‹ Nouvelle méditations poétiques: avec commentairesChapitre 21 sur 74 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie ; Des rapides printemps respire au moins les fleurs; Aux chastes voluptés abandonnons nos cœurs ; Aimons-nous sans mesure, ô mon unique amie !

Quand le nocher battu par les flots irrités Voit son fragile esquif menacé du naufrage, Il tourne ses regards aux bords qu'il a quittés, Et regrette trop tard les loisirs du rivage.

Ah! qu'il voudrait alors, au toit de ses aïeux, Près des objets chéris présents à sa mémoire, Coulant des jours obscurs, sans périls et sans gloire. N'avoir jamais laissé son pays ni ses dieux !

Ainsi l'homme, courbé sous le poids des années. Pleure son doux printemps qui ne peut revenir. « Ah! rendez-moi, dit-il, ces heures profanées! O dieux! dans leur saison j'oubliai d'en jouir. » Il dit : la mort répond ; et ces dieux qu'il implore Le poussant au tombeau sans se laisser fléchir.

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