I.AillliKS. I
Genre SCUTULLADU'; <»■ 'J'OgUl':. — SCVTEI.LMUA !..
Calice coui-t, u lùvre supéi'ieiire munie d'une (îciville transversale saillimle ; — corolle l'i tube très long, couvbù ù sa base, à b'^vre .snp(!M'icurc concave et trifide, l'inffjrienre entière; —ranthères oppos(':es s'oiivrant par luio Conto b)ngit\ulinale commune; — ii/vé/ie» globuleux.
Toque communk, S. gakriculala L.
Toque bleue. T. nassiile, T. îles murain, Grnnilc Toque, Centaurée bleue, Liysimaque bleue, Tertinnaire, Herbe judaïque.
Fleurs bleues ou violacées, solitaires, à l'aisselle des feuilles, sur les rameaux. Feuilles petites , brièvement pétiolées , lnnci!oli!es-obloiisuos , siiperliciellement crénelées. Tiges très feuillées, de 2 à 4 décimètres. Vivace.
Espèce des pays froids et commune dans toute la France, venant an bord des eaux et des fossés, dans les prairies liumides à fonds riche, oii ses tiges rameuses forment parfois des gazons très serrés ; peu odorante. Elle est mangée facilement, dans les prés, par les bestiaux. Son amertume la faisait autrefois employer comme fébrifuge.
S. minoT L., beaucoup plus petite dans toutes ses parties, — mêmes lieux ; plus rare.
S. aljiinal^., fleurs purpurines, en épi allongé; feuilles presque sessiles ; tiges couchées; plante gazonnante, — pelouses sèches, coteaux calcaires des Pyrénées et des Alpes.
S. c.oluinnœ AU., feuilles grandes ; tiges dressées, — environs de Paris.
S. hastifolia L. , fleurs violettes, — lieux humides des vallées de la Loire et du Rhône.
Genre MÉLITTE. — MELITTIS L.
Calice enRê, membraneux, à lèvre inférieure bifide; — corolle h lèvre supérieure presque plane, orbiculaire, ainsi que les 3 lobes de la lèvre inférieure; — anihères rapprochées par paires, à loges disposées en croix, s' ouvrant chacune par une fente longitudinale distincte ; — alih\e:> trigones, arrondis au sommet, velus.
MÉLITTE A FEUILLES DE MÉLISSE, M. melissopliyUum L.
Mélisse bâtarde, M. sauvage, M. des bois, M. fétide, Mélisset.
Fleurs blanches, rosées, très grandes, pédicellées par 1.2.3, formant un large épi, interrompu et feuille. Feuilles pétiolées, assez amples, ovales, largement dentées. Tige robuste, simple ou peu rameuse, de 2 à 3 décimètres. Yivaoe. Plante longuement velue.
Seule espèce du genre, commune dans toute la France, venant dans les lieux ombragés et moutneux, dans les bois taillis, où elle se distingue par la dimension de ses fleurs, les plus grandes de la famille; âei-e et aromatique; autrefois employée comme apéritive et diurétique, elle est sans usages aujourd'hui.
Genre BRUNELLE. — BRUNELLA T.
Calice à 2 lèvres, la supérieure plane, tronquée, tridentée, l'inférieure bifide; — corolle à lèvre supérieni-e en casque, covopriuii'e, l'inférieure à lobe moyen plus o;rand, écbancré; — étnmines à filets bifurques, munis au sommet d'un appendice tubulé ou tuberculeux ; — anthères h loges distinctes, divariquées, s'ouvraut séparément en long. — Espèces vivaces.
(ilO ~ J.AIIIICICS.
Bruneli-e commune, B. vulgaris Mœnch.; Prunclla inilrjaris L.
Prunelle, Brunelte, Bonnette, Ckarbonnière, Petite Consoude, Petite Consyre.
Floui'S violettes, rappvoohées en épi sen-é, dense, court, réunies par 2.4 ii ruisselle de bractées très larges, suborbioulaires, ciliées, avec 2 feuilles opposées ii la base de l'épi. Calice coloré, il Itvre supérieure avec dent moyenne plus courte. Feuilles pétiolées, arrondies h la base. Tiges fortes, de 1 i\ '1 décimètres. Odeur faible.
Plante trts commune dans toute la France, venant dans tous les terrains, surtout dans les lieux berbeux, les p.âturages, les prairies, où parfois elle abonde; apparaissant aussi sur les gazons de montagne et dans les bois, et très variable, selon le lieu qu'elle babite, par sa taille, les découpures de ses feuilles, la couleur de ses fleurs. Tous les bestiaux la mangent assez facilement il l'état frais, ainsi qu'à l'état sec, lorsqu'elle se trouve mêlée au foin. Peu productive toutefois, elle ne peut guère contribuer qu'à tonifier le fourrage.
