A L. DE V
Le feu divin qui nous consume Ressemble à ces feux indiscrets Qu'un pasteur imprudent allume Au bord des profondes forêts :
Tant qu'aucun soufiQe ne F éveille, L'bumble foyer couve et sommeille; Mais s'il respire l'aquilon, Tout à coup la flamme engourdie S'enfle, déborde, et l'incendie Embrase un immense horizon !
O mon âme ! de quels rivages Viendra ce souffle inattendu ?
Sera-ce un enfant des orages.
Un soupir à peine entendu?
Viendra-t-il, comme un doux zéphyre, Mollement caresser ma lyre.
Ainsi qu'il caresse une fleur ?
Ou, sous ses ailes frémissantes,
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Briser ces cordes gémissantes Du cri perçant de la douleur ?
Viens du couchant ou de Taurore, Doux ou terrible, au gré du sort :
Le sein généreux qui t'implore Brave la souffrance ou la mort.
Aux cœurs altérés d'harmonie Qu'importe le prix du génie?
Si c'est la mort, il faut mourir!...
On dit que la bouche d'Orphée, Par les flots de l'Hèbre étouffée, Rendit un immortel soupir.
Mais, soit qu'un mortel vive ou meure, Toujours rebelle à nos souhaits, L'Esprit ne souffle qu'à son heure.
Et ne se repose jamais...
Préparons-lui des lèvres pures.
Un œil chaste, un front sans souillures, Comme, aux approches du saint lieu, Des enfants, des vierges voilées, Jonchent de roses effeuillées La route où va passer un Dieui
Fuyant les bords qui l'ont vu naître,
De Laban l'antique berger^
Un jour, devant lui vit paraître
Un mystérieux étranger.
Dans l'ombre, ses larges prunelles