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L’ART

Aphrodite assise sur un cygne et accompagnée de deux Eros.

Amphore a rotules. Paris. Musee du Louvre. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique).

oiseaux qui lui étaient consacrés. Mais c’est surtout Chypre qui a fourni de nombreux spécimens des représentations archaïques de notre déesse. A Paphos, par exemple, elle était adorée sous la forme d’un cône couronné à son extrémité supérieure par une tête, avec des appendices qui rappellent la forme des bras. Des terres cuites nous montrent une femme aux hanches développées, les deux mains sur la poitrine, ou encore l'une des mains sur là poitrine, l’autre sur le bas ventre. Dans la même île on a encore trouvé des idoles grossières, sortes de planches terminées par une tête et ornées de seins. Enfin, un dernier type chypriote représente la déesse toujours nue, parée de riches colliers, les mains dans les deux positions décrites plus haut.

L’art grec archaïque semble avoir renoncé au type nu et s’être attaché à représenter la déesse de l’amour plus ou moins complètement vêtue. Cependant l’influence des images primitives se fait encore sentir dans l’attitude que les artistes donnent à leurs statues. Les deux mains continuent à être

posées sur la poitrine, ou bien 1 une d entre elles est, soit placée sur le bas ventre, soit occupée à retenir les plis du vêtement. Souvent on reconnait Aphrodite à ses attributs dont les plus fréquents sont la colombe, la pomme ou une fleur. La chevelure est généralement bouclée. Le vêtement se

compose du chiton ionien.

On ne connait qu’un petit nombre de statues d’Aphrodite assise. Les auteurs anciens citent celle de Scopas à Sicyone. La déesse tenait d’une main une pomme, de l’autre un pavot. On trouve également mention d’une statue d’Aphrodite à Sparte, avec un voile sur la tête et des chaînes aux pieds. Ce sont surtout les monnaies de Cnide qui nous représentent des têtes archaïques de la déesse. On a émis l’hypothèse que la tête colossale de l’Aphrodite Ludovisi provenait d’une statue archaïque.

Les grands maîtres de la statuaire grecque ne pouvaient manquer de s’attacher à représenter la déesse de 1’ amour. Il y avait sur l’Acropole une statue d’Aphrodite par Calamis ; de la main droite elle retenait son vêtement, tandis que la main gauche portait une fleur de grenade. A Elis se trouvait une statue chryséléphantine

de la déesse par Phidias ; elle avait un pied posé sur une tortue, ce qui, d’après Plutarque, symbolisait les vertus domestiques. Dans la statue d’Alcamène, dont l’Aphrodite de Fréjus est paraît-il une imitation, on retrouve les traits caractéristiques de la manière de Phidias; la main gauche portait vraisemblablement une pomme.

Aphrodite figurait dans un certain nombre de groupes décoratifs du Parthénon, dont plusieurs sont malheureusement dans un mauvais état de conservation. On y voit la déesse assise, la tête voilée s’appuyant de la main gauche sur Eros. Sur le fronton occidental du même temple, Aphrodite nue est assise sur les genoux d’une femme qu on dit être Thalassa. Quant a 1 Aphrodite Anadyomene représentée sur le trône du Zeus d Olympie, les auteurs anciens ne nous ont transmis a son sujet

Torse d Aphrodite.

Musee de Naples.

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