B. grandiflora ïMœncli., ileurs grandes, en épi ample, sans feuilles ji la base; calice à lèvre supérieure avec 3 dents égales; tiges grêles, cylindriques, — liabitant les mêmes lieux que la précédente, bien qu'un peu moins commune, se montrant surtout sur les pelouses des coteaux calcaires et volcaniques, dans les clairières des bois, au pied des atterrissements.
B. alba Pall.; — B. pinnatipda God.; — B. laciniata L., — espèces considérées par beaucoup d'auteurs comme de simples variétés des précédentes et offrant les mêmes propriétés.
B. hyssopifolia C. Baub., feuilles sessiles, linéaires-lancéolées, — lieux secs, bord des champs du Midi, surtout du Sud-Est.
Genre PRASIUM. — PRASIUM L.
Corolle à lèvre supérieure concave; — aKnes trigones, cbarnus, noirs, connés à la base.
P. majus L., fleurs blanches, solitaires ; tige ligneuse, de 5 à 10 décimètres, — Corse, Afrique
Se Tritou. — SALVIEEJS.
Corolle bilabiée. Etamines, réduites à 2 par ravortemenl des 2 supérieures, insérées à la gorge de la corolle et parallèles sous la lèvre supérieure de celle-ci.
Anthères à loges confluentes RoàiiAEiKUS.
SALVIEES.
Anthères à loges distinctes, écartées Salvia.
Genre ROMARIN. — ROSMARINUS.
Calice ovoïde campanule, bilabié, lèvre supérieure entière, l'inférieure bifide ; — corolle à lèvre supérieure voûtée, comprimée, bifide, l'inférieure ii lobe moyen très grand, étalé, émarginé ; — etamines k filet court, avec une petite dent à la base ; — anthères & 2 loges confluentes, réunies presque eu une seule.
LAMIKKK. 611
linMAIllN OFFICINAI,, //. Ii/[irinal:is \j.
Floin-s bloiics, poiiotiK'cs, f;i:)iiiiu'.os et rii,|i|)i-(icliiic« nu sommet 'le lu tipe et (loa riiiiienux. Feuilles sesailos, liiiénires, eoriaces, bluiiclics triinenlcnses en dosBoiis, iiuniliroiises, i)cr«i8tniite«. Tige ligneuse, dressco, tri's niuieuso, do (j à 15 di'ciiui'tres. Odeur forte et n^réable.
Kspèce commune diins les endroits pierreux, sur les coteaux arides de tout le Midi, et ciiltiv(''e dans les jardins ruraux comme plante aromatique et médicinale. Sert à faire des infusions excitantes ; fournit, par distillnlion, une Iniile essentielle aliondante, ntilipYie dans la médecine et la parfumerie.
Genre SAUGE. — SALVIA L.
Calice bilabié, à lèvre supérieure entière ou tridentée, l'inférieure bifide; — corolle à lèvre supérieure entière ou divisée ; — élamincs à filet court, articulé au sommet avec un connectif filiforme et arqué, à 2 brandies inégales, portant cliacuue une des loges de l'antlière; celle de la branche la plus courte souvent stérile ou nulle. — Feuilles ovales, crénelées, dentées, rugueuses ; les inféi'ieures toujours pétiolées, en rosette radic.nlo ; les supérieures rares, ordinairement sessiles; tiges rameuses. — Espèces vivaces, odorantes.
Espèces assez nomltreiises, indigènes et exotiqnes, jiarliculières aux lieux secs, et jouissant toutes de pi'opriétés aromatiques et stimulantes prononcées, que l'on a souvent utilisées dans les usages médicaux. Quelques-unes se montrent assez abondamment dans les prés, on, repoussées des animaux à cause de leur odeur, elles nuisent, en outre, aux végétaux, qu'elles étouffent sous leurs larges feuilles. Plusieurs espèces exotiques sont communément cultivées, dans les parterres. Les unes et les autres ont formé un grand nombre d'hybrides provenant souvent de types difficiles à déterminer. Nous nous bornerons à mentionner, ci-après, les espèces les mieux caractérisées.
in 11 ' I- ■ • 1 ■* ..11.. j -il 0PF1C1N4I.IS
Corolle a lèvre supérieure droite, et tube à ann. de poils.) T-,, \ t Verticillata
Fleurs \ ,„ , , , , , ,
v,v1oa,1oqI n „ . ,. Bractées bp. plus grandes que le calice. SCi.ARL'A
violac.es Corolle a lèvre U.^.j-,, égalant le calice cEimop.s
o" I super, courbée 1 ,, ^a " ir -u ■ ■ . i .. SALVIA ; bleues / o„ en faux, ) ^'™<=''^î=^ feuilles incisées dentées. pitATENSIS
) smisanu.de pôilsf P'"' P''*,'.''''^, .,, . . . .„ , I Vlrdesaca
/ ■ que eca ice.'l'cui l.incis.-pinnatihdesi
/ ' ' ' ( Cl.AHOESTlN*
Fleurs jaunes — Corolle supérieure eu faux — 15ractées courtes. Gi.ctinos\
Sauge officinale, S. offîcinaUs L.
