‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 74 sur 138 · CAMPANULACÉES · texte numérisé non relu

CAMPANULACÉES

Cami'amjliî haipunce, C. rapuucuUis L.

Fleurs lileiies ou blanches, nombreuses, en panicule très rameuse, serrée, iilloii^;ùo <'orolle ii lobes lancéolés, plus courts que le tube. Fouilles inférieures oWonf;ucs, lépOrenient crénelées, atténuées il h\ base, les supérieures linéaires, décurrentes. Tige simple, dressée, rameuse au sommet, de 5 à 10 déciraùti-es. Racine fusiforme, épaisse, charnue, blanche. — Plante velue.

Plante commuue dans toute la France, venant partout, dans les lietix secs et gi-avoleux, au bord des bois et des chemins, le long des haies et des fossés, dans les vignes, les prairies et les pâturages, et peu recherchée d'ailleurs par les animaux, .'i cause de la dureté qu'elle acquiert. File est surtout utilisée comme plante potagère. A cet effet, on la sème en juin et .juillet , et au printemps suivant, avant le développement de la tige, on en récolte les léuillcs et les racines, qui se mangent en salade.

Campanule a feuilles de pécher , C. persicifolia L.

Fleurs grandes, sur des pédoncules unitlores courts, formant une grappe terminale [leii fournie. Calice glabre. Corolle à lobes arrondis, très courts. Feuilles glabres, luisantes, finement dentées, les inférieures longuement atténuées en pétiole, les supérieures beaucoup plus petites, linéaires. Tige dressée, mince, de 5 Ji 10 décimfetres. Racine grêle, rampante.

Très commune dans toute la France, venant dans les bois taillis et les buissons, sur les coteaux boisés, sur les gazons et dans la plupart des prairies de montagnes, oit elle domine les graminées. Les chevaux et les chèvres la mangent avec plaisir; mais donnant peu de feuilles, elle reste, malgré son développement, insignifiante comme fourragère. — On la cultive quelquefois comme la Raiponce, pour les usages culinaires.

C. subpyrenaica Timb., calice h tube couvert de poils blancs laineux serrés, — prairies de montagnes.

Campanule étalée, C. patula L.

Fleurs très petites, en panicule large, rameuse, étalée. Feuilles pubescentes, crénelées, les radicales obovales, à peine pétiolées, les supérieures très petites, linéîiires. Tiges multiples, dressées, h rameaux grêles, étalés. Racine fibreuse. Taille de 5 à 8 décimètres.

Répandue pai'tout, mais principalement dans tout le Midi, de l'est h l'ouest; venant au pied des montagnes, dans les bois et lieux couverts, le long des haies et des niisseaux, où tous les animaux la mangent volontiers.

C. Cenisia L., plante naine, de 2 à 5 centimètres, — Alpes, Mont-Cenis;

C. pyramidaHs L., fleurs en panicule pyramidale, — cultivée dans les jardins.

Campanule gantelée , C. trachelium L.

Gantelet, GantiUerf Gant de Notre-Dame, Herbe de Notre-Dame, Herbe aux tranchées, Ortie bleue.

Fleurs grandes, de 1 à 3, sur de courts pédoncules, formant une grappe oblougue, feuillée. Calice à dents .aiguës , ciliées. Corolle velue. Feuilles velues , les inférieures grandes, pétiolées, ovales, cordiformes, irrégulièrement dentées. Tige simple on multiple, dressée, robuste. Souche fibreuse, épaisse. Taille de 5 à 10 décimètres. — Plante hérissée.

Espèce aussi fort commune, venant dans toute la France, au milieu des bois, des lieux couverts et herbeux, le long des haies et des ruisseaux, et ne dominant guère dans les prairies, si ce n'est dans celles ombragées. Les bêtes à cornes la mangent, surtout à l'état frais; elles aiment peu ses tiges desséchées, qui sont dures et font un mauvais foin. — Sa racine est mangée quelquefois par l'homme comme la Raiponce.

C. Bononiensis L., fleurs très petites, en grappe spiciforme, — prairies des Alpes;

c. latifolia L., fleurs très grandes, solitaires; -5 à 10 décimètres, — prairies élevées de toTïtes les montagnes.

