BERLE A LARGES FEUILLES. — S. LA TIFOLIUM L
Nom vulgaire. — Ache d'eau.
Fleurs blanches, en ombelles grandes à rayons nombreux. — Involucre à 5.6 folioles inégales. — Feuilles inférieures très grandes, h pétiole fistuleus , en 9.11 segments oblougs, opposés, dentés; les supérieures sessiles. — Tige dressée, sillonnée, génieulée. — Racine stolonifère. — Taille de 8 à 16 décimètres. — Vivaee.
Cette espèce, fort commune dans toute la France, ne vient que dans les terrains humides, au bord des ruisseaux et des eaux courantes, dans les fossés, qu'elle remplit quelquefois entièrement. Elle est mangée par les bestiaux, notamment les cochons et les vaches, dont quelques-uns semblent la rechercher avidement; ainsi Bosc rapporte avoir vu des vaches aimant tellement celte plante qu'elles couraient, dès qu'elles étaient libres, vers une fontaine où elle végétait. Mais cette alimentation a l'inconvénient de communiquer au lait un mauvais goût. La plante, d'ailleurs, n'est pas sans offrir quelques dangers pour l'animal lui-môme. On lit , par exemple, dans les Mémoires de l'Académie de Suède, pour 1740, que des paysans, qui faisaient manger la racine de la Berle à leurs bestiaux pour les préserver d'une
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maladie contagieuse, n'en observèrent aucun clYnl, l,;i)it ipTils ii'criijiloyi'Tuiil cette racine (juo tondre et cueillie avanl, le milioii di; jnin ; iii;ns (|iu! l'ayant donnée au mois d'août, les animaux suèrent oxtraordiiiairnnient, se jetèrent par terre, étendant les membres, frappant de la I6te sur le sol ; rjue ces symptômes se renouvelèrent h plusieurs reprises, et que quelques bétes y succombèrent; qu'un enfant qui mangea de cette racine présenta aussi les symptômes les plus graves et ne guérit qu'en prenant beaucoup de lait.
De ces faits il résulte que la Bcrle est une plante nuisible qu'il ne faut point donner aux animaux. Bien que quelques auteurs la recommandent contre certaines de leurs maladies, il convient de s'en méfier comme de toutes les ombellifères qui vivent dans les lieux humides.
Berle chervi, s. sisarum L.
Chsni, Cheruis, Chironis, Girole.
Fouilles supérieures à 3 segments. Racine tubéreuse, fasciculée , fusiforme. Taille de G !i 8 déoimctres. Vivace.
Cette espèce, originaire do la Chine et des autres contrées do l'extrcme Orient, est, depuis un temps illimité, cultivée on Europe pour sa racine, qui est très sucrée et que l'on mange comme les scorsonères. On la sème au printemps et en automne, et on récolte cette racine tout l'hiver.
Genre BERULE. — BERULA Koch.
Calice à 5 dents, petites, aiguës ; — corolle b. pétales émarginés ; — fniit petit, glabre, à akènes séparés; eolumelle adhérente aux akènes, bipartite; — feuilles pinuatiséquées.
Une seule espèce indigène.
Berule a feuilles étroites, B. angustifolia Koch.; Simn angustifoUum L.
Fleurs blanches. Feuilles luisantes, les inférieures très grandes, k long pétiole fistuleux, à 9.15 segments dentés en soie, les supérieures sessiles. Racine stolouifère. Taille de 6 MO décimètres. Vivaco.
Commune dans les lieux aquatiques, les fossés, au bord des ruisseaux de toute la France, cette espèce partage les mauvaises propriétés de la Berle h, larges feuilles.
Genre BOUGAGE. — PIMPINELLA L.
Fleurs blanches, en ombelles pencbées avant la floraison; — calice entier; — corolle à pétales émarginés; — involucre Qt involucelle nuls ; — feuilles pinuatiséquées, à 5.9 segments.
Genre comprenant un petit nombre d'espèces, dont quelques-unes assez communes pourraient figurer parmi les plantes fourragères.
BoucAGE SAXIFRAGE, P. saxifi'aga L.
Petit Boucagc, petit Bouquetin, Pieil-cle-bouc, petit Persil de bouc, Pied-de-chèrre. Boucage jiimprenelle, petite Pimpinellc, petite Sajifrage.
Fleurs en ombelles h 9.15 rayons. Fruit ovoïde, petit. Feuilles inférieures à segments arrondis, obtus, dentés ou iucisés, les supérieures à segments linéaires, ordinairement réduites au pétiole. Tige ari'oudie, presque nue. Taille de 3 à 5 décimètres. Yivace.