Fleurs violettes ou blanches, par glomérules de 3.4 eu épis allongés. Calice à dents pliées en long. Corolle à lèvre supérieure presque droite, éebancrée. Feuilles étroites, finement crénelées, blanchâtres. Tige ligneuse à la base, très rameuse, de 2 à 5 décimètres.
Assez répandue dans le Midi et la vallée du Rhône, propre aux terrains secs, pierreux, aux collines stériles, cette Sauge, la plus active comme excitante et tonique, a été la plus employée, h ce titre, pour les usages médicaux. Cultivée comme plante médicinale et comme plante d'ornement, elle a formé un grand nombre de variétés petites, grandes, à feuilles larges, étroites, unies, frisées, à fleurs diversement colorées, etc. — Donnée aux bestiaux, elle constitue, pendant l'hiver, un excellent condiment propre Ji faciliter la digestion des betteraves, carottes et autres racines fourragères. MSme en temps de gelée ou de neige, on peut en aller récolter les rameaux feuilles, que les moutons, les chèvres, les lapins mangent avec plaisir. — Dans quelques localités, on la sème, pour cet usage, eu plates-bandes, sur un sol ameubli et riche en principes fertilisants. En été, on repique, le long des bordures, sur les massifs exposés au midi, en sol sec et pierreux plutôt que compacte ; on butte, ou sarcle et on coupe la plante près de terre chaque fois qu'elle est assez grande pour donner une récolte passable. Toutefois, Ji moins de besoin pressant, il
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612 " I.AMIICHS. '
oonvieiit de ne faire cette récolte qu'en liiver, quand on manque d'autre îijinient vert. On ne laisse grainer que les \neux pieds, qu'on arrache ensuite.
S. perlicillnla L., Heurs violettes, petites, en glomérulea denses, verticillùs ; calice à dents triangulaires ; corolle à Rivre supérieure courte ; feuilles très grandes, ovales en ca'ur, crénelées; tiges herb.acées, de 5 à 7 décimètres; fétide, — çà et là dans les prés et pelouses des terrains secs, an bord des cliemins.
Sauge sclarée, S. sclarca L.
Orvale, Toute-Bonve.
Fleurs violacées, grandes, par 2.3, en épi avec bractées colorées, larges, réflécbies. Calice à divisions aristées, la lèvre supérieure à 3 dents courtes, inégales, l'inférieure il 2 lobes aigus. Corolle à tube court, bossu en avant, dilaté, à lèvre supérieure très grande, courbée en faux, bilobée. Feuilles très grandes, inégalement crénelées, pubescentes. Tiges glanduleuses, rameuses au sommet, de 5 à 20 décimètres. Odeur forte, peu agréable.
Coiumune dans toute la France, dans le Midi principalement, venant sur les coteaux secs et calcaires, dans les graviers, sur les bords des chemins, quelquefois cultivée dans les parterres, cette espèce à longtemps passé pour posséder les plus grandes vertus pour guérir les maux les plus divers.; souvent elle sert à remplacer le thé. Espèce très fourragère, très vigoureuse et très l'ustique, qui, cultivée dans un lieu abrité, pousse de bonne heure, et fournit dès la tin de mars une nourriture assez abondante, très propre surtout à combattre l'influence débilitante des plantes qu'on donne alors aux animaux. Eu mai et en juin, elle atteint de 1 à 2 mètres de haut, se sèche facilement pour l'hiver, et les pieds coupés, repoussant, donnent pour l'automne une seconde récolte. Cette plante, réservée surtout au'x lapins, se donne de préférence aux lapins à l'engrais et aux lapereaux. — On la sème, au printemps, dans un terrain bien préparé et fumé, ne laissnnt fleurir complètement que les pieds sur lesquels on veut récolter la graine.
S. cethiopis L., fleurs blanches ; bractées tronqiiées ; calice à dents toutes lancéolées; feuilles sinuées-lobées ; tige de 2 à, 5 décimètres, très laineuse, — collines incultes, bord.'; des chemins du Midi et des montagnes du Centre.
Sauge des prés, S. pratensis L.
