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uh'iil, (•ollo-ci lies clianips infestés. Ainsi M. Laquerbe, de l'Aveyron , a proposé (le la supprimer par un brossage énorKique. D'autres ont essayé la herse et le riiteau , dont le seul ellet est de rompre quelques tiges et de disséminer ainsi le parasite au lieu de le détruire. D'autres ont proposé de racler avec la bêche la surface du champ, de manière à enlever, avec une couche assez ■ 'paisscdo terre, les racines des herbes atteintes, et de transporter celle-ci dans la Ibssc à purin : moyen douteu.K d'abord , et n'offrant , de plus, aucune sécurité, vu la résistance à la destruction des graines de Cuscute, qui se conservent dans le fumier et germent de nouveau (]uand on les rapporte dans le champ avec les fumures. On arriva à moins de frais, à un résultat meilleur, en se bornant à couper entre deu.x terres, avec une pioche à tranchant vif, tous les pieds de luzerne atteints, en ayant soin de procéder à cette opération dès l'apparition de la Cuscute, avant sa floraison , et de transporter au loin , pour les brûler soigneusement , toutes les herbes coupées.
Ce procédé toutefois, qui peut suffire quand la Cuscute n'occupe i|u'une place peu étendue, cesse d'être applicable quand elle a envahi une large surface. Dans ce dernier cas , on peut vaincre la plante parasite en faisant parquer des moutons sur le champ atteint, d'une manière continue et pendant plusieurs années de suite, sans piocher ni labourer la terre ; on tient ainsi le fourrage toujours tondu avant la floraison de la Cuscute, qui dès lors périt faute de pouvoir fructifier.
Mais le pâturage incessant n'étant pas toujours possible, on peut y suppléer par un autre procédé conseillé par M. Bergère de Mandement, de Sézanne (Marne), essayé avec succès par Mathieu de Dombasle, par Bodin (de Rennes) ; il consiste dans le fauchage réitéré des pieds attaqués, pratiqué aussi près que possible du sol, et suivi, comme toujours, de la destruction par le feu des produits du fauchage. Pour que l'opération réussisse, il importe que le terrain soit régulier et ne présente pas des irrégularités pouvant faire obstacle au fonctionnement de la faux. Ensuite, il faut couper sans relâche, pendant les premiers mois de l'été, tous les pieds de luzerne attaqués, et recommencer à mesure que les tiges repoussent. La Cuscute perdant alors son point d'appui finit par périr. Ce moyen, dont l'efficacité ressort de ce fait que, dans les contrées à cinq ou six coupes de luzerne, la Cuscute est presque inconnue, a l'avantage d'être un des plus faciles à mettre en usage par tous les cultivateurs, n'exigeant d'autres frais que la main-d'œuvre et le sacrifice des coupes attaquées.
Avant la mise en pratique de ce moyen , Tessier- avait conseillé, pour la Cuscute du lin, l'arrachage, au moment de la floraison de la plante parasite, de toutes les parties du champ infestées, en recommandant le même moyen pour les houblonnières et les luzernières atteintes. Pour faciliter cet arrachage dans les diverses cultures, on a plus tard préconisé le semis en lignes, si favorables à la destruction de toutes les mauvaises plantes, et ofi'rant au cultivateur la disposition la plus avantageuse pour expulser de son terrain tout ce qui n'est
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point à sa convenance. Si la Cnscute apparaîl. dans une luzerne ainsi ensemeucée en lignes espacées de '30 cenfimèli-es, on donne aussitôt apivs sa première coupe ini hiuage complet, renouvelé, s'il le faut, (|aeifjues jours après; et si la Cuscut.o reparaît encore, il iic reste rpi'à couper entre deuxterres, au-dessus du collet, tous les pieds de luzerne atteints, avec une pioche lran(;liaute ou un sécateur, et à emporter au loin, pour les brfder, les tiges coupées, soigneusement renfermées dans des paniers.
Quand la Cuscute résiste à ces moyens divers, il reste la ressource soit d'isoler par nu ibssé les lieux infestés, soit d'interrompre les culture.s atteintes ou menacées, pour leur substituer des cultures sarclées, ou mieux encore des plantes qui ne puissent être atteintes par le végétal parasite, comme le trèfle après la luzerne, la luzerne après le trèfle, le sainfoin après l'une ou l'autre, etc., ce qui est le moyen le plus radical, en défluitive, de tuer là Cuscute, attendu qu'on l'empêche alors de se développer eu lui enlevant les moyens de vivre.
