REPRÉSENTATIONS ARTISTIQUES
PRINCIPAUX Les Grecs n’ont pas consacré au dieu de la guerre de grands temples comme
SANCTUAIRES ceux qUj étaient dédiés aux autres divinités éminentes de l’Olympe. Les quelques D’ARES.
sanctuaires dont on trouve mention dans les écrivains dans l’antiquité n’avaient qu’une importance secondaire. D’après Pausanias, les Athéniens avaient élevé un temple à Arès, à l’entrée de l’Acropole et on y voyait une statue du dieu due au ciseau d’Alcamène, dont l’Arès Borghèse du Louvre serait une réplique.
C’est dans le Péloponèse que le culte d Arès semble avoir été le plus répandu. Entre Argos et
Mantinée s’élevait un temple consacré à la fois au dieu de la guerre et à Aphrodite. Un autre se dressait à Trézène, à l’endroit où, disait-on, Thésée avait battu les Amazones. Sur le mont Krésion, près de Tégée, un sanctuaire d’Arès rappelait la légende d’Aéropos, dont nous avons parlé plus haut. Sur la route même de la ville de Tégée, il y avait une statue du dieu de la guerre à laquelle les femmes seules venaient offrir des sacrifices. Une légende disait que les femmes Tégéates avaient, sans le concours des hommes, vaincu jadis une armée laconienne. On citait également un temple d’Arès très ancien entre Sparte et Théraphné. Il renfermait une statue du dieu apportée, disait-on, de Colchide par les Dioscures. Enfin, Arès était honoré en Crète, à Smyrne et jusqu’en Carie.
Arès avait dans ses attributions tout ce qui concerne la guerre. Il combattait tantôt à pied, tantôt du haut d’un char attelé de chevaux qui étaient, disait-on, fils d’Erinys et de Borée, et dont on nous a conservé les noms : Phobos, Aithéon, Phlogios et Konabos. Outre ses deux fils, Deimos et Plogos, dont il a déjà été question, le dieu de la guerre avait encore comme satellites Eris et les Kérès. Eris, dont le nom signifie la Discorde, était, suivant 1 expression d Homère, insatiable de fureurs et « faible en naissant, bientôt s élève, et, en imprimant ses pas sur la terre, cache enfin son front dans les cieux. C’est elle qui, courant dans la foule, répand des
Ares archaïque
(Conze, Heroen und Goeiterbilder.)