‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 26 sur 138 · r.ÉGtlMINEOSES · texte numérisé non relu

r.ÉGtlMINEOSES

soi-nii''iiic hi semence : d'autani, (lu'niic rrcolU' di' yraiuos nuil pru à imc sainfoin ière, la prairie se regarnissant par les graines rjni tombenl au moment de la récolte. Un hectare de pré peut en i'ournir assez, dans ces conditions, pour ensemencer deux hectares.

Soins de culture. — Après l'ensemencement, le Sainfoin exige peu do soins. Un hersage pendant l'hiver, puis quelques sarclages pour dcharrasscr la prairie des mauvaises herbes qui la salissent, quelques semis partiels pour regarnir les clairières qui s'y forment, sont les seules opérations nécessaires. Si on a semé avec le seigle, il n'y a pas à s'occuper de la prairie jusqu'à la récolte de celui-ci. La moisson faite, il faut préserver les jeunes plants de la dent des animaux. En août et septembre, ils ont acquis la force d'un regain ordinaire qu'on peut, sans inconvénient, abandonner au pâturage du gros bétail. En aucun cas, d'ailleurs, on ne devra faire pâturer le Sainfoin avant qu'il soit bien enraciné, que les feuilles et les tiges soient assez longues pour préserver la racine.

Les engrais, comme pour toutes les autres espèces fourragères, en augmentent le produit. Le plâtrage, surtout, exerce une influence favorable. L'opération se fait d'après les mêmes règles et en suivant la même marche que pour le Trèfle. La seule différence, c'est que le plâtrage qui, pour le Trèfle se fait dès la première année, doit être différé, pour le Sainfoin, jusqu'à la seconde et même jusqu'au printemps de la troisième, puis ensuite être répété tous les trois ans au moins. La prairie s'en trouve mieux et dure plus longtemps. Si l'on a semé l'Esparcette avec une céréale de printemps, il faut la laisser croître sans y toucher, la plâtrer quand elle a deux ans, faucher la première coupe, quelle qu'elle soit, et ne faire pâturer que sur la fln de l'automne.

Récolte. Fanage. Produits. — On fauche le Sainfoin comme le Trèfle, quand la plante est en fleurs , sans attendre toutefois la complète floraison ; de la sorte, si le fourrage est moins abondant il sera, d'un autre côté, moins dur et de meilleure quahté. D'aiUeurs on ne perd rien, car on retrouve toujours sur la coupe suivanie, plus abondante et plus précoce, ce qu'on a laissé à la première.

Le fauchage se fait en mai dans le midi, en juin dans le nord et le centre de la France. On y procède en observant exactement les mêmes règles pratiques que pour le Trèfle, auquel nous renvoyons conséquemment pour les détails de l'opération.

Le fanage doit se faire avec précaution, en évitant la pluie et en remuant la plante le moins possible. La dessiccation, qui s'opère comme celle du Trèfle, est plus facile à obtenir. L'Esparcette noircit moins aisément , reste presque toujours verte, ce qui en fait un des meilleurs fourrages secs que reçoivent les animaux.

On suit, dans l'Est, une méthode de fanage assez expéditive , consistant à mettre l'Esparcette en bottes à mesure qu'on la coupe. Ces Lottes sont dres-

LliOUMIN'EtJSES. ' l.'iT

SOCS, le pied h loi'i'c, 1(!S unes (.■.oal,i'e los aiilrcs, pMi' faisceaux <1(^ iiiialj'c On les laisse ainsi, sans y Ioik.'Ik!!', {lonilani, qiialro on cinq jours; au Jjoiil, de e(! I.cnips elles sont pariai lemcul sèches sans que les tiges aient [lerdu aucune de leurs feuilles. Il s'opère même, au (-(uiti'e de chaque botte, un commencement de fermentation qui ajoute à la sapidité de la plante. Ce Lottolage est surtout avantageux dans les temps pluvieux, l'eau coulant à la surface des tas sans les pénétrer, et sans que la qualité du fourrage en souffre, tandis qu'avec la méthode ordinaire, la moindre averse le détériore et occasionne toujours au moins la perte de la feuille.

Le Sainfoin perd en se desséchant les deux tiers de sou poids. Il jii'iit donner, dès la seconde année, à une première coupe, de 3 à '1,000 kilog. de fourrage sec. Si on fait une seconde coupn, ce qui n'est pas toujours possible, la quantité est beaucoup plus faible et ne dépasse guère le tiers ou le quart de la première. Suivant le baron Crud, on peut admettre, pour rendement annuel moyen, un total de 6,000 kilog. Dans les terres médiocres, le produit reste fort au-dessous de ce chifl're. Dans les terres calcaires, non exposées au froid ou à la sécheresse et qui sont à la fois meubles et profondes, l'Esparcette, au contraire, donne davantage ; elle peut aller parfois jusqu'à produire autant que la Luzerne.

Le Sainfoin, dans les circonstances ordinaires, donne une seule coupe, après laquelle et jusqu'à la lin de l'année, la prairie est livrée au pâturage. Dans le principe, on prétendait en obtenir jusqu'à trois coupes ; mais il est douteux que cette fourragère ait jamais fourni une telle l'écolte.

La mise en pâturage des sainfoinières en abrège la durée ; mais comme la plante est facUe à remplacer sur d'autres terres, où elle peut revenir après iTU temps convenable, il n'en résulte aucune perte sensible. Un danger plus réel pour la plante est celui qui résulte de la disposition naturelle qu'a la racine à sortir de terre après la fauchaison, de manière à amener le collet à quelques centimètres au-dessus du sol, où il se trouve ainsi fort exposé à être coupé par la dent du bétail, auquel cas la plante est perdue. C'est surtout pendant les fortes chaleurs ou quand la terre est très humide que cet inconvénient est à redouter.

Durée , rupture de la prairie. — Le Sainfoin , comme toutes les plantes vivaces, a une durée qui varie suivant les circonstances, favorables ou défavorables, dans lesquelles il se trouve placé. Eu général, ii dure plus longtemps sur les coteaux secs calcaires que sur les terrains fertiles et exposés à l'humidité. Ainsi, dans les plaines, U ne dépasse guère cinq ou six ans ; souvent même, dans les dernières années, on le voit se dégarnir et être envahi par quelques végétaux, le brome mou, le brème stérile principalement, dont l'apparition indique généralement le terme de la prahie. En rompant celle-ci au bout de quatre ans, on évite cet envahissement de végétaux étrangers, dont on aurait ensuite beaucoup de peine à débarrasser la fourragère, si une fois on les laissait s'v mêler.

inS ' LÉGUMINEUSES.

Dans les mauvaises lerres on faii ilm-or rEsparcclte ])eaiironp plus longlemps, jusqu'à dix et quinze ans ; ou a même observé certains terrains, pourvus d'un approvisionnement inépuisable de calcaires, où la plante se maintient en quelque sorte indéfiniment , surtout si elle est débarrassée des parasites. En général, on ne doit en ce cas rompre la prairie (jnc lorsqu'elle cesse de donner des produits passables, d'abord, parce que les bonnes terres ;i Sainfoin sont peu propres à d'autres cultures, et aussi parce que plus la prairie dure, mieux la terre s'en trouve.

Avant de défricher l'Esparcette, on peut y faire parquer les troupeaux , fournissant un engrais qui contribue sensiblement à l'amélioration du sol. Il est également avantageux de faire le sacrifice de la dernière coupe en faveur de la récolte qui doit lui succéder.

Le Sainfoin ne doit revenir sur lui même champ qu'après un temps égal à sa durée. D'après M. Louis de Villeneuve, qui a fait des essais, à ce sujet, dans le Sud-ouest, dix à douze ans seraient l'intervalle qu'il conviendrait de laisser entre la destruction et le rétablissement d'une prairie semblable.

Récolte de la graine. — La graine, que chaque cultivateur fera bien de récolter lui-même, est, dans quelques régions de la France , l'objet d'une branche spéciale de commerce. Sa récolte, dans tous les cas où elle peut se faire, exige les mêmes précautions. Il faut d'abord, quand on veut avoir de la bonne graine, attendre, pour la récolter, qu'elle soit bien mûre. Une graine non sufiisamment à maturité ne ferait qu'une mauvaise prairie ; aussi importe-t-il que cette condition soit exactement remplie, même au risque de n'obtenir des fanes qu'un mauvais fourrage.

L'obtention de la semence dans l'état convenable ne laisse pas, toutefois, que d'offrir certaines difficultés, par suite de la durée de la floraison qui, se prolongeant pendant près de trois semaines, fait que la maturité des graines n'est point simultanée, celles du bas de l'épi tombant déjà, alors que celles du milieu sont à peine mûres, et celles du haut encore vertes ou à peine formées. Dans ces conditions , si l'on fauche trop tôt , ces dernières, stériles, dominent ; trop tard, on n'a qu'une récolte insignifiante et l'on perd les premières graines mûres, qui sont les meilleures. Entre ces inconvénients contraires, il vaut mieux avancer la récolte, ce qui offre d'ailleurs l'avantage d'avoir des fanes moins dures et de les mieux ensuite utiliser comme fourrage. En ce cas, on attend le moment où les premières graines sont prêtes à se détacher ; on coupe alors la plante avec précaution , le matin, pendant la rosée ; on les étend sous un hangar pour les faire ressuyer, et on les bat à la veille de s'en servir, en ayant soin de ne les secouer que légèrement, de manière à n'en détacher que la graine arrivée à parfaite maturité. Il faut, en outre, pour récolter la graine, choisir le moment où la prairie est dans son plus grand rapport et la plante parfaitement enracinée. La gi'aine prise sur une plante- de deux ou trois ans au plus, et autant que pos-

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sible sur relie qui flcuril pour la première fois, donne une graine; plus pure, plus dépouillée de toute semence étrangère, meilleure eu elle-même, plus productive, que lorsqu'elle est fournie par imo prairie épuisée ou seulement par une seconde coupe. Par la môme raison, ou la choisira, pour cette récolte, sur la partie de la prairie où le Sainfoin est le jilus vigoureux. Il n'y a pas à craindre, d'ailleurs, qu'il en résulte aucun préjudice jionr la [liante, car le Sainfoin qui, dans le cours de sa durée, ne produit (pi'uuo fuis de la graine en souffre à peine, oulrc que la prairie se regarnit facilemcut au moyen des semences qui retombent sur le sol.

On fauche l'Esparcette de graine vers le commencement de juin. L'opération se fait de grand matin, avec la rosée et par nn temps calme, de manière à éviter les ardeurs du soleil ou le vent , et à empêcher la plante de s'égrener. Le lendemain, au milieu du jour, on dépose les tiges coupées sur des draps étendus à terre, et en frappant dessus légèrement, les graines se séparent. — Pour tout cela, il ne faut regretter ni les soins ni la dépense, que l'abondance et la supériorité du produit compenseront toujours largement. Il est à craindre, il est vrai, que pour les graines destinées au commerce, on ne prenne pas toujours autant de précautions; cela ne fait que mieux comprendre l'importance de récolter, autant qu'on le peut, sa graine soi-même.

La bonne graine est grisâtre au dehors et verte au dedans. Une fois récoltée, elle s'échauffe aisément et perd ses couleurs caractéi'istiques. Pour la mettre à l'abri de cet inconvénient, il faut bien l'étendre sur le grenier et la remuer souvent, jusqu'au moment où on la juge assez sèche pour la mettre en tas.

Valeur économique et agricole de l'Esparcette.

Vivant surtout aux dépens de l'atmosphère , puisant profondément sa nourriture à l'aide de ses longues racines qui vont chercher dans le sol, pour les utihser à son développement, une masse de substances qui resteraient sans emploi, résistant au froid et à la sécheresse plus qu'aucune autre de nos plantes ordinaires cultivées en prairies artificielles, le Sainfoin constitue, au premier chef, une culture améliorante, sans compter l'engrais dont il enrichit le sol par les détritus de ses feuilles et de ses racines. Aussi est-il essentiellement propre à être cultivé sur les mauvais teri-ains auxquels il donne de la valeur, à mettre en état de produire du froment, des terres smlesquelles, auparavaiit, malgré tous les soins, on ne pouvait faire venii* que du seigle.

