylindriques, courbées, contenant un grand nombre de graines. Feuilles à 15.20 paires du folioles. Stipules soudées au pétiole par leur base. Taille do 1 ii 2 décimètres.
Une des plus communes du gem-e, cette espèce se rencoutre dans les lieux herbeux et en friches, sur les coteaux arides du Midi et du Centre, depuis les Pyrénées jusqu'aux montagnes de l'Auvergne. Elle fleurit de bonne heure et produit pendant très longtemps. Les moutons et les chèvres s'en nourrissent volontiers qiiand elle est jeune.
UA. incanus L. et r.4. deprcssus L., espèces à fleurs blanches, très voisines de la précédente, et participant de ses propriétés, se rencontrent princip.alement dans les lieux stériles et montagneux du Midi.
L'^. tragacantha L., espèce à tige ligneuse, garnie d'épines à gi'andes fleurs blanches, et que l'on trouve surtout dans les sables maritimes delà Provence, et Va. aristatus L'Her., à fleurs d'un blanc purpurin, qui se trouve communément dans les Hautes-Alpes du Dauphiné, sont sans valeur et sans emploi comme plantes fourragères.
Genre PHAQUE ou ASTRAGALOIDE. — PHÂCA L.
Coro/te il carène obtuse ; — gousse presque uniloeulaire, la suture supérieure prolongée ne formant qu'une demi-cloison, la suture inférieure épaissie en dedans et déprimée eu dehors.
Ce genre, qui ne diffère essentiellement du genre astragalus que par sa gousse à une seule loge, offre plusieurs espèces.
On distingue, parmi les espèces de ce genre, le Ph. frigida DC, le PIl. Alpina Wclf., à fleurs jaunes; le Ph. astragalina DC , Ji fleurs panachées; le Ph. Australis L., à fleurs blanchâtres et violettes, et le Ph. Gerardi Vill., espèce très voisine de la précédente, qui toutes habitent les Alpes du Dauphiné et sont sans emploi.
[',]■> ■ LiiOUMINEUSKS.
Genre OXYTIIOPIS. — UXYTIillPlS DG.
Corolle à Cfti-fcno terminée on une petite pointe; — floiissc à cloison plus ou moins complète, toujours formiîe pnr l'inflexion de la suture supiiriouvc.
Ce genre offre quelques espèces, toutes de nulle valeur comme plantes fourragères.
De ces espèces, les unes, pourvues d'une tiijc herbacée, YO. monlana DC, à fleurs purpurines, et ro. pilnsa DC, à fleurs jaunes, se rcncontreut principalement, comme les précédentes, dans les Hautes- Alpes du Daupliiné; les autres, dépourvues de tUjc^ tantôt à fleurs jaunes, 0. campcs- (ris DC. et 0. fœtida DC; tantôt à fleurs bleues ou violettes, 0. cynnea Bieb., 0. Pyrcnaica GoD., 0. uralcnsis DC, qui se trouvent dans les Alpes et dans les Pyrénées.
Genre BISERULE. — BISERULA L.
Corolle à carène obtuse ; — gousse à cloison complète, formant 2 loges, comprimée latéralement, dentée sur le dos.
Comprend une seule espèce.
L'unique espèce de ce genre, le B. pelecinus L., à. lleurs blanclies ou bleuâtres, vient principalement sur les bords de la Méditerranée. Sans usages.
5' Tr-njTi. — HEDI'SAïirsES.
Étamines dîadelphes. Gousse articulée, c'est-à-dire divisée en loges ou articles transversaux. Feuilles généralement imparipennées. — Renferme plusieurs genres, dont les caractères distinctil's se trouvent l'ésumés dans le tableau ci-après :
i Fleurs en grappes. Dents ( Gousse h un seul article. . , . Onoeryciiis-
du calice toutes libres ( Gousse à plusieurs articles. . Hedtsakuji.
FI. en ombelle, / Carène obtuse Oenithophs.
ou solitaires. V Car'ene ( Pousse non terminée en corne. Coronilla.
Les 2 dents < ' . 1 Gousse terminée en conie. . . Securigera. sup. du calice j j Gousse avec échancrures en fer
à 1/2 soudées [ ^° "^° [ à cheval sur les bords Hippoceepis.
\ Feuilles simples. Gousse tournée eu spirale Ecoepicrus.
i.iicuMiNiorsics. 13!5
Genre ESPARCETTE. — ONODRYCIIIS T.
