NUMÉRO PREMIER
Le vase dit aux tabatières,
La pièce à laquelle on a donné ce nom est une de celles qui offrent le plus de ressources dans les tours. Elle sert dans un grand nombre et elle est un des plus nouveaux instruments dans la magie blanche.
Ce vase est en cuivre ou en fer-blanc peint en dehors. Son volume n'est pas déterminé; on le fait assez grand pour le théâtre. Pour le salon , voici à peu près la dimension qu'on lui donne.
li a 12 centimètres de hauteur, sur 9 à 10 de diamètre ; sa forme est cylindrique , sauf quelques filets en relief, ou autres moulures que l'on façonne à l'extérieur dans le bas, pour l'orner, et qui en rompent le parallélisme des côtés.
A ce vase on enjoint un autre de 6 ",k 1 centimètres de hauteur.
Ce dernier vase est double : il est formé de deux: cylindres d'égale hauteur, dont l'un entre dans l'autre.
Le cylindre intérieur est plus étroit que l'extérieur d'environ o millimètres, afin qu'il y ait dans le bas, et tout autour, un espace que forment naturellement les 5 millimètres de moins qui manquent au diamètre de la partie qui entre dans l'autre. Mais , dans le haut, les deux parties se rapprochent , se joignent, et on les-
soude. On amincit le bord de manière qu'il ne paraît que de l'épaisseur d'une seule feuille de fer-blanc à peu près. C'est à cette partie de l'intérieur qu'est placé le fond.
On met ce dernier vase sur le premier dont j'ai parlé. Ce premier vase entre par son épaisseur dans celui qui est double, en se fburranttdans l'espace qui existe entre les deux parties de ce dernier; il entre jusqu'au fond , c'est-à-dire dans toute la hauteur du double vase, qui, étant placé, ne change rien à la forme du premier, et tous deux, étant réunis ensemble, paraissent n'en faire qu'un. Ce vase est fixé sur un piédouche.
Il serait avantageux de bien comprendre cette con? struction, parce que c'est un système qui s'applique à beaucoup de pièces de physique amusante.
On a vu, par la différence de hauteur qu'il y a entre ces deux vases , qui s'incorporent ensemble, qu'il doit y avoir entre leurs deux fonds assez d'espace pour y loger un oiseau, une montre ou une tabatière, tous objets dont on se sert dans certains tours. Le vase est percé d'un trou dans toute sa hauteur, pour les cas où on se servirait d'un oiseau que l'on y renfermerait. Ce* trou a quelques millimètres de diamètre, et est placé au milieu.
Nous avons encore une pièce à décrire pour compléter ce vase : c'est son couvercle, dont la profondeur est égale à la hauteur de la partie qui est double , sans compter le dessus de ce couvercle, qui est en forme de
dôme, surmonté d'une boule aussi percée comme le
reste du vase.
Ce couvercle doit entrer très-aisément : quand on veut l'enlever seul , on ne serre pas avec les doigts ; quand on veut enlever avec, la partie double, on serre.
On remarquera que la construction de ce vase ne diffère guère de celle des boîtes au sucre et au café que sur la différence de hauteur et de profondeur de chacune des parties qui les composent , ce qui vient à l'appui de ce que je disais plus haut sur ce système de construction.
J'ai oublié de dire que la partie supérieure du piédouche, qui forme le fond du vase , est aussi bombée en dehors, pour donner plus d'étendue à l'espace qui se trouve entre lui et le fond de la double partie ; cequi permet de mettre une plus grande quantité d'objets.