‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 45 sur 138 · Ù.MDELI.IFKRIÎS · texte numérisé non relu

Ù.MDELI.IFKRIÎS

che, cl convient également liien, et, sur ((U('l(ni(;.s sols, mieux niôme que oc (leiuier instrument.

Les carottes arrachées, on enlève les l'enilles, ce f[ui doit être fait sans blesser les racines, car les plaies les font pourrir on dessécher. Quelques cultivateurs cependant, d'après V. Yvart, recommandent, en ^■ue de prévenir toute végétation ultérieure, d'enlever avec les feuilles une tranche mince de la partie supérieure du collet ; d'autres préfèrent couper les feuilles au ras de la racine, sans entamer celles-ci , pensant que si les rejetons doivent la priver d'une partie de ses qualités, il est toujours possible, si les tas sont surveillés et découverts au printemps, de les retrancher avant qu'ils aient fait quelque mal grave, et que le mieux, dans tous les cas, est de détériorer les racines le moins que l'on peut.

Pour faciliter l'opération , à mesure qu'on arrache les racines , on les couche en longues rangées, le long desquelles passent les femmes et les enfants qui coupent les feuilles ; on tient ces rangs suffisamment espacés pour permettre le passage d'un chariot, de manière à ce qu'il ne puisse fouler ni les racines ni les feuilles.

Les carottes ainsi préparées doivent rester quelques heures dans le champ avant d'être déposées dans le lieu on on les conserve. Cette conservation est difficile, les carottes craignant la gelée, et étant exposées à s'échauffer et à pourrir quand elles sont mises en tas. On les emmagasine quelquefois dans le champ même oîi elles ont été récoltées ; ou bien, si l'on peut disposer d'un terrain sain et sec, dans une fosse ou dans des tranchées, que l'on recouvre de feuilles ; ou mieux encore, dans un local spécial rapproché de la ferme ; on aura soin, dans tous les cas, de ne point les entasser avant qu'elles ne soient parfaitement sèches.

En Angleterre, dans le SufTolk, pour éviter réchauffement, on les dispose, sur le sol, entas allongés, mais très étroits, ayant environ 1 mètre de largeur et 75 centimètres de haut; ils sont couverts d'abord de paille, et ensuite avec la terre enlevée des côtés du tas ; pour faciliter l'aération , on dispose la paille de manière à ce qu'elle dépasse le sommet. De ces tas, les carottes peuvent être enlevées en bonne condition, au fur et à mesure des besoins. Au printemps, les tas de carottes qui ne sont pas consommés doivent être visités, les racines gâtées mises de côté, et les rejets enlevés des racines saines ; après quoi les racines sont empilées en tas pareils aux premiers, mais seulement couverts de paille.

Une autre méthode d'emmagasiner les carottes, consiste à les entasser entre des claies garnies de paille, ou contre un tas de paille ; mais, dans les hivers rigoureux, ce mode ne les protège pas assez contre les gelées.

Le moyen de ventilation suivant a été employé avec succès par M. Bailly. On fait creuser une fosse de 35 centimètres de profondeur, d'une longueur et d'une largeur en proportion avec la quantité de racines à serrer. On la remplit d'abord jusqu'au niveau du sol; puis le tas étant bien égalisé, on place

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au milieu et dans le sens de la longueur une cspocc de prisme triangulaire, formé do perclics de 5 h G ccntirniMres do ilianuHro, unies par des lattes do 30 à 35 contimi'tres, et oJl'rant entre elles environ 3 eentinirtres d'intervalle. Cet appareil fait office de ventilateur et doit êti'c assez Ion;,' pom- cciiiilnirf; l'air d'un bout à l'autre du tas. De 4 en \ mètres, on place, en corres]iondance avec le ventdateur, une cheminée verticale construite de la même manière, mais à quatre faces, et assez haut pour arriver jusqu'au sommet du tas, lorsque celui-ci sera recouvert de terre. Cela fait, on met les racines en tas, on les recouvre d'une couche de 6 centimètres de paille, ensuite d'une couche de terre de 50 centimètres au moins, bien unie, battue à la pelle, et fournie par un fossé que l'on creuse tout autour do la première fosse, et auquel on donne de l'écoulement afin que les eaux n'y séjournent pas. On laisse ouvertes toutes les issues du ventilateur et des cheminées, à moins que le froid n'excède 2 ou 3", ou que la chaleur, au contraire, ne commence à se faire sentir, une haute température, dit M. Bailly, étant aussi nuisible à la conservation des carottes que le grand froid. Par ce moyen, les carottes peuvent être conservées en bon état jusqu'au mois de mai.

On a conseillé encore, pour préserver la Carotte de la gelée, de la placer dans des celliers où l'on entretient quelques vases pleins d'eau. Tous les jours on enlève la glace, et les racines, de la sorte, ne gèlent jamais. L'efficacité de ce procédé s'explique par le dégagement de la chaleur latente de l'eau, lors de son passage de l'état liquide à l'état solide, et qui suffit pour préserver l'air ambiant d'un trop fort abaissement de températm'e.

Quelque procédé qu'on ait employé, les carottes se gardent facilement intactes jusqu'au mois d'avril ou de mai. De toutes les racines communément cultivées, ce sont celles qui se conservent le mieux, et que l'on fait toujours, par cela même, consommer les dernières.

La Carotte est une des espèces fourragères les plus productives que l'on possède. Son rendement, par hectare, s'élève, suivant la nature des terrains, de 30 à 50 mille kil. Thaer estimait son produit moyen cà 36,000 Idl. D'après Schwerz, 1 hectare produit 35,000 Ivilog., qui représentent 4,550 kilog. de matière sèche; dans les meilleures conditions, on peut arriver à 40,800 kilog. M. de Dombasle porte ce rendement à 925 hectolitres; or, le poids de 1 hectoHtre étant de 54 kilog., cela fait en total un poids d'environ 50,000 kilog. M. Colombel dit même avoir obtenu de la Carotte blanche à collet vert 980 hectolitres, ce qui ferait à peu près 53,000 kilog. Ce chiffre paraît être le maximum auquel on puisse arriver, dans les meilleures terres, et avec un degré d'humidité convenable. Dans le Midi , sur les terres sèches ou médiocres, on ne dépasse guère 20,000 kilog. La Carotte blanche des Vosges, sous ce rapport, est supérieure à la Carotte à collet vert, surtout dans les terres peu fertiles ; en bon sol, elle arrive facilement à 40,000 kilog.

Récolte de la graine. — Quand on veut obtenir de la bonne graine de Carotte, il faut d'abord mettre de côté les plus grosses racines, les plus colo-

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