Fleurs iiomlii'ouses, on p'appcs axillairos, oljloiifçiios, plus ou moins fournies; pi:ilicellc8 Jeu fleurs munis de 2 petites bractéoles; — calim ttilmleux, à S division» liniiiiircs, toute» libres, on alùne, presque égales; — • corolle à étendartl oldong , échancré, réiléclii par les eôtés, h ailes tW;s courtes, à earcne lar^'e, tronquée obliquement ; — fiousse h un seul artiele , monosperrne, comprimée, pubosconte, à faces réticulées, l'ugucuses ou épineuses, à suture interne droite et épaisse, à suture oxtorue carénée, arquée ; — feuilles imparipennées, garnies de stipules soudées en une seule oppositifoliéc, bifide, à lobes aigus.
Ce genre, qui ne compte en France qu'un peliL nomliro d'espèces, l'onrnit des plantes principalement aptes à vivi'c sur les terrains secs, les coteaiix calcaires. L'une d'elles, fort recherchée des animaux, est cultivée en grand.
ESPARCETTE CULTIVÉE. — 0. SATIVA I.M.
Noms VULOAIBES. — Esparcet, SparceUe, Asparcetio, Efiaretle. Sainfoin, Gros foin. Foin de Dour- (lognc, Bourgogne, Fenassc, Herbe ékrnellc, Chi:pre, Peltagra, Pelagra, l'cUtrga, Luzerne (Midi), Tétc-dc-coq, Crête-de-coq.
Fleurs roses ou purpurines, veinées de rouge, on grappes oblongnes longuement pédonculées. — Calice à dents linéaires , une fois plus long que le tube. — Corolle à ailes tri-s petites , plus courtes que le calice. — Gousse avec faces à ccîtes saillantes ou à tubercules à suture externe, carénée, dentelée. — Feuilles à 6.12 paires de foUoles, celles des feuilles inférieures oblongnes, celles des feuilles supérieures linéaires, aigue's, apioulées, légèrement pubeseeutes en dessous. — Tiges redressées, siUonuées, pubescentes , vertes ou rougeâtres. — Kacine à divisions longues et pivotantes, dures, vigoureuses. — Taille de 4 à 8 décimètres. — Vivace.
Croissant naturellement sur les terrains secs et arides, dans les fentes des rochers calcaires, où s'enfoncent ses longues racines, cette espèce est surtout propre au centre et au midi de la France. A l'état sauvage, elle n'est qu'une plante grêle, à feuilles étroites et peu nombreuses; mais elle se développe beaucoup par la culture, et constitue alors une plante fourragère de premier ordre , concourant avec le Trèfle et la Luzerne à la formation des prairies temporaires d'une certaine durée.
Cultivée d'abord dans les montagnes, dans les régions arides, où elle croit spontanément, l'Esparcette a commencé à apparaître, vers le commencement du dix-septième siècle, dans le Dauphiné; delà, sur la recommandation d'Olivier de Serres, sa culture s'est répandue dans les plames. Partout elle s'est montrée propre à fertiliser les terres naturellement incultes, et notamment les terres élevées, arides et calcaires. V. Yvart, qui l'a expérimentée, en avait fait une étude spéciale, encore utile à consulter. M. Bornot de Savoisy a publié sur cette culture une excellente Introduction pratique et raisonnée à laquelle seront empruntées une partie des notions qui suivent.
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Culture de l'Esparcclle.
Choix et préparai ioiidu sol. — L'origine do l'EsparceUe, la nature des lieux où elle se dôveloiipc spontanément, indiquent le genre de terrains qu'elle préfère. Ainsi les sols arides, élevés, secs, calcaires ou crayeux, les terres sablonneuses et légères lui conviennent spécialement. D'excellentes terres à froment lui sont moins propres , surtout à cause des graminées et autres plantes adventices qui ne tardent pas , dans ce dernier cas , à surcharger la prairie, et qui ne sont pas à redouter sur les terrains pauvres où l'Bsparcette se maintient seule et propre pendant longtemps. Dans quelques contrées, on la sème avec avantage sur des terres meubles et profondes , telles qu'il les faut pour la Luzerne ; elle réussit alors, à la condition que le sol et le soussol soient parfaitement secs , l'humidité étant ce que ce végétal redoute le plus, même quand l'eau ne se rencontre qu'à une certaine profondeur ; d'où sa préférence pour les coteaux très inclinés, qui s'égouttent toujours plus facilement.
Le Sainfoin croît, d'ailleurs, à toutes les expositions, même dans les lieux bas et ombragés ; il préfère toutefois le grand air, l'exposition à l'Est et au Sud.
Bien que l'Esparcette vienne sur les terres légères et sablonneuses, il est utile néanmoins que celles-ci soient préparées, comme pour les autres cultures fourragères, par des labours, des ensemencements et des engrais. A défaut de fumier, il sera toujours bon de la faire précéder d'une récolte enfouie en vert , avec du lupin, de la vesce ou du sarrazin. Avant l'ensemenrement, deux labours au moins sont nécessaires, l'un au mois d'octobre ou de novembre, l'autre aussitôt après les grandes gelées.
