ATALANTE
Apollodore d Athènes, que sept jours, lorsque les Parques étant venues, dirent qu’il mourrait quand un tison, qui était sur le brasier, serait consumé. Altheia, ayant entendu cela,
retira le tison du feu et le serra dans une armoire. » Elle tenait donc entre ses mains la vie de son
fils. Voici dans quelles circonstances Altheia, irritée contre Méléagre, causa sa mort.
En offrant un sacrifice aux dieux, Œneus avait oublié Artémis qui se vengea immédiatement. « Dans son courroux, elle suscita, dit 1 Iliade, un sanglier farouche, aux terribles défenses, qui fait habituellement beaucoup de dégâts dans les champs d’Œneus, et jette à terre, les uns sur les autres, nombre de grands arbres, avec leurs racines, leurs fleurs et leurs fruits. » « C’était une bête redoutable ; il n’eût pas suffi pour la vaincre, d’un petit nombre d’hommes, et elle en fit monter plus d’un sur le triste bûcher. » Une grande chasse est organisée pour délivrer la région de ce terrible fléau. On y voit, comme on dirait aujourd’hui, des invités de marque : les Dioscures, Thésée, Pirithous, Pelée, ainsi que les oncles de Méléagre, frères d’Altheia. Une jeune vierge, Atalante, se distingue entre tous par sa rapidité à la course et son adresse. Blessé d’une de ses flèches, le sanglier est ensuite achevé par Méléagre. Celui-ci, brûlant d’amour pour l’intrépide chasseresse, lui offre les trophées de la chasse, la tête et la peau du sanglier. Ses oncles élèvent de violentes protestations. Ils réclament pour eux le butin attribué à Atalante, mais Méléagre prend le parti de celle qu’il aime. Une lutte s’engage ; les frères d’Altheia succombent sous les coups de leur neveu. Exaspérée, la
mère de Méléagre va prendre le tison auquel était attaché la vie de son fils : elle le jette dans les
flammes et aussitôt Méléagre expire.
La légende de Méléagre nous est rapportée d’une façon différente dans l’Iliade. Non contente d’avoir envoyé sur les domaines d’Œneus le fameux sanglier tué par Méléagre, Artémis « suscita une grande et tumultueuse guerre entre les Etoliens et les Curètes, qui se disputèrent la tête et la dépouille velue du sanglier. Aussi longtemps que combattit Méléagre, favori d’Arès, les Curètes furent battus. Mais, lorsque la colère, qui gonfle en leur sein, le cœur même des sages, eut pénétré dans l ame de Méléagre, et qu’il se fut courroucé contre Altheia sa mère, il resta oisif auprès de son épouse Cléopâtre. Etendu sur un lit auprès d’elle, Méléagre nourrissait sa déplorable colère, causée par la malédiction d’Altheia ; celle-ci, affligée du meurtre de ses frères, invoquait les dieux ; elle frappait de ses deux mains la terre féconde ; elle conjurait à genoux, le sein sillonné de larmes, Hadès et Perséphone de donner la mort au fils né de ses entrailles. Or, du fond de l’Erèbe, Erinys l’écoutait, déesse au cœur impitoyable. Bientôt les Curètes sapent les remparts ; le tumulte et le combat éclatent autour des portes de la ville ; les chefs du peuple prient Méléagre; ils lui envoient les illustres prêtres des dieux pour qu’il vienne les défendre. Le vieux Œneus surtout, monté près du seuil élevé de sa chambre nuptiale, ébranle les portes épaisses et l’implore longuement ; ses sœurs, son auguste mère viennent aussi le supplier ; il les repousse ; ses plus chers compagnons les remplacent ; mais son cœur reste inflexible, tant que la chambre nuptiale elle-même n’est pas menacée Enfin, les Curètes
ARES
ont forcé les remparts ; la ville est en flammes. Alors la gracieuse épouse de Méléagre l’implore en pleurant. Elle lui retrace les malheurs d’une ville prise d’assaut ; les citoyens massacrés, les palais réduits en cendres, les enfants, les femmes à la belle ceinture traînés en esclavage. Ces terribles misères émeuvent son âme ; il marche revêtu de ses armes resplendissantes, et n’obéissant qu’à son âme, il détourne le jour fatal des Etohens. »
Le récit homérique ne parle pas de la mort de Méléagre qui, d’après d’autres écrivains, succomba sous les flèches d’Apollon lui-même, combattant avec les Curètes. Altheia et Cléopâtre se tuent en apprenant la fin du héros. Ses soeurs, inconsolables, pleurent nuit et jour sur son tombeau jusqu’au moment où Artémis, émue de pitié, les métamorphosa en oiseaux, les Meléagrides ou pintades qui, dit un auteur ancien, « maintenant encore, à chaque saison, semblent porter le deuil de leur frère. »
DEIMOS Outre Harmonia, épouse de Cadmos, dont il a déjà été question plus haut,
on disait que des relations d’Arès et d’Aphrodite étaient nés Deimos et Phobos,