Le Sainfoin , en même temps, fournit de très bonnes pâtures pour les ti'oupeaux, et d'autant plus précieuses qu'on les obtient sur ces terres crayeuses impropres à donner aucun autre produit. Le pâturage, en ce cas, est obligatoire, la plante ne pouvant être fauchée; mais il n'altère pas la prairie, svu'tout si ou l'ouvre à propos et si la tige n'est point coupée trop bas. La

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dépaissance au contraire améliore les pr6s qui vieillissent, et c'est par l'iie surtout (juo TEsparcette augmente la valeur des lerres légères. Ce fourrage est principalcMuent avantageux dans les campagnes sèches du Midi, où il donne plus de revenus que le blé et où il pourrait, avec profit pour les cultivateurs , occuper des espaces beaucoup plus grands que ceux qui lui sont aujourd'hui consacrés.

Ces propriétés si intéressantes de l'Esparcetlc ont été depuis longtemps reconnues; elles ont été signalées par Olivier de Serres, Duhamel, Rozior, Tessier, Turck, Victor Yvart et beaucoup d'autres agronomes. Ce dernier, surtout, a eu l'occasiQU d'en faire l'expérience prati(pie. A l'aide d'un certain nombre d'hectares plantés en Esparcelte, et maintenus par une rotation convenablement combinée, il est parvenu, sur un sol ingrat, ruiné par les sécheresses et les débordements, non-seulement à obtenir une grande quantité de productions céréales et autres c[u'en avait bannies depuis longtemps la jachère, mais à entretenir en bon état de nombreux troupeaux que sans cela ils n'eût pas pu nourrir.

M. B. de Savoisy a remarqué cependant que dans beaucoup de terres de montagnes il réussit peu ; mais il a vu aussi que cela n'arrive que sur des sols absolument arides, n'ayant reçu, depuis des siècles, ni soins ni engrais quelconques, et qu'il n'y a rien à conclure de ce fait particulier, sinon qu'en cela, comme en toute chose, on ne tii-e rien de rien.

Ce n'est pas, d'ailleurs, une raison de se décourager. Malgré les faibles rendements obtenus d'abord, il faut continuer cette culture qui, tout en fournissant du pacage aux moutons, finit par rendre le terrain pi'opre à la végétation, à le rendre apte à recevoir des cultures plus productives , à le préparer enfin à une amélioration plus radicale , qu'on obtiendra toujours avec des travaux et du fumier.

Toutes les parties de l'Esparcette, les racines, les tiges, les feuilles, concourent à enricliir le sol. Pour les utiliser avec le plus d'avantages, on rompt la prairie par des labours peu profonds, et l'on y sème une céréale, laquelle se nourrit aux dépens des portions de la plante qui se décomposent les premières. L'année après, on laboure plus profondément , de manière à pouvoir semer une plante à longues racines pouvant aller au-delà chercher les principes fertilisants qui n'ont point été d'abord décomposés et absorbés.

L'Esparcette, enfin, par sa résistance aux intempéries, est utile pour retenir, au moyen de ses racines pivotantes, qui souvent se bifurquent et s'entrelacent, les terres meubles des coteaux crayeux, et ainsi, à défaut d'arbres et d'arbrisseaux, prévenir les éboulements qui accompagnent fréquemment les cultures annuelles.

L'Esparcette, en outre, peut entrer dans des assolements divers, variables suivant le terrain et sa propre durée. Dans les bonnes terres, elle est propre aux assolements de trois à quatre ans , et peut alterner avec des céréales d'automne ou du printemps, le blé, le seigle, l'orge. Elle est propre

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encore aux assolemcnls irréguliors, au-dcssiisdo quatre ans, qu'exi^uMil, sunveut loii sols légers ; elle alLerne alôn's avec la pomme de terre, le topinambour, le sarrazin. V. Yvart l'intercalait : 1" avei; le froment, très rarement avec le seigle; 2" avec des prairies momentanées suivies im.m(!diatement de sarrazin, de lentillons ou de navets, ou d'autres cultures améliorantes, dans la même année ; 3° avec une autre céréale hivernale ou printannière ; 4° avec une ou plusieurs autres cultures améliorantes, analogues à celles de la seconde année; 5° avec une céréale, accompagnée ordinairement d'un nouvel ensemencement en Sainfoin, qui reparait sans inconvénient à la sixième année, sur les terres qui ne l'ont porté qu'un espace de temps égal à cet intervalle.

En Bourgogne, en Auvergne, le Sainfoin succède aux vignes ijnc l'on est forcé de remplacer, et que l'on peut y replanter, au bout de quelques années, quand le sol a bénéflcié de la culture de la fourragère.

Usages alimentaires de l'Esparcette.

L'Esparcette constitue l'un des meilleurs fourrages que l'on puisse donner aux animaux. Elle convient à tous, et, sous ce rapport, elle n'est point au-dessous du Trèfle et de la Luzerne. A poids égal, soit vert, soit sec, elle nourrit plus que ces derniers, sur lesquels elle a d'ailleurs le grand avantage de ne point occasionner la météorisation : qualité importante qui n'est pas ce qui contribue le moini, dans le Sud, à rendre précieuse la culture de cette fourragère. Elle donne aux vaches un très bon lait, ce que ne fait pas la Luzerne ; elle engraisse promptement le gros et le petit bétail , et convient parfaitement aux animaux qui ont été nourris, pendant l'hiver, de raves et de navets. Mais elle est surtout propre à la nourriture des bêtes à laine, auxquelles elle fournit presque en toute saison un pâturage très sain, avec lequel on n'a pas à redouter les indigestions gazeuses que font naître si facilement le Trèfle et les autres fourrages aqueux. Le regain est réservé aux agneaux qui viennent d'être sevrés.

Elle forme aussi une bonne nourriture pour les chevaux, auxquels, toutefois, on la donne plus rarement. On réserve à ceux-ci, ainsi qu'aux mulets, les tiges et les fanes durcies dont on a recueilli la gi'aine, les débris qui tombent des graines à foin , et quelquefois la graine , qu'ils mangent en guise d'avoine.

Les fleurs du Sainfoin conviennent aux abeilles, qui y puisent les principes d'un miel excellent. C'est à l'abondance de cette plante en Auvergne, dit M. H. Lecoq, que le miel de ce pays doit les bonnes qualités qui le distingtient et le rapprochent des miels du Gatinais et de Narbonne.

LKGUMINECSIÎS.

Variclc du l'Esparceltc : Saiiil'oin ù iluux cuupes.

La culture exerce une influeuce manifeste sur les iiroduiLs du Sainfoin. Ainsi, V. Yvart avait remarqué qu'en cultivant cette jilanle sur des terres meubles et profondes, comme celles qui conviennent à la Luzerne, on peut en obtenir une variété à tiges plus grosses, à feuilles plus larges, à graines un peu plus fortes et donnant des produits plus abondants que le type; c'est ce que l'on a nommé Sainfoin chaud , Sainfoin à deux coupes.

La variété ainsi obtenue, dont Bosc a recommandé la culture en 1809, se rencontre surtout au nord de la France, dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, aux environs de Péronne. Plus précoce que la race primitive, elle fournit deux coupes abondantes et quelquefois davantage. Seulement elle donne un foin plus dur, ce qui n'empêche pas les animaux de le prendre avec avidité. Le Sainfoin à deux coupes exige plus de semence ; on en répand de 45 à 55 décalitres. Transporté sur un mauvais terrain, il donne d'abord une récolte plus abondante que celle que l'on obtient de la variété originairement cultivée sur ce sol. Mais cet accroissement, d'autant plus durable que la variété est plus anciennement constituée, a un terme, et, au bout d'un certain temps, la plante, pour peu qu'elle soit abandonnée à ellemême, perdant ses caractères acquis, revient à sa condition primitive.

Cette facilité de retour au type du Sainfoin à deijx coupes nécessite, pour la conservation de cette variété, des soins tout particuliers, qui doivent porter notamment sur le choix de la semence. La graine de ce Sainfoin se distingue peu de celle de l'espèce ordinaire ; elle est seulement un peu plus grosse ; mais la différence n'est point suffisante pour permettre de la reconnaître à la vue seule ; c'est pourquoi, à moins de la prendre chez un commerçant en qui on puisse avoir une confiance absolue, il est toujours plus sûr de la récolter directement.

Pour cela, comme le conseille M. P. Joigneaux, on fera bien d'avoir une petite pépinière de porte-graines, où la plante sera semée en lignes, de manière à permettre les binages et les sarclages. On choisira, pour cela, un bon terrain dont on accroîtra la fertilité avec des composts de bon fumier de ferme, additionné, suivant les exigences du sol , de chaux , de plâtre, de cendres de bois, de suie, de boues ressuyées, et arrosés avec du purin. On attendra la seconde ou troisième année pour récolter la graine, qui sera recueilHe avec toutes les précautions recommandées pour la récolte des graines du Sainfoin commun.

Le Sainfoin à deux coupes exige un sol meilleur que l'espèce commune, autrement, comme nous l'avons dit, il dégénère avec grande rapidité. Il se récolte d'ailleurs de la même manièi'e et donne des produits en proportion des soins que l'on a apportés à sa culture.

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Getlu vai'iûté do Saiiifuin s'est pou niiiliipli(;i; ; cola l,i(;iiL à oo (ju'ello iio se contente pas dos terrains mcdiëcres où Ic! Sainl'oin conirnini prospère. Sa culture s'étendra à mesure que les Ijosoiiis do la, prodiiolinii auront l'ait soiilir la nécessité d'une amélioration soutenue dos terres.

Sainfoin des hochehs, 0. saxatilis L.

FIom-3 d'un blano jannûtre, rayées de rougo, nombreuses, en grappes allongées. Corolle à étendard apiculé égalant la carène ; celle-ci plus longue que les ailes. Gousse à côtes saillantes, sans épines, h suture externe carénée, ailée, lisse. Feuilles il 12.1.5 paires do folioles, linéaires, aiguus, soyeuses. Sûuclio frutoscente. Taille de 1 à 4 décimètres.

Commune sur les coteaux pierreux et secs du Daupliiné et do la Provence, cette espèce fait partie de la plupart des pelouses sèelios et pâturages des régions méridionales. Les tiges et les feuilles en sont fort reeheroliées des bestiaux ; toutefois , elle n'est point cidtivée, bien que fort ressemblante au Sainfoin commun, dont elle ne diffèroi que par ses moindres proportions dans toutes ses parties, ce qu'il est permis d'attribuer au défaut de culture. V. Yvart, qui en avait en sous les yeux plusieurs pieds lui paraissant mériter d'Stre cultivés , par leur élévation et par leur grande résistance à la sécheresse sur un mauvais terrain, s'était proposé défaire à cet égard quelques essais qui ne paraissent pas avoir jamais été tentés.

Sainfoin couché, 0. supina DC.

Fleurs petites, blanchâtres, rayées de rouge, nombreuses, eu grappes oblougues , denses. Corolle à étendard plus long que la carène, à ailes plus courtes que le calice. Gousse garnie do côtes saillantes, armées d'épines, à suture externe carénée et épineuse. Feuilles à 7.12 paires de folioles, étroites, un peu écartées, velues sur les bords. Tiges couchées. Souche rameuse. Taille de 1 à 4 décimètres.

Venant principalement sur les Alpes dauphinoises et les montagnes du RoussiUon , dans les prés secs et sur les bords des chemins , cette espèce , sapide et nutritive , constitue un bon four-

Sainfoin Tète-de-coq , 0. caput-galli Lm.

Fleurs purpurines, très petites, au nombre de 3.6, formant une petite grappe lâche. Corolle à étendard plus long que la carène. Gousse offrant sur les faces des côtes saillantes et munies d'épines, à suture externe carénée et pourvue d'épines plus longues. Feuilles à 5.7 paires de folioles. Souche nulle. Taille de 2 à 5 décimètres.