300 OMDELLIFÈRES.
Coite osiH'oo, commune dnns toute la Franco, vient sur les lieux (ilevés, les coteaux incultes, dans les pàtui-ngos S6cs, où elle est fort rocliercliûe des bestiaux. Elle est forme, sapido, pou aqueuse, et constitue un fourrage d'assez bonne qualité, dont tous les bestiaux se montrent avides. Sa graine mPme peut être donnée .a\ix cbevaux en place d'avoine, quand ils ont peu do tra\ail îi faire. M. Roques l'a conseillée pour faire des prairies artificielles. Le mérite principal de cette plante est de pouvoir prospérer dans les terres les plus arides, et do résister parfaitement aux excès de température. M. H. Lecoq dit l'avoir vu végéter dans des sables volcaniques où aucun autre végétal n'aurait pu se montrer ; elle y vit par ses racines profondes qui s'implantent dans les fissures des rochers, et y puisent les sucs dont elle se nourrit. C'est de la sorte qu'elle peut résister à la chaleur et ii la séclieresse réunies, conserver toute l'année sa fraîebour et fournir par ses feuilles, qui repoussent promptcment api-fes avoir été broutées, une pâture en quelque sorte continue. Bosc a donc pu, avec i-aison, conseiller d'en faire des prairies artificielles dans les tei'rains calcaires arides, tels que les coteaux crayeux de la Champagne. .Sans doute, elle ne donne qu'un fourrage peu abondant ; mais dans des lieux où rien ne peut pousser et avec la facilité qu'elle a de se reproduire, elle constitue une de ces précieuses ressources qui ne sont jamais h négliger.
BoucAGE A GR.ANDES FEUIX.LES, P. magna L.
Grand Boucage, grand Bouquetin, grand Persil de bouc, grande Pimpinelle, Pimpinelle blanche,
grande Saiifrage.
Fleurs quelquefois roses, à rayons grêles. Fruit ovoïde, glabre. Feuilles luisantes en dessus, rudes sur les bords, les inférieures grandes, pétiolées, à segments ovales, aigus, dentés ou incisés; les supérieures plus petites, sessiles. Tige feuiUée, dressée^ anguleuse. Tb,ille très variable, de 2 }i 15 décimètres. Vivace, Floraison au printemps.
Cette espèce est, comme la précédente, répandue dans toute la France; mais elle vient surtout dans les liens humides et couverts, au fond des vallons, sur les bords des bois et des ruisseaux. Elle offre de nombreuses variations : dans sa t.aille, quelquefois très petite, et qui peut dépasser 1 mètre; dans ses feuilles, plus ou moins amples; dans ses fleurs, qui sont blanches, roses ou purpurines. Très précoce, elle vient vite, et, gr.îce à ses longues racines, repousse promptement après avoir été coupée ; elle résiste parfaitement aux longues sécheresses, dure longtemps et donne un fourrage abondant, excellent poiir les bêtes à cornes, bien que moins fin que celui de la petite Pimpinelle, et qui a, de plus, l'inconvénient de durcir de bonne heure. Par la culture, la grande Pimpinelle pourrait devenir une bonne plante fouri-agère qui réussirait partout, soit qu'on la semât seule, soit qu'on l'associât à des graminées à hautes tiges, et dont on ferait sans doute, également, d'excellents pâturages. — Sa racine, nn peu acre et excitante, et provoquant la salivation, a été quelquefois employée en médecine comme diurétique.
Au même genre appartiennent :
Le P. peregrina L., fruit poilu, feuilles d'un vert pâle, les inférieures eu cœur; taille de 5 à 10 décimètres, bisannuelle et fieurissant au printemps; espèce commune sur les collines pierreuses des bords de la Méditerranée ;
Le P. tragium Vill., fruit tomenteux, feuilles un peu coriaces, les supérieures réduites a des pétioles s'imbriquant sur la tige; taille de 1 à 3 décimètres, vivace; vient sur les rochers calcaires de la Provence et du D.auphiné ;
Le P. anisum L., fruit tomenteux, feuilles inférieures tritides, tige de 6 à 10 décimètres, annuelle ; espèce originaire d'Egypte, depuis longtemps cultivée dans plusieurs cantons du midi de laî'rance, pour son fruit, V Anis, employé en pharmacie, ainsi que par les confiseurs et liquoristes.
Genre AMMI. — AMMI L.
Fleurs blanches; — calice entier; — corolle il pétales éehancrés, avec deux lobes inégaux et un intermédiaire infléchi; — intolucre h folioles linéaires, incisées, étalées; — frvit ohlong, à
fl.MIlHIJ.IFKllIiS. iiOl
eûtes liliformos et Raillantos, avec vall('^ciilc5 ii 1 liamlelette ; columellc libre, liiimrtite ; — feuilles liinimtiaéiiiiécs.
lioiilorinn un [n'X'd iiomlirn d'osprtîos , loiit(!s ainiiiollos ot sans omjiloi dans l'induslriu rurale, sinon connue jjlanles aronialiqncs.
Ammi visnague, a. visnaga Lm.