CAAJPANIILACÉES. 461

Campanule faussé maiponce, C. rapunculoïdes \^.

Fleurs solitiiiros, pendantes, on longue grappe spioiforme, unilatérale, nue. Corolle a lobu» tviaiignlaires-ciliés. Feuilles rudes, liispides, les inférieures longuement pétiolécs, cordifomieslaiioéolées, irréguliiireniont dentées. Tige simple ou multiple, dressée, l'acine stoloniférc, ii rejets nombreux. Taille de 5 à 9 déoimi;tres.

Commune dans toute la France, venant dans les plaines et jusqu'aux sommets les plus élevé» des Alpes, dans les lieux secs et pien-evix, ainsi que dans les bois, les cliampa et les jardins, autour des habitations. Médiocre comme foui'ragère, sa racine est quelquefois aussi utilisée comme celle de la Raiponce.

C. Erinus L., Heurs en panicule irrégulifere; feuilles trfes petites, obovales, obtuses, dentées; tige faible, rameuse dés la base; 1 Ji 3 décimètres, — répandue dans tout le Midi, lieux pierreux, vieux murs, champs, vignes;

C. rhomboïdalis E., fleurs en panicule uuilatéi'ale; tige feuillée au milieu; de 2 ii .9 décimètres, — prés et coteaux de toutes les montagnes; abonde dans les prairies des Alpes;

C. lanceolatu Lap., feuilles imbriquées sur la tige, — dans les Pyrénées.

Campanule a feuilles de lin, C. linifolia Lm.

Fleurs en grappe terminale étroite. Feuilles radicales ovales-cordiformes, dentées, caduques . les supérieures linéaires. Tiges droites, raides. — Plante glabre, de 2 à 4 décimètres.

Répandue sur la plupart des montagnes, mais abondant surtout dans les prairies et pâturages du Cantal , des Alpes et des Pyrénées. Tous les bestiaux la mangent, mais de préférence, paraît-il , à l'état sec, dans le foin, auquel elle se trouve parfois mêlée en grande quantité. Toutefois, vu son faible développement, elle n'est jamais très productive.

C. rotundifolia L., fleurs peu nombreuses; feuilles très petites, les inféi'ieures réniformes crénelées; tiges multiples, courbées-ascendantes, 10 à 2.5 centimètres, — commune dans les lieux incultes, montueux, dans les bois et pâturages de montagnes; trop petite pour être utilisée;

C. Scheuchzeri Vill., fleurs grandes, solitaires, mi-latérales; — C. ptisilla Haenk , fleurs veinées-réticulées, en grappe unilatérale, stolonifcre, 1.12 centimètres; — C. cœspilosa Scop., iieurs en panicule pauciflore; — C. tliyrsoidea L., feuilles linéaires, les supérieures imbriquée.^ ; racine fusiforme, charnue; — C. spicata L-, feuilles étroites, les inférieures presque sessiles. — espèces venant toutes sur les prairies élevées des Alpes, du Jura, des Pyrénées, etc.

Campanule en tète , C. glomerata L.

Fleurs sessiles, eu capitules entourés de bractées, le terminal plus grand, les latéraux pauoiflores ou nuls. Feuilles lancéolées, finement dentées, les inférieures longuement pétiolées, les supérieures embrassantes. Tige simple, dressée, de 2 à .5 décimètres.

Propre à toute la France, vient dans les lieux secs et montueux, dans les haies et clairières des bois, sur les prairies et pâturages des moutagues; très eommiine surtout sur les pelouses aérées des coteaux calcaires et volcaniques, où tous les bestiaux la mangent volontiers à l'état frais ; en se desséchant , elle devient dure et insipide.

C. cervicaria L., plante très hispide, à racine charnue, — bois sablonneux des Vosges, du Cantal , etc. ;

C, petrsea L. , feuilles blanches tomenteuses ; racine fusiforme, — terres sèches de la Provence :

C, barbata L., corolle barbue; feuilles presque toutes radicales, en rosette; tige courte, — commune dans les prairies élevées des Alpes;

C. longIfoUa Lap., feuilles lancéolées-linéaires, entières, poilues, les supérieures embrassantes , tige rameuse, — répandue daus les prairies sèches de la région méditerranéenne, des Pyrénées, du Centre;

C. AUioni Yû]., feuilles en rosette, linéaires: tiges très courtes, ^— h,auTes nraines des Alpe^.

462 ' VACCINIÉES.

