‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 44 sur 138 · U.\IIIELL11''KUKS · texte numérisé non relu

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culture dérobée, aujourd'hui eu usage, et avec iufininicnl d'avantages, dans beaucoup do localités. Ainsi, en Angleterre, où le climat est très favorable à la croissance des mauvaises lierbcs, on sème fré(inenmient avec la Carotte une petite quantité d'avoine, d'orge, de moutarde ou de navcts-turneps ; ces plantes paraissent hors terre plus tôt que les carottes et mar(|uent les lignes, de façon que les binages à la houe à cbeval et à la main peuvent être faits beaucoup plus tôt; mais cela est nécessaire seulement dans les sols où les espèces nuisibles sont très abondantes. Quelquefois, la carotte est semée avec des graines de printemps, ou bien sur des seigles et froments en herbes, après un hersage.

Dans les Vosges, on répand les graines dans les seigles, avant la maturité de ceux-ci, et aussitôt la récolte de la céréale assurée, on arrache les éteules comme si l'on sarclait. Les carottes prennent alors un grand développement et peuvent être récoltées avant la fin de l'année. Cette méthode exige un sol convenable; s'il est peu riche, il ne produit rien; s'il l'est trop, la plante est étouffée, ce qui arrive surtout quand on la sème sur du froment, que l'on fauche plus tard que le seigle. Sur les terres sèches du Midi, où la Carotte pousse moins activement, cet inconvénient n'est pas à redouter, et la Carotte peut être semée avec un grand avantage sur le blé en culture dérobée, ainsi que l'a constaté M. J. d'Holier, près de Villefrauclie (Haute- Garonne). Cet habile agriculteur sème la Carotte du 1 5 février au 1" mars dans les blés préalablement fumés, en choisissant autant que possible un terrain frais et humide ; quand vient le moment de couper le blé, c'est à peine si l'on aperçoit les jeunes pieds de Carotte; mais s'il survient une pluie après la moisson, ils ne tardent pas à verdir et à se développer. A ce moment il fait donner une façon, un sarclage à la main, avec éclaircissage du plant. Il n'est besoin de biner qu'autant que la plante est envahie par les mauvaises herbes. Après le premier sarclage, M. d'Holier fait répandre sur la Carotte une légère couche de fumier d'étable en couverture, qui préserve la plante des rayons du soleil et lui conserve l'humidité du sol nécessaire à son développement. Le même agriculteur recommande encore expressément une précaution négligée par beaucoup de propriétaires, c'est de ne pas laisser pâturer le champ par le bétail, dont la dent meurtrière peut totalement anéantir la récolte.

Dans beaucoup de localités, on sème en même temps la Carotte et le Lin ; ces deux plantes paraissent avoir l'une pour l'autre une mutuelle sympathie; le Lin abrite les jeunes carottes contre la sécheresse et son arrachage ameublit ensuite la terre autour de celles-ci, qui en profitent. Cette méthode est notamment suivie dans les Vosges, dans la Flandre, où l'on réserve spécialement à ce mélange la variété de mars, que l'on répand sur des champs de seigle ou de lin, la variété de mai étant cultivée seule et répandue sur la terre nue.

On mêle encore quelquefois la Carotte au panais, ou bien à des choux, que l'on plante dans les intervalles des lignes. Dans tous les cas, quand on

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La Carotte est exposée à plusieurs ennemis; le plus dangereux est le hanneton, qui la, cerne tout autour et cause sa ruine; la larve de cet insecte, ou ver-])iauc, uo lui est pas moins redoutable. La Carotte a aussi à craindre beaucoup la courtiliore, qui, lorsque la racine est encore mince, la partage en deux avec la scie qui arme chacune de ses pattes de dijvaut. Citons encore la limace, qui l'ait parfois do grands ravages dans les plants de Carotte. Des soins do culture réguliers, joints à une surveillance attentive, sont le plus sûr moyen de préserver cette racine des ravages des uns et des autres de ces parasites.

Récolte. Conservation. Produits. — Les carottes ne prenant leur entier développement que de septembre à décembre, et craignant moins d'ailleurs que les autres racines les petites gelées d'automne, c'est ordinairement vers la fin de novembre ou en décembre qu'on procède à leur arrachage. Comme elles ne sont réellement altérées que par un froid de 7 à 8", plusieurs auteurs ont même conseillé de les laisser en terre durant tout l'hiver, et de ne les en tirer qu'à mesure des besoins. Il est hors de doute que si le climat ne présente pas des alternatives trop brusques de fortes gelées et de dégels, les carottes peuvent ainsi se conserver parfaitement ; mais c'est une pratique qui présente de nombreux inconvénients : d'abord le sol n'est pas débarrassé assez tôt ; ensuite, pendant les gelées, il est impossible d'arracher les carottes ; puis en temps humide, en arrachant les racines, on détériore le sol par le piétinement ; il faut ajouter à cela que les racines arrachées pendant l'hiver sont dans de très mauvaises conditions, et que, enfin, lorsque les carottes restent en terre trop longtemps, elles émettent un certain nombre de radicelles latérales, lesquelles, non-seulement épuisent inutilement le sol, mais en outre rendent l'arrachage tardif beaucoup plus difficile.

Il est donc toujours préférable de les retirer du sol et de les emmagasiner avant le mauvais temps, sans anticiper toutefois sur le moment fixé. En principe, on doit choisir un temps sec pour l'arrachage, et il vaut mieux commencer cette opération un peu trop tôt ou la différer quelque peu que de l'elfectuer pendant un temps humide ou pendant la gelée; car, bien que les carottes résistent, dans le sol, à une forte gelée, elles sont détériorées par une faible gelée, une fois hors de terre.

Les carottes sont arrachées à la main ou avec un outil à main. Billing recommandait, pour cette opération, l'emploi d'une fourche à quatre branches; un homme, avec cet instrument, ouvre la terre à 15 ou 20 centimètres sans endommager les racines ; il est suivi par un enfant qui ramasse celles-ci et les met en tas. En terre sablonneuse, la fourche doit être assez légère pour pouvoir être manœuvrée d'une main, l'autre main étant apphquée aux fanes des carottes pour aider à les arracher du sol. Un petit instrument, en forme de cuiller, est aussi employé, en Angleterre, dans le même but que la four-

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