Fleurs bleues, groupées par 2.3 en épi avec bractées courtes, embrassantes, réfléchies. Calice à lèvre supérieure à 3 dents petites, conniventes. Corolle à tube long, dilaté, non bossu en avant, à lèvre supérieure courbée en faux, bitide. Feuilles élargies en cœur à la base, incisées, dentées, blanchâtres en dessous, la paire supérieure seule sessile. Tige simple ou rameuse, à sommet peu feuille et glanduleux, veine ; de 2 à 8 décimètres. Odeur forte, peu agréable.
Plante fort répandue dans les prairies sèches de toute la France, les pâturages, graviers herbeux, bord des haies et des chemins, venant dans toute espèce de sol, mais surtout dans les terrains secs et graveleux. Elle constitue l'une des plus belles plantes des prairies, oii, par ses larges feuilles, elle nuit toujours aux autres espèces, qu'elle compromet d'autant plus que le sol, meilleur pour elle, favorise davantage son développement; parfois même, elle iinit par les détruire entièrement en envahissant la totalité du sol. Offrant les propriétés et les avantages des autres espèces du genre, elle est mangée assez volontiers par les moutons et les chèvres, ce qui permet de la mêler, quelquefois utilement, aux fourrages maigres, aqueux, insipides.
.S. verbeiwca L., corolle courte, à lèvre supérieure courbée an sommet; feuilles iuciséescrénelées pinnatifides, les supérieures très éloignées des radicales, — commune dans les pâturages secs, sur les pelouses arides des coteaux calcaires, de l'Ouest, du Centre et du Sud-Ouest.
S. ciandeslhia VilL; S. horminoides Poiirr., fleurs bleues, lèvre inférieure blanche; corolle à lèvre supérieure en faux ; feuilles caulinaires sessiles, également espacées sur la tige ; odeur désagréable, — collines sèches, prés, dans tout le Midi et le Centre ; assez abondante.
S. glutinosa L. , fleurs jaunes; corolle à tube court, portant, à la base, 2 petites étamines rndimentaires ; feuilles ovales-hastées ; tige glutineuse, de .5 à B décimètres, — commune dans les lieux ombragés des forêts, les pâturages montagneux des montagnes du Centre et à\\ Sud- Est ; propriétés de la Sauge des prés.
LAUIJiES. 613
Corolle bilubici:, a li'vi'c suporiuni'L! drcsséo, plane, échaucrée. J'^Lariiines rlroites, divergentes, les iiirévleures plus longues. Anthères à 2 loges insérées plus on moins oblii|neuienl sui' un eonnectir dilalé à sa base.
Calice liilaljiii, volii à la Rorgc — Antlièvos à lofçes distinctos TiiYMl'S.
TIIY.MKI'.S
1,-, .. -, . ( l'alice vein il la fioi'ffe — Aiitlirros il loges distinctos. Origakvm.
presque cigales ) ,, ,. , i ^i . • i n ti
' ' " ! lalice nu a In goi'ge — Aiitlicves a loges soiuloc». Ilvssorrs.
Genre THYM. — THYMUS L.
Calice h 2 lèvres, la siipin'ienre rele\(ie, tvideutèe, l'inférieure bipartite; — corolle -a lèvre inférieure à 3 lobes presque égaux ; — aiilhcres ii 2 loges distinctes an sommet.
Thym commun, T. valgaris L.
Thi. FarifjoitlCj Frigoule, Miçjnoiisc des Ge'neeois^ Pouilleux, Pâte.
Fleurs ruses, petites, en gloméniles axillaires rapprocliés en épis courts, feuilles. Feuilles très petites, lanci'olées-linéaires, obtuses, roulées par les bords, blanebes pubescentes en dessous Tiges ligneuses, épaisses, courbées-ascendnntes, très rameuses, de 1 i\ 2 décimètres. Plante velue, d'une odeur assez foi'to, agréable; en touffe serrée.
Très commune dans les lieux secs du Jtidi, des Pyrénées, où les cbèvres la broutent quelquefois ; surtout butinée par les abeilles, et une de celles qui contribuent le plus il donner au miel de Narbonne les qualités qui le distinguent. Cette espèce est cultivée quelquefois dans les parterres en bordure ou comme plante d'assaisonnement.
Thym sebpollet, T. serpyllum L.
Thym sauvage, T. bâtard, Pillolet.
Fleurs roses, en gloméniles rapprochés, formant une tête globuleuse ou ovoïde. Feuilles très petites, obovées ou linéaires, planes, ciliées. Tiges herbacées, grêles, radicantes, très rameuses, à rameaux dressés, rapprochés, alignés; de 1 à 2 décimètres. Plante ii, odeur agréable, et gazon épais.
