‹ Nouvelle méthode de langue française [microforme]Chapitre 4 sur 366 · DIRECTIONS PÉDAGOGIQUES · texte numérisé non relu

DIRECTIONS PÉDAGOGIQUES

Cet ouvrage présente, sur la page de gauche, le texte même du livre de l'élève, et sur la page de droite, les directions pédagogiques, les modèles de leçons et les développements de devoirs propres à faciliter la tâche de l’instituteur.

Ce n’est pas que nous ayons songé, en composant ce Livre du Maître, à supprimer la préparation des leçons et des devoirs se rapportant à l'enseignement du français. nous avons voulu s-ulement, par des indications précises, par des explications détaillées, rendre plus facile et aussi plus efficace cette préparation nécessaire au succès des leçons. Quiconque sait quelle lourde tâche elle impose aux instituteurs, notamment à ceux qui dirigent une école ayant plusieurs cours, approuvera que les auteurs d'une méthode par endroits aussi nouvelle que la nôtre, ne laissent pas tout à faire aux maîtres quand il s’agit de l'appliquer. Nous leur devions un secours dans l'intérêt de cette méthode même.

Il leur restera encore assez à faire pour bien approprier les exercices-types que nous leur propôsons à des élèves

dont le degré de développement varie suivant tant de circonstances.

Ce qu’il importe tout d’abord de soutenir, c’est que ce livre n'est pas une Grammaire, c’est un: Cours de Langue française, dont les diverses parties ont leur valeur propre et fournissent par elles-mêmes un enseignement, mais

sont coordonnées de façon à constituer une leçon d’ensemble, que domine bien entendu la leçon grammaticale.

Si nous prenons par exemple, les deux pages qui concernent l’adjectif (p. 28 et 29), il est facile d’apercevoir que,non seulement les Exercices sur la leçon s’y rapportent, ce qui va sans dire, mais aussi la Dictée. Tout en restant une dictée, qui a pour objet spécial d’enseigner à écrire correctement les mots qui peuvent utilement être appris dans une quinzième dictée, elle a un autre but: celui de faire faire connaissance avec des adjectifs usuels qui viennent compléter ceux du Vocabulaire. De son côté, le Vocabulaire porte aussi sur une catégorie d’adjectifs concernant les couleurs ; et ces adjectifs : pur, docile, etc., l'enfant les retrouve dans la Récitation, où ils sont enchâssés.

Il y a lieu de penser qu'en raison de ce quadruple effort, l'enfant, avant de passer à l’étude du genre dans les adjectifs, aura bien acquis la notion de la nature et de la fonction de cette espèce Fr. mots.

S'il en était autrement, l’instituteur devrait, au moyen de quelques exercices supplémentaires qu’il trouvera dans le livre du maîtie, assurer ce résultat indispensable. Nous n’abordons, en effet, un nouveau sujet que quand nous sommes sûrs de pouvoir nous appuyer sur ce qui a été étudié précédemment. Dans les méthodes ordinaires, le lien n’est pas aussi rigoureux ; avec celle-ci au contraire, ce serait, comme en arithmétique, compromettre le succès que de passer à une nouvelle étude avant quel’élève possède ce qui doitla rendre possible. On n’aborde pas la soustraction quand l’addition n’est pas sue. La même précaution est nécessaire ici, et il ne faut pa:, pour s’en affranchir, compter sur la connaissance pratique que l'élève peut avoir de la langue.

Gravures. — La page de l'élève s'ouvre par une gravure, où l’artiste, tout en cherchant à donner des

ne les

tableaux capables de former le goût des enfants, s'est gardé de les charger de trop de détails.

On a pensé qu’à l’école, la gravure doit être, nor seulement regardée, mais lue et parlée. Il faut donc qu’elle soit claire, et que les choses représentées soient assez connues de l’enfant pour qu'il s’y intéresse et traduire ce qu’il voit par des paroles.

De la sorte, ces vignettes deviennent d’un précieux secours pour les Exercices de Langage, qui doivent occuper une si large place dans l’enseignement aux cours inférieurs de l’école primaire. En les faisant étudier aver méthode, les maîtres amèneront les élèves à employer spontanément une partie des mots qu'ils trouveront dans le texte de la lecture ou de la récitation ou dans le vocabulaire de la même page.

Il n’est pas besoin de recommander davantage une méthode seule adoptée aujourd’hui pour les langues étrangères, mais qui n’est pas moins nécessaire et fructueuse quand on l’applique à la langue maternelle.

Exercices de Langage. — On ne saurait, en effet, trop faciliter aux maîtres la tâche aussi difficile qu’importante qui consiste à exercer les enfants à parler.

Assurément toutes les leçons, tous les exercices scolaires peuvent concourir à ce but, surtout si le maître se fait une règle de n’appeler au début l’attention des enfants que sur ce qu'ils peuvent bien voir, bien comprendre, et s’il fournit toutes les explications propres à donner de la précision aux idées ainsi acquises.

Mais il est utile aussi d’organiser des causeries spéciales où les élèves soient méthodiquement exercés à observer, à réfléchir, à faire appel à leur mémoire, et par suite à exprimer le résultat de ieur activité intellectuelle.

C’est d’abord par l'observation directe des choses qui l'entourent que l'enfant acquiert des idées. Le maître devra donc mettre sous les yeux des élèves, les objets

qu'il veut leur apprendre à connaître et au sujet desquels il cherche à les faire parler : c’est le moyen de donner immédiatement une notion précise des mots employés et aussi d’habituer l'enfant à toujours se rendre compte de ce qu’il dit. Pour cela, les premières séries de mots du vocabulaire sont composées de termes se rapportant à des choses que l’écolier en classe peut montrer et toucher.

Lorsqu'il faut sortir du cercle des choses scolaires, les gravures permettent l'observation indirecte d'objets appartenant à un domaine encore familier à l’enfant : la maison, la famille, etc. Par là, on le prépare à penser à des choses qu'il n’a plus sous la main et à en parler cependant avec exactitude.

Peu à peu, on arrive à le faire parler sur des choses absentes, mais dont sa mémoire lui fournit déjà l’image et le nom.

Enfin si, sur toutes les idées ainsi acquises et sur les signes qui les représentent dans la langue, l’instituteur prend soin de poser quelques questions qui exercent le jugement et le raisonnement de son élève, non seulement il l’instruit, mais il lui prépare un développement harmonieux de l'esprit.

La difficulté est, au début, d'amener l’enfant à parler. On n’en triomphe qu’en lui posant des questions si simples que la réponse s'impose et ne puisse lui échapper. Dans les premières leçons même, l'élève doit pouvoir formuler sa réponse en reprenant une partie des mots de la question. Mais aussitôt que possible, on prendra soin de ne pas l’enfermer dans la phrase qu’il trouve toute faite ; non seulement on lui permettra de s’en écarter, mais on acceptera avec plaisir qu’il traduise autrement l'idée, puisque s’il la dit d’une manière à lui, c'est qu’au lieu de répéter des mots, il montre qu’il a compris et les choses et les mots.

Il est bon d'habituer l'élève à répondre par des phrases complètes, et non par des mots isolés ou par la fin d’une proposition trop complaisamment commencée par le maître.

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