Jïarbe aux curc-dcnts.
Fleurs on ombelles à rayons fortement connivents à la maturiti; , sur un réceptacle il la lin dilaté. Feuilles nombreuses, 2.3 fois divisées en segments linéaires entiers, canaliculés. Taille de 2 à 9 décimfctres.
Vient au bord des champs dans les provinces méridionales.
Ammi commun, A. majus L.
Ombelles h rayons non convergents, réceptacle non épaissi. Feuilles trùs variables de foi-mo, 1.2 fois divisées, les inféi-ieures à' segments larges; les supérieures à segments linéaires ou ovales. Taille de 4 à 6 décimètres.
Vient dans les oliamps stériles, parmi les blés et les vignes dans le Midi et l'Ouest, et dans les champs de luzerne vers les régions du Nord et de l'Est.
Se range, près de cette espèce, l'.l. glaucifolium L., Ji feuilles glauques, toutes .3 fois divisées, .avec les dernières divisions linéaires, eutièr'es ou à 2 dents. Se montre sur les coteaux pierreux du Midi.
Genre BUNION. — BUNIUM L.
Calice entier; — corolle à pétales obovés, émargiués, avec un lobule infléchi; — fiuit a eûtes filiformes et valléoules h 1 bandelette; columelle libre, bifide; — racine tubéreuse, charnue; — feuilles pinnatiséquées.
Genre ne renfermant que deux espèces indigènes, l'une et l'autre vivaces.
BuNioN NOIX DE TERRE, B. hulbocastanum L.
Châtaigne de terre, Terrenoix.
Fleurs blanchos, en ombelles à 12.16 rayons inégaux. Involucre et involucelle à plusieurs folioles inégales, plus ou moins Larges. Feuilles 2 fois .ailées, à segiuents liué.aires , les r.adicale» triangulaires dans leur pourtour, pétiolées; les caulinaires toutes sessiles. Tige droite. Eaeine globuleuse. Taille de 2 à 5 décimètres.
Cette espèce, commune dans le Centre, l'Est et le Sud-Est, vient spontanément dans les champs cultivés, calcaires et argileux. Sa racine, d'une saveur agréable, est bonne à manger. Elle est surtout recherchée des porcs.
La seconde espèce du genre est le B. alpinum Waldst et Kit., fleurs quelquefois rougeâtres ; ombelles à 3.7 r.ayons ; feuilles à segments charnus; tige flexueuse à la base. Vient surtout dans les montagnes de la Corse.
Genre CARVl. — CARUM L.
Fleurs stériles au centre de l'ombeUe ; — calice entier; — corolle à pétales émarginés ; — fruit à côtes filiformes, à 1 bandelette; — racins non tubéreuse ; — feuilles pinnatiséquées.
Ce genre, très rapproché du précédent, arec lequel beaucoup d'auteurs le confondent, comprend aussi deux espèces, dont l'une offre une certaine importance économique.
302 OMBELUFÈRES.
Cauvi officinal, C. carvi L.
Cumin des près, Anis des Vosges,
Fleuvs d'un blanc jmmntro, en ombelles ii 8.10 rayons inéganx. Involuoro et involncello nuls ou pancifoliolcs. Fruit ovoïde. Feuilles oblongues dans leur pourtour, 2 fois ailiîcs, à se^nients linùaircs-aigus , les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles. Tige cannelée, rameuse. Racine entière, fusiforme, odorante. Taille de 3 h 6 décimètres. Bisannuelle. Floraison au printemps.
Commune dans tout l'est de la France, venant aussi dans les Pyrénées, et très rare an Nord et au Centre, cette espèce croît surtout dans les prairies des montagnes froides, au bord des bois, où elle est recliercliéo par les moutons et les bêtes il cornes. Facile h dessécher, elle donne un bon foin qu'on peut faire manger h tous les bestiaux. — Elle était cultivée autrefois pour sa racine, qui peut devenir comestible, et que l'on mangeait comme la Carotte et le Panais. Elle était semée à cet effet, à la lin de l'été ou au printemps, puis l'été suivant, sarclée deux ou trois fois; aux premiers froids, on arrachait les racines, et on donnait la fane aux vaches et aux moutons. Cette culture pourrait encore être essayée. — Le Carvi officinal est intéressant^ de plus, par ses semences, très aromatiques, et comprises dans les quatre semences chaudes majeures, utilisées comme excitantes en médecine. C'est l'Anis des pays du Nord; il en a toutes les propriétés et sert aux mêmes usages. Dans les Vosges, on l'emploie pour aromatiser les fromages. Enfin on en tire une huile grasse qu'on pourrait utiliser pour les usages domestiques. La plante est cultivée on grand pour la semence dans quelques parties de l'Allemagne, notamment dans les environs de Halle. Thaer a donné les détails relatifs à cette culture.