Espèce abondante dans toute la France, venant dans tous les lieux secs et stériles es)iosés au soleil, sur les friches ou pelouses des collines un peu arides, oii elle s'étale en beaux gazons : iîore, amère et aromatique, elle a été employée, comme les autres Labiées odorantes, pour préparer des infusions aromatiques cordiales et stimulantes ; cette plante, communiquant son odeur aux fourrages auxquels elle se trouve mêlée , est peu recherchée des auimaux , si ce n'est des moutons, des chèvres et des lapins. Dans le Larzac, les bergers ont soin d'en éloigner les brebis dont elle passe pour diminuer le lait. Les abeilles, surtout, aiment à liutiner sur le Serpollet, et c'est avec ses fleurs qu'on attire les essaims vers la ruche.
Par les différences qu'elle offre dans la forme, la grandeur des feuilles, la pubescence, celte espèce offre d'assez nombreuses variétés, dont quelques-unes, telles que le T. chamsdrys Frîes., est parfois considérée comme espèce.
Outre ces deux espèces principales et indigènes, on peut citer encore le T. hrrba barona Lois., propre à la Corse ; les T. masHchinu L., T. piperella L., T. capitnius Hoffm.. T. lanceolatus nesf. , etc., propres il l'Espagne et il l'Algérie, oii leur présence se fait remarquer, dans une vaste
614 ■ LADIÉliS.
(Stendue, sur jiresqtic tous los sols et diins toutes les [irovinecs, surtout dans les rûgions du Sud et dans les lignes du Sahara, où, alternativement avec le Halfa, ces plantes occupent des espaces très grands ; venant de préfiirenoo dans les parties basses do ces immenses contrées appelées hauts l>lateuvi, elles sont utilisi'es communément h l'alimentation des chevaux en expédition dans les régions sahariennes. L'usage fréquent et soutenu des Thyms provoque même des hématuries et (luelquefois des inflammations graves des intestins, des reins et de tout l'appareil génito-urinaire, ainsi que nous avons eu plusieurs fois occasion de l'observer, notamment pendant les expéditions sahariennes de 1843 à ia47, et de 1851.
Genre ORIGAN. — URIGANUM T.
Calice à ô dents presque égales ; — cotoUb à tube comprimé, à lèvre inférieure k 3 lobes égaux ; — anthères à 2 loges distinctes au soromet.
Origan commun, 0. vulgare L.
Marjolaine sauvage, M. bâtarde, M. d'Angleterre, Pied-de-lit.
Fleurs rosées, petites, pourvues de bractées rougeâtres, dépassant le calice, eu épis ovoïdes, formant par leur ensemble une paniculo étroite. Feuilles pétiolées, assez grandes, ovales-lancéolées, arrondies à la base, velues en dessous. Tige dressée, ramense au sommet, velue, de 3 à (i décimètres. Plante vivaoe, à odeur forte et suave.
•lolie plante commune dans toute la France, venant dans les lieux incultes, sur toutes les pelouses sèches de montagnes, dans les clairières et à la lisière des bois, le long des haies, des buissons et des chemins, quelquefois assez abondante pour former dans certains herbages des touffes qu'il faut détruire. Malgré sa forte odeur, tous les bestiaux, sauf peut-êti-e les vaches, la mangent verte ou sèche, sans la rechercher toutefois. Jouissant des propriétés stomachiques et stimulantes de la famille, elle est assez souvent employée dans quelques contrées du Nord comme condiment dans les usages culinaires, et quelquefois en guise de thé ou de tabac. On eu utilise anssi les sommités fleuries à la place du houblon, dans la fabrication de la bière ; enfin, on l'emploie pour teindre la laine en rouge, f on huile volatille est employée aussi pour calmer les douleurs de dents.
Suivant le plus ou moins de longueur des épis, on distingue plusieurs variétés de cette plante. On en a décrit aussi une autre espèce indigène :
Le 0. virens HoflFm. et Link, fleurs blanches, — propre aux montagnes du Centre.
On cultive, en outre, dans les jardins : — la I\Iarjolaine (0. majorana L.), à odeur et propriétés irritantes prononcées, employée en infusion ou en fumigation, et quelquefois utilisée, dans le Nord, comme plante d'assaisonnement ; — le Dictame de Crète (0. dictamnus L.), plante des plus élégantes par la couleur pourpre de ses bractées.
Genre HYSSOPE. — HYSSOPUS L.
Calice obconique, à o dents étalées ; — corolle à tube courbé ; lèvre inférieure à lobe moyen plus grand, eu cœur ; — anthères ;i loges très divergentes, soudées au sommet.
Hyssope officinal, h. officmalis L.
Fleurs bleues, en glomérules rapprochés en épi terminal feuille, avec bractées linéaires. Feuilles presque sessiles, lancéolées-linéaires, obtuses, fortement ponctuées-glandnleuses, avec feuilles axillaires beaucoup plus petites. Tiges multiples, hgneuses à la base, à rameaux nombreux, très feuilles, de 2 à 6 décimètres. Odeur forte et agréable.