Ensemencement. — L'époque des semailles ne peut être fixée d'ime manière absolue; on sème au printemps, en été ou en automne, selon le climat et les conditions de l'exploitation, variables dans chaque localité. Les semailles en août réussissent généralement, ne craignant gTière q\:e la sécheresse. Victor Yvart conseillait et pratiquait le semis en automne, fait le plus de bonne heure possible, la plante alors résistant mieux aux sécheresses du printemps et produisant davantage. Mais, d'un autre côté , les terres légères dans lesquelles on répand la graine, étant exposées à se soulever sous l'influence des alternatives du froid et du dégel , ce qui nuit essentiellement à la jeune plante, il est plus avantageux, quand on redoute cet inconvénient, de semer au printemps, en mars ou au commencement d'avril. Cette méthode, la plus généralement suivie, est celle qui convient le mieux pour les bonnes terres.
On sème l'Esparcette ordinairement seule. Mais comme elle produit peu la première année, il peut être avantageux de l'associer à une céréale, blé ou seigle, ou .'i la vesce, dont la récolte paie les frais des premiers travaux. La
LliGUMINEÙSES. • l.'l.'i
quaiilitû (le seme)i.i;c a'est point la mémo dans ces ilini'i'eiils cas. Qiiaml 1(; Sainfoin est sovil, on en répanddi; .15 à 50 décalitres. Celte quantité, d'ailleurs, variera snivanl la grosseur, la (jnalitê de la graine, la nature et la préparation du sol, l'époque de renseniencemcnt. 11 eu faut d'autant moins, en général, que la semence est de meilleure qualité, plus fraîchement récoltée, l'exposition plus favorable, le terrain mieux amendé, etc.
Toutefois, le trop est préférable au trop peu, le fourrage étant d'autant plus tendre que la prairie est plus épaisse; les tiges, eu efl'et, ne pouvant alors prendre tout leur développement, restent molles, déliées; et. comme elles sont en même temps plus nombreuses, elles gagnent d'iui côté sans perdre beaucoup de l'autre, outre ravantage qu'offrent les tiges serrées d'étouffer, dès la première année, les plantes étrangères qui leur disputent le terrain. On a remarqué même que les tiges les plus fortes étouffaient les plus faibles, de façon qu'il n'en reste jamais au-delà du nombre que le sol peut réellement nourrir.
Lorsque l'on sème le Sainfoin avec une céréale , avec le seigle notamment, 18 décalitres de graines peuvent suffire. On répand le Sainfoin d'abord, le seigle ensuite, et l'on recouvre avec la herse.
Dans tous les cas, on ne doit répandre la semence que lorsque la terre est bien essuyée, assez humide cependant pour aider à son développement, et la température de la terre et de l'atmosphère assez élevée pour déterminer une prompte et complète germination. Si le temps est trop sec, les gousses ne s' ouvrant pas, on perd beaucoup de graines; on évite cet inconvénient en faisant au préalable tremper la graine dans l'eau pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures. On la fait égoutter quelque temps, on la mêle à de la terre sèche et on la répand ainsi. La semence sera toujours enterrée profondément, plus que celle du Trèfle et de la Luzerne.
Il importe surtout de bien choisir la graine d'Esparcette. Cette graine doit être bien mûre. Elle offre alors une couleur grise à reflets bleuâtres ou une couleur brune lustrée, avec l'intérieur d'un beau vert. Une graine pâle ou blanchâtre dénote une récolte faite prématurément. Si sa nuance est terne, il est à craindre qu'elle soit échauffée. Elle offre les conditions voulues quand elle est lisse, sèche, pleine, grosse et lourde, sans mauvaise odeur et purgée des mauvaises graines qui s'y trouvent fréquemment mêlées. Un hectolitre de bonne graiae doit peser 31 kilog. Elle conserve pendant trois ans au plus sa faculté gei-minative. Mais comme les semences les plus récemment récoltées sont les meilleures , lèvent plus tôt et donnent des produits plus vigoureux, on devra les choisir fraîches, chose non toujours possible dans le commerce, qui souvent livre de la graine recueillie prématurément, et que l'on récolte ainsi pour éviter les pertes résultant de la facilité avec laquelle cette graine se détache à la maturité. Elle ne germe point alors, et on s'explique de la sorte comment des semailles de Sainfoin manquent souvent. Cela fait comprendre aussi l'avantage que l'on trouverait, en général, à recueillir