Moyens de préservation.
Ou peut juger, par la multiplicité même des moyens proposés ou mis à l'essai pour la destruction des Cuscutes, des difScultés qu'offre dans la pratique une semblable opération. La plupart de ces procédés, en effet , ou vont trop loin dans leur action , ou ne donnent que des résultats incomplets. Ainsi les caustiques ne détruisent entièrement la Cuscute qu'en attaquant en même temps les plantes (jue l'on veut préserver, et quand on emploie la faux , on n'atteint pas les graines ou les tiges retenues dans le sol.
D'un autre côté, il faut reconnaître ifue beaucoup de cultivateurs, par ignorance ou indifférence, ne prennent pas assez de soins pour assurer, quand ils y ont recours, l'efficacité de ces mêmes moyens, et surtout pour arriver à l'entière destruction de la graine parasite. La plupart , une fois la Cuscute arrachée, se bornent à la conduire au bout du champ, et là, au lieu de la détruire immédiatement par le feu , ils l'enterrent , ou bien la jettent sur le fumier, la donnent aux animaux , aux volailles, la mêlent à la litière, ce qui la conserve pour le moment où , tous ces débris étant rapportés comme engrais sur le sol , elle se trouvera en état de se développer de nouveau.
En présence de ce danger incessant , joint à l'insuffisance des moyens directs de destruction , on s'est préoccupé des moyens de prévenir le développement de la Cuscute. A cet effet , diverses méthodes ont été conseillées.
Au nombre de ces moyens de préservation, il faut citer d'abord l'incompatibilité déjà signalée de certaines Cuscutes avec quelques-unes de nos espèces de grande culture. Ainsi le fait aujourd'hui démontré de l'existence, pour le trèfle et la luzerne spécialement , d'un parasite propre à chacune d'elles, de l'impossibilité, par exemple, pour laC. trifoUi, de vivre sur la luzerne, et pour la C.suavcolens, de vivre sur le trèfle, permet d'espérer qu'en changeant , sur
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un terrain pircédemmenl envalii, la nature de la prairie, on n'aura pas <à craindi'e le retour du végétal parasite. Il ne faudrait pas toutefois mettre dans ce premier moyen une confiance trop absolue, car il est d'autres Cuscutes qui vivent en même temps sur toutes les plantes etqui pourraient se trouver, dans le sol, isolées. ou mêlées à celles qui envahissent le plus habituellement les prairies. Le plus sûr alors, pour en éviter les effets, c'est, comme l'indique M. Lagrèze-Fossal , de ne faire revenir la culture du trèfle et de la luzerne qu'après des plantes telles que les céréales, la pomme de terre, la betterave, etc., qui ne sont jamais attaquées par la Cuscute, et en attendant assez longtemps pour que les graines de celles-ci aient eu le temps de disparaître.
Mais le moyen préservatif par excellence et le plus général contre la Cuscute est de ne pas la semer. Pour cela, on devra d'abord prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter de rapporter au sol les graines des tiges qu'on en aura arrachées ; et c'est ce que l'on ne fait pas toujours. Ainsi, dans les fermes, souvent , après le nettoyage des grains, on donne les criblures aux volailles pour rejeter ensuite au fumier ce qu'elles ne mangent pas. Or, comme les volailles laissent intactes, avec beaucoup d'autres semences parasites, les graines de Cuscute, celles-ci , mises au fumier, ont toute facilité pour retourner plus tard au champ. On se met à l'abri de ce danger soit, comme nous l'avons dit, en les déti'uisant par le feu , soit en purifiant le fumier au moyen du sulfate de fer, qui détruit dans toutes les graines la faculté germinative. A cet effet, dans un des angles d'une fosse étanche , large et profonde de 1 mètre, sur 2 mètres de longueur, on ménage, au moyen d'une grille, un petit espace en pan coupé renfermant un excès de sel de fer. L'eau qu'on versera dans la fosse en sera ainsi saturée ; et en y faisant poser et séjourner 24 heures toutes les balayures suspectes, on se garantira contre le développement ultérieur des mauvaises graines qu'elles pourraient renfermer.