LABrÉES. 615
Croissant Biioiitunérnciit iliins les niuiitii^çncs et lioiix »cc8 rlii niiili de l'Hiiropc, sur le» iiiiirs en ruines, cotte plante, cultivée dans licanconij tic jardins, iiossi'de les iiroiiriété» iimércB et excitantes dos eapi'ccs aromati(|iics de lu famille; jonissnnt autrefois de la plus (çrande rdputntjoii comme plante médicinale, elle remplace encore communément l'absintlic dans la liipiciir de ce nom. Dans les jardins, on la cultive en bordure dans des terres léf;crc8, soit ])Our l'usage de» confiseurs et dos liquoristes, soit pour la noui'rituro des lapins. Coupée avant la floraison, c'està-dire on mai ou au oommenoemont de juin, elle peut donner une seconde récolte, permettant d'avoir i)Our tout l'iiiver, pour les moutons, les oliévres, etc., une Ijcrbo aromatique et salutaire qui corrige avauta;^eusemeut les inconvénients du régime de la saison. Coupé:e fraîclie et môlée à de la paille coupée aussi, elle communiquerait à colle-ci ses propriétés aromatiques et en ferait m\ excellent fourrage que rccherelieraicnt tous les animaux.
//. nrislatus God ; bractées et dants du calice fortement aristées, — roclicrs du Roussillon.
r» Tribu. — T BU CRIÉES.
Coj'oUe presque unilabiée. Etaiiiines parallèles, e.xsertes, les inférieures plus longues. Anthères à loges opposées bout à bout, et s'ouvrant par une fente longitudinale commune.
! Corolle à It'.vre supérieure pq. nulle, avec anneau de poils intérieur.. A.iuGA. , Corolle à lèvre supérieure bipartite, sans anneau de poils Tkucrium.
Genre BUGLE. — AJUGA L.
Calice court, à ,5 dents presque égales ; — corolle à tube droit pourvu d'un anneau de poils intérieur, à lèvre supérieure très courte, presqiie nulle, l'inférieure allongée, trifide, à lobe médian échaneré en cœur ; — akènes ridés, glabres.
BuGLE RAMPANT, A. rcptans L.
Consoude moi/enne. Herbe de Saint-Laurent-, Ive.
Fleurs bleues ou violacées, en glomérules formant un épi allongé, interrompu à la base, avec feuilles florales colorées, sessiles. Feuilles pétiolées, oblongues-obovées, les radicales plus grandes, étalées sur le sol, persistantes, les supérieures à paires écartées. Tige simple, velue sur deux faces opposées alternant d'un nœud à l'autre, émettant à la base des rejets stériles rampants ; de 15 à 25 centimètres. Vivace. — Plante astringente, aromatique.
Espèce venant dans toute la France, et très commune dans les bois, prés, pâturages, lieux herbeux et ombragés en général. Elle est mangée par tous les bestiaux et plus particulièrement par les moutons et les vaches, auxquels elle offre un fourrage précoce et tonique qui leur est favorable.
A. genei'ensis L., fleurs eu épi allongé, interrompu dans presque toute sa longueur, iv feuilles florales trilobées; les eaidinaires moyennes plus larges, crénelées; les radicales dressées, détruites à la floraison ; tige sans rejets stériles, velue sur les 4 faces, de 1 à 3 décimètres, — également fort répandue, sur les coteaux secs, au bord et dans les clairières des bois, dans les pâturages, où les animaux la mangent.
616 ' r.ABiÉEs.
A, iiiirninii{ali:i L,, Heurs petites, on t^pi court, dense, de forme pyramidale; tenilles canlinaires sessiles; de K à 15 centimî'tres , — Pyrénées, Alpes, montagnes du Centre; dans les bois et pâturages secs, où elle abonde souvent et où tous les bestiaux la mangent.
BrGLE FAUX-PIN, A. cliamœpyi.is Schveb.; Teucrium chammpyti!: L.
h'ette musquéf, i>elUe hette.
Fleurs jaunes, solitaires. Feuilles linéaires, les inférieures entif'res, pétiolées, les supérieure.^ sessiles, tripnrtites, il segments linéaires et divergents. Tiges multiples, herbacées, couchées, rameuses dès la base, de 5 à 15 centimètres. Annuelle. Odeur prononcée de résine.
Plante venant dans les champs en friches, après les moissons, de terres maigres et calcaires ; sur les pelouses des coteaux. Elle est mangée, sans être bien recherchée, par les bestiaux et passe pour prévenir la nourriture des moutons.