Vient sur les terres sèches du Midi, où elle fournit aux bestiairx un aliment de bomie qualité.

Ou signale quelquefois, à côté de cette espèce, l'O. orista-galli Lm., qui s'en rapproche, mais que l'on rencontre très rarement eu France. Il en diffère par la gousse, laquelle n'offre des épines que sur la suture externe.

Genre SAINFOIN. — HEDYSARUM L.

Fleurs purpurines ou blanchâtres, en grappes axillaires, longuement pédonculées , avec pédicelles munis, au sommet, de deux petites bractéoles aiguës et, à la base, d'une longue bractée linéaire; — calice tubuleux , à 5 divisions subiilées , toutes libres, presque égales; — corolle à étendard échancré, réfléchi par les côtés, à ailes très courtes, à carèue tronquée obliquement; — gousse à plusieurs articles monospermes , orbiculaires ou ovales , comprimés , arqués sur les deux sutures; — graines comprimées, creusées à l'ombilic; — feuilles imparipennées.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces, dont une seule est cultiyée comme fourragère dans les contrées méridionales.

t 1 i - l.liiilJ.MI.NETISKS.

Sainfoin des c.uiiuhn.nks, //. coroiiarkini L.

Sainfoin à bouquets, Sainfoin des jardiniers, Sainfoin d'Espagne, Scilla, Sulla (on Italie).

Fleurs d'un rougo incarnat vif, nombreuses, réunies en grappe serrée, courte, ovoïde. Gousse i\ 3.5 articles arrondis, garnis sur leurs doux faces do tubercules ù])ineux, in(5gaux, un peu recourbés. Feuilles b. 4. .5 pairesdc folioles assez grandes, ovales ou un peu arrondies, bordùes d'un liséré blanc et soyeux. Stipules lancéolées, petites, iiiguiis. Tiges nombreuses, presque simples, llexueuses, glabres. Taille do 0 îi 10 décimètres. Souche vivace.

l'articulitrcnient propre aux pays chauds, cette espèce se rencontre dans les prés secs du Midi de l'Europe, notamment en l'Espagne, ii M.alte, dans les C'alabres et quelques autres contrées de l'Italie, oii elle est cultivée en grand comme plante fourragère. Elle est très productive et fournit un excellent fourrage, recherché, soit en vert, soit eu sec, par tous les bestiaux, qu'elle nounnt et engraisse parfaitement. Cette plante est en Italie une ressource précieuse, sans laquelle, dit Bose, ou ne pourrait nourrir que des moutons et des chèvres , qu'on aurait même de la peine à entretenir en été , saison pendant laquelle toutes les autres plantes fourragères se dessèchent complètement.

A Halte, on cultive ce Sainfoin à bouquets comme le Trèfle dans nos contrées ; on le sème sur des chaumes, où la gi'aine n'est recouverte que par le piétinement des animaux ; on le récolte au printemps suivant, et après la seconde coupe on le détruit, eu retournant le sol pour un autre semis, soit d'orge, soit de froment. Les débris de la plante apportent k la terre une amélioration notable qui profite à, la céréale.

En Calabre, on cultive le Sainfoin dans les terres fortes et crétacées. On le sème aussi sur les chaumes, après que ceux-ci ont été brfllés. Puis, sans aucun soin de culture, on attend le printemps oii la plante, après être restée longtemps à germer, s'élève tout à coup et forme ime belle prairie, épaisse, couvrant tout le champ et s' élevant parfois h plus de 1 mètre de baiiteur. On la fauche ordinairement pour la donner en vert, et la récolte peut se prolonger ainsi depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août. La récolte achevée, on laboure la terre et on sème du blé qui vient plus beau que dans les autres terres et donne une riche récolte.

Pendant que le blé est resté sur le sol, le Sainfoin ne s'est point montré; mais lorsqu'il a été enlevé et qu'on a brûlé le chaume, apparaît le Sainfoin qui s'est conservé dans la terre ; et ainsi de suite tous les deux ans , sans que les deux plantes se nuisent réciproquement. On a vu ainsi, dit Grimaldi , des champs une fois suUés, donner régulièrement, pendant quarante ans et nu delà, des récoltes alternatives de Sulla et de blé ; et il n'a fallu d'autre soin , pour conserver îuie prairie si singulière , que la peine de répandre une première fois la graine de la fourragère. Ce fait, en apparence extraordinaire, est confirmé, suivant la remarque do V. Yvart, par des faits analogues dus au Sainfoin commun et à la Luzerne, que l'on voit souvent reparaître, après une récolte de grains , lorsque ceux-ci ont été semés sur ime prairie détruite dans les premières années de son établissement, alors que les racines, jeunes encore, ont pu conserver, bien que renversées, toute leur force de végétation.

Malgré les qualités de cette plante, sa cultiire en grand est peu possible en France, à cause de son extrême sensibilité au froid. Il suffit, en effet, d'une température de 4° pour la détruire complètement; aussi ne pourrait-eUe être cidtivée que dans les régions les plus méridionales. Il lui faudrait un fond meuble, substantiel et convenablement préparé, et une exposition au Midi.

En attendant qu'il entre dans les grandes exploitations , le Sainfoin d'Espagne est cultivé dans les jardins pour la beauté de ses fleurs et l'odeur agréable qu'il répand.

Sainfoin des Alpes, //. obscurum L.

Fleurs violettes ou blanchâtres, grandes, en grappes lâches, oblongues. Gousse lisse, à 2. .5 articles, glabres, sans épines, non bordés. Feuilles à 7.9 paires de folioles. Stipules soudées eu une seule opposée à la feuille, grande, bitide, engaîuante. Tige dressée. Souche à divisions horizontales. Taille de 2 à 4 décimètres. Vivace.

Vient dans les Pj'rénées et les Alpes du Dauphiné. Il est mangé avec plaisir par les bestiaux ; mais il n'est point assez productif pour être cultivé.

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Petit saini'oin, //. hurnik L.

Fleurs inirpuvinos , assez gninOos, on grappes oljlongues. Gousse pulosceiite, h 2.3 article», munis d'aignillons. Feuilles h 7.10 paires Jo folioles potites, Ptipulcs somliSos en une seijl<^ oppositifoliée, petite, bifide. Tiges tlresséos. Taille fie 2 à 3 rV-eimi'tros. Vivaco.

Croît spontanément sur les coteaux du Midi, sur les rivages do la Méditerranée. Il c»t mangé par les bestiaux. , mais n'ost point cultivé.

Sainfoin en tête, //. capUaUim Df.

Fleurs rosées, peu nombreuses, on grappe globuleuse. Gousse pubeseonte, ii 2.4 articles, fortement bordés, munis d'aiguillons croolms au sommet. Feuilles h 5.0 paires do folioles.' Stipules libres. Tiges couchées , la médiane dressée. Taillo de 2 à 5 décimètres. Annuel.

Vient sur les bords de la Méditerranée. Non cultivé.

Genre ORNITHOPE. — ORNITHOPUS Desv.

Fleurs peu nombreuses , réunies en ombelle sur un pédoncule filiforme axillaire ; — calice tubuleux, il 5 dents, les deux supérieures soudées à leur base; — corolle h étendard plus long que les ailes, qui dépassent elles-mêmes la carène; celle-ci très petite, arrondie au sommet; — gousse à plusieurs articles, linéaire, grêle, comprimée latéralement, réticulée, presque droite, terminée par un bec conique plus ou moins recourbé ; — feuilles imparipennées ; — stipules libres; — tiges grêles multiples. ■ — Plantes borbacées, annuelles.

Ce genre comprend plusieurs petites espèces, propres aux terrains secs ou sablonneux, et fort rechcrcliées du bétail. Mais, vu leur peu de durée, leur petite taille, le peu d'abondance de leurs fanes , elles ne peuvent avoir, comme fourragères, qu'une importance secondaire.

ORNITHOPE FLUET. — 0. PERPUSILLUS L.

Noms vulgaires. — Ornitho]>e délicat , Pied-d'oiseau.

Fleurs blanchâtres, mêlées de jaune, avec l'étendai'd veiné de l'oiige, très petites, au nombre de 3.7, portant sous les fleurs une feuille braetéale dépassant celles-ci. — Calice à dents plus com'tes que le tube. — Corolle à carène saillante hors du calice. — ■ Gousses de 12.18 millimètres, dressées, étalées, arquées, avec concavité supérieure, contractée aux articulations. — Feuille? velues, à 7-12 paires de folioles, ovales, obtuses, mucronées. — Stipules doubles, lancéolées, noires à, la pointe. — Tiges grêles , couchées , très multipliées. — Racine pivotante , descendant Ji 4 ou 5 décimètres de profondeur. — Taille de 1 à 3 décimètres. — Annuel.

Commune dans les lieux secs, sablonneux ou graveleux, un peu ombragés, au bord des bois, sur les pelouses et parmi les moissons de presque toute la france, et partout fort recherchée du bétail , pour lequel elle constitue une nourriture saine et agréable, cette espèce a particulièrement été recommandée par Sprengel pour la transformation, en excellents pâturages, des sols arides ou sablonneux, où beaucoup d'autres légumineuses ne pourraient prospérer. Elle doit cet avantage à sa longue racine qui lui permet d'aller chei'cher, dans les sables les x^lus stériles, l'humidité et les autres principes nécessaires à son développement, et de nourrir-, pendant la sécheresse, de nombreuses tiges, que Fou voit s'étendre en formant un gazon

épais ul. qui, nin'ùs avoir élu broutôcs par le bûlail, si; multi[)iioiil à l'iiilhii en repoussant do nouveaux jets.

L'Ornithope vient fort bien parmi les graminôes, croît très promptomont cl ne souU're pas du pâturage. Bien que n'étant point vivacc, quand la terre n'est pas trop cliargéede gazon, il se propage en se rescraantde lui-même; ce que l'on facilite encore en hersant le sol au printemps, en même temps qu'on répand ira peu de semence. On ne livi'c la plante au pâturage que lorsqu'elle a pris racine. En la semant dru, dit Sprengcl, on pourrait la faucher, et en obtenir ainsi, pour les moutons et les agneaux, un fourrage fin et succulent. Semée avec la petite Renouée {pohjgomim avictilarc), elle fait, sur une terre sablonneuse, un excellent pâturage d'un an. Mêlée avec du Trèfle blanc, des graminées, des Genêts, etc., eUe constitue un pâturage de plusieurs années; il suffit, à cet effet, de répandre la graine de ces plantes, au printemps, sur un seigle ; celui-ci coupé, on se contente, pour conserver, dans un sol sablonneux et sec, l'humidité de l'hiver, de fumer sur le chaume, et au printemps suivant, après avoir passé la herse, on jette la graine de Pied-d'oiseau qu'on recouvre par le rouleau.

On voit, par la composition chimique de cette plante, qu'elle exige un sol riche en potasse, comme la petite Oseille {rtmiex accloscUa) ; cela indique qu'elle viendra bien partout où cette dernière espèce croît en abondance, comme le sont les landes de Bruyères du centre de la France, sols qui contiennent beaucoup de potasse.

Dans les lieux humides et fertiles , le Pied-d'oiseair forme irae variété, 0. intermedius Roth., considérée comme une espèce par certains auteurs.

Ornithope comprimé, 0. comprcssus L.

Flenvs jrtuuos , petites, au nombre de 3.5, siu' un pédoncule bractéolé. Corolle à carène ne dépassant pas le calice. Goxisse fortement comprimée, pou contractée aux articulations. Feuilles h folioles nombreuses ; les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles. Stipules doubles. Taille de 2 à 5 décimètres.

Vient daus les lieux sablonneux du Midi et de l'Ouest, sur les pelouses, dans les champs et les vignes. De même que l'espèce précédente, elle est mangée avec plaisir par les bestiaux et par les moutons surtout. N'a point été soumise à la culture.

Ornithope cultivé, 0. scUivus Brot.; 0. roscus Duf.

Ornithope rosé, SerradMe, Scrradilla (Portugal).