Un autre moyen préventif, préconisé surtout par le baron Crud, serait de cueiUir directement les graines de trèfle et de luzerne, en évitant de prendre en même temps les graines de Cuscute. Il recommande pour cela de faire détacher les gousses avec la faucille, à la sommité des plantes , par des ouvrières soigneuses, qui veilleraient attentivement à ne pas s'approcher des plantes infestées.
Mais ces précautions n'étant pas toujours parfaitement observées, les graines de trèfle et de luzerne restent assez communément mélangées avec des semences de Cuscute, lesquelles sont ensuite répandues avec les graines légumineuses et propagent de nouveau la plante parasite, en dépit des efforts que l'on a pu faire pour la détruire. Pour combattre cette nouvelle et trop fréquente cause d'infection des prairies, M. de Fellemberg a proposé de débarrasser les graines fourragères et autres des graines de Cuscute à l'aide d'un crible de mégisserie, dont les ouvertures n'auraient que les dimensions nécessaires pour laisser passer la Cuscute et retenir sur l'instrument les
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graines à préserver, en général plus grosses. Pour réussir, il laul, ne trier que de pelites quanliLés à la fois, 1 litre au plus, et avoir soin pendant l'opération de passer fortement la main sur le crible afin de rompre les capsules de la Cuscute qui renferment encore leurs graines ; puis le criblage achevé, le résidu, recueilli sur un drap, sera en totalité jeté au feu, de manière que le vent ou les eaux ne puissent ensuite transporter dans les terres cette funeste semence. Les dimensions à donner aux ouvertures du crible varient d'ailleurs suivant la nature des graines à épurer. Elles doivent avoir, suivant M. Lagrèze-Fossat : pour le Chanvre, 4 millimètres; pour le Lin, 3 millimètres 60 ; pour le Trèfle et la Luzerne , 1 millimètre 50.
Dans la plupart des cas, lorsqu'elles sont bien sèches, les graines de Cuscute, plus petites que celles auxquelles elles sont mélangées, se séparent assez facilement par un criblage ainsi opéré. Mais quelques-unes peuvent rester adhérentes à de petits corps étrangers mêlés aux semences agricoles et ne point se séparer. L'inconvénient devient plus sérieux encore lorsque les graines sont de même volume, ce qui est précisément le cas avec les graines de trèfle et de luzerne. On conseille alors de plonger dans l'eau toute la semence. Les graines de Cuscute, plus légères, surnagent et peuvent être séparées. Ce moyen est plus sûr que le criblage, ou le complète ; mais il offre l'inconvénient d'obliger ensuite à faire sécher les graines soumises à cette opération. Il peut quelquefois , d'ailleurs, ne pas réussir, les graines de Cuscute, comme l'a remarqué M. Magne, étant un peu gluantes et adhérant à celles des légumineuses ; il conseille alors, pour les séparer, de passer les graines à nettoyer, soit dans une légère dissolution de potasse ou de soude, soit à l'eau de chaux ; quand elle y a séjourné quelque temps, on agite, et les graines de Cuscute, devenues libres, montent à la surface de l'eau.
Mais ces procédés, comme tous ceux qui précèdent , ne sont point d'une efficacité absolue. Des graines de Cuscute peuvent échapper encore malgré tous les soins, et propager de nouveau la plante parasite dans les champs et les cultures. Le danger est donc, quoi qu'on fasse, toujours imminent , et il n'y aurait qu'un moyen de s'en garantir, c'est de n'acheter que des graines parfaitement épurées. On a même demandé, à cet effet , des mesures légales, des vérifications officielles, etc. Mais un tel moyen est inapplicable, vu la ressemblance de la graine de Cuscute avec les graines de beaucoup d'autres plantes et l'impossibilité de les distinguer quand elles sont mêlées les unes aux autres, alors surtout que la graine de Cuscute, en petite quantité, peut échapper absolument à l'examen le plus attentif. Cette impossibilité est assez établie d'ailleurs pour que les marchands, même les plus consciencieux , refusent, en vendant les graines, celles de trèfle et de luzerne notamment, de garantir l'absence de la Cuscute. Une disposition semblable serait donc de nul effet , surtout avec l'extension que prennent partout les relations commerciales, lesquelles aujourd'hui mettent la plupart des acquéreurs dans l'impossibilité de se livrer avant l'achat à aucune vérification , et son seul