Campanule cerillon, C. médium L.

Violette de Mnfie, Violette marine.

Floui'S grandes, solitaires, peiiclioes. Fouilles nules, liispides, toutes ovales-dentées, les nulicftles pétiolées. Tige simple, dressée.

Vient dans les bois et lieux arides des diverses régions du Sud et de l'Kst, au voisinafre des liabîtations; euJtivée dans les jardins.

Genre WAHLENBERGTE. — WAHLENBERGIA Schrad.

Calice et corolle k 3.5 divisions; — étamines 3. .5, dilatées; — style k 2.5 stigmates courts: — capsule ovoïde, à 2.5 loges, s'ouvrant ail sommet par des valves loculicides.

H', hecleracea Rclib., Campanula liederacea h., fleurs bleues, solitaires; feuilles toutes pétiolées, cordiformes, à 5 lobes; tiges filiformes, 2 à 5 centimètres; annuelle, — plante en miniatui'e, répandue partout, croissant parmi les mousses et les petites plantes des prairies humides, surtout dans les Pyrénées et les montagnes du Centre, où les moutons seuls peuvent la brouter ;

W. nutabunda Alph. DC, feuilles lancéolées-linéaires, sessiles, — Midi, Corse.

Famille des VACCINIEES DC.

AHBBES MONOPETALES T.: OCTANDRIE L. ; PERICOROILIE ,T(;8S.

Fleurs hermaphrodites, régulières; — calice monosépale, adhérent, à 4.5 dents; — corolle monopétale, campanulée ou rotacée, à 4.5 divisions, caduque; — étamines 8.10, insérées, avec la corolle, sur le tube du calice; — ovaire à 4.5 carpelles; — style ûliforme, avec stigmate en tête; — fruit bacciforme, globuleux, couronné par le calice ou ombiliqué ; — graines nombreuses, petites, pendantes, à embryon droit et albumen charnu. — Sousarbrisseaux à feuilles coriaces, alternes ou éparses, presque entières, brièvement pétiolées, sans stipules.

Famille réduite à un petit nombre d'espèces, formant deux genres.

i Corolle campaniforrae, à 4.5 divisions com-tes Vaccinium. Corolle rotacée, à 4 divisions profondes OxYCOCCOS.

Genre AIRELLE. — VACCINIUM L.

Fleurs blanches ou rosées, brièvement pédonculées, penchées; — calice à 4.5 divisions peu profondes, quelquefois entier; — • corolle k 4.5 dents courtes, roulées en dehors; — baie d'un Joùt acidulé — Tiq>:s dressées ou ascendantes.

AiiiEixE 'mYhtili.e, V. myriUlv.s L.

Mirtil , Petit Myrte, Airelle commune, A. anguleuse, Aires, Embrune, Araier.h, Haisin des bois, Raisin do bruyère, Brimballier, Dluet, ImcM , Maceret, Morets, Moureflir, Gueule noire.

Fleurs solitaires, axillaires. Corolle urciîolée-globulouso. Baie petite, presque noire. Feuilles petites, ovales-aiguës, llnemeiit ilenti5es, voiuùes sur les 2 faces, caduques. Tige trùs rameuse, à rameaux auguleux, aiU'S. Taille de 2. ."5 décimètres. — Plante glabre, formant buisson.

Espèce fort répandue, propre ii toutes les régions montagneuses de l'Europe, et venant dans les lieux frais et ombragés, dans les bois et les bruyères et sur les pelouses voisines, où elle se développe parfois en abondance, en amenant la disparition de la plupart des autres plantes qui pourraient croître sur le racime sol. Les moutons et les cliovres seuls en broutent les sommités vertes. Elle n'a donc aucune importance comme fourragère, et doit être extirpée des prairies qu'elle euvaliit par le défricbement d'abord et par l'emploi des engrais animaux, qui achèvent de la détruire. Les baies de l'Airelle myrtille, dites brimballes, d'un goût agréable et acidulé, sont mangées de diverses manières, et servent, en outre, à plusieurs usages économiq\ies, notamment à fabriquer des boissons rafraîchissantes et h colorer les vins.