A. iva Sch., fleurs jaune-doré, assez grandes ; feuilles toutes sessiles, linéaires ; tige ligneuse il la base, à rameaux couchés ascendants, de ,5 ii 1 5 centimètres ; — coteaux de la région méditerranéenne.
Genre GERMANDREE. — TEUCRIUM L.
Calice parfois bossu à la base, à 5 divisions, la supérieure quelquefois plus large, en lèvre distincte; — corolle à tube court, nu, la lèvre supérieure courte, bifide, figurant un limbe unilabié à 5 lobes; — étamines sortant par la fente de la lèvre supérieure ; — akènes lisses. — Espèces aromatiques et d'une amertume prononcée.
I Calice bilabié — Fleurs solitaires, en grappes terminales . !
( Massiliensc
Fleurs solitaires, en grappes terminales !
( Pscutlo-chnmri/
TEUCRIUM./ I p-,^^,, géminées, à l'aisselle des feuilles . . . i ^'■O'"""'
( Sccirdinittc^
i Feuilles pinnatifides Botrvs / CHAM/EDRÏS teuules ovales, crénelées. < Lucidum ( Ftaviim
Feuilles entières MinDii
Pyrenaicdm
AUREDM
Fleurs en capitules terminaux / Montanum
POLIUM Capitutitm
Germandrée sAUVACrE, T. scorodonia L.
Germaiidrée des bois. Sauge des bois. Sauge des montagnes. Sauge sauvage^ Baume sauvage,
Faux Scordium.
Fleurs d'un jaune vei'dâtre, solitaires, en grappes allongées, non feuillées. Calice très bossu à la base, à division supérieure suborbiculaire, les inférieures courtes, aristées. Feuilles pétiolées, ovales, en cœur à la base, crénelées. Tiges rameuses, de 3 à 5 décimètres. Odeur forte de houblon.
Herbe commime dans toute la France, venant dans les clairières et au bord des bois montagneux, dans les haies, les broussailles, et les prés secs, où elle abonde parfois, mais est dédaignée des bestiaux.
ilys 1,.
Sihiel).
Sihrpb.
GeRMANUIIiSh AQUATIOIIIi, T. srurdiviii 1^. Gi'rmandrtU'. d'eau, G, ilt' maraiit, CtianiarniHj Mnrum.
Fleurs rosées, géminées, l'i l'aisselle dos l'ouillos siipériouros. Fenillos scssilu», luncéolécs, profoiidémeiit orénoléos, les cmiliiiaires arroTiilies ii la base, piiboscentos. Tiges conchées-asceiidantos, radioantes à la hase, rameuses, tri'S foiiilléos, de I à 2 décinii;tres. Soiiclie émettant des stolons foliacés et florifères. Odeur alliacée.
Espèce coramime dans toute la France, vouant dans les lieux linniidcs, au bord dos fossés , des mares et des étangs, dans les prés marécageux. Tous les animaux la dédaignent, et quand la faim oblige les vacbes à. la brouter, elle communique à leur lait une odeur désagréable.
T. hotnjs L., fleurs rosées en gra|ipes fouillées ; feuilles bipinnatifldes, à segments linéaires ; tiges couchées-ascendantes, de 1 ii 2 décimètres ; odeur désagréable, — commun partout, dans les lieux sabiounonx et caillouteuy, les cliamps des collines calcaires, les prés secs.
Ger.mandrée PETiT-CHÈNE, T. cliamxdnj.s L.
Germandrée officinale. Chénette, Cheneau, Calamandrier, Sauge amèrc. Herbe dex fièvres.
Tltcriaque d'Angleterre.
Fleurs rosées, eu grappe allongée, dense, fouillée. Calice rougefitre. Feuilles petites, brièvement pétiolées, oviiles, fortement crénelées, consistantes, luisantes en dessus. Tiges coucliéesascendantes, nues et presque ligneuses :i la base, très rameuses, gazonuantes, de 1 à 2 décimètres, à souche émettant des stolons filiformes. Plante poilue, peu aromatique, très amère.
Commune dans toute la France, venant sur les coteaux secs exposés au midi, au bord des bois et des buissons, dans les friches et sur les pelouses arides, où les moutons la pâturent volontiers, et chez lesquels elle contribue à prévenir la cachexie. Son amertume la fait employer comme fébrifuge, à la place notamment de la petite centaurée ou delà camomille, en infusion théifonne ; très bonne pour les grands animaux.
T. mamm L., fleurs en grappes courtes; feuilles très petites, sessiles, entières, blanches tomeuteuses en dessous ; tige dressée, de 3 à 5 décimètres ; odeur camphrée, — commune dans les lieux seos de la région méditerranéenne.
