‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 43 sur 138 · CAROTTE CULTIVÉE. — D. CAHOTA L · texte numérisé non relu

CAROTTE CULTIVÉE. — D. CAHOTA L

KojIS VULGAIEES. ■ — Rucine jaune, Pastonade, Pastcnade.

Fleurs ordinairement blanches, petites, celle du centre purpurine et stérile. — Ombelle très longuement pcdoncnlée, à la fiu se creusant eu coupe, à rayons plus courts vers le centre, arqués et convei'geuts à la maturité; rassemblés sur un réceptacle non dilaté. — Fruit ii aiguillons subulés, distincts, terminés par 1.3 poiutes inflécbies en dehors. — Feuilles molles, velues ou glabres, les inférieures oblongues, à segments ovales; les supérieures sessiles, à segments inégaux, presque linéaires. ■ — ■ Tige rude, striée, dressée, rameuse, peu feuillée au sommet. — Taille de 5 à 10 décimètres. — Bisannuelle. — Floraison de juin à septembre.

Cette espèce, fort commune et répandue à l'état sauvage dans toute l.i France, Adent spontanément partout, au ])ord des champs et des chemins, sur la lisière des bois, sur les pelouses sèches , dans les prés et les prairies artificielles, qu'elle infeste souvent. Les animaux, qui la mangent volontiers quand elle est jeune, la refusent quand elle est eu fleurs ; son feuillage alors, par l'odeur forte qu'il répand, est peu propre, en effet, à leur servir de nourriture ; mais en petite quantité, il peut être utilisé comme condiment. Très sensible à l'influence des terrains, cette espèce, suivant qu'elle pousse sur un sol pauvre ou sur un sol riche, offre dans ses dimensions des différences considérables. Soumise à la culture, elle a subi d'importantes modifications qui en oui fait l'une de nos meilleures plantes alimentaires. Sa racine, nalu-

l'ÔCi i)\inr;i.i.ii kiiKs.

relleiiK'iil dure, grêle, souvent ramifiée, d'une odeur forte et d'une saveur acre, est devenue volumineuse, cylindrique, fusifornie ou conique, pivotante, charnue, d'une saveur douce^ et sucrée. Cette transformation s'opère avec une assez grande rapidité; Vilmorin est parvenu ainsi, au moyen de semi.-; tardifs et du choix successif des individus, à amener en li-ois générations seulement, la racine prise à l'état sauvage à un étal de développement considérahle. De forme Aarialile, cette racine cultivée est ordinairement grosse dans sa partie supérieure, diminue progressivement et se termine en pointe ; elle est, en outre, plus ou moins volumineuse suivant la (fualité et la profondeur du terrain; quelquefois quand la couche fertile du sol est d'une faillie épaisseur, elle acijuiert une très grande largeur en s'arrondissant à son extrémité. Elle ne se transforme pas moins sous le rapport de la couletu', qui varie du jaune au rouge, au violet et au hlanc. Ces modifications, obtenues et perpétuées par la culture, ont produit luie assez grand nombre île races ou variétés offrant chacune des qualités spéciales, et que Ion distingue surtout par la couleur. Voici les principales d'entre elles ;

Variétés rouges :

La Garottk rouge longue ordinaire ;

La C. noFGK d'Altiungham, cultivée en Angleterre;

La C. nouGE p.-vle a grosse tête, cultivée en Flandres, très producti\d et fort estimée ;

Le C. rouge courte hâtive ou de Hollande , recommandable par sa grande précocité et sa bonne qualité ;

Le C. ROUGE DE.Mi-LONGUE, obtenuo en 1846 par M. Duval, du métissage des deux précédentes, et réunissant le développement du premier type à la précocité du second; se termine en pointe obtuse , avec un pivot central ;

La C. ROUGE A COLLET VERT, très lougne, lisse, à peau et chair d'un rouge clair orangé, avec lui collet se teignant d'un vert foncé et s' élevant à 10 ou 15 centimètres au-dessus du sol; très abondante et d'un goût aromatique, elle est surtout propre à la Belgique, où on la cultive avec avantage.