V. uliijinosum L., fleurs agrégées en petite grappe; corolle urcéolée-ovoïde; feuilles obovéesobtuses, très entières, non réticulées en dessus; rameaux arrondis, — vient dans les lieux humides des régions montagneuses, surtout dans le .Jura, le Cantal, les Pyrénées; moins abondante que la précédente, dont elle partage les propriétés;

V. vitis-Idsea L. (Airelle du Mont-Ida, A. rouge, A. ponctuée. Herbe rouge), corolle campanulée; baie rouge écarlate ; feuilles coriaces, luisantes, ponctuées en dessous, obovées, entières, persistantes; 1 à 2 décimètres, — petite espèce d'un feuillage ressemblant à celui du Buis, venant dans les bois, bruyères et pâturages des hautes montagnes; elle est dédaignée aussi des bestiaux, et son fruit sert aux mêmes usages que celui de l'A. myrtille.

Genre CANNEBERGE. — OXYCOCCOS T.

Calice à 4 dents; — corolle en roue, à 4 divisions lancéolées, profondes, réfléchies sur le calice; — tiges filiformes, l'ameuses, couchées-radioantes.

0. vulgaris Pers., Vaccinium oxycoccos L. (Coussinet, BrumbaUe), fleurs roses, pédoncules longs, filiformes; baie volumineuse, rouge; feuilles très petites, ovales, luisantes, persistantes, — vient dans les marais tourbeux des montagnes de toute la France ; le fruit, plus acide que celui des Airelles, est fort en usage, chez les peuples du Nord, pour préparer des boissons rafraîchissantes.

Famille des ERICACÉES Lindl.

ARBBES MONOPÉTALES T.; PÉRWOROLLIE .Jus.S. ; ÉRKINÉES Desv.

Fleurs hermaplirodites, ordinairement régulières; — calice non adhérent, à 4.5 sépales plus ou moins soudés à la base, persistant; — corolle monopé-

ÉRICACÉKS.

taie ou polypétale, à 4.5 divisions; — étamincs géiiéialemeul 8.10, iiltres, insérées avec la corolle h la base du calice; anthères Liloculaires, s' ouvrant par lies pores terniinau.x ; — ovaire à 4.5 carpelles; — style filiforme; stigmate en tète ou pelté; — frtiit ordinairement capsulaire, à 4.5 loges, à déhiscence septifrage ou locnliciile; — (jrames nombreuses, pendantes, à embryon droit et albumen charnu. — Feuilles alternes, sessiles, simples, entières, ordinairement persistantes; stipules nulles.

Famille nombreuse, composée principalement d'arbrisseaux et de sousarbrisseau.v , la plupart toujours verts, les uns indigènes et les autres exotiijues, et habitant soit les régions montagneuses, soit les terres eu friche, les landes, les garrigues, etc., où ils couvrent quelquefois de vastes étendues lie terrain. Quelijues-uns servent ;i la nourriture du bétail, et tous peuvent être employés comme litière et comme combustible. Ou les cultive aussi dans les jardins d'ornement, et beaucoup d'espèces exotiques sont entretenues dans les serres. — Voici le tableau des genres indigènes de cette famille, et dont plusieurs sont devenus, pour quelques auteurs, les types de familles nouvelles :

Fruit baccifornie

Périanthe à 5 divisions

10 étamines.

; Corolle

I monopétale , ] / Périanthe

insérée sur le cal.

Ijr. nues

' S [ Capsule à deliiscence locnlicide

] ^ { Capsule ( £t3'le pelté — Corolle régulière, à dehiso. I

0) à 5 divis , -, r .-n / ci i i«i <-■ ■ i i->

(S 1 septiir. ( btyle en tête — Cor. irréguliere.

5 étamines — Capsule à deliiscence septifrage .

Corolle caduque — Capsule à deliiscence septifr.