T. pj/renaicum L. , fleurs roses etjannes, en capitules denses, entourés de feuilles rapprochées ; feuilles brièvement pétiolées, orbicnlaires, en cœur à la base, crénelées ; tiges nombreuses, radicautes, très rameuses et fouillées, de 1 à 2 décimètres ; très velue, — rochers et pelouses sèches des Pyrénées.
T. atireum Sohreb., fleurs jaunes ou blanches, en capitules serrés, couverts d'un tomentum abondant, jaune-doré; feuilles petites, oblongues, crénelées; tiges ligueuses, rameuses, de 1 à 2 décimètres; toute la plante blanche-cotonneuse, d'une odeur forte et agréable, — tons les coteaux secs du Midi, des Alpes.
T. montanum L., fleurs d'un bleu jaunâtre, en capitules serrés, déprimés; feuilles linéaires oblongues, entières, consistantes, luisantes, blanches en dessous; tiges nombreuses, courtes, étalées en cercle sur le sol; odeur agréable, — - lieux sablonneux, coteaux calcaires et arides.
T, poUum L., fleurs en capitules longuement pédoncules, formant une gi-appe corymbiforme : feuilles linéaires, crénelées ; tiges courtes, ascendantes ; plante blanche-cotonneuse, d'une odeur forte, agréable, — graviers secs, coteaux calcaires du Midi.
8» Tribu. — ÎVIEîNTHEiES.
Corolle infundibnliforme , à tube court, à 4.5 lobes non disposés en •2 lèvres. Etamines presque égales, dressées, divergentes. Anthères toutes a 2 loges parallèles, s' ouvrant en long.
1 Calice à 4 dents concaves — Akènes arromlis au sommet Pkeslia .
MENTHÈES. , , , ^ ,,
) 14 etam. tevtilos — Akènes arrondis an sommet. Mentiia
' Calice k 5 dents planes j
( 2 étamines fertiles — Akènes tronqucSs .... Lycopu.s .
Genre PRESLIE.
PRESUA Opitz.
Calice à 4 dents concaves et aristc5es en dessous du sommet ; — corolle a 4 lobes égaux et entiers; — akènes lisses, oblongs.
P. reroina Fres., Mentha cenina L., Heurs roses, en glomérules écartés, formant un épi feuille; feuilles sessiles, linéaires-lancéolées, entières, glabres; tiges couchées-ascendantes, de 1 il 4 décimètres ; vivaco, — lieux humides de la région méditerranéenne.
Genre MENTHE.
MENTHA L.
Calice à 5 dents presque égales, planes, aiguës ; — corolle à 4 lobes, le supérieur souvent éohancré ; — étamines égales, incluses ou saillantes ; — akènes lisses, ovoïdes, arrondis au sommet. — Feuilles dentées; — souclic traçante produisant une ou plusieurs tiges. — Espèces toutes herbacées, vivaoes et à odeur aromatique prononcée.
Genre comprenant un certain nombre d'espèces, communes partout, et venant principalement dans les lieux humides, au bord des eaux, croissant même dans l'eau où souvent elles vivent ensemble. Toutes répandent une odeur forte et particulière assez agréable, et ont une saveur chaude et piquante ne déplaisant pas au goût. Possédant au plus haut degré les propriétés excitantes et toniques de la famille, donnant une huile essentielle très aromatique, elles sont fréquemment utilisées dans la pharmacie et dans les arts. Beaucoup trop communes dans les prés, les Menthes constituent toutes de mauvaises plantes fourragères, que les bestiaux mangent sans les rechercher, et qui peuvent être utiles cependant quand elles se trouvent mêlées à des plantes aqueuses et sans saveur. EUes passent pour nuire au lait des vaches qui en mangent, ce que l'on peut concevoir seulement quand les Menthes sont prises avec excès. — Peu fixes dans leurs caractères, les diverses espèces de Menthes offrent toutes plusieurs variétés, se distinguant par la forme , l'état , le plus ou moins de pubescence des feuilles , ce qui , joint à la facilité avec laquelle ces espèces se mélangent les unes aux autres par l'hybridation, i-end très difficile leur détermination exacte. — Ci-après le tableau de celles offrant le plus de fixité et qui sont le plus généralement admises :
Calice bilabié, velu à la gorge — Tiges couchées ! PUIEGll'M
MENTHA.
[Calice régulier, nu à la gorge
Fleurs en glomérules axillaires. \ Jig^s couchée Axe floral terminé par un faisc. { de feuilles — Feuill. pétiolées f Tige dressée.
Feuilles pétiolées
Fleurs en épi non surmonté
d'un faisceau
de feuilles — Tige dressée^Feuillesi^"'^'''- li"é^"'«s
1 sessiles | Bractées ovales
Rfquienii
Bciitli.