Variétés jaunes :

La C. JAUNE COURTE, Ordinaire ;

La G. JAUNE LONGUE OU d'AcHicouRT, uue de nos meilleures variétés;

Une variété violette :

La C. VIOLETTE, à intérieur ordinairement jaune, très grosse et trcs sucrée, mais d'une difficile conservation; originaire d'Espagne, elle est fort recherchée, surtout en Américjue.

Variétés blanches :

La C. BLANCHE LONGUE Ordinaire :

La C. BLANCHE demi-longue;

La C. grosse blanche de Breteuil , très grosse, demi-courte, conique ou en toupie, de couleur citrine extérieurement, et d'une longue conservation :

o.\iiiKi,i,ii.'ÈnES. 257

La C. iiLANCHE DES VosGES, cL'uue couleur variable du Liane au jaunecitron , demi-courte, très nette, gifosse, à l'ano pou développée et très productive; de qualité excellente, elle est douce, tendre, très sucrée, et se conserve très lieu; elle a été recommandée par M. do Dombasle qui, rlans un Mémoire publié en 18i2, en a fait connaître les avantages ;

La C. HLANCHE a collet veut, très grosse et très longue, presque cylindrique, avec collet vert s'élevant toujours hors de terre, et d'une grande vigueur; importée des Pays-Bas, en 1825, par Vilmorin, cette variété, fort estimée, et l'une des plus productives de toutes les races connues, convient surtout pour les terrains de peu de fonds ; de qualité excellente d'ailleurs, c'est l'une des plus propres à la culture fourragère.

Toutes ces variétés jouissent de propriétés alimentaires également développées ; les C. rouges, toutefois, ont en général le goût plus relevé que les jaunes et les blanches; celles-ci sont particulièrement estimées par leur douceur et par l'avantage qu'elles offrent de se conserver longtemps.

Longtemps cultivée d'une manière exclusive pour la nourriture de l'homme, dans les jardins potagers, la Carotte a fini par s'introduire, comme espèce fourragère, dans la grande culture, où elle s'étend de plus en plus, à mesure que l'on apprécie mieux l'utilité, pour l'entretien du bétail, des fourrages-racines, parmi lesquels l'espèce qui nous occupe, par l'excellence et l'abondance de ses produits, tient un rang distingué. La culture en grand de la Carotte ne tend que depuis peu à se généraliser en France. Elle est au contraire très ancienne en Belgique, dans la Flandre française et hollandaise, où de temps immémorial cette racine est employée à la nourriture des bestiaux. De ces contrées, où elle paraît avoir d'abord été introduite, cette culture s'est propagée dans plusieurs départements du Nord et de l'Est, dans la Somme, le Pas-de-Calais, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, puis en Lorraine, en Franche-Comté, en Normandie, et dans diverses provinces du Midi. En Angieteri'e, la culture de la Carotte en plein champ remonte à un siècle environ. Le premier essai est dû à la Société d'encouragement pour les arts, établie à Londres, et qui, en 1764, fit publier un mémoire de M. Billing, fermier à Weashenam, comté de Norfollc , qui avait commencé l'année précédente ses ensemencements ; ce mémoire, souvent reproduit , renferme d'excellentes considérations utiles encore à consulter aujourd'hui. A. Young mentionna pilus tard la Carotte comme étant cultivée dans les terres sableuses de la partie Est de Suffolk, où elle avait été vraisemblablement importée des côtes voisines de la Belgique et de la Hollande. Aujourd'hui la culture de la Carotte est devenue presque générale en Angleterre, surtout depuis la maladie des pommes de terre, qui a contribué à la faire entrer de plus en plus dans l'alimentation de l'homme et des animaux.