,, , ,.'/ Corolle i Calicedép.lacor. — Caps.àdéhiso. sept. ' ' persist. ] maroeso.' Cor. dép le cal. — Caps, ii déhisc.locul.

Cor. pq. polypétale, hypogyne — Cn-aine ailée — Fr. oapsul.

An th. bilooul .

Anth. uuiloc.

Arbdtus.

Andromeda.

Phïllodoce.

Rhododendron.

Azalea.

Dabœcia.

Calluna.

Ekica.

Pykola.

monotkopa.

Genre ARBOUSIER. — ARBUTUS T.

Fleurs d'im blanc rosé, régulières, en grappe penchée; — calice à 5 divisions; — corolle globuleuse-ovoïde, à 5 lobes courts; — élammes 10, à filets velus; — baie globuleuse, granulée, tuberculeuse à la surface, indéhiscente, à 5 loges. — Tige ligneuse.

Petits arbrisseaux, communs sur les montagnes, et dont les fruits astringents, peu savoureux et recherchés des oiseaux, sont les seules parties que l'on pourrait utiliser quelquefois comme condiments. On n'y compi-end qu'un petit nombre d'espèces indigènes :

.4. uneâo L., (Arbousier-fraisier, Fraisier en arbre), baie grasse, rouge, à loges renfermant chacune -4.5 graines; feuilles elliptiques, dentées, luisantes, coriaces comme celles du Laurier, persistantes; tige dressée, rameuse, de 1 à 2 mètres, — arbrisseau toujours vert, commun dans tout le Midi et cultivé dans les jardins ;

A. iivn-ursi L, , Arrtoslniijii/llos ofltriiinl/s 'Wum. (Raisin trours, Bnssernle. ArliDUsier trai-

ÉHinACÉES. 't'I')

liant), baie rouge, petite, a ô noyaux !i une seule graine cliacun; feuilles obovées, entières, luisautes, coriaces comme celles du Buis, persistantes; tiges étaWos-rampantos, écailleuses, — bois et prairies de toutes les hautes montagnes :

A, alpina h., Antosdiphijhs aliu'na Spr., baies noirûtres ; feuilles dentioulées, rugueuses, caduques, — dans le .luva, les Alpes et toute la oliaîne des Pyrinée».

Genre ANDHOMEDK. — ANDROMEDA

Calice à 5 divisions profondes; — corolle ovoïde, à 5 lobes réfléchis; — élaminex 10, à anthères appendiculées ; — capsule h 5 loges et à 5 valves, à déhiscence loculicide. — Tiye ligneuse.

A. polifoUa L., fleurs en ombelle penchée; feuilles elliptiques, coriaces, persistantes; 2 a 3 décimètres, — arbrisseau fort répandu dans les marais et lieux tourbeux de toutes les contrées montagneuses de France; peut servir comme litière ou combustible.

Genre PHYLLODOGE. — PHYLLODOCE Don.

[Caractères dit genre Andromeda). — Stigmate pelté; — capsule k déhiscence septifrage , hispide.

Ph. cxrulea God., Andromeda cseruleah., fleurs d'un bleu-violacé ; feuilles ti'ès petites, linéaires , rapproohées-imbriquées , — dans les Pyrénées ; mêmes usages que la précédente espèce.

Genre ROSAGE. — nHODODENDRON L.

Fleurs rose-foncé, en ombelles; — calice à 5 divisions; — corolle infîiudibuliforme, irrégulière, à 5 lobes; — - étamines 10; — capsule à ô ou 8.10 loges et autant de valves, à déhiscence septifrage. — Feuilles ovales-elliptiques, entières, coriaces, persistantes; — //(/e ligneuse, rameuse, en buisson.

Rh. /"er/'ut/îneum L. , calice très petit, toute la plante glabre; — Rh. hir:<utunï L,, calice à dents longues, toute la plante ciliée-hispide, — arbrisseaux assez répandus, et accompagnant les précédentes espèces dans la plupart des régions montagneuses.

Genre AZALEE. — AZALEA L.

Fleurs roses, en grappe ombellifonue; — calice coloré, à â divisions: — corolle campanulée, régulière, à 5 lobes; — étamines 5 ; — capsule à 2.3 loges et autant de valves bifides, à déhiscence septifrage. — Feuilles opposées, caduques; — tige ligneuse.