Fleurs rose-clair, avec l'étendard rayé de violet , plus grandes que dans toutes les autres espèces du genre, au nombre de 3.5, portées sur un pédoncule bractéolé. Gousses inclinées d'un même côté, contractées aux articulations. Feuilles à folioles nombreuses, velues, mucronées; les inférieures pétiolées , les supérieures sessiles. Stipules doubles. Tiges nombreuses. Taille de I à 3 décimètres.

Vient dans les lieux sablonneux du Sud-oviest et de l'Ouest, sur les rives de la Garonne, de Toulouse à Bordeaux.- Mangée avec plaisir par les bestiaux, elle pourrait, comme les précédentes. Être cultivée dans les lieux secs et sablonneux de nos départements méridionaux.

Sous le nom de Serrndilla, elle est cultivée de temps immémorial dans le nord du Portugal , oii la bauteuv des montagnes rend le climat à peu prés analogue à celui du centre de la France, et elle fait, dans ce pays, en vert et en sec, la base de la noumture du gros bétail. On la cultive dans d'autres contrées encore, notamment daus les Campines belges, oii les larges touffes que for-

LÉGUMINEUSIÎS. l-i?

mont SOS tif;c3 iiombronso3 ot ses fouilles innotnhrablos, outrelionncnl la friiiclieur ilu sol et donnent nn fonmigo d'une graiule lluossa rocliorclu') do tous les Ijostiiuix. I/ii pliuito, cniifçnanl l'iiivov, doit ùtro sem(5e a\i ))i'intom|is ; elle supporte Ijiou la clialoiir et la séclicressc, et fournit pour l'ûté de bons pâturages pf>iir los bntos à laine.

OnNiTiioPE NON buactéolé, 0. ehraclcatus Brot.

Fleurs jainics, avec l'otendavd voinô de rouge, au nombre do 2.5, sur un pédoncule non bractéol(3. Corolle avec oaribno saillante hors du calice. Gousse cylindrique, non contractée aux articulations. Feuilles tontes pi'.tiolces, à 3.0 paii'es de folioles (ilargios au sommet, mncronéos. Tiges très grclos, ascendantes. Taille do 1 à 5 décimf'tres.

Cette espèce, assez pri'eoee, vient, comme la prcicédente, dans los lieux sablonneux du Mid; ot de l'Ouest, sur les bords do la Méditerranée, dans le Roussillon, sur les rives de la Garonne ot les rivages de l'Océan. Non cultivée.

Genre CORONILLE. — CORONILLA Neck.

Fleurs ordinairement jaunes, en ombelles axillaires; — calice court, :i 5 dents, les deux supérieures à moitié soudées; — corolle k pétales longuement onguiculés, à carène terminée en bec; — jfoussc linéaire, cylindrique, à 2, 1 ou 6 angles; — feuilles imparipennécs, rarement trifoliolées, avec la foliole médiane beaucoup plus grande.

Ce genre comprend des espèces herbacées ou ligneuses en assez grand nombre, qui croissent dans les lieux secs et pierreux, de préférence sur les terrains calcaires, et sont généralement peu recherchées des bestiaux. Voici un tableau des principales espèces françaises avec leurs caractères distinctifs.

I Fleurs mêlées de violet et de blanc. Stipules libres \ai\ia

Feuilles \ i Onglet de l'étendard aTeo une

milles \ écaille Emm.s

pennées i I Stipules \ ^"'^ ] i „ i ■

' Fleurs [ lim-es { bordées / Etendard sans écaille Ynlct.na

\ { Gtanca

O 1 jaunes

O / ) ( Feuilles avec rebord transparent Jimcca

If

Scop.

Lm.

Kock.

H i ï Stipules soudées, go^gg^ j^ 4 ^^gles """"""'

g I / Feuilles à rebord / ( Minima

O I \ transparent | Gousse à 6 angles \aginalis

Feuilles trifoliolées. Gousse à 6 angles Scorpioidcs Kock

CORONILLE BIGARRÉE. — C. VABIA t.

Noms vdlgaikes. — Coronille changeante, Faucille, Pied-de-grolte.

Fleurs élégantes, panachées de blanc, de rose et de lilas, au nombre de 12.15, disposées en couronne sur un pédonoido très long. — Corolle à étendai'd ovale. — Gousses dressées ou étalées floxueuses, à 3.(i articles tétragones. — Feuilles à 7.12 paires de folioles, oblongues, d'uu beau vert. — Stipules petites. — Tiges herbacées , fistuleuses , diffuses. — Racines miUtipliées , traçantes et profondes. — Taille de 2 :\ 6 décimètres.

Cette espèce est commmie dans les bois , aux bords des champs et des chemins, sur les coteaux siliceux et calcaires de presque toute la France. A l'état vert, elle n'est point mangée par les bestiaux, auxquels elle paraît être nuisible. Mais quand elle a été soumise à la dessiccation, elle donne un bon fourrage, facile à préparer, et que les animaux recherchent.

I îiS I.liC.UMINEUSKS.

ToUard aîm"-, dans lo siipplùnieiit du Diiiioiuuiirc de Roziov, paru vers le commencement de ce siècle, est le premier qui ail ap]iol(i l'allonlion sur ccHc plante et signali^ ses qualités. Suivant cet auteur, elle résiste parfaitomont aux sécheresses, grâce à ses profondes racines; s'élève pou, durcit vite quand elle est seule, mais peut s'élever jusqu'à 1 mètre, et fournir, si elle est fauchée de bonne heure, un assez bon fourrage, surtout lorsqu'elle est associée à d'autres plantes. Jeune, elle est broutée avec plaisir par les moutons ; et, sur les coteaux secs et crayeux, elle pourrait être associée aux plantes propres h ces régions.

Malgré ces avantages, la cultui-e de la Coronille bigarrée n'a point été, en France, l'objet d'essais suivis. Elle a été tentée seulement en Angleterre, où l'on se préoccupe plus que chez' nous de varier la nourriture du bétail.

CoRONiLLA EMÉRUs, C. Emcrus L.

Scné sauvage y (aux Séné ^ favx Barjnenaudier.

Flenvs jaunes, grandes, an nombre do 2.3 sur un pédoncule court. Corolle à étendard orliiculaivc, pourvu d'une écaille à sa face interne. Gousse longue, droite, pendante, à 7.10 articles, l'euilles à 2.3 paires de folioles obovées. Ai'buste de 5 h, 12 centimètres.

Vient siu- les coteaux calcaires des provinces de l'Est et du Sud-ouest, au bord des rivières, des bois et des buissons. Ses feuilles jouissent de propriétés purgatives; aussi les animaux ne la mangent>-ils qu'à l'état sec.

Les autres espèces indigènes, toutes il Heurs jaunes, le C. valenlina L., arbuste à fleurs odorantes, haut de 4 à 7 décimètres, qui vient eu Corso; le C. glauca L., arbrisseau de 8 à 10 décimètres, qui vient dans le Midi, et que l'on cultive dans les JM-dins pour son feuillage glauque et ses belles fleurs odorantes ; le C. juncea L. , arlniste habitant les collines de la Provence ; le C. vaginalis Lm., espèce fort rare des contrées de l'Est; le C. mcmlana Scop., à fleurs fétides, qui habite les collines calcaires de l'Est, sont toutes aussi plus ou moins purgatives, et ne sont, comme la précédente, mangée par les animaux qu'après avoir été soumises à la dessiccation.

CoROxiLLE NAINE, C. mmkiia L.

Fleurs jaunes, au nombre de 6.12 sur un long pédoncule. Gousses courtes, penchées d'un même côté, à 2.4 articles tétragones. Feuilles à 3.4 paires de folioles, entourées d'un bord cartilagineux transparent. Stipules soudées en ime seule opposée à la feuille. Tiges grêles, couchées. Taille de 1 h, 2 décimètres.

Commime sur les coteaux secs de l'Est et du Midi , sur les pentes argilo-calcaires du I,auragnais, et dans quelques régions de l'Ouest, cette espèce est peu recherchée par les animaux, sinon par les moutons et les chèvres, qui la broutent quelquefois. On pourrait l'utiliser pour garnir les terrains arides et rocailleux et former ainsi des pâturages , auxquels elle fournirait son feuillage abondant et précoce, outre l'avantage qu'elle offre de repousser très vite sous la dent. Elle est trop petite, d'ailleurs, potir être fauchée et fanée.

Coronille a queue de scorpion, C. scorpioïdes Koch.

Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.4 sur un pédoncule égalant la feuille. Corolle à éten-dard orbienlaire. Gousses courbées en hameçon, penchées horizontalement d'un même côté, à 3.8 articles. Feuilles la plupart trifoliolées, à folioles latérales un peu épaisses, la terminale plus grande, elliptique. Tiges herbacées, la centrale dressée. Taille de 1.2 décimètres.

Cette espèce, la seule annuelle du genre, croît sur les pelouses, dans les moissons et champs cultivés, des provinces du Midi et de l'Ouest. Elle vient dans des sols très arides, mais ne donne que peu de produits. Est mangée par les animaux. Xon cultivée.

LlÏGlIAIINEtlSES. I '(!)

Genre SÉCUiaGÈRE. — SECUIUGEIt.i DC.

Fleurs ou oml)cllcs axilliiiros ; — calice court, à 5 dents, les iluux 8U]iùrieure3 à moitiii soiidëos î — corolle à étendard obovii , h ailes larges, l'i carène aiguë, terminée on bec; — yougsc uniforuio, allongée, arquée, comprimée, h articles pou apparents h cause de lu saillie de» sutures, terminée en bec courbé ; — graines quadrangulaires ; — feuilles impai'iponnécs.

Renferme une seule espèce.

SÉcuniGÈRE GonoNiLLE, S. coroiiUla DC.

Fleurs jaunes, au nombre de 6.8 sur un pédoncule long. Gousse longue. Feuilles iv 5.7 paires de folioles cunéiformes. Tiges dressées. Taille de 2 à 3 décimètres.

Vient dans les régions sèches du Sud-est. Mangée par les animau,x. Non cidtivée.

Genre IIIPPOCREPIDE. — HIPPOCREPIS L.

Fleurs jaunes, axiUaires ou terminales; — calice campanule, à 5 dents, les deux supérieures à moitié soudées; — corolle h étendard redressé, orbiculaire, longuement onguiculé; i\ carène terminée en bec; — gousse allongée, grèle, comprimée latéralement, creusée sur le bord interne d'échancriires correspondantes aux graines; — graines oblongues, arquées; — feuilles imparipennées, à folioles petites, les inférieures obovées, les supérieures oblongues, linéaires; — stipules petites, aiguL's.

Comijrend un petit nombre d'espèces, dont une seule est répandue.

HiPPOCRÉPmE EN OMBELLE, //. COlllOSa L. Ilippocrèpc, Fer-à-cheval.

Fleurs jaunes, veinées sur l'étendard, au nombre de 6.12, pendantes et en ombelle sur un long pédoncule. Gousse i écbancrures demi-circulaires, garnie de rugosités glandulaires, à 2.4 articles. Graines courbées en demi-cercle. Feuilles à 5.7 paires de folioles, très petites, mucronulées. Tiges simples, ascendantes, dures. Taille de 1 Ji 2 décimètres. Vivaee.

Commune dans toutes les régions de la France , cette espèce vient naturellement dans les prairies sèches, les terr.ains calcaires et arides, les sols volcaniques; elle s'y développe très bien, et forme de larges touffes qui s'étendent focilement du pied , en donnant ime fane assez abondante, recherchée des bestiaux, surtout des moutons, quand elle est jeune; mais après la floraison, elle est trop dure pour servir de fourr.age. Petite et peu productive, cette espèce pourrait servir à former les mélanges propres h ensemencer les terrains secs.

HippocBÉPiDE GLAUQUE, H. glttuca Ten.

Gousse plus longue et plus étroite que l'espèce précédente , à échancriu'es moins profondes. Graines presque droites. Feuilles glauques en dessous.

A'ient dans les lieux stériles de la région des oliviers. Rare et non cultivée. Vivaee.

