LES ALOADES
monstrueux, Mimas. Bien plus, dans la légende des Aloades, dont nous avons déjà parlé à propos d'Hermès, le d:eu de la guerre est le héros d’une mésaventure très humiliante pour lui. Otos et Ephialtès s’emparèrent en effet de sa personne. D’après certains auteurs, la chose se passa pendant que les deux géants tentaient d’escalader le ciel en entassant l’Ossa sur l’Olympe et le Pélion sur 1 Ossa. Suivant d’autres, chargés par Aphrodite de veiller sur Adonis, les Alosdes pour punir Arès du meurtre de ce beau jeune homme, l’enfermèrent dans une prison d’airain. Nous
avons déjà raconté (v. p. 47) comment il fut délivré par Hermès après une captivité de treize mois. Arès honteux n’osa pas reparaître immédiatement parmi les dieux et alla se cacher au milieu des rochers de l’île de Naxos.
ARÈS De la Cécropide Aglauros, dont il a déjà été question à propos de la légende
. ET d’Athéna et d’Erichthonios, Arès avait eu une fille nommée Alcippe. Celle-ci
L’AEROPAGE.
ayant été violée par Hallirothios, fils de Poséidon, Arès tua le séducteur. Poséidon en appela au conseil des dieux pour juger le meurtrier. Le tribunal s’assembla sur une colline située en face de l’Acropole. Arès fut acquitté, mais de même qu’Apollon après le meurtre du serpent Python, il dût se soumettre à une expiation et vivre pendant quelque temps dans la servitude. Il décida ensuite qu’à l’avenir les causes criminelles seraient jugées sur la colline qui portait son nom ( Areios pagos, le rocher d’Arès).
D’après une autre légende, l’Aéropage devrait son nom à un fait différent. Les fameuses femmes guerrières, connues sous le nom d’Amazones, étaient, disait-on, filles d’Arès. Sous le règne de Thésée, elles envahirent l’Attique, s’emparèrent d’Athènes et offrirent à leur père un sacrifice sur la colline qui lui fut consacrée.
Le héros mythique, fondateur de Thèbes, s’attira la colère d’Arès en tuant un dragon qui ravageait le pays et qui était né, disait-on, de l’union du dieu de la guerre et de la nymphe Tilphoussa. Comme expiation de ce meurtre Cadmos dût se mettre pendant un an au service d Arès. Celui-ci et Athéna donnèrent au héros la moitié des dents du dragon, tandis que l’autre moitié revint à Aetès. Sur l’ordre d’Arès, Cadmos sema ses dents dans un champ labouré. Il en naquit des hommes armés, d’un aspect redoutable. Cadmos effrayé leur jeta des pierres. Dès qu’ils se sentirent frappés, ils s’attaquèrent les uns les autres et s’entretuèrent ; tous périrent, à l’exception de cinq connus sous le nom générique de Spartes. Cadmos les fit citoyens de la ville qu’il fondait. D’après la légende, ils avaient pour signe distinctif une lance imprimée sur l’épaule.
Arès se réconcilia ensuite avec Cadmos et lui donna en mariage sa fille Harmonia qui avait pour mère Aphrodite. Tous les dieux vinrent assister aux noces de Cadmos et d’H armoma et apportèrent des présents à la fille d’Arès. Apollon et les Muses y firent entendre leurs accords et on montrait encore, plus tard à 1 hèbes, l’endroit où ils avaient chanté. Parmi les cadeaux figuraient un peplos et un collier, œuvres d’Héphaistos, mais qui devaient être funestes à ceux qui les porteraient.
Malgré cette réconciliation, Arès resta l’ennemi de Cadmos et de sa postérité. Tous les malheurs qui dans la suite s’abattirent sur les descendants du fondateur de Thèbes devaient être, disait-on, attribués à la colère d’Arès. Il en sera question plus longuement dans le chapitre consacré aux légendes thébaines dans la suite de cet ouvrage.
ARÈS