A, procumbens L., tige couchée, h rameaux nombreux, diffus. — petit arbrisseau de montagne.

'((i(j - KHIC.VCKKS.

Genre nABOECIK. — DAIiŒilA Ddk.

Calirr ii 4 dents; — corolle ovo'icle-ventnie, h 4 ilivisions; — étamines 8 , Ji niithi;res lon- Xiies, siigittc-es i> lu base; — capsule k 4 loges et 4 valves, à déhiscence septifrage , oblonguc . liispide. — FeiiiUfs ùparses ; liye ligneuse, à rameaux dressc's.

D. polifoliii Don., Erira dabœcii L., fleurs violettes, en grajjpe Inclie; feuilles ovales, entières, luisantes, coriaces, — - arbrisseau mPlr aux pri^cédentes espèces dons les prairies montagneuses Je l'Ouest et du Sud-Ouest.

Genre C.\LLUNE. — C ALLUMA Salisb.

Calice p(5taloïde, coloré, formé de 4 sépales distincts et entouré à la base de petites bractées imbriquées; — corolle ti'ès petite, campanulée, il 4 divisions profondes, moitié plus courte que le calice, persistante et raarcescente; — étamines 8, à anthères appendiculées; — capsule globuleuse, il 4 loges et 4 valves, k déhiscence septifrage. — Feuilles opposées, sessiles, persistantes : — lige ligneuse.

CALLUNE COMMUNE. — C. 7f/iGylB/S Salisb. ; C. ERIC A DC. ; ERWA VIILGARIS T,. Noms vulg.\IRES. — Bruyère comjyiune. Grosse bruyère, Bucane, Pétrole.

Fleurs violacées, petites, penchées, en grappe unilatérale, spiciforme. — Feuilles extrêmement petites, pliées en gouttière, sagittées à la base, rapproohées-imbriquées en 4 rangs, sur de courts rameaux. — Tiges à rameaux nombreux, dressés en touffes, de 3 à 6 décimètres.

La Bruyère commune, seule espèce du genre, constitue un petit arbrisseau toujours vert, commune en France et dans toute l'Europe, croissant jusqu'aux régions glaciales et au.x altitudes les plus diverses, et en France, notamment, venant en abondance dans toutes les terres incultes, dans les landes, les friches, les bois, principalement sur les sols sablonneux et tourbeux, dans les lieux secs et e.xposés au soleil, où, grâce aux rejetons qui poussent de ses racines, et à ses graines menues que le vent disperse partout, elle se multiplie avec une facilité extrême. Elle s'empare ainsi du terrain et arrive à couvrir d'immenses espaces, à rexclusion de toute autre végétation , comme on peut l'observer dans les laudes de Gascogne, de Bretagne, de la Sologne, du Beriù, etc., où elle constitue la majeure partie de ces bnmdes, qui sont presque le seul revêtement de ces surfaces pauvres et attristées, étendues à l'infini. La plante, en se décomposant, mêle ses débris à la couche superficielle du sol, et de là résulte la formation de cette matière, riche en humus, dite terre de bruyère, utilisée avec avantage en horticultxire. Néanmoins, Ifi présence de la Bruyère commune est toujours un indice de stérilité dans les terres vierges et de mauvaise culture dans les terres ordinaires. Elle est

ÉnicAcÉEs. 467

nuisible surLouf. dans les l'orôts, où elle ne s(! propage (|n'aiix dépens de plantes meilleures cl, plus pi'odiielives.

Au poiuL de vue de l'aliineiiraLion des animaux, la Bruyère commune mérite de fixer l'attention. Tous les bestiaux, en effet, on mangent les jeunes pousses, et elle fournit, aux moutons et aux chèvres notamment, une bonne nourriture, qui paraît leur être favorable. Les vaches, les animaux sauvages, la recherchent aussi. Elle constitue donc une plante fourragère relativement bonne, importante surtout par sa quantité, par la faculté qu'elle possède de végéter longtemps sans culture et jusqu'à une époque avancée de la saison.