HiPPOCRÉpmE CILIÉE, //. ciliata Willd. ,

Fleurs peu nombreuses , sur lui pédoncule court. Gousse héi'issée , glanduleuse , .'i échancrures profondes, formant presque un cercle, à 5.8 articles. Graines très courbées. Feuilles h 3.5 paires de folioles. Taille de 1 à 2 décimètres. Annuelle.

Lieux secs du Jlidi et de l'Est, région des oliviers. Peu recherchée dos animaux. Sans usages.

HippocRÉPiDE A UN SEUL FRUIT, H. uiiisiUquosa L.

Fleurs solitaires ou géminées, presque sessiles. Gousse hérissée, .à écbancrures formant un ccrclo complot, il 3.5 articles. Graines très courbées. Feuilles à 5.7 paires de folioles. TaiUe de 6 à 12 centimètres. Annuelle.

Vient dans les mêmes lieux que les espèces précédentes. Peu recherchée et sans usages.

LEGUMINEUSIiS.

Genre SCORPIURE.

scuni'iijitus L.

F/ciirs jaunes ; — calice (i 5 dents, les doux supérieures !i moitié soudées; — corolle li cai'tno bilîdc, terminée en boo; — gousse cylindrique, coriiice, roulée sur olle-mômo, à côtes longitudinales, éiiineuses ou tuberculées; — cjraines arquées; — feuilles simples, atténuées en pétiole ; — stipules soudées an pétiole.

Comprend un petit nombre d'espèces toutes annuelles, et ne s'élevant qu'à une faible hauteur.

ScoEPiuRE vERMicuLÉ, 5. vcrmiculala L.

Chenille.

Fleurs solitaires, rougeâtros sur l'étendard, petites, portées sur un long pédoncule axillairo. Gousse garnie de tubercules en séries régulières. Feuilles lancéolées, velues. Tiges rampantes.

Vient naturellement dans les régions sèches des provinces méridionales. Est mangée par les bestiaux, mais de nul intérêt pour l'agriculture.

Le S. muricata L., il pédoncules portant 2.3 fleurs, à gousse faiblement tuberculeuse; le S. subvillosa L., il 2.3 fleurs, Ji gousse munie d'épines; le S. sulcata L., ii gousse formant 2 spires régulières, il aiguillons disposés sur quatre rangs, — se trouvent dans les mêmes lieux que les précédentes, et sont également sans usages.

6» Tritou. — VICIEIES.

Étamines monadelphes ou diadelphes. Gousse non articulée, bivalve, uniloculaire. Feuilles ordinairement paripennées, à pétiole terminé en vrille ou en arête. Fleurs toutes asillaires. — Comprend plusieurs genres, se distinguant par les caractères résumés dans le tableau ci-après :

il Étamines monadelphes Faba.

Tube des l / Style comprimé latéralement Cracca.

"tlTm,? { i «. 1 [ ^°"'^® ^ '""""l Gr. renflées Vicia.

tronque J l Style l met oblique

obliquem.f Etamines ) comprimé 1 prol. en beo. ( ^'"' lenticulaires. Lens. ldiadolpbes\ d'avant j ^ , . * I o„ „..«i..= / Ciousse a sommet symétrique, non

I en arrière f , , , -r.

f I prolonge en beo liEVUM.

\ Style eiBlé, subulé Ervilia.

( „ , ■ , [ Pétiole terminé en vrille Lathykus.

Tube des étamines \ Style comprimé p^^.^,^ ^^^,^.^. ^^^ ^^^

tronqué à angle à avant en arrière | ^^^^^ ^^^^^.^^ ^^^^^^ droit f

\ Style compiumé latéralement PiSDM.

Feuilles imparipennées Cicer.

I,ÉGUMINEU8ES. 1 h I

Genre FftVH. — FAIJA T.

Fleurs on graiipos iixilliiii'os liricivomont pcjfloiiciilécs , peu iiomljroiises; — calice h 5 Jonts im'galos, les doux supc'riciiroa plus courtes ; — corolle !i itanànrii mnple, (lépnsflfvnt le» niles, à cari'iio courte; — élnmines inonadelphes, ii tube tronqué obliquement iiu sommet; — slylc allongé, iililbrmo, légèrement aplati ; — gousse sossile, prolongée on bec du côté du hoi'cl supérieur, oligosporme; — graines oblongnos , aplaties sur les faces, 9éj>aréca du tissu coUulairc.

Ce genre, établi i)ai' Tonriiorort , puis ooDfoodu dans le genre Vksoe par Linnée, (jui en avait l'ait le Vicia fubu, a été rétuljli et mainteiui jiar la majorité des autenrs modernes. Il renlerme une seule espèce.

FÈVE COMMUNE. — /•'. VVLGARIS Mœncii.

Fleurs très grandes, blanches ou rosées, veinées de noir, avec une tacbo noire sur les ailes.

— Gousse volumineuse, renflée, pubeseentc, légèrement visqueuse, verte, noirâtre à la maturité.

— Graines très grosses. — Feuilles non en vrille, terminées en une arête droite ou flexueuse, h 1.3 paires de folioles sossiles, amples, épaisses, entières, elliptiques, obtuses, mueronées, glabres. — Stipules demi-sagittées, dentées, avec une tache brune sur la face supérieure. — Tige simple ou peu rameuse, dressée, épaisse, presque quadrangulaire, fistuleuse. — Racine pivotante, fibreuse. — Taille de 4 à 8 décimètres. — Annuelle.

Originaire de la haute Asie, rencontrée en Pei'se à l'état sauvage par le voyageur Olivier, la Fève est cultivée en Europe depuis l'époque la plus reculée, soit dans les jardins comme espèce potagère, soit dans les champs comme plante fourragère. On la cultive très en grand dans plusieurs localités, notamment dans le Valais, où on la préfère à la pomme de terre.

La Fève forme plusieurs variétés, dont les principales sont la Fèverole et la Fève des marais.

Parmi les autres variétés, on distingue : la Fève naine hâtive, petite, précoce, assez productive, importée de la côte d'Afrique il y a une soixantaine d'années ; — la Fève julienne, un peu plus grande que la précédente, commune dans les jardins ; — la Fève verte, un peu plus tardive, conservant la couleur verte de ses fruits, et originaire de la Chine; — la Fève violette, dont une sous-variété, à fleurs pourpres, pourrait être cultivée comme plante d'ornement; — la Fève à longue cosse, plus élevée que celles qui précèdent, plus tardive, et remarquable par la longueur et le grand nombre de ses fruits ; — la grosse Fève de Windsor, à graines larges et aplaties, la plus forte de toutes, mais peu productive et résistant difficilement au froid, etc. Ces différentes variétés, exclusivement réservées aux jardins potagers ou d'agrément, n'ont point à nous occuper ici, où nous n'avons à considérer que les deux premières, les seules que l'on cultive en plein champ en même temps que comme plantes potagères.

La Fève des mar.4IS, F. V. major {grosse Fève ordinaire), est la plus généralement cultivée, dans les champs et les jardins, pour son fruit volumineux

15'2 . LliGUMINEUSES.

et succulent. Elle ollVo vme sous-variôté, appelée Fève pkanlr, (jui est moins grosse et plus aplatie.

La Fèveiiole, F. V.ininor, F. V.cquina {Petite Fùvc, Fève-dca-Ckaiiips, Fàvecle-chcval, Fèvelottc, Favelotte, Favc, Gourgane), paraît être le type de l'espèce; c'est celle au moins dont s'est rapprochée le plus la plante provenant des graines sauvages rapportées de la Perse par Olivier. Elle est petite, tardive, fouruit beaucoup, donne des fruits presque cylindriques, âpres et durs, c'est-àdire d'un goût moins agréable que celui des variétés potagères ; elle vient dans beaucoup d'endroits qui no pourraient fournir d'autres produits : le long des haies vives, dans les clairières des bois, dans les sentiers abandonnés, au bord des champs qui avoisinent les routes, etc., et où il ne faudrait qu'un peu de soin pour en tirer un grand parti. Cette variété, principalement cultivée dans les champs, est la jjIus importante au point de vue agricole, et celle dont nous aurons principalement, en conséquence, à étudier la culture.

Culture de la Fève.

On cultive la Fève dans les champs, soit pour en obtenir la graine, employée à la nourriture de l'homme ou des animaux, soit comme plante fourragère, destinée à être fauchée ou à être donnée en pâturage, soit pour l'enfouir comme engrais vert. Nous aurons, dès lors, à exposer : d'abord les soins généraux applicables à tous les cas , puis les soins spéciaux exigés suivant l'objet de la culture.

Préceptes généi'aux de culture.

Choix et préparation du sol. — La Fève préfère les terres fortes, meubles, fraîches et substantielles; elle prospère dans des localités qui seraient beaucoup trop argileuses pour d'autres cultures. Elle donne aussi des produits abondants dans les terres calcaires. En somme , dans nos climats tempérés, elle vient à peu près partout, ne redoutant réellement que l'excès d'humidité et les fortes sécheresses. La terre, quelle qu'elle soit, doit être ameubhe par de profonds labours, qui seront faits avant l'hiver, afin que le froid achève d'émietter le sol; cette opération est principalement nécessaire pour faciliter la pénétration de la racine pivotante de la jjlante.

Ensemencement. — On répand la semence au printemps ou à l'automne. Dans le Midi, où l'on a moins à redouter pour la jeune plante l'influence du froid, on sème en automne, jusqu'en décembre. Les pousses alors sont mieux enracinées , plus vigoureuses , et la plante , résistant mieux à la chaleur, donne des produits plus abondants. Vers le Nord , on devra , au contraire, semer au printemps, en ayant soin seulement de le faire le plus tôt possible, dès que les gelées cessent d'être à craindre, et cela, d'abord parce que la plante plus vite constituée résiste d'autant mieux à la sécheresse, qu'elle redoute par-dessus tout ; puis, parce qu'on rend ainsi la terre plus promptement dis-

LlilGUMINEUSES. 1 fj'J

poilible pour la récolte qui doit succ(5der à la Fùve. Le mois do février ou le commencement de mars est l'époque qui convient le mieux alors pour les semailles. En choisissant une variété particulière, dite Fèverole d'hiver, on pourrait semer plus tôt encore, c'est-à-dire avant l'hiver.

On répand la semence de Fève, soit à la volée, soit en lignes ou rayons.

L'ensemencement à la volée se fait sur le champ non labouré, ou bien dans les raies ouvertes par la charrue. Mais il est toujours préférable que le champ soit au préalable labouré, liersé et mèrnc roulé. La graine réjiaudue, il convient, dans tous les cas, de la recouvrir par plusieurs hersages. ,

Le semis en lignes ou rayons se l'ait, soit à la main, dans les raies ouvertes par la charrue, soit au semoh', soit en plantant la graine, ce qui est long et dispendieu.x. Les raies seront aussi droites que possiJile, assez écartées pour qu'on puisse y faire passer la petite herse triangulaire et la houe à cheval, c'est-à-dire qu'elles doivent être distantes de 5 à 6 décimètres environ. Cet ccartement sera moindre dans les petites cultures, où le binage et le sarclage se font à la main. M. Robert Brown emploie le semoir à brouette, refend les raies pour recouvrir la semence, puis, après dix à douze jours, il passe la herse en travers, afin de niveler pour le binage. Deux sillons d'écoulement sont tracés ensuite entre chaque ligne ; on enterre de la sorte les graines de 9 à 10 centimètres, ce qui n'a aucun inconvénient, même dans les terres argileuses. Si la' terre est très humide, on établira les lignes d'ensemencement au sommet des billions relevés.

Le semis en lignes est plus dispendieux que le semis à la volée; mais il a l'avantage d'exiger moins de semence et de donner des produits plus abondants. Thaer, V. Yvart, A. Wieland et d'autres agronomes encore, surtout en Angleterre, ont fait sur ces deux modes d'ensemencement des essais comparatifs qui ont donné des résultats concluants. Ainsi le semis en lignes a offert les avantages suivants : économie d'un tiers de semence ; germination ptlus sûre, produits en grains plus abondants, sans que l'on puisse d'aillem-s préciser le chiiîre du surplus, estimé depuis un cinquième jusqu'à deux et trois fois plus ; enfin, action amélioratrice sur le sol plus prononcée.

