ET LA LÉGENDE DE CADMOS
ARES
ARES
ET
APHRODITE
Il semble bien que de tout temps, le beau sexe se soit senti attiré d’une façon particulière vers les guerriers. La mythologie grecque nous en fournit un exemple dans la personne d’Aphrodite, déesse de l’amour, et dans celle d’Arès, dieu de la guerre. Suivant certains auteurs, Aphrodite aurait été l’épouse d’Arès. D’autres, au contraire, lui donnent pour mari Héphaistos, dont Arès aurait été 1 heureux rival. Le poète de
Arès, Aphrodite et Eros.
D apres le tableau de Paris Bordone. Palais Doria, Rome.
(Phot. Alinari, Florence.)
l’Odyssée raconte « les amours d’Arès et de la belle Aphrodite qui s’unirent en secret dans le palais de la déesse. Arès fit de nombreux présents et déshonora la couche d’ Héphaistos. Mais Hélios (le Soleil) les vit et vint l’avertir. Aussitôt qu’il eut oui ce douloureux message, Héphaistos trama de mauvais desseins au fond de son cœur. 11 gagne sa forge, dispose une forte enclume et dispose des liens qu’on ne peut ni dénouer, ni déplacer, ni rompre. A peine, plein de courroux contre Arès, a-t-il préparé l’artifice, qu’il rentre dans la chambre nuptiale ; il suspend en cercles ces inextricables liens, qui, invisibles même aux dieux, descendent des poutres, et déliés comme des fils d’araignée,
enveloppent sa couche. Alors, il feint de se rendre à Lemnos, ville superbe qu’il chérit le plus sur la terre. Arès ne l’a pas épié en vain ; il l’a vu s’éloigner, il accourt à son palais, enivré des désirs que lui inspire la belle Cythérée. La riante déesse est assise et vient de visiter son puissant père. Arès pénètre dans sa demeure, lui prend la main et lui adresse ces paroles :
Viens ma bien aimée, allons nous mettre au lit. Héphaistos n’est plus parmi nous, et sans doute il est déjà dans Lemnos chez les Sintiens au langage barbare.
11 dit : et il semble doux à la déesse de dormir avec lui. Tous deux montent sur la couche et soudain les filets, habilement préparés par l’ingénieux artisan, se répandent à ('alentour. Ils ne peuvent ni se dégager, ni se mouvoir, et ils comprennent qu’il n’y a point pour eux de fuite. » Héphaistos revenu sur ces entrefaites, convoque tous les dieux à assister au spectacle des deux amants pris au piège. Il s’écrie : « Puissant Zeus, et vous bienheureux immortels, accourez, venez rire et vous indigner. Parceque je suis difforme, la fille de Zeus, Aphrodite, me méprise toujours, et elle aime le farouche Arès qui est beau et leste, tandis que je suis infirme; mais ce n’est pas ma faute, c’est celle de mes deux parents qui n’auraient pas dû m’engendrer. Voyez comme ils se sont endormis sur mon ht en se caressant ; je suis navré en les regardant, mais j’espère que bientôt ils ne voudront plus d’un tel repos, même pour un moment, et en auront assez de ma couche, quoiqu’ils s’aiment bien. «
Tous les dieux accourent, mais, dit le poète, la pudeur retient chez elles les déesses. « Les dieux dispensateurs des biens s’arrêtent sous le portique. Un rire inextinguible s’élève parmi les bienheureux immortels, lorsqu’ils voient l’ouvrage du prudent Héphaistos. »
Ce n’est que sur l’insistance des autres dieux et sur la promesse qu’Arès payera le prix de l’adultère qu’Héphaistos consent à ce que les coupables soient dégagés du filet qui paralysait tous leurs mouvements. Aphrodite va cacher sa honte dans l’ile de Chypre, tandis que son complice s’enfuyait en Thrace, pays sauvage où il se plaisait particulièrement et d’où, d’après certains auteurs, il était originaire.
Epoux ou amant d’Aphrodite, Arès sait au besoin se montrer terriblement jaloux. Il ne peut supporter la passion de la déesse pour Adonis et prend la forme d'un sanglier afin de tuer celui auquel sa beauté merveilleuse avait valu à la fois l’amour d’Aphrodite et de Perséphone.
LA LÉGENDE De la nymphe Harpina, fille du fleuve Asopos, Arès eut Oinomaos,
héros d’une légende célèbre dans l’antiquité. Il avait une fille, Hippodameia à qui sa grande beauté valut d’être recherchée par de nombreux prétendants. Oinomaos se refusait obstinément au mariage de sa fille. Suivant certains auteurs, c’était par jalousie, parcequ’tl était lui-même épris d’Hippodameia et qu’il espérait la garder ainsi toujours auprès de lui. D’après une autre version, le refus d’Oinomaos provenait de ce qu’un oracle lui avait prédit qu’il serait tué par son gendre. Il n’évinçait pas de prime abord les prétendants, mais les soumettait à une épreuve qui entraînait leur mort.
ARES
Oinomaos avait reçu, de son père Arès, deux chevaux « plus rapides que les vents ». Il les attelait à son char. Le prétendant devait monter sur un autre véhicule, en compagnie d’Hippodameia, et parcourir l’espace situé entre Pise et Corinthe. Oinomaos se mettait à sa poursuite, ayant pour cocher Myrtilos, fils d’Hermès. Quand il avait gagné de vitesse l’attelage du prétendant, ce qui ne lui était pas difficile, vu la supériorité de ses coursiers, le père d’Hippodameia sautait à terre. D’un coup de lance il transperçait le téméraire qui avait osé courir l’épreuve. Puis il lui coupait la tête qu’il clouait soit à l’entrée de sa demeure, soit aux colonnes du temple d’Arès ou du sanctuaire de Poséidon. Par ces terribles exemples, Oinomaos se berçait de l’espoir de décourager tous ceux
Aphrodite montrant à Ares sa blessure à la main.
D apres le tableau de Garofolo. Musee de Dresde. ( Phot. Braun.)
qui oseraient prétendre à la main de sa fille et se croyait sûr d’échapper ainsi au sort prédit par l’oracle. Rien n’y fit.
Déjà douze ou treize prétendants avaient été ainsi tués, quand Pélops se présenta à son tour. Il sut se faire aimer d’Hippodameia. Celle-ci persuada à l’aurige de son père, Myrtilos, lui-même amoureux d’elle, de mettre les chances du côté de Pélops, en enlevant les clous qui fixaient le moyeu du char d’Oinomaos. L’accident prévu arriva. Oinomaos tombe de son véhicule, et s’embrouille dans les rênes. Sa mort était racontée de différentes manières. Suivant certains auteurs il fut tué par Pélops, mais avant de mourir il maudit Myrtilos et souhaite qu’il périsse de la main du vainqueur. Celui-ci fit droit à cette requête, mais aurait, d’après une autre légende, épargné Myrtilos à la prière d’Hippodameia elle-même. Enfin, la seconde version relative à la mort d Oinomaos nous dit que le fils d’Arès, honteux de sa défaite, mit lui-même fin à ses jours.
MÉLÉAGRE Méléagre, le héros de la légende de la chasse du sanglier de Calydon,
était fils d’Arès et d’Altheia, épouse légitime d’Œneus. « li n’avait, écrit