Sur un grand nombre de nos pelouses sèches, elle est la plante dominante; quelquefois, quand les autres manquent, elle est seule à pourvoir à l'entretien des troupeaux. Dans les contrées pauvres, elle est souvent recueillie et donnée sèche, et elle devient ainsi, à défaut d'un autre mode d'alimentation , une ressource des plus précieuses. En Ecosse, pour en tirer un meilleur parti , après qu'elle a été broutée, on la brûle avec une certaine précaution , afin d'augmenter le nombre de ses rejets et d'avoir de jeunes pousses à donner aux bestiaux. Enfin , la Bruyère, pendant l'automne, sert de nourriture aux abeilles, qui en retirent un miel de qualité secondaire.

La Bruyère est employée encore à d'autres usages ; ainsi on s'en sert , dans les campagnes, pour couvrir les toitures, pour en faire, avec les tiges et les rameaux, des balais connus et employés partout, des corbeilles pour vers à soie ; on l'utilise encore comme combustible, comme litière et pour en préparer un assez bon fumier végétal; quelquefois aussi on la cultive dans les jardins d'ornement.

Malgré les avantages qu'on en retire sur les sols pauvres, pour lesquels elle constitue une sorte de richesse relative, la Bruyère n'est, pour les terres cultivées, qu'une mauvaise plante qu'il importe de détruire. Seulement elle est difficile à extirper, à cause de la vitalité de ses racines, qui , même après quelques années d'enfouissement, peuvent donner encore de nouveaux rejetons. Aussi a-t-on conseillé différents moyens pour la détruire : l'arrachage à la main , le défrichement à la charrue, la destruction par le feu , la pâture par les moutons, alors qu'elle est encore en fleurs ; la précaution , quand on en autorise la récolte sur les terres à défricher, non de la couper, ce qui en favorise le développement, mais de l'arracher avec les racines. Ces moyens, néanmoins, restent la plupart du temps inefiicnces; la Bi'uyère détruite, grâce aux racines non arrachées ou aux graines enfouies, finit toujours par reparaître. Il n'est d'autre ressource alors, pour triompher complètement, que des semis de pin ou de bouleau, arbres qui •\aennent très bien sur les terres occupées par la Bruyère commune, et les seuls qui soient aptes à l'en chasser complètement.

'ib8 ' limr.ACiirîs.

Genre BRUYIilRK. — ATî/r.i L.

Fleurs ordinaivoment roses ou purpurines, en grappe ou en panieule; — cnlicc ii 4 divisions profondes; — corollf ovoïde ou canipiiunK-e, h 4 divisions courtes, déplissant longuement le calice, mnrcoscente ; — élamines ït, quelquefois appendionlc'es; — capsule à 4 loges et 4 valves ii déliisoeuce looulicide. — Feuilles très lines, linéaires, vertioillées , par 3.4.5 persistantes; — lijie ligneuse, à rameaux nombreux, dressés.

L'un des genres les plus nombreu.x du i-ègue végétal, comptant, en effet, près de '(50 espèces, composé d'arbrissi.'aux et sous-arbrisseaux toujours verts, remarquables parleur feuillage élégant, la variété de leurs fleurs, et se réduisant, en France et en liurope, à une douzaine d'espèces environ, qui occupent, bien qu'en moins grande abondance, les mêmes lieux que la Bruyère commune, à laquelle elles s'associent partout; elles ont les mêmes usages, et servent également à la nourriture du bétail que l'on mène pâturer pendant l'hiver sur les landes et les friches qu'elles recouvrent. Quelques-unes sont cultivées pour leurs fleurs, qui conservent après la dessiccation leur forme et leurs couleurs. Quant aux espèces exotiques, originaires pour la plupart du cap de Bonne-Espérance, elles ne sont connues que comme plantes de serre.

[ Corolle oampanulée — Plante de 1 à 3 mètres . . . Anthères libres, incluses, }

appendiculées 1 Cot. nroéolée — PI. ( Feuilles glabres

[ deBJilOdécimètr. ( Feuilles hérissées-ciliées

H /,!,.., ( Corolle tubuleuse, courbée. Cilubis

3 < 1 Anther. inelnses i ,, ,, , ,

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