EROS
des immortels, qui pénètre de sa douce langueur et les dieux et les hommes, qui dompte tous les cœurs et triomphe des plus sages conseils ». Dans la 1 héogonie, il joue le rôle de principe attracteur, déterminant l’union de l’Erèbe et de la Nuit, union dont naissent l’Ether et le Jour.
Ce principe abstrait fut de bonne heu re personnifié par les Grecs qui firent d’Eros le dieu de 1 amour et par suite l’associèrent étroitement à Aphrodite. Celle-ci passait généralement pour sa mère.
Son père était soit Ouranos, soit Arès, soit Zeus lui-même, Mais, si la place d’Eros devient de plus en plus importante dans la poésie et dans l’art grecs, son culte proprement dit disparaît pour ainsi dire, ou du moins ne persiste qu’en de très rares endroits.
La principale ville de la Grèce où Eros était l’objet d’un culte, c’était Thespies. On y vénérait depuis une époque très ancienne, une pierre grossière qui représentait, disait-on, le dieu de l’amour. A côté de cet antique symbole, les Thespiens dressèrent deux statues d’Eros exécutées par les rivaux de Phidias, Praxitèle et Lysippe. L’Eros de Praxitèle était en marbre pentélique, celui de Lysippe en airain. En outre, tous les cinq ans, les habitants de Thespies célébraient sur l’Hélicon, séjour des M uses, des fêtes brillantes en l’honneur d’Eros. C’étaient les Erotidies, à l’occasion desquelles avaient lieu des concours de musique et de gymnastique.
A Leuctres, sur la côte occidentale de Laconie, se trouvaient un bois sacré et un temple consacrés à Eros.
D’après la légende, les feuilles qui tombaient des arbres n’étaient pas entraînées par les eaux du ruisseau qui traversait ce bois. Les Spartiates se faisaient d’Eros une conception tout à fait spéciale. Suivant eux le salut de la Aphrodite de Cn.de, d’après Praxitèle. cité et la victoire dans la bataille repo-
saient sur un sentiment d’étroite confraternité entre les concitoyens. Aussi sacrifiaient-ils à Eros avant d’engager le combat. Il en était de même en Crète où l’on mettait en ligne de bataille les plus beaux des habitants de 1 île. On retrouve le même sentiment dans la « légion sacrée » de Thèbes. Il n y a donc rien d étonnant à ce que le culte d’Eros ait été à une certaine époque très développé dans les gymnases, où 1 on voyait la statue du dieu à côté de celles d’Hermès, d’Heraklès et même d’Athéna.
APHRODITE
C’est surtout dans les représentations figurées d’Aphrodite qu’on peut se rendre compte des transformations subies par cette divinité orientale sous l’empreinte du génie grec. On a en effet retrouvé en Babylonie et en Assyrie des images extrêmement frustes de la déesse de l’amour. Elle est généralement nue, dans une attitude rigide, avec les deux mains ramenées sur la poitrine. Par l’intermédiaire des Phéniciens, ce type passa dans l’île de Chypre, dans les autres îles grecques et sur le continent hellénique proprement dit. On a retrouvé des plaques d’or mycéniennes où Aphrodite est représentée entourée de colombes,
APHRODITE