La quantité de semence à répandre varie suivant sa qualité, sa grosseur, l'état du sol, le mode d'ensemencement. Comme nous venons de le voir, il en faut toujours davantage quand on sème à la volée. La quantité peut varier ainsi de 150 à 250 litres par hectare. En Ecosse, on en sème près de 350 litres. Dans le Valais, on va jusqu'à 4 hectolitres; en Angleterre et en France, la quantité moyenne, pour les bons terrains, est de 2 hectolitres par hectare. Par le procédé de semis en lignes , de Robert Brown , 30 graines par mètre de rayon suffisent.

On aura, encore à porter son attention sur le choix des graines, qui doivent être mûres , nourries , fraîches ; comme elles gardent longtemps leurs facultés germiuatives , surtout quand on les conserve dans les gousses , il est recommandé de ne battre les tiges qu'au moment d'ensemencer. Les

loi . LliGI'MINEUSES.

graines seront pleines, cl il'unn couleur brune ou rougoâlrc. Si elles étaient lilanchcs el riilécs, cela indiquerait un ilcfaul de maturilé; trop noires ou ternes, elles dénoteraient une altéraliou duo à la fermentation ou D, l'humidité.

Les graines étant exposées aux attaques des mulots et autres animaux , qui en sont friands, il convient, avant de les semer, de les tremper vingtquatre heures dans l'eau, ce qui, en ramollissant le périsperme, hâte la germination , et les soustrait plus tôt aux causes de destruction qui les menacent.

Soins divers de culture. — Après que la graine a été répandue , il faut passer plusieurs fois la herse et le rouleau pour ameublir et égaliser convenablement la surface du champ. Quand la plante est près de lever, on passe de nouveau la herse. Cette opération, qui expose seulement à faire perdre quelques pieds , a pour avantage de diviser la terre, de détruire une grande partie des plantes nuisibles qui peuvent exister à une faible profondeur, de hâter la végétation et de favoriser la sortie de la Fève.

Sur le semis à la volée, on s'en tient à ce hersage que l'on pratique une seule fois avec une herse légère. Si on a semé en raies assez écartées pour le passage de la petite herse ou de la houe à cheval, on commence, quelque temps avant que la plante lève, par employer le premier instrument pour détruire et extirper les plantes nuisibles, en recommençant plusieurs fois s'il est nécessaire. Plus tard, quand la plante est assez élevée pour pouvoir être buttée, et quand elle est près de fleurir, on fait usage de la houe à cheval.

Culture àe l.a Fàve pour la graine.

Lorsque la Fève est cultivée pour la graine, le terrain , ameubli par la charrue, doit en outre être fumé le plus possible avec des fumiers longs et pailleux, ayant subi seulement la fermentation nécessaire pour la destruction des graines nuisibles. Cette addition de fumier est d'autant plus indispensable que, généralement, la Fève précède une récolte de blé, à laqueUe l'engrais doit surtout servir. Dans le Valais, on fume à raison de 18,000 h 20,000 Idlog. de fumier par hectare.

On peut semer à la volée ; mais le semis en lignes, qui donne moins de feuilles et plus de graines, devra toujours être préféré.

Les habitants du Valais, qui sèment en lignes , répandent, dans le sillon tracé par la charrue , environ 4 hectolitres et demi de graines par hectare. Ce semis exceptionnellement épais, comme le remarque M. de Gasparin, ne donne pas beaucoup plus de graines que s'il était plus clair ; mais il a pour résultat ime grande abondance de tiges, dont le produit est regardé comme important ; de plus, les plantes ne fallent pas , ce qui fait que toutes les gousses arrivent en même temps cà maturité ; enfin , de l'abondance des fanes résulte, au pied des plantes, un ombrage étouffant qui dispense de nombi'eux Scxrclages.

Dans Ci; mûmo pays, il est d'iisago cncorn, pour aiifjmonir'i' le produit (lo la Fève, lorsqu'elle est parvoiino-à une oorlaine lianLciir, do la coiudier à raoilié dans la torro, do maiiirri! à laisser ressortir li; liant do la tij,'c et les rameaux qu'ollo a dojà poussés. Do la partie ontorrôo naissent luio multitude de radicules qui concourent à activer lo développement de la jjlanle.

Après la lloraison, on pratique, dans quelques régions de la France, notamment dans l'Auvergne, le pincement de l'extrémité dos tiges, dans le but de hâter la maturation des fruits. L'opéi'ation se fait avec les doigts, une faucille, un mstrument quelconque, et a effectivement, pour résultat, en arrêtant la végétation de la tige, de faire refluer la sève vers les graines. Bonne pour la petite culture, une telle méthode est peu praticahle en grand.

La Fève est exposée aux attaques de plusieurs ennemis ; le Puceron est lopins redoutaUe; il attaque les sommités, c'est-à-dire les parties les plus tendres, et par ses nombreuses piqûres, produit une grande extravasation de sève, ce qui nuit à la formation et au développement des fi'uits. Co parasite est d'autant plus à craindre, que la plante souffre davantage de la séchel'osse ; c'est ce qui fait que les Fèves semées avant l'hiver y sont toujours moins exposées. Pour en préserver la plante, le binage et le sarclage suffisent souvent ; sinou il faut recourir au pincement, en pratiquant l'excision des extrémités attaquées.

On n'attend point, pour récolter la Fève, que les fruits soient complètement mûrs, d'abord parce qu'eu tardant trop on perd du temps pour la récolte à suivre; puis, parce que les tiges et les feuilles qui, récoltées à temps et bien préparées , servent h l'alimentation des bestiaux , deviennent plus tard dures et ligneuses et ne sont plus bonnes qu'à servir de litière et de combustible. La maturité s'annonce à la couleur noire que prennent les gousses, au fanage de la tige et à la chute des feuilles. Il faut, conséquemment, ne point attendre, pour commencer la récolte, que ces caractères soient trox^ prononcés. C'est généralement en septembre ou en octobre que l'on coupe la plante dont on veut extraire les graines.

Cette récolte se fait de plusieurs manières. On peut arracher la plante, la couper à la faucille ou la faire tomber sous la faux. Le fauchage est le procédé le plus expéditif et le plus économique.

La plante fauchée est soumise à la dessiccation, et quand elle est sèche, eu extrait les graines au fléau. Les Fèves se conservent mieux ainsi que si on les séparait immédiatement des tiges, outre que celles-ci, que l'on ne peut donner que peu à peu au bétail , sont plus appétissantes quand elles sont nouveUement battues.

Mais cette dessiccation de la plante entière est toujours longue et difficile, à cause de la grande quantité d'eau de végétation que renferment la tige cl les feuilles. On la facilite eu faisant les javelles aussi minces que possible; on porte ensuite celles-ci hors du champ, afin de laisser le terrain libre aux travaux ultérieurs. Il faut avoir soin, d'un autre côté, de ne lier et ne mettre

1 ÔG . LliOUMINEUSES.

les tiges à couvert que lorsqu'elles sont bien s^clics; de la sorte, elles se conservent et se battent beaucoup mieux.

Dans le Valais, on n'attend point que les gousses aient bruni i;t (jue la tige soit flétrie, comme on le fait ailleurs. On regarde la Fève comme bonne à être cueillie dès q\ie son germe est noii'ci, bien (jue les cosses soient encore vertes. Ou arrache alors la plante avec toutes ses folioles et on la fait sécher, non sur le sol , mais sur de hauts étendoirs formés de traverses supportées par des sapins, et sur des rangées de barreaux horizontaux qui entourent les granges. L'hiver venu, ou bat au fléau dans les granges, et le grain est séparé de la paille par le van ou le tarare. Le produit est de 22 à 28 hectolitres de graines par hectare, et de 5,800 à 7,400 Idlog. de tiges desséchées, formant un fourrage estimé, regardé comme supérieur au foin.

La graine de Fève battue trop tôt est exposée à diverses altérations ; elle s'échaufTe et peut être attaquée par la Bruche des pois {Druchus graitarius Scliœn.) qui, en détruisant le germe, la rend impropre à la reproduction et à la consommation.

Culture de la Fève comme fourrage.

Le terrain ayant été préparé, fumé, comme lorsque l'on veut récolter la graine, la Fève que l'on destine à servir de fourrage est toujours semée à la volée, et très dru, attendu que la plante ne talle pas. On peut, en outre, lorsque la graine n'a pas été répandue avant l'hiver, semer un peu plus tard qu'on ne le fait dans le cas précédent, la plante devant rester moins longtemps sur le sol que lorsqu'oii attend, pour en faire la récolte, sa complète maturité.

La Fève fourragère ou Fèverole doit être fauchée à la floraison, avant la maturité des graines. Toutes les parties de la plante sont alors , il est vrai , épaisses, charnues et difficiles à sécher; mais si on attendait davantage, elles seraient dures et la végétation serait arrêtée; tandis que si la première coupe est faite avant que les fruits soient mûrs, la plante peut être fauchée plusieurs fois, et fournir môme un pâturage assez prolongé, la mise en pâture des tiges en fleurs faisant ordinairement pousser plusieurs jets latéraux, qui donnent une bonne nourriture.

Une fois coupée , la Fèverole est consommée en vert ou transformée en foin. EUe donne alors un fourrage très nourrissant ; mais la quantité d'eau de végétation que contient la plante rend ce fourrage difficile à préparer.

Quelquefois on ne coupe les Fèves qu'après la formation des cosses. On a ainsi des gerbées qui constituent un bon fourrage d'hiver recherché des moutons et des chevaux. Les tiges, dans ce cas, sont plus faciles à sécher et à conserver que lorsque la plante a été coupée jeune. Néanmoins, à cause de leur grosseur et de l'eau abondante qu'eUes renferment, il faut avoir soin, comme lorsque l'on veut récolter la graine, de les tenir en javelles minces.

La Fève fourragère est souvent semée avec d'autres plantes, et ces mé-

hiiigos, ranclujs on verl, on ;ipivs la rormaUmi ilr la graiiio, l'ornionL, dans l'un et l'autre cas, une nourriture des plus substantiollos. Ainsi, taiilôt on forme, arec le seigle et l'avoine, un mélange que l'on sème avant ou après l'hiver, et que l'on récolte en juin et juillet pour nnui'iir les animaux pendant la saison chaude; tantôt on la mêle, ainsi qu'on le l'ait notamment dans le Pas-de-Calais, avec la gesse, la vesce, les pois, les lentilles, et quelques grains de céréales; ces mélanges, connus sous les noms de hivernage, drafjée, dravée, gravière, waret, favcro, forment une excellente nourriture d'hiver et d'été.

La culture de la Fèverole est toujours avantageuse, non-scnlement par la nourriture verte ou sèche qu'elle donne, soit qu'on la coupe en fleurs, soit qn'on attende que les gousses soient formées , mais encore parce qu'elle ameuhlit et nettoie le champ; parce que fauchée avant la formation du fruit, elle épuise peu le sol ; parce qu'enfin elle n'occupe la terre que pour peu de temps, favorise ainsi toutes les opérations ultérieures et l'admission des autres cultures.

Culture (lo la Fère comme engrais vert.

Empruntant à l'atmosphère, par ses feuilles larges et épaisses, une grande partie de sa nourriture, la Fève apporte au sol, quand on l'enfouit au irioment où elle est en fleurs, une proportion considérable de matière fertilisante. De là l'emploi assez fréquent de cette plante comme engrais vert. Elle exige dans ces circonstances les mêmes soins de culture que lorsqu'elle doit être transformée en fourrage, sauf qu'elle n'a pas besoin de recevoir do fumier. Une bonne méthode encore, en ce cas, est de faire pâturer le champ de bonne heure par les bêtes à laine. Au lieu d'une seule tige , il en pousse alors plusieurs , qui s'élèvent moins , mais qui , couvrant davantage le sol en se ramifiant, sont ensuite plus faciles à enterrer.

