XIII'. CLASSE
Les Apétales a fleurs unisexuelles.
Nous avons rapporté à la ti'eizième classe tous les végétaux herbacés ou ligneux dont les fleurs sont apétales, d’un seul sexe , et rarement hermaphrodites. Cette classe se compose de cinq familles comme dans la quinzième classe de la méthode de Jussieu ; savoir : les cucurbi lacées, les euphorbiacées , les urlicées ,
les amentacees et les conifères. Par ce nouvel arrangement nous évitons de nous servir deux fois du ternie amentacees , pour désigner la classe de Tournefort, et la famille de Jussieu.
On pourra nous faire un reproche d’avoir placé ici les cucurbltacées , à l’exemple de Jussieu ; mais nous nous sommes décidés à cette transposition, i°. Parce que l’enveloppe florale considérée par Tournefort comme une corolle monopétale, devient marcescente, qu’elle persiste à la manière d’un calyce, que l’enveloppe la plus externe doit être envisagée comme des bractées oti feuilles florales qui accompagnent la fleur, en font partie, tombent avec elle , et par chûte laissent le péi’icarpe à nu : 2°. Parce que les fleurs étant d’un seul sexe , formeroient une exception dans nos trois premières classes, dont les fleurs sont toutes hermaphrodites.
Comme les amentacées et les conifères constituent une classe naturelle dans la méthode de Tournefort, nous allons donner les caractères qui distinguent ces deux familles, en commençant par les amentacées.
i". Germination. Endospernie nul , embryon droit.
2°, égétation. Tous arbres rarement résineux , écorce épaisse , rugueuse , feuilles
alternes, stipulacées , deux stipules axillaires, caduques ou persistantes , boutons coniques et écailleux.
3". Fructification. Fleurs mâles , disposées en chatons composés seulement d’écailles portant les étamines, ou bien de calyce monosépale , portant écailles et étamines , nombre variable d’étamines, anthères à deux loges.
Fleurs femelles ou solitaires , ou en faisceaux ou en chaton , ayant une simple écaille , ou un vrai calyce , ovaire presque toujours libre, plusieurs stigmates , péricarpe osseux ou membraneux , à une ou plusieurs loges , à une ou plusieurs graines, et en nombre égal à celui des ovaires.
Les conifères se reconnolssent , i Germination. Embryon cylindrique au centre d’un endosperme charnu , cotylédons se divisant en plusieurs lanières, les polycotylédons.
2”. égétation. Arbres ou arbrisseaux dont le suc propre est le plus souvent résineux , et les feuilles acéreuses et persistantes, fleurs monoïques ou dioïques.
5”. Fructification. Fleurs mâles, disposées en chatons , munies chacune d’une écaille et souvent d’un calyce , étamines distinctes ou monadelphes , en nombre déterminé ou indé-
terminé, placées ou sur le calyce, ou sur l’écaille. •
Fleurs femelles ou solitaires , ou rapprochées en tète , ou disposées en cône formé d’écailles serrées , nombreuses et imbriquées , calyce monosépale , ou une simple écaille , ovaire simple , double ou multiple , stigmate en nombre égal à celui des ovaires sessiles ou portés sur un style. Le fruit est un cône, ou réunion sur un axe commun de petits fruits imbriqués, monospermes, quelquefois charnus, plus souvent membraneux ou osseux.
Nous croyons devoir faire observer que dans les plantes dicotylédonées , nous avons cherché à employer les divisions que Tournefort avoit adoptés dans sa méthode , afin de faire valoir sa distribution dont la simplicité peut faciliter beaucoup l’élude des plantes.
Il n’en sera pas de même des mono et acotylédonées, pour les ranger. Nous avons été obligés de nous écarter entièrement de la méthode de Tournefort ; ce célèbre botaniste français, que l’on regarde avec raison comme le père de la botanique , a applani les difficultés pour arriver à l’étude des végétaux , et a préparé la révolution qui devoit s’opérer par le génie de Linneus , et par les nouvelles connoissances acquises sur l’organisation interne
Jes végétaux ; mais toutes les découvertes modernes n’ayant été bien constatées qu 'après la mort de ïournefort, lequel a été enlevé aux sciences naturelles dans la force de lage par un fatal accident , ce savant botaniste n’a pu perfectionner sa méthode ; il en est résulté que les graminées sont restées avec les apétales , lés liliacées avec les corolles polypétales régulières, et les orchidées à côté de la violette, de l’aloè's et de la capucine. Il étoit donc essentiel , d’après les caractères bien connus des monocotylédonéés , de les réunir toutes ensemble.
Ces caractères principaux sont : i°. Dans la présence d’un seul cotylédon pour chaque graine , dans la gei’mination qui ne développe qu’une seule feuille séminale placée latéralement.
2°. Dans l’organisation interne de leur tige , elle est composée des deux organisations cellulaires et tubulaires, comme dans les dicotylédonées. Mais la direction des vaisseaux se fait seulement de la base au sommet; on ne trouve plus de couches concentriques, de radiations médullaires, ni de canal médullaire, la partie la plus dure est à l’extérieur , toute la tige est formée de longs filets ligneux, de moelle disséminée entre les fibres dont les plus internes sont les plus jeunes, les plus molles et les
plus flexibles, et dont les plus externes sont les plus anciennes et les plus ligneuses. .
3“. Danÿ leurs feuilles dont les nervures sdnt simples et rangées longitudinalement à côté les unes des auU'es , aussi il existe peu de difi’érence dans leurs feuilles.
4^. Dans les fleurs qui sont presque toutes incomplettes, c’est-à-dire, munies d’une seule enveloppe florale.
Dans les monocotylédonées , nous avons formé deux classes très - distinctes l’une de l’autre, et par conséquent il est impossible de les confondre , pour peu qu’on étudie leui’S caractères.