Toutes les races de Carotte pourraient indistinctement être cultivées pour les animaux , mais on préfère généralement , pour les cultures fourragères, les variétés blanches et jaunes, et notamment la Carotte blanche à

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collet vcii, anjoiiriVliui la plus n''paii(liii' ; xirniicnl l'iisiiilc la ('(irnllc hhnirln' de Dreteuil, Irt's appropriée aussi à la grande ciiUure, et la C. blanche des Vosges. On cultive cncoi'e comme racines-fourrages, la C. jaune d'Achicourt, la C. rouge à collet vert, la C. rouge d'AUringham, la C. rouage pâle, qui était préférée en Angleterre avant l'introduction de la Carotte blanche à collet vert, cultivée spécialement en Flandre; la C. rouge demi-longue, avantageuse dans la grande culture à cause de sa grande précocité. On pourrait enfin utiliser, de la même manière, dit Vilmorin, la variété obtenue par la culture de l'espèce sauvage. Les autres variétés, en général plus savoureuses, sont plus sxiécialement réservées à la culture potagère.

Culture de la Carotte.

Choix et préparation du terrain. — Une terre douce, franche, sablonneuse, profonde, substantielle, ni trop calcaire, ni trop argileuse et bien ameublie, est celle qui convient le mieux pour la culture de la Carotte. Elle craint les sols pierreux, graveleux, non homogènes, où la racine se corde, se bifurque ; sur les sols minces , gisant sur des sous-sols rocheux , tels que ceux de la formation oolithique, les Carottes ne peuvent être cultivées avec beaucoup de succès ; les racines deviennent crochues et sont difficiles à arracher de terre, parce que leurs racines poussent des filets dans les interstices de la roche.

En Angleterre, on choisit de préférence, pour cette culture, les sols profonds et sableux dits loams, sur lesquels les frais de culture et d'arrachage sont toujours moins élevés que pour un sol plus compacte. Quelquefois , mais plus rarement et jamais dans de grandes étendues, on cultive cette racine sur des sols tourbeux, assainis et amendés.

L'essentiel, dans tous les cas, pour obtenir une bonne récolte de carottes, c'est une parfaite pulvérisation du sol, l'enlèvement des mauvaises herbes et des eaux stagnantes. Sur des terres bien travaillées , la Carotte peut être cultivée sans qu'on ait à s'inquiéter beaucoup de la composition de la terre ; seulement on ne doit pas oubher que la dépense de culture est accrue en proportion de sa ténacité, et que la récolte peut être enlevée aisément d'un loam sableux libre, sans faire tort au sol par les charriages ; tandis que dans une saison humide, une terre un peu argileuse souffre des charrois, tandis que les racines elles-mêmes sont emmagasinées dans de mauvaises conditions, à cause de la terre qu'elles emportent avec elles.

Lorsque l'on doit semer sur un champ de trèfle ou de ray-grass , il importe de labourer le plus tôt que l'on peut , de manière à permettre au froid, à la neige, de bien diviser le sol, et de le rendre plus propre à recevoir la graine ; précaution d'autant plus nécessaire que la terre est plus dure, plus tenace. Après une culture sarclée, qui nettoie et ameubht le sol , on peut retarder le labour.

Ensemencement. — L'époque, pour les semis de la Carotte, est très varia-

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ble, suivant les localités et les conditions de la culture; ou sème ainsi depuis février jusqvi'en mai et même en juillet. I';ii semant de lionne heure, la lenteur de la première phase de végétation de la graine laisse au sol le temps de se couvrir de mauvaises herbes ; mais si l'on attend une époque trop tardive, les racines atteignent difficilement toute leur cz'oissance ; d'où l'avantage, en définitive, surtout si l'on a un sol bien préparé, de semer avant que la saison soit avancée, même sur la neige, comme on l'a conseillé. Dans le Midi, en général, on sème plus tard que dans lo Nord, pour éviter que la plante monte en graine; si l'on met la Carotte eu culture d('i'obée , dans le blé ou toute autre céréale qui retient sa végétation, on peut semer plus tôt, en février, par exemple.

Le semis se fait à la volée ou en lignes: La méthode à la volée, généralement adoptée jadis, et pratiquée encore par beaucoup de cultivateurs, e.vige 5 à 7 kilog. de graines. Avant de les répandre, on aura soin de bien faire sécher ces graines au soleil et de les frotter entre les mains pour enlever les aiguillons qui les garnissent à l'extérieur et les font adhérer ensemble par paquets. La graine préparée de la sorte et passée par un tamis fin qui la dépouille de tout ce qui est inutile, est mêlée, aux deux tiers environ de son volume, avec du sable fin ou des cendres, qui facilitent sa dissémination et assurent la régularité de sa distribution par la main du semeur.

Le semis en lignes, qui a l'avantage de faciliter le sarclage et les autres façons ultérieures, tend, par cette raison, à se substituer de plus en plus au semis à la volée. Il peut se faii-e aussi à la main ; on trace des sillons distants de 40 ou 50 centimètres, et on répand les graines de façon à ce qu'elles se trouvent, dans les sillons, à 3 ou 4 centimètres au moins les unes des autres. Il ne faut pas que ces graines soient déposées trop profondément ; si le sillon est petit, on les répand au fond, mais il vaut mieux les placer au sommet de deux billons rapprochés. Dans le fond du sillon , quand celui-ci est large, elle naîtrait tout aussi bien, mais elle ne trouverait pas la terre meuble nécessaire au complet développement de la racine.

Si le vent soufEle au moment du semis, il faut tenir très près de tei're la main qui projette les graines. On peut se servir d'une bouteille dont le bouchon soit traversé par un très fort tuyau de plume ou un petit tube de fer blanc ou de verre d'environ 6 millimètres de diamètre intérieur. On règle la sortie en mettant dans le bouchon des tubes de diamètres variables.

L'ensemencement au moyen des semoirs mécaniques serait préférable aux semis ;\ la main, sans les aiguillons qui garnissent la graine et la rendent peu coulante ; on peut cependant en assurer une régulière distribution, de môme que pour les semis à la volée, en mêlant les graines avec de la cendre de bois, du sable sec ou du poussier de charbon. Les semoirs mécaniques employés pour les blés peuvent, dans ces conditions, servir- à l'ensemencement des carottes ; on mêle alors, aux 4 ou 6 kilog. de graines semées par hectare, de 180 à 260 litres de ces mêmes substances pulvérulentes.

260 OMDF.I.LIiïKUr.S.

Un liti'i' ilo gniinos posani, environ 250 grammes, les poiils inilii[ui''s ci-dessus peuvent èlre Iradnil.s pai- Kià 2'i litres par hectare. On pourrait en meltre environ un quart de uioins sans danger; mais les graines levant (jueli[ueruis dilTioilcment ou étant dévorées par les insectes, il vaut mieux adopter les chiffres Ci-dessus et semer un peu épais, sauf à arracher, eu hinaiit, les pieds trop serrés.

Cela dépend, du reste, de la qualité des graines, de l'état du terrain et (le riuunidité du climat; 3 kilog. de graines représentent la quantité la plus petite qu'on puisse semer avec l'espoir d'une bonne récolte.

Dans tous les cas, les semis faits avec la graine de l'année étant sujets à monter, on choisira de préférence la graine de deux ans.

Si l'on voulait avancer de quelques jours la germination de ces graines, on les mêlerait avec du sable humide et on les placerait dans un lieu chaud, une étuve, une serre chaude, un lieu sec quelconque, si l'on n'était ijas pressé de semer. La méthode suivante est aussi employée avec succès : environ huit ou neuf jours avant l'ensemencement, la graine est placée dans un sac et trempée dans l'eau pendant quarante-huit heures ; elle est alors enlevée et répandite sur le plancher, en couches de 23 à 25 centimètres d'épaisseur, suivant la chaleur de la saison, et ayant soin que les graines ne s'échauffent pas trop ; au bout de six ou sept jours, les graines commencent à germer, et il est alors temps de les mettre en terre au moyen du semoir mécanique.

Quelque procédé d'ensemencement que l'on suive, il faut toujours, avant de répandre la graine, bien ameublir le sol avec la herse et le rouleau, et enfouir la graine le moins possible. Quand elle a été déposée, si on a semé à la volée, on l'enterre au moyen d'un léger hersage, suivi d'un roulage qui concentre l'humidité dans le sol. Quand on a semé en lignes, on se borne à affaisser la crête des billons en passant le rouleau en travers des lignes ; un râteau, au besoin, peut suffire.

Avant d'ensemencer , il faut encore préparer le sol par une bonne fumure. Le fumier riche et bien consommé devra toujours en ce cas être préféi'é au fumier frais, qui peut contenir de mauvaises graines. Si l'on doit appliquer des engrais artificiels pulvérulents, il convient également de les répandre à la volée avant le semis des graines. La suie et le sel marin sont les engrais les plus propices à la culture de la Carotte ; il faut appliquer de 7 à 9 hectolitres de sel et de 18 à 27 hectolitres de suie par hectare. Le guano a été aussi employé avec succès ; le charbon de bois ou de tourbe peut hâter la germination des semences en attirant l'humidité ; l'effet du sel marin et de la suie peut être en partie attribué à la môme cause.

Soins de culture. — Ce que réclame d'abord la Carotte lorsqu'elle a germé, est le sarclage, que l'on opère dès que la plante est assez forte pour être distinguée sûrement des mauvaises herbes et surtout des autres Ombellifères qui croissent naturellement dans les champs. Dans les contrées

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humides, les plants de carottes soi'teiit de terre au bout de vingt jours environ; dans les climats secs, ils lie "sortent qu'après quatre à cinq semaines. Quoi qu'il en soit, dès qu'ils ont aLteinl 8 à 10 centimètres, on commence les binages, avec la liouo, en choisissant un temps sec, et eu se hâtant do manière à finir avant la pluie.

Ce premier sarclage ne l'ait ]iuint suull'rir lus jeunes carotles, bien qu'elles se trouvent couvertes de terre après l'opération. Quelques jours après qu'il a été pratiqué, toujours par un temps sec, on passe la herse sur les semis pour ameublir et rafraîchir la terre, arracher et empêcher de reparaître les mauvaises herbes qui tendraient à repousser. Un peu plus tard, quand les pieds atteignent 15 centimètres, si le champ n'est pas bien net et qu'il y ait encore de mauvaises herbes , on donne une seconde façon à la houe et ou achève, s'il y a lieu, en faisant de nouveau passer la lierse, de manière à détruii-e comxîlètement les espèces parasites. De là, un ulfet, dépend tout le succès de cette culture, que l'on n'assure, par suite, qu'à l'aide de sarclages et de binages pratiqués en tout temps et avec le plus grand soin.

Quand les carottes ont été ensemencées à la volée, on emploie, pour la première opération, des binettes dont la largeur n'excède pas 10 centimètres, sauf à arracher à la main les mauvaises herbes trop épaisses ou qui se trouvent trop près des carottes. On peut à ce moment commencer à éclair- (îir, en espaçant les racines à 15 ou 20 centimètres. Ordinairement on ne procède à l'éclaircissage qu'au second binage ; mais il y a tout avantage, au point de vue de l'importance des produits, à éclaircir de bonne heure et à répéter l'opération un peu plus tard. On se sert alors d'un instrument plus large, et on espace les plants à 20, 30 ou 40 centimètres, suivant les terrains. Cela fait, un ou deux binages sont encore nécessaires; on les donne aussitôt que les circonstances l'exigent.

Quand on a semé en lignes, les sarclages et binages sont plus faciles et plus économiques, et, à la dernière façon, on peut chausser commodément chaque rang de plantes. On se sert, en ce cas, si l'écartement des sillons est moindre de 40 centimètres, de la houe à main, surtout de la houe hollandaise ordinaire qui est maniée facilement et avec rapidité dans les sols légers; si l'écartement des lignes dépasse 40 centimètres, la houe à cheval est employée avec avantage, surtout dans les terrains limoneux compactes. Dès le second binage à la houe, on espace les carottes sur les lignes à 20 ou 30 centimètres, plutôt moins que plus, car si le poids des racines diminue, leur nombre sera plus grand et leur qualité meilleure. On aura soin, d'ailleurs, de laisser toujours les plants les plus forts.

Ordinairement cultivée seule, la Carotte, très souvent aussi, est semée sur des champs déjà ensemencés avec d'autres plantes, avoine, orge, seigle, blé, lin, fèves, choux, etc. Ce mélange donne à peu de frais, dans la même année, sur des champs fertiles et bien préparés, une seconde récolte, dite

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