L'enfouissement se fait, au moment où la plante est en fleurs , à l'aide de la charrue. On facilite l'opération en la couchant au préalable avec le rouleau, après une pluie, ou quand elle est encore mouillée par la rosée. Quelquefois on l'enfouit à la bêche ; alors il convient d'arracher d'abord la plante. Dans un cas ou dans l'autre, la plante, molle et succulente, ne tarde pas à se décomposer et à se transformer en terreau.

Cette culture , sans rien prendre à la terre , puisque la plante enfouie lui restitue tout ce qu'elle lui a emprunté, l'enrichit encore de tout ce qu'elle a extrait de l'air. Elle constitue donc un moyen infaillible d'amélioration du sol que l'on ne peut que souhaiter voir plus généralement utiliser.

Valeur économique et agricole de la Fève.

Vivant surtout aux dépens de l'atmosphère et n'enlevant presque rien au sol pour s'entretenir et se développer, la Fève, quel que soit le mode de culture auquel on la soumette, est une plante précieuse pour l'industrie rurale.

58 LiiGUMiNErsns.

Oa poul ainsi par clU', an moyen do rtcux lioctolilrcs do graines qnc Ion sème par hectare, et dont on relire 8 ù 10,000 kilog. do produits, extraire de l'atmosphère, par le seul fait de la végétation, plusienrs milliers de kilogrammes de substances nutritives, qui restent sans frais au bénéflce de l'agriculteur. La Fève, en outre, n'occupe le sol que peu de temps et le nettoie des mauvaises herbes, soit par le sarclage qu'elle exige, quand on la sème en ligne, soit par l'ombre qu'elle produit, quand elle est semée à la volée.

La Fève est ainsi la plante par excellence pour diviser, ameublir, netfoyer et fertiliser la terre, et sa culture est l'une des meilleures que l'on connaisse pour préparer à recevoir le froment et autres céréales, les terres froides et rebelles dont l'exploitation serait sans cela conteuse et peu productive. La Fève, sous ce rapport , est même supérieure au Trèfle, car elle peut réussir là où ce dernier parfois reste absolument improductif.

Il est à regretter même que cette faculté fertilisante de la Fève ne soit pas plus communément utilisée pour l'amélioration des terres pauvres , sur lesquelles il n'est point possible de répandre, en quantité sufTisantc, les engrais ordinaires. Il est plus fâcheux encore que l'on laisse sans emploi , comme cela arrive fréquemment, les tiges fanées qui restent après la récolte des graines , et que l'on prive ainsi le sol d'un engrais des plus précieux. C'est dans ce cas surtout qu'il est vrai de dire qu'en agriculture il n'y a pas de petite perte, et que savoir les éviter est le premier progrès à accomplir. Quoi qu'il en soit, on peut juger, par là, de quel avantage est pour le cultivateur la culture de la Fève, qui lui fournit, d'abord sa graine pour la nourriture de l'homme et du bétail, puis ses fanes comme fourrage et comme engrais, et enfin constitue une excellente préparation pour les céréales.

La Fève peut entrer dans divers assolements, alterner seulement avec le froment, ou bien entrer dans une rotation biennale de froment en alternant avec le trèfle et le maïs. Elle est surtout favorable aux céréales quand elle a été semée de bonne heure et en ligne , bien nettoyée et enlevée assez tôt pour laisser le temps de donner au sol les préparations nécessaires. Si sa récolte est trop tardive, il est parfois plus avantageux d'ajourner les semailles au printemps et d'admettre aloi's le blé de mars, l'orge ou l'avoine, qui ne profitent pas moins de l'améhoration apportée au sol par la Fève.

La Fèverole vient très bien aussi sur un défrichement de gazon, de trèfle ou d'une autre prairie artificielle ; ou bien elle peut être semée avec le trèfle pour former une prairie artificielle, qu'elle protège la première année par l'abri qu'elle lui fournit. Quelquefois , entre les rayons, on sème soit des pommes de terre, soit des l'aves ou des navets cpii ont le temps de se développer après la fauchaison, et qui peuvent être récoltés avant que l'on sème le blé, et l'on se procure ainsi, à peu de frais, une double récolte.

Quand la Fève succède au froment, si le climat est assez chaud, il est possible, en semant la légumineuse immédiatement après la moisson , d'en

(ihU;iiii' uncoi'o mu; rocolU; uiûro. Dans lu Nord, si la iii;il,uril,i'; ii'osl, pas complète, il rosLo la ressource d'èiilorrer la j)laiiLe comme engrais verl.

Emploi alimentaire de la Fève.

La Fève constitue, pour tous les animaux, une substance alimcntain; Ggalomcnt rocherchéG des uns et des autres, et d'une grande valeur nutritive. La graine et les fanes sont consacrées à cet usage.

La graine sert, on outre, à la nourriture de l'homme, notamment dans les provinces du midi et de l'ouest de la France, ainsi qu'en Italie. Mais on fait usage siu'tout, dans ce cas, de la grosse vaviélé de la Fève des Marais ; tandis que pour les animaux on emploie surtout la Fèverole, qui est plus rustique, moins délicate. Cette graine peut être donnée de plusieurs manières : entière, soit sèche, soit ramollie par l'eau, soit à demi-cuite ; concassée, ou enfin moulue, sous forme de farine délayée dans de l'eau ou additionnée d'un peu de son.

Elle est très nourrissante, engraisse promptement les bœufs, les porcs, auxquels elle donne un lard ferme et une chair excellente. EUe convient aussi aux femelles laitières, dont elle augmente le lait. Elle est bonne encore pour les veaux à la mamelle; sa farme délayée dans de l'eau remplace une partie du lait de la mèi'e, et favorise l'engraissement d'une façon aussi efficace qu'économique. Jl est inutile d'ajouter que dans toute circonstance elle peut être mélangée aux autres grains qui forment la nourriture ordinaire des animaux auxquels on la donne. Dans le Valais, on fait manger la même Fève aux hommes et aux chevaux. La ration journalière de ceux-ci est de un demi-kilog. environ de graines avec une quantité de foin convenable.

La fane de la Fève, quand elle est convenablement préparée, est aussi fort l'echerchée des bestiaux. Elle doit , pour cela, n'avoir point été coupée trop mûre et avoir été bien séchée avant la mise en grange. Elle forme alors un aliment très substantiel pour la nourriture d'hiver des chevaux de travail et des bêtes à cornes, ainsi que pour celle des moutons. Cette paille étant un peu , sèche, on rendra le fourrage meilleur en la mêlant à de la paille de pois, surtout de pois blanc. Il est des contrées où les moutons et les chevaux ne reçoivent jamais de foin et mangent, à la place, une nourriture composée de paiUe de Fèves, de Pois et de Vesces, dont ils paraissent se bien trouver. Dans le Valais, où les débris du battage de la Fève sont fort appréciés, on les sépare en trois parts, suivant leur degré de division. La partie la plus menue, produit des folioles, est réservée pour la nourriture des porcs ; les deux autres parts, formées par les rameaux et les tiges, sont conservées pour les vaches.

I()Ù - I.lilU'MINRVSKS.

Genre CRAQUE. — CRACCA Riv.

Fleurs en grappes axillaivos, péJonciiléos ; — ralice k 5 dents ini''gnlcs, plus courtes que la corolle ; les inférieures très étroites ; — ctamines diadelplies , ii tube tronqué très oUiquement au soniniot ; — style fin , comprimé latéralement, non barbu ; — gousse oblonfjuc, polyspcrmc^ tronquée obliquement au sommet prolongé en bec; — çirnines globuleuses; — feuilles terminées par une vrille rameuse, l'i folioles nombreuses ; — tiges faibles et grimpantes.

Ce genre, confondu par la plupart des auteurs avec le genre Vicia, s'en trouve séparé dans la Flore de France de MM. Grenier et Godron. 11 nous a paru utile de maintenir cette distinction, qui, en réduisant le nombre, encore considérahle, des espèces comprises sous le nom générique de Vesces, ne pouri-a qu'en faciliter l'étude. Le, tableau suivant fera connaître, avec leurs caractères distinctifs essentiels, les espèces françaises de ce genre nouveau.

1 Calice non bossu à la base S "'■"'"'

[ Etendard égal ) ( Tcnuifolia

Gousses à graines ^ aux ailes „ ,. , ,, , i Varia

nombreuses. ) Calice bossu à la base J

<, ( Yillosi ^ I Fleurs grandes , J

■< 1 colorées f Etendard plus long que les ailes ,

yr* I ( Àtrnpnrpurca

w 1 Gousses /Fleurs solitaires. Stipules de deux sortes Mosanthos

illosa Scrt/iolonii

rank.

God.

God.

God.

God.

God.

God.

God.

God.

God.

Biv.

( à 2.4 grain, l 1 Gousse non bosselée. Calcaraia Fleurs j Fi \ Gousse stipit. )

petites, phls'mf moins ^tyle pubese. Gousse bosselée. ... ^ j™"

pâles f fournies 1 ^, ..,„,,,

l [ Gousse non stipitée. style glabre. . Jlinor

CRAQUE ÉLEVÉE. — C. MAJOR Fhakk.

Vicia cracca L. — V. muUiflora Poil.

Xo>is VULGAIRES. — Vesce craque, V. mulUllore, V. à épi, Vesceron, Jardeau, Jarseau, Luzeau,

Luiset des prés, Pois-à-crapaud.

Fleurs violettes ou bleues, réunies au nombre de 15.20 en une grappe serrée, oblongue. — Corolle avec étendard redressé, à onglet orbieulaire, de même longueur que le limbe. — Gousse ovale, courte, brune. — Graines brunes, marbrées. — Feuilles à 8.10 paires de folioles linéaires, velues. — Stipules demi-sagittées, entières. — Tige carrée, striée. — Soucbe vivace, très traçante. — Taille de 6 à 1.5 décimètres.

Très commune dans les lieux couverts, les prés frais, les bords des ruisseaux et des rivières de presq\ie toute la France ; plus rare dans les champs et les moissons , cette espèce vient dans tous les terrains et résiste môme aux inondations. Dans les sables déposés par les rivières, elle peut attein-, dre à un grand développement, en formant des champs épais. Mais elle a besoin d'être soutenue; le seigle est la plante qui parait le mieux convenir pour cela. La Vesce craque produit en abondance, dure longtemps, se dessèche facilement et donne un beau foin. Quand ses graines sont mûres, sa fane est encore assez tendre pour être mangée; si on la coupe à l'époque de la floraison, elle repousse promptement. Avec cela, très recherchée des bes-

LiSGUMINEtJSES, 161

Uavix, la Vesce craque ulIVo loiilus les condiUoiis vonliie.s pour i'(jiisl,il,iiei' nue excellente plante fournigèi'e, que l'on pouri'alt culliver dans tous les mauvais terrains, et dont on obtiendrait surtout \\n bon fourrage en la môlant au seigle et h l'avoine.

• Elle offre plusieurs variétés. M. H. Lecoq en a trouvé une, sur les montagnes volcaniques do l'Auvergne, qui s'élève, seule et sans appui, jusqu'à 5 décimètres de hauteur et qui croît par petites toulfes dans les prés élevés.

Une autre variété, distinguée comme espèce particulière parles auteurs, est celle dite C. Gerardi God.; Vicia Ge.rardi 'WïWi]., que caractérisent ses' grappes plus denses, ses graines moins nombreuses, plus grosses, ses feuilles à folioles plus nombreuses, et qui vient dans les prairies des Alpes et de la Provence, ainsi que dans les Pyrénées.

Près de cette môme espèce doit être rangée une plante, mentionnée par Vilmorin dans le Bon Jardinier, sous le nom de Vesce velue, Vicia villosa, et qu'il ne faut pas confondre avec l'espèce française, ci-après décrite, qui porte ce même nom. Originaire de Russie, cette Vesce est grande et vigoureuse, très rustique, et résiste parfaitement aux plus grands froids. Dans des semis en bonne terre sableuse, elle a végété avec une grande rapidité et a atteint un développement extraordinaire, en formant une masse impénétrable, et de plus de 2 mètres de haut, de tiges et de feuilles. En Suède, où elle croit abondamment, elle a été l'objet d'essais qui ont donné de bons résultats. Elle offre, toutefois, l'inconvénient de ne pouvoir être cultivée qu'autant qu'on l'associe à une autre plante qui en soutienne les tiges molles et flexibles, et qu'il ne se trouve pas, dans nos climats, d'espèce qui concorde avec elle pour la durée et l'époque de la végétation. Le seigle seul, bien que de petite taille , pourrait lui être de quelque secours.

Craque a feuilles tenues, C. lenuifolia God.; Vicia tenuifolia Roth.

Flem's alloiigiSes , d'un bleu pâle, nombi'euses , en grappe lâche. Gousse large, brune :\ la maturité. Feuilles à 7.10 paires de folioles linéaires, mucrouées. Taille de 1 à 2 mètres.

Se rencontre fréquemment dans les bois , les buissons , les prairies de presque toute la France. Constitue une nourriture recherchée. Non cultivée.

Craque variée, C. varia God.; Vicia varia Host.

Fleurs allongées , -violettes , avec les ailes presque blanches , nombreuses , en grappe lâche, oblongue. Gousse glabre, fauve. Graines globuleuses, brunes. Feuilles à 5.7 paires de folioles étroites. Tiges faibles. Taille de 2 à 15 décimttres. Annuelle et bisannuelle.

Espèce très commune dans les moissons de presque toute la France , mais principalement dans le Midi, et que l'on retrouve dans la paille.

« Craque velue, C. villosa God.; Vicia villosa Roili.

Fleurs violettes, avec les ailes bleues, nombreuses, en grappe lâche. Gousse très large, fauve. Feuille à 5.7 paires de folioles. Plante couverte de poils. Taille de 3 à 12 décimètres.

Espèce très rare, que l'on rencontre surtout dans les lieux pierreux et stériles de l'Est.

Craque de Bertoloni, C. Bertolonii God.; Vicia pseudocracca Bert.

Fleurs bleues avec les ailes jaunes, au nombre de 3.6 en grappe longue. Calice bossu :\ la base. Gousse fauve. Feuilles à 4.8 paires de folioles. Taille de 3 à 10 décimètres. Vient dans les diverses régions de la Provence et eu Corse. Sons usages.

KiV LiicIMIMirSKS.

CnAOTT. T'diT.PHKr;, C. airoptirpurca C.od.; Viria cilmpurpurra DC;

1'. pcrcnnis DC.

Fleurs d'mi ]ionrpro noir an sommet, rarement roupefitros, an nombre ilc 4.10 en firiippo serrée, no déliassant pas la fenille. Calice non bossu à lu base. Style plié et tordu sur son axe. Gousse bosselée, fauve. Graines d'un noir volonté. Feuilles à 5.!) paires de folioles. Tiges velyes. Taille do 3 i\ 8 décimitres. Annuelle et bisannuelle.

Cetto cspfcoo, que l'on rencontre assez communément dans les moissons du Midi, sur le littoral de la Méditerranée, est fort recherchée des bestiaux ; elle est de nature à donner, dans les terrains socs, des produits assez avantageux pour qu'on puisse en essayer la culture. Jusqu'il présent, elle est restée sans usages.

CRAQUE A UNE FLEUK. — r. jl/0,V.-hY77/0,S God. Ermim monanthos L.; Vicia monanlltos Df.; Lalhyrvs viovanthos Willil.

NoîlS vri.GAllîES. — Ers ou Vcsce à fleurs solitaires, V. à une fleur. Lentille iVAurerfine,

Jaroude , Jarassi.

Fleurs petites, d'un blanc bleuâtre, tachées de noir au sommet de la carfene, solitaii'cs, sur des pédoncules ne dépassant point la feuille. — Calice h dents plus longues que le tube. — Gousse brièvement stipitée, bosselée, glabre, fau%'e Ji la maturité. — Graines rousses, marbrées. — Feuilles à 5.7 paires de folioles étroites, échancrées au sommet, miicronnlées. — Stipules de deux sortes, l'une sessilc, linéaire, entière ; l'autre pétioluléc, laciniée , h divisions sétacées. — Taille de .3.6 décimètres. — Annuelle.

Cette plante vient dans les lieux cultivés, parmi les moissons de l'est, du centre et du midi de la France. Les terrains calcaires ne lui sont point favorables. Elle prospère, au contraire, sur les terrains siliceux et sablonneux les plus médiocres , les sols schisteux , volcaniques , où ne pourraient venir ni la Vesce ordinaire, ni les pois, ni les fèves, et où le seigle luimême ne végéterait que difficilement. On la cultive pour ses graines, employées comme les lentilles dans la nourriture de l'homme, et pour ses fanes qui donnent un fourrage doux et de bonne qualité. On la sème en automne, et elle résiste très bien à l'hiver. Sa graine est répandue seule, ou mieux, mêlée avec une graminée, principalement avec le seigle ou l'avoine d'hiver, qui en soutient les tiges. Un hectolitre de grames par hectare suffit. On la fauche à deux époques, suivant qu'on veut en obtenir du fourrage ou des graines. Facile à sécher, elle donne un foin moins échauffant que la Vesce et qui convient à tous les herbivores. Bien que moins productive que les espèces cultivées ordinaires, elle constitue cependant, vu la nature des terrains où elle se développe, une ressource précieuse pour certaines régions, qui resteraient sans elle vouées à la stérilité. M. Vilmorin en a constaté aussi l'utiUté pour les mauvais sables et l'a vu produire, dans ces conditions, des quantités considérables de fourrages, qui apportaient à la ferme une importante amélioration.

Près de cette espèce se rangent le C. culcarata God., Vicia calcarata Df. , qui se distingue h ses fleurs violettes, aii nombre de 2.5. et à sa gousse non bosselée ; espèce très rare, que l'on

rj';GtiMiiNEi;sES. IGM

trouve dans les luolasoiis ilos provinces mériilioiialos; ot lo C. di.ijifrvin (iod., Vicia (lixiicrmn PC V. parviftnra Lois., à (loiirs tris polîtes, blanclifitros, au noinliro do 2.0, et h gousse Ijosscli'c, contenant 2 graines ; osptco propre aux cliamps sablonneux du Midi. L'une ot l'autre sont sans usages.

CnAQUE BISANNUELLE, C. bicmiis V. bicnnis L.

Vesce lie Sihrrie.

Fleurs Woues ou violacoes, nombreuses, en grappes spicifornies, sorriies, longuement pédonculées. Gousse comprimée, courte, glabre, voulormant 3.1 graines. Feuilles à 5. H paires de folioles lancéolées, glabres Stipules demi-sagittées, aigui'S. Taille de 1 à 3 mètres. Bisannuelle.

Cette plante, d'origine septentrionale, a été indiquée par Tbouin comme propre à la culture. l'Ille produit, en elTot, beaucoup, est trts rustique, résiste au froid, et peut fournir, pendant toute la mauvaise saison, du fourrage vert au bétail. C'est là son principal avantage pour les pays froids. La difHculté est de soutenir ses longues tiges grimpantes. Tbouin a proposé, pour cela, de l'associer au Mélilot blanc, espèce bisannuelle aussi et qui donne un bon fourrage. F,.\igeant, pour se développer, un bon terr.ain, la Vesce do .Sibérie peut alterner .avec le froment et ûtre semée, soit au printemps, soit en automne.

Craque a fruit velu, C. minor Riv.; Erinmi Idrsutum L.; Vicia Jiirsula Koch.

Fleurs très petites, blanches, o>i légèrement bleuâtres, au nombre de 3.8, sur un pédoncule court. Calice à dents égales, plus longues que le tube. Gousse très courte, non stipitée, bosselée, poilue, noire, contenant 2 graines. Feuilles k 8.10 paires de folioles linéaires, tronquées. Stipules h divisions sétacées. Tiges très grêles. Taille de 2 à 6 décimètres.

Commune dans les terres cultivées , parmi les moissons , dans les buissons et les bois , cotte espèce, bien que non cultivée, est fort recbercliée de tous les besti.aux, .auxquels elle fournit un fourrage tendre et appétissant. Ses tiges molles se transforment facilement en foin, dont on pourrait, en le mêlant à de la paille ou ;"i d'autres fourrages secs , obtenir un utile supplément d'alimentation. Elle réussirait dans les sols secs et médiocres.

Genre VESCE. — VICIA T.

Fleurs solitaires ou géminées à l'aisseUe des feuilles , ou en grappes latérales brièvement pédonculées ; — calice à 5 dents plus courtes que la corolle ; — élamines diadelpbes ou submonadelpbes , à tube tronqué très obliquement; — style mince, comprimé d'avant en arrière, formant un angle droit avec l'ovaire ; — gousse oblongue, polysperme, tronquée obliquement au sommet, qui se prolonge en bec; ■ — graines globuleuses ou réniformes ; — feuilles paripennées, à folioles nombreuses, avec pétiole terminé en vrille plus ou moins rameuse ; — stipules libres, demi-sagittées; — tiges flexibles, anguleuses, grimpantes.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, annuelles ou vivaces, que l'on rencontre communément dans les champs, au milieu des moissons, le long des haies, des buissons, plutôt que dans les prés, où leurs tiges llexibles les soutiendraient mal. Venant dans tous les terrains, et plaisant à tons les animaux, ces plantes sont les unes et les autres, indistinctement, propres à être utilisées comme fourragères. Le genre Vesce est en effet, sous le rapport agricole, l'un des plus riches des Légumineuses, et il peut prendre rang à côté des genres Trèfle et Luizerne, sur lesquels il offre même l'avantage de fournir un chiffre plus considéi-able d'espèces à cultiver. On les distingue, à ce dernier point de vue, en deux catégories : les Vcsces annuelles, parmi lesquelles se trouvent les espèces les plus généralement cultivées , et les Vesces vivaces, plus ou moins répandues dans les champs, les bois et les haies , et dont plusieurs pourraient être , avec avantage , soumises à une culture régulière. — Ci-après le tableau descriptif des espèces françaises de ce genre :

Ili'l

LliC.UAlINEUSES.

Flouvs solitaires

ou KBniin<5es ,

' Gousse j sessile

Fleurs ( espèces toutes 1 auuuell.

1 Gousse jauuc

Gousse noire

Espùee vivacc

Fleurs aériennes ot souterraines.

Gousse stipitée.

Gousse l stipitée

Fleurs

en , grappe

Fleurs jaunes

Fleurs purpurines. .

Souche stonolifëre. .

Eac.l Souche '^""^ """<=•

Style Vviva.j non / Fouilles

barbu ) f stonol.) h vrille

an \

sommet/ „ . ,,

( Icacme annuelle

Style 1 Souche ( Fleurs jaunes.

f non barbu) "on I pi. violacées. . ^n } stonol . (

sommet ( Souche stonolifère

Gousse sessile

ESPixr.s

SATIVA

O^rilata

wuir-

ANGUSTIFOLIÀ

noth.

LATIlVnOIDES

Pi/rcmiica

Pourr.

Amphicarpa

Donh.

LliTEà

U y brida

Pebegrina

SEPIUH

Àrfjentcn

Lapey.

Dd-metohum

Onohrjjcfdoïdcs

Altissima

nf.

Pannonica

J;icq.

SjjTlica

Duby.

PlSIFOIlMIS

Orobds

DC

Sylvalica

Cassnhtca

NABBONENSia

Billiymca

Fluinis.

n»l,ilal,

Pr. Eté

Partout

Pr. Été

Midi

Pr. Eté

Partout

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Partout

Eté

Midi

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Pr. Eté

Partout

Pr. Eté

Midi

Pr. Eté

jr. C.

Pr. A.

Partout

Eté

Midi

Eté

Est

Pr. Eté

Sud-Est

Midi

Pr. Eté

Midi

Eté

Pr